Le blog de Marian Stepczynski - Page 2

  • Les travaux d’Hercule, version 2020

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    Outre la lutte contre le réchauffement, consigne mobilisatrice des foules à propulsion plus verte que jamais, l’année qui vient s’annonce aussi riche en tâches que celles infligées au héros mythique de l’Antiquité. Qu’on y songe : il faudra pour commencer, et pas seulement en France, venir à bout des résistances à la réforme des retraites. Puis, d’une manière ou d’une autre, il s’agira d’empoigner la question de la dette, en voie de débordement si ce n’est déjà le cas, de pratiquement tous les Etats de la partie latine du globe. On la fera même précéder, car plus grave dans ses conséquences systémiques, de celle de la dette des entreprises non bancaires, voisine par endroits des niveaux atteints à la veille des plus grandes crises de l’histoire. 

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    Lien permanent Catégories : Capital, Dette, Ethique, Finances, gouvernance 0 commentaire
  • Le e-franc, c’est plié. Pour l’instant ?

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    Enterrée, donc, l’idée d’une monnaie électronique de banque centrale  destinée au public*. S’il peut à la rigueur se justifier de créer un franc électronique, ce ne peut être en l’état, estime le Conseil fédéral, qu’à l’intention de l’échelon intermédiaire, savoir celui des banques et d’autres grossistes du marché financier. C’est sans doute raisonnable, mais c’est un peu dommage. Pourquoi se fermer à une évolution technologique qui finira bien un jour par s’imposer ?

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  • Paul Volcker, un banquier central entré dans la légende

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    Trois mois avant son décès, le 8 décembre dernier, à l’âge de 92 ans, Paul Volcker, qui présida la Réserve fédérale américaine sous les administrations Carter et Reagan, exprimait dans les colonnes du Financial Times sa profonde inquiétude sur l’évolution de son pays en général et de ses institutions en particulier. «Jamais depuis la fin de la seconde guerre mondiale, écrivait-il ainsi dans cette postface à une prochaine réédition de son autobiographie, nous n’avons vu un président chercher si ouvertement à dicter sa politique à la Fed. C'est un sujet de grande préoccupation».

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  • La révolution des monnaies est en marche

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    L’avènement des crypto-monnaies ne soulève pas une vague d’enthousiasme chez les banques centrales, tant s’en faut. Car ces nouveaux moyens d’échange représentent ni plus ni moins qu’une attaque frontale contre un système de paiement à deux étages (celui des banques commerciales qui recueillent les dépôts du public, et celui des banques centrales qui, fortes de leur monopole, régulent la liquidité de l’ensemble) de moins en moins apte à se conformer aux exigences de la numérisation en marche de l’économie.

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  • L’effet paradoxal des taux bas

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    Les bas taux d’intérêt ont un effet paradoxal sur le marché immobilier. On pourrait penser qu’ils facilitent l’accès à la propriété, or ils ont pour conséquence essentielle de favoriser la construction de logements locatifs, et par là de réduire la part de logements destinés à la vente. Moins nombreux qu’il n’en faudrait pour répondre à la demande, ces derniers deviennent par conséquent encore plus chers.

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  • Le canton de Genève n'a pas besoin de LUP

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    Abdoul, nommons-le ainsi, est un aide-soignant souriant, dynamique et efficace. Son salaire, correct, lui permet d’envoyer un peu d’argent à sa famille. Mais il aimerait aussi, au lieu de continuer de payer un loyer élevé, s’acheter un petit studio, ce qui lui reviendrait bien moins cher. Et lui permettrait de réaliser son rêve : celui de fonder un jour, au Burkina, un centre de formation pour les jeunes de sa région. En revendant le studio le moment venu, il en aurait les moyens. Malheureusement, même loin du centre, les prix de l’immobilier lémanique restent hors de portée. Sans compter que les banques ne sont pas prêtes à lui accorder tout le crédit nécessaire.

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  • L’erreur monétaire de la réunification allemande

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    La remémoration de la chute du Mur, prélude à la réunification, est aussi l’occasion de se pencher sur les conditions dans lesquelles s’opéra l’union monétaire entre les deux Allemagne.

    Il sautait alors aux yeux que l’économie est-allemande, centralement planifiée, aussi inefficace que gaspilleuse de ressources matérielles et humaines, ne supporterait pas le choc d’une intégration immédiate. Aussi les experts de tous bords, d’un côté comme de l’autre de ce qui était encore une frontière, avaient-ils imaginé un passage graduel à la monnaie unique – soit, en clair, le remplacement de l’Ostmark par le D-Mark – couronnant et non précédant un rapprochement économique entre la République fédérale et la RDA.

