Taux d'intérêt

  • Quand la sécurité tue l’épargne et les banques

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    Parce qu’elles rechignent à faire crédit ou que tout simplement peu d’emprunteurs les sollicitent, les banques parquent leurs liquidités sur leurs comptes auprès de la banque centrale. Les chiffres sont éloquents à cet égard. Alors que l’ensemble de leurs crédits en Suisse n’ont augmenté que d’un peu plus de 40% en 10 ans – et encore essentiellement en prêts hypothécaires (+50%), les autres crédits n’ayant crû que de 15% – leurs avoirs en comptes de virement auprès de la BNS ont été multipliés par quinze !

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  • La dette Covid, vrai ou faux problème ?

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    C’est selon. Le fait est que les sommes gigantesques allouées à différents soutiens correspondent à des engagements publics qu’il n’est pas compliqué de financer pour l’instant puisque l’épargne abonde. Mais ensuite ?

    Toute la question tiendra dans l’attitude des épargnants. Pour l’heure, faute de visibilité et face à l’incertitude, la masse de pouvoir d’achat qui est thésaurisée ne semble pas devoir se déverser d’un coup sur les marchés des biens et services au prix d’une inflation non contrôlée. Cette épargne en partie contrainte, en partie volontaire, finance indirectement la compensation de revenus momentanément non disponibles pour cause de confinement. Mais ensuite ?

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  • Pour vivre heureux, vivons cachés

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    La Banque nationale suisse, établissement respectable de droit à la fois public et privé régi par une loi spéciale, dispose par ce truchement d’un monopole – celui d’émettre la monnaie fiduciaire légale – qui fait beaucoup d’envieux et encore davantage de contempteurs plus ou moins bien intentionnés. Les crises récentes, financières d’abord et à présent sanitaires, ont braqué les projecteurs sur cette structure assez curieuse, qui à l’instar de ses équivalences européennes (BCE, BoE) et américaine (Fed) est apparue à ces occasions en mesure de sauver l’économie, puisque dotée du pouvoir magique de créer à profusion de la monnaie non point tout à fait ex nihilo, mais à coup sûr sans effort puisqu’il lui suffit pour cela d’acheter des actifs (devises, titres de dette ou de participation) qu’elle paie au moyen de la monnaie qu’elle crée de son propre chef.

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  • Le monde demain: la stagdéflation, ni V ni W ni U mais L

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    Au fur et à mesure que la pandémie semble rebondir, l’espoir d’une franche reprise – d’une conjoncture en «V» – qui remettrait d’un coup les économies d’aplomb s’amenuise pour laisser place à des pronostics plus déprimants.

    Grosso modo, deux scénarios se dessinent. Le premier, majoritairement choisi par les analystes, découle d’une vision monétariste des choses. Pour rappel, les adeptes de la théorie formalisée par l’Ecole de Chicago reviennent invariablement au postulat selon lequel l’inflation est «toujours et partout un phénomène monétaire». C’est l’augmentation excessive de la masse monétaire qui conduit, à la longue, à la hausse des prix. Ce point central de la théorie quantitative de la monnaie a beau sembler controuvé par l’évolution de ces dernières années, durant lesquelles les prix ont eu plutôt tendance à baisser malgré les énormes quantités de monnaie déversées par les banques centrales, on continue mordicus à le défendre. 

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  • Le monde orphelin d'un brillant chercheur

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    Il n’avait que 41 ans. La communauté scientifique a rendu un hommage unanime à ce brillant enseignant à Harvard et chercheur associé de l’Ecole d’économie de Toulouse (sans doute la meilleure du genre) qui aurait probablement été nobélisé un jour si la destinée lui en avait laissé le temps.

    Décédé le 23 juillet dernier à Cambridge, Emmanuel Farhi laisse, parmi beaucoup de contributions à l’explication des grands déséquilibres mondiaux, quelques working papers qui éclairent sur l’enchaînement de causes et d’effets ayant conduit, entre autres, à la crise des subprime puis au ralentissement économique mondial. 

