Monnaie

  • Le bitcoin? Une marchandise.

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    Feriez-vous confiance à une monnaie qui, même si elle remonte ensuite, perd la moitié de sa valeur en quelques jours ? Sûrement pas. Donc, le bitcoin n’est pas une monnaie, puisque le propre d’une monnaie est, outre ses fonctions de moyen de paiement et d’unité de compte (deux fonctions que cette crypto-monnaie ne remplit au demeurant qu’imparfaitement), de servir de réservoir de valeur. Unréservoir ne peut être un puits, non pas sans fond, mais dont le fond varie de hauteur au gré des circonstances.

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  • Le Bitcoin et la dette publique

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    D’un côté, une communauté financière qui s’enflamme pour une «cryptomonnaie» ne valant intrinsèquement rien et en propulse pourtant la «valeur de marché» jusqu’à près de 50'000 dollars l’unité. De l’autre, un escadron d’économistes majoritairement français et presque exclusivement de gauche qui considèrent que, 2'000 milliards de dette publique ne valant au fond pas grand-chose puisque détenus par la BCE, mieux vaudrait les effacer purement et simplement. Un monde fou, fou, fou, fou, en somme. En tout cas, des signaux révélateurs d’une perte de repères, qui conduit à négliger quelques vérités que l’on ferait bien de garder à l’esprit.

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  • Véniel, le péché monétaire de la Suisse ?

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    Oui, la Suisse «manipule» sa monnaie, ou plus exactement son taux de change par rapport au dollar. La définition de ce péché est donnée par le Régisseur mondial des monnaies, j’ai nommé le Trésor américain, qui depuis 1988* est chargé de faire rapport au comité compétent du Congrès US sur l’état des relations entre les États-Unis et leurs principaux partenaires commerciaux. Sont considérés comme manipulateurs les pays, respectivement leurs banques centrales, qui abaissent artificiellement le taux de change de leur monnaie par rapport au dollar, afin évidemment de se procurer un avantage concurrentiel «déloyal» (unfair).

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  • Trump toujours: jusqu’à quand la trêve des monnaies?

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    La politique monétaire est à la Suisse ce que la fusion nucléaire sera un jour à l’énergie : plus la Banque nationale accroît ses réserves de devises, plus elle en crée de nouvelles, tout comme les surgénérateurs finiront par produire davantage de combustible qu’ils n’en consommeront.

    C’est tout le paradoxe du franc fort. Les dollars, euros et autres yens que la BNS rachète en masse pour freiner la hausse du franc sont placés en diverses sortes de créances et de titres de participation qui dégagent un rendement libellé par la force des choses dans les mêmes monnaies. Si l’enregistrement de ces entrées de devises n’affecte pas le taux de change, puisque leur conversion en francs, de nature purement comptable, s’opère sans passer par le marché, il n’en reste pas moins qu’elles accroissent de la même manière les réserves de change, comme l’écrit d’ailleurs la Banque dans son compte-rendu annuel : «L’augmentation de la somme du bilan […] s’explique principalement par les plus-values et les revenus tirés des placements,
et accessoirement par des achats de devises» (112e rapport de gestion, p. 84).

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  • Le Roi dollar est mort. Vive le roi euro ?

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    Lentement, sûrement quoique irrégulièrement, la part du dollar dans les réserves officielles de change des banques centrales diminue. Supérieure à 75% au sortir du régime des changes fixes (1973), voisine même de 79% en 1978, tombée à 59% en 1995 pour remonter au-dessus de 71% à la naissance de l’euro (1999), cette part n’est plus aujourd’hui que de 62%. On n’en tirera pas des conclusions définitives, mais on admettra que la suprématie de la devise américaine n’est plus aussi établie que naguère.

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  • Imbroglio juridico-monétaire en Europe

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    Lorsque le droit se mêle d’économie, on peut être sûr que les choses sont parties pour durer. En l’occurrence, l’affaire porte sur un sujet éminemment délicat, celui des compétences respectives de l’Union européenne et de son membre le plus influent et le plus puissant, on aura reconnu l’Allemagne, en matière de politique monétaire.