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  • On cherche responsables de la crise

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    «Au final, qui est responsable de tout ce désordre financier ?» se demande ce correspondant qui, comme beaucoup d’autres observateurs inquiets de la tournure des événements, est à la recherche de «personnes, entités ou institutions capables de remettre le bateau à flot».

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  • Ce trop-plein d’épargne a des causes évidentes

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    Ce qui, normalement, pousse les actions vers le haut, c’est la perspective de bénéfices futurs en hausse, et donc de dividendes plus élevés. Or l’économie mondiale vacille plutôt qu’elle ne croît, de sorte que les promesses de rendement sont en train de s’affadir. Comment alors expliquer l’excellente tenue des marchés boursiers, qui depuis le début de l’année affichent une performance en complet décalage avec les prévisions conjoncturelles ?

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  • Ce Nobel pour les pauvres (et pour d’autres ?)

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    L’attribution du prix de sciences économiques de la Banque royale de Suède en mémoire d’Alfred Nobel, dit prix Nobel d’économie, à trois représentants de la recherche en économie comportementale, n’a pas fait que d’enthousiastes commentateurs.

    L’un des trois lauréats en particulier, la franco-américaine Esther Duflo, avait même été auparavant assez sèchement éreintée dans un ouvrage paru l’an dernier*, où l’auteur écrivait en plusieurs endroits tout le mal qu’il pensait des chercheurs de cette espèce.

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    Lien permanent Catégories : Air du temps, Croissance, gouvernance 2 commentaires
  • Pologne: où le populisme, hélas, paie

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    En Pologne, on appelle cela «kiełbasa wyborcza», littéralement «saucisse électorale». Fort, déjà, d’une popularité insurpassable, le parti au pouvoir PiS (Droit et Justice) avait multiplié les promesses électorales pour s’assurer la victoire la plus large possible aux élections parlementaires du 13 octobre: 500 złotys mensuels de plus pour les familles mettant au monde un premier enfant (jusqu’ici, le cadeau ne valait qu’à partir du deuxième enfant), abaissement de l’âge de la retraite (ramené à 65 ans pour les hommes et 60 ans pour les femmes), doublement du salaire minimum, exonération d’impôt sur le revenu pour les jeunes de moins de 26 ans, etc. etc.

    Bien lui en a pris, puisque la victoire s’annonce effectivement écrasante. Il y aura donc beaucoup à méditer sur l’usage électoral des saucisses, en Pologne comme ailleurs. Même si, à la différence d’autres expériences populistes, celle qui est menée dans ce cas a ceci de remarquable qu’elle est le fait d’un parti constant dans sa ligne et qui, surtout, tient ses engagements, parole d’électeurs.

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  • Contre Super Mario: du rififi chez les banquiers centraux

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    Jusqu’ici, la critique du laxisme monétaire avait été le fait de voix isolées. Désormais, elle s’exprime ouvertement et collectivement : un groupe de six ex-banquiers centraux et anciens chefs économistes de la Banque centrale européenne (BCE), soutenus par deux anciens gouverneurs de la Banque de France, dénoncent dans un mémorandum publié urbi et orbi la semaine dernière la politique d’«assouplissement quantitatif» menée par l’institution, et s’attaquent en particulier à la décision prise, lors de la dernière séance de son conseil, de reprendre les achats massifs d’obligations d’Etat afin d’atteindre l’objectif déclaré de «maintenir l’inflation annuelle au-dessous, mais à un niveau proche, de 2%».

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  • Ces Allemands qui désertent la BCE

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    On sait le peu d’estime que les Allemands portent à la politique suivie par la BCE depuis que Mario Draghi en assume la présidence. Ils lui reprochent principalement de favoriser, par un laxisme monétaire à leur avis éhonté, des comportements budgétaires à mille lieues de l’orthodoxie, unique garante selon eux de l’intégrité de la zone euro.

    Un Hans-Werner Sinn par exemple, président de l'Institut für Wirtschaftsforschung, ne manque aucune occasion de dénoncer le grossissement démesuré des balances de Target2, ce système de règlement brut des paiements en temps réel entre banques centrales nationales de l’Eurosystème, qui permet à celles-ci de répondre sans limite précise, et sans jamais en régler les soldes, aux besoins des banques commerciales – d’où son surnom de «fosse à liquidités».

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  • Bientôt, les monnaies seront numériques

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    La Banque nationale suisse n’y croit guère, et pourtant la numérisation des monnaies avance à grands pas. On en veut pour preuve non seulement le lancement prochain de la libra, qui paraît irrésistible malgré les méfiances exprimées ici et là, mais aussi et surtout la multiplication explosive de solutions de paiement privées, quasi gratuites, de la part de géants du numérique, de plateformes de e-commerce et plus récemment de néobanques, allemandes notamment (ce qui est un comble pour un pays généralement considéré comme plutôt traditionnaliste), uniquement présentes sur les réseaux de téléphonie mobile.