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  • Ce trop-plein d’épargne a des causes évidentes

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    Ce qui, normalement, pousse les actions vers le haut, c’est la perspective de bénéfices futurs en hausse, et donc de dividendes plus élevés. Or l’économie mondiale vacille plutôt qu’elle ne croît, de sorte que les promesses de rendement sont en train de s’affadir. Comment alors expliquer l’excellente tenue des marchés boursiers, qui depuis le début de l’année affichent une performance en complet décalage avec les prévisions conjoncturelles ?

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  • Contre Super Mario: du rififi chez les banquiers centraux

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    Jusqu’ici, la critique du laxisme monétaire avait été le fait de voix isolées. Désormais, elle s’exprime ouvertement et collectivement : un groupe de six ex-banquiers centraux et anciens chefs économistes de la Banque centrale européenne (BCE), soutenus par deux anciens gouverneurs de la Banque de France, dénoncent dans un mémorandum publié urbi et orbi la semaine dernière la politique d’«assouplissement quantitatif» menée par l’institution, et s’attaquent en particulier à la décision prise, lors de la dernière séance de son conseil, de reprendre les achats massifs d’obligations d’Etat afin d’atteindre l’objectif déclaré de «maintenir l’inflation annuelle au-dessous, mais à un niveau proche, de 2%».

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  • Il est temps de ressusciter les vieilles idées keynésiennes

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    La propagation tous azimuts de taux d’intérêt négatifs rend la vie difficile à beaucoup de gens au lieu de la leur faciliter. On pense d’abord, bien sûr, aux déposants petits et grands, les premiers risquant bientôt d’être logés à la même enseigne que les seconds et se voir sanctionnés comme eux pour préférer l’épargne à la dépense. Mais il y a aussi, plus gravement, la remise en cause des régimes de prévoyance, privés de l’apport du «troisième cotisant» que personnifiait le capital accumulé, jusqu’ici pourvoyeur de rendement, désormais amenuisé par le prélèvement de taux négatifs. Les assureurs-vie, acteurs majeurs de la prévoyance professionnelle en tant que gérants des capitaux et des risques pour le compte d’une multitude de caisses de pensions, sont eux aussi sérieusement touchés par l’effondrement des taux, au point que la FINMA, qui les surveille au même titre que les banques, commence à s’en inquiéter.

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  • Où le droit s’intéresse aux taux négatifs

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    Astucieusement conseillée, une grande commune genevoise (la Ville ?) s’est dit que l’emprunt conséquent (100 millions de francs) qu’elle avait contracté en 2006 auprès d’une banque à un taux égal au Libor à 6 mois ne devrait plus l’obliger à payer des intérêts depuis que ce taux est devenu négatif, mais pouvait à l’inverse l’amener à demander que ce soit la banque qui lui verse des intérêts !

     

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  • 2008, crise «transatlantique»

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    Elles n’ont pas été prises la main dans le sac, puisqu’il aura fallu dix ans pour établir définitivement leur part de responsabilité dans l’ampleur prise par la crise des subprime. Elles, ce sont les grandes banques européennes, suisses, britanniques et allemandes pour être précis, qui ont massivement – bien plus massivement, toutes proportions gardées, que les banques américaines – tricoté ces produits adossés à des hypothèques de basse qualité, dont la perte brutale de valeur a déclenché la pire crise financière que le monde ait connue depuis les années trente.

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  • Les turqueries de Donald Trump

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    Entre le président américain et l’autocrate au pouvoir à Ankara, il n’y a pas grand-chose de commun, sinon une même et profonde aversion pour tout ce qui viendrait contrecarrer leurs projets respectifs de grandeur, et singulièrement leur désir d’apposer leur marque sur des économies qui seraient maintenues grâce à eux en perpétuelle croissance. Côté turc, l’exercice est raté, non seulement en raison des sanctions imposées par Washington pour les motifs qu’on connaît, mais aussi parce que l’économie turque, frappée depuis des années de déséquilibres qui n’ont cessé d’augmenter, est au surplus malmenée par les visions absconses d’un président fâché avec les mécanismes monétaires les plus élémentaires.