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  • Un stress test grandeur nature

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    Les épreuves d’effort (stress tests en langage administratif) imposées aux établissements bancaires après la débâcle de 2007-2008 avaient rendu obligatoires des recapitalisations censées leur permettre de résister aux chocs les plus rudes. Les régulateurs avaient imaginé à peu près tous les cas de figure, mais on doute qu’ils aient prévu une pandémie grossissant à la vitesse de l’éclair et soumettant les branches d’activité liées à la circulation des personnes – transport (aérien surtout), tourisme, hôtellerie, restauration – à une chute quasi instantanée de leur activité, donc à l’évaporation complète ou presque de leurs entrées de recettes.

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  • En route vers la parité ?

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    Mine de rien, la Banque nationale suisse s’accommode d’un recul progressif de l’euro, tombé ces derniers jours à 1.06 franc, c’est-à-dire à un niveau qui, il n’y a pas si longtemps de cela, aurait fait hurler les exportateurs, et qui, quelques années plus tôt et à quelques décimales près (on s’était même approché à une occasion de la parité), avait justifié l’introduction momentanée d’un cours plancher.

    Pour expliquer ce qui ressemble à un abandon ou à une manifestation d’impuissance face aux forces du marché, on invoque généralement un différentiel d’inflation qui amenuise peu à peu la surévaluation effective du franc, sans compter l’œil sévère que Washington porte à nouveau sur la Suisse, soupçonnée de manipuler le cours de change de sa monnaie.

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  • Cours du franc : le Big Mac a parlé

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    Que le franc soit surévalué, personne ne le conteste. Mais de combien? Là, les estimations divergent, car il y a le cours nominal, le cours réel (inflation déduite, mais il y a deux déflateurs : les prix à la consommation et les prix à la production…), le cours pondéré par le pouvoir d’achat (la fameuse «parité des pouvoirs d’achat», ou PPA, obtenue quand on corrige le cours nominal au moyen d’un indicateur tel, par exemple, que le produit intérieur brut par personne).

    Sans compter que le cours du franc par rapport au dollar n’est évidemment pas le même que son cours face à l’euro, au yen japonais, à la livre sterling, au dollar canadien, à la couronne danoise, etc., sans parler de l’indice du cours de change effectif, nominal ou réel, total ou partiel, par rapport aux monnaies des principaux partenaires commerciaux…

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  • Le e-franc, c’est plié. Pour l’instant ?

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    Enterrée, donc, l’idée d’une monnaie électronique de banque centrale  destinée au public*. S’il peut à la rigueur se justifier de créer un franc électronique, ce ne peut être en l’état, estime le Conseil fédéral, qu’à l’intention de l’échelon intermédiaire, savoir celui des banques et d’autres grossistes du marché financier. C’est sans doute raisonnable, mais c’est un peu dommage. Pourquoi se fermer à une évolution technologique qui finira bien un jour par s’imposer ?

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  • La révolution des monnaies est en marche

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    L’avènement des crypto-monnaies ne soulève pas une vague d’enthousiasme chez les banques centrales, tant s’en faut. Car ces nouveaux moyens d’échange représentent ni plus ni moins qu’une attaque frontale contre un système de paiement à deux étages (celui des banques commerciales qui recueillent les dépôts du public, et celui des banques centrales qui, fortes de leur monopole, régulent la liquidité de l’ensemble) de moins en moins apte à se conformer aux exigences de la numérisation en marche de l’économie.

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  • On cherche responsables de la crise

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    «Au final, qui est responsable de tout ce désordre financier ?» se demande ce correspondant qui, comme beaucoup d’autres observateurs inquiets de la tournure des événements, est à la recherche de «personnes, entités ou institutions capables de remettre le bateau à flot».

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  • Bientôt, les monnaies seront numériques

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    La Banque nationale suisse n’y croit guère, et pourtant la numérisation des monnaies avance à grands pas. On en veut pour preuve non seulement le lancement prochain de la libra, qui paraît irrésistible malgré les méfiances exprimées ici et là, mais aussi et surtout la multiplication explosive de solutions de paiement privées, quasi gratuites, de la part de géants du numérique, de plateformes de e-commerce et plus récemment de néobanques, allemandes notamment (ce qui est un comble pour un pays généralement considéré comme plutôt traditionnaliste), uniquement présentes sur les réseaux de téléphonie mobile.

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  • Et revoilà la monnaie pleine !