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  • Haro sur les taux négatifs !

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    Dans une ultime et désespérée tentative de faire bouger les choses, la présidence Draghi de la Banque centrale européenne (BCE) a donc décidé la semaine dernière d’enfoncer encore un peu plus les taux d’intérêt en territoire négatif et de reprendre les achats d’obligations des secteurs publics et privés qui avaient été arrêtés en 2018. La décision fut inhabituellement contestée, puisque près de la moitié des 25 gouverneurs du conseil de la Banque se sont opposés à la seconde de ces mesures, la première ayant en revanche, semble-t-il, beaucoup plus facilement passé la rampe, puisque même Jens Weidman, président de la Bundesbank allemande, y a acquiescé.

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  • Il est temps de ressusciter les vieilles idées keynésiennes

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    La propagation tous azimuts de taux d’intérêt négatifs rend la vie difficile à beaucoup de gens au lieu de la leur faciliter. On pense d’abord, bien sûr, aux déposants petits et grands, les premiers risquant bientôt d’être logés à la même enseigne que les seconds et se voir sanctionnés comme eux pour préférer l’épargne à la dépense. Mais il y a aussi, plus gravement, la remise en cause des régimes de prévoyance, privés de l’apport du «troisième cotisant» que personnifiait le capital accumulé, jusqu’ici pourvoyeur de rendement, désormais amenuisé par le prélèvement de taux négatifs. Les assureurs-vie, acteurs majeurs de la prévoyance professionnelle en tant que gérants des capitaux et des risques pour le compte d’une multitude de caisses de pensions, sont eux aussi sérieusement touchés par l’effondrement des taux, au point que la FINMA, qui les surveille au même titre que les banques, commence à s’en inquiéter.

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  • Un plan fou pour sortir de la crise et de la « japonisation »

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    Parler de crise ? En Suisse, cela ne peut susciter en ce moment que des hochements de tête. L’économie va bien, le chômage reste faible, l’industrie encaisse pour l’heure sans trop de mal la hausse du franc. Mais partout ailleurs on s’inquiète de la stagnation persistante que nourrit une absence d’inflation – ou plus exactement, une hausse des prix si ténue qu’elle correspond, en fait, à une déflation devenue permanente, illustrée par des taux d’intérêt nominaux de plus en plus négatifs.

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  • Il ne sert à rien de tirer sur l’ambulance

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    Mais qui sont ces techniciens qui n’ont de compte à rendre à personne et pourtant engagent nos destinées à tous ? La question fait ici référence aux banquiers centraux et, derrière eux, aux équipes de macroéconomistes et d’économètres qui préparent leurs décisions. Elle pourrait s’appliquer aux autres grandes administrations (la santé, le social, les transports), mais elle prend un relief particulier lorsqu’il s’agit de politique monétaire, singulièrement depuis que celle-ci a abouti à la généralisation de taux d’intérêt négatifs, si négatifs même que des emprunts d’Etat à cent ans d’échéance se négocient depuis peu sur le marché secondaire à moins de zéro de rendement !

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  • Payer à la vitesse de l’éclair

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    On vit décidément une drôle d’époque. L’argent, et il y en a toujours davantage, circule de plus en plus vite, alors que les économies croissent de plus en plus lentement. Sans doute n’y a-t-il qu’un rapport lointain entre la vitesse des règlements, qui se compte désormais en secondes, et la décélération des flux commerciaux, freinés par l’escalade tarifaire entre les Etats-Unis et la Chine sans parler d’autres sources d’inquiétude. Mais il n’est pas exclu que l’une déborde sur l’autre.

    Lorsqu’il se passait des jours, parfois des semaines, entre une décision de paiement prise par un acheteur A et sa matérialisation sur les livres d’un vendeur B, la viscosité du processus de règlement offrait à beaucoup d’intermédiaires l’occasion de justifier leur raison d’être et, partant, celle d’expliquer le caractère indiscutablement fondé des frais y afférents. Banquiers, comptables, vérificateurs, juristes préposés à la compliance y trouvaient leur compte, et la terre continuait de tourner.

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  • La guerre des monnaies a commencé

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    On sentait la chose venir, elle est venue. Faute de disposer d’une riposte correspondante sur le terrain commercial, la Chine a décidé de laisser choir sa monnaie face au dollar. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, le renminbi est tombé à son plus bas niveau depuis 2008, en partie certes sous l’effet des craintes qui ont envahi les marchés à l’annonce des nouvelles hausses tarifaires brandies par un président des Etats-Unis plus déterminé que jamais, mais aussi et peut-être surtout en raison de la décision prise par la Banque populaire de Chine de ne plus défendre le yuan face au dollar.

    La réaction américaine ne se fera probablement pas attendre, et pour cause.

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