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  • Monnaie pleine: Le tort d’avoir raison trop tôt

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    Il se dit beaucoup de bêtises à propos de l’initiative «Monnaie pleine». La seule chose vraie est que, si elle était acceptée, les banques ne pourraient plus compter systématiquement sur la différence d’intérêts comme source de profit (principale, voire unique pour certaines d’entre elles), puisque leurs clients actuels pourraient dorénavant choisir entre elles et la banque centrale comme lieu de dépôt de leurs encaisses.

    Tout le reste, ou presque, est littérature. Ce qui est particulièrement faux, c’est l’argument selon lequel l’acceptation de l’initiative rendrait encore plus difficile l’obtention de crédits par les entreprises, comme l’affirme, par exemple, l’association faîtière des hôteliers. Les banques qui aujourd’hui financent leurs prêts par les dépôts de leurs clients obtiendraient en effet sans difficulté les crédits nécessaires auprès de la banque centrale. Ces crédits ne seraient évidemment pas octroyés gratuitement, mais la BNS aurait tout loisir de varier ses conditions, comme elle le fait d’ailleurs déjà aujourd’hui.

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  • Les caisses de retraire publiques, un 2e pilier spécial?

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    Le rééquilibrage devenu impératif du bilan actuariel de la Caisse de prévoyance de l’Etat de Genève (CPEG) enflamme les esprits, tant il supposera de milliards et de sacrifices supplémentaires à charge des uns et des autres. Les uns, ce seront principalement les assurés actifs, tandis que les autres, ce seront in fine les contribuables, puisque la recapitalisation assénera un nouveau coup de massue aux finances cantonales.

    La raison de ce soudain remue-ménage est à la fois simple et compliquée.

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  • La Deutsche Bank préfigure le monde de demain

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    Les ennuis de la Deutsche Bank font irrésistiblement penser à ceux qu’UBS a connus il n’y a pas si longtemps de cela: les deux établissements sont les plus importants de leur pays, leur chute y aurait mis à genoux l’ensemble du système financier, et de même que la Confédération avait volé au secours de notre grande banque, la République fédérale d’Allemagne empêchera à coup sûr et par tous les moyens la sienne de tomber.

    Les deux géantes ont vu leur destinée basculer à mi-mai 2007, lorsqu’éclata la crise financière qu’elles ont d’une certaine manière sinon causée, du moins contribué à amplifier. Au rayon des analogies, on rangera, outre les créances douteuses nombreuses à peser sur leurs bilans respectifs, les amendes plus ou moins colossales que leurs agissements sur sol américain, et notamment leur rôle dans la distribution de produits dits toxiques dérivés des crédits subprime, leur ont valu ou vont encore leur valoir. S’y sont ajoutées, dans le cas d’UBS, les amendes ayant sanctionné l’assistance accordée à divers «réfugiés fiscaux» pourchassés par le DoJ.

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  • Hypothèques: vers une crise des subprimes façon helvétique?

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    Patrik-Gisel raiffeisen.jpgS’acheminerait-on, imperceptiblement, vers une crise des subprimes façon helvétique? L’hypothèse, en soi improbable tant les caractéristiques de notre marché diffèrent de celles qui régnaient à l’époque sur le marché américain, n’en est pas moins concevable «toutes choses égales par ailleurs». La croissance du volume des financements hypothécaires aux Etats-Unis était alors à peu près aussi rapide qu’elle l’est aujourd’hui en Suisse, même si elle empruntait d’autres canaux – les crédits bancaires directs ici, leur titrisation là-bas.