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    Chassée par la porte, la monnaie pleine est peut-être en train de revenir par la fenêtre. Le débat suscité par l’émergence des crypto-monnaies conduit en effet à postuler qu’un beau jour, sans doute pas si lointain, les banques centrales pourraient être amenées à émettre leurs propres monnaies numériques. Car il est hors de question, pour toutes sortes de raisons bonnes ou mauvaises, de laisser filer le monopole de l’émission de moyens de paiement légaux vers des organisations privées telles que Facebook et consorts dont les ambitions en la matière, on l’a vu, sont immenses.

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  • Facebook Libra et autres artéfacts monétaires

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    La planète est en émoi depuis que Facebook a annoncé le lancement de Libra, sa monnaie numérique. Car même si la réputation du réseau social a été sérieusement mise à mal depuis l’affaire des fuites de Cambridge Analytica, le nombre de ses utilisateurs est tellement élevé que son entrée dans le monde des paiements risque par ce simple fait de déstabiliser l’ensemble du système bancaire.

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  • Où le droit s’intéresse aux taux négatifs

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    Astucieusement conseillée, une grande commune genevoise (la Ville ?) s’est dit que l’emprunt conséquent (100 millions de francs) qu’elle avait contracté en 2006 auprès d’une banque à un taux égal au Libor à 6 mois ne devrait plus l’obliger à payer des intérêts depuis que ce taux est devenu négatif, mais pouvait à l’inverse l’amener à demander que ce soit la banque qui lui verse des intérêts !

     

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  • A la poursuite de prix équitables: Et si la Suisse adoptait l'euro?

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    Le combat contre l’«îlot de cherté suisse» ressemble beaucoup à celui livré contre la hausse constante des primes d’assurance-maladie : postulats et motions parlementaires, initiatives et contre-projets se succèdent, sans que véritablement l’on se rapproche de l’objectif visé.

    Les prix en Suisse demeurent – chiffres de 2017 – de quelque 56% (et même de 68% pour les services) plus élevés que dans les pays de l’UE-15, et tout porte à penser que les mesures préconisées pour renforcer la concurrence, qu’elles émanent de l’initiative «pour des prix équitables» ou du texte que le Conseil fédéral suggère de lui opposer, n’auront pas beaucoup plus d’impact que tout ce qui a été mis en place jusqu’ici.

    Il y a en effet quelque chose de donquichottesque dans ces tentatives de séparer l’îlot de prix, dont tout le monde se plaint, de l’«îlot de salaires» (pour reprendre l’expression d’un confrère de la NZZ), tout aussi élevés, mais que personne, bien évidemment, ne songe à dénoncer, quand bien même les deux phénomènes sont étroitement liés.

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  • Médecins au chevet de la prochaine crise

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    Le débat qui s’intensifie au sujet des intérêts négatifs est révélateur du désarroi qui règne chez les économistes. Comment expliquer que les liquidités mises à disposition des intermédiaires bancaires par le truchement de politiques monétaires extraordinairement accommodantes n’alimentent pas le crédit aux entreprises, mais continuent d’être parquées en réserves stériles auprès des banques centrales en dépit des pénalités qui les frappent désormais? Des taux directeurs quasi nuls voire inférieurs à zéro, innovation radicale dans l’arsenal de la lutte anti-crise, ont certes permis de maintenir la dette publique dans des proportions supportables (puisqu’ils n’en alourdissent pas le service, alors même qu’elle continue de grandir), mais c’est là une maigre consolation face à la montagne de difficultés que signifiera le retour à la normale.

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  • 2019, année de la monnaie

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    L’euro n’a jamais eu la cote chez les économistes, qui l’ont considéré dès sa naissance comme condamné à disparaître à la première occasion, car conçu à rebours du bon sens. Au lieu de parachever une harmonisation des politiques budgétaires et une nécessaire union bancaire, donc d’intervenir au dernier stade de l’intégration économique, la création de la monnaie unique les a précédées, comme si elle pouvait forcer la main de gouvernements restés maîtres chez eux.

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  • Après les taux bas, retour du franc fort ?

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    Le petit monde de la finance attend avec une certaine fébrilité ce que la direction générale de la Banque nationale suisse va annoncer jeudi, à l’occasion de sa conférence de presse trimestrielle de décembre. Les exégètes de la politique monétaire helvétique ne s’attendent pas à de grands changements et prédisent que la BNS va maintenir le cap qu’elle suit avec constance depuis des mois. On perçoit néanmoins ici et là de premiers appels à un resserrement des liquidités plus rapide que celui auquel l’Institut d’émission semble se préparer, avec un premier relèvement des taux programmé dit-on pour l’an prochain.

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