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  • L’effet singulier des taux négatifs

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    Les taux négatifs qui se répandent un peu partout mettent le monde à l’envers et rendent les caisses de pensions schizophrènes.

    D’un côté en effet ces dernières, grandes consommatrices d’actifs sûrs, acceptent d’acheter des obligations de la Confédération dont le rendement est inférieur à zéro y compris pour des échéances très lointaines, ce qui signifie qu’elles n’entrevoient guère d’améliorations sur ce plan là avant très, très longtemps.

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  • Ce qui se cache derrière les taux négatifs  

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    Les pères et mères de la prévoyance professionnelle obligatoire n’auraient sans doute jamais imaginé que des taux d’intérêt puissent devenir négatifs et ruiner du même coup leur œuvre commune. Car des taux négatifs, soyons-en conscients, détruisent du capital ; or l’essence même du 2e pilier est la capitalisation, primo du fait de l’accumulation d’épargne (les cotisations payées par les employeurs et leurs salariés), secundo du fait de la rémunération de cette épargne (l’intérêt légal servi sur les avoirs de vieillesse), et même, tertio, par l’intervention d’un taux, dit technique, servant à calculer la valeur actuelle des engagements futurs de rentes.

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  • La grande inconnue des taux d’intérêt

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    pour cent.jpgLe plus grand danger qui menace la stabilité financière, ce n’est pas, quoi qu’en pensent les gérants d’actifs, l’effondrement de la bourse de Shanghai ou celui de l’économie chinoise dans son ensemble, c’est beaucoup plus simplement le fait que ces mêmes gérants n’ont pour la plupart rien connu d’autre que des taux d’intérêt quasi nuls et une liquidité plus qu’abondante.

    Dans leur grande majorité en effet, ils ne sont arrivés aux affaires qu’il y a six ou sept ans, lorsque les banques centrales, soucieuses de prévenir le déclenchement d’une véritable dépression à la suite de la crise de 2008, ont ouvert massivement le robinet de la création monétaire et se sont mises à racheter à tour de bras des obligations d’Etat puis des obligations tout court.

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  • Il n'y a pas de déjeuner gratuit

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    La faiblesse persistante de l’euro joue de vilains tours à la BNS, dont le bilan ne cesse d’enfler. Il n’y a, en soi, aucune limite à la création de monnaie par l’Institut d’émission tout occupé qu’il est à défendre le cours plancher de 1.20 franc pour 1 euro, à l’inverse de ce qui se passerait s’il lui fallait au contraire – hypothèse qui ne s’est jamais rencontrée – lutter contre une dépréciation du taux de change du franc en en détruisant à la pelle.

    Il n’y a aucun obstacle ni théorique, ni légal, à cette accumulation potentiellement illimitée de réserves de devises et à l’émission de monnaie qui s’ensuit, mais les ordres de grandeur atteints, et leurs possibles effets secondaires, commencent à faire réfléchir, et même à agir.

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  • Loyers et retraites: incohérences fédérales

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    La Commission de la prévoyance professionnelle recommande au Conseil fédéral de porter le taux d’intérêt minimal (taux auquel sont rémunérés les avoirs des assurés) de 1,5 % à 1,75 % au motif que les marchés – donc les taux en général – tendent à s’améliorer, cependant que l’Office fédéral du logement annonce que le taux d’intérêt de référence (taux hypothécaire applicable aux contrats de bail) «se situe désormais à 2,00 % et a donc baissé de 0,25 point de pourcentage par rapport à sa dernière publication».

    Assurés et locataires se frottent les mains, mais comment ne pas voir le manque crasse de logique qui caractérise et même oppose ces deux décisions. Car si par hypothèse les rendements financiers servant de base à l’appréciation de la Commission LPP devaient confirmer leur tendance récente à la hausse, il serait impossible que dans le même temps les taux hypothécaires s’affaissent dans la mesure évoquée par l’OFL.

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