Finances

  • Wirecard: Vie et mort d’une étoile financière

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    Ce pourrait bien être le plus grand scandale financier que l’Allemagne, et pourquoi pas l’Europe tout entière, aient connu depuis des générations. Petite startup lancée en 1999, devenue au fil des ans une imposante société de services financiers, une «Fintech» comme on dit, sous la baguette magique de son PDG Markus Braun, un technicien autrichien en génie informatique, le groupe munichois Wirecard vient de mettre la clé sous la porte. En cause, la découverte, après des années de soupçons et d’insinuations à aucun moment pris au sérieux, d’un énorme trou dans son bilan : 1,9 milliard d’euros, évaporés de comptes bancaires aux Philippines, qui n’ont vraisemblablement jamais existé.

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  • Le bon côté (s’il y en a un) de la crise

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    Un virus, et tout s’arrête, titrait-on ici même il y a quinze jours. On ne croyait pas si bien dire. Le monde se ferme et se renferme, toutes les activités stoppent net, les flux de paiement, salaires et dépenses diverses, tarissent à la source, du jamais vu y compris lors des chocs pétroliers et des vagues d’attentats terroristes.

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  • Des milliards jusqu’à plus soif

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    Aux dernières nouvelles (28 février), les réserves de change de la Banque nationale suisse s’élèvent à 821,4 milliards de francs. Leur principale contrepartie, au passif du bilan, est représentée par les dépôts des banques (leurs «avoirs en compte de virement»), qui ont peu varié depuis le début de l’année, et dans une moindre mesure par les avoirs d’autres institutions – Centrale de compensation AVS, SIX-clearing, SUVA, grandes caisses de pensions, assurances, etc. – autorisées à déposer leurs liquidités auprès de la BNS. Ces avoirs-là ont augmenté de presque 10 milliards (+11%) depuis le 3 janvier (ce qui, soit noté au passage, en dit long sur la frilosité de ces institutions, plus enclines à thésauriser qu’à placer leurs encaisses excédentaires).

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  • Après les Ninja EN 2007, qui déclenchera la prochaine crise?

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    Une crise, financière comme il se doit, commence toujours par un événement marginal. En 2007, ce fut l’effondrement localisé du marché des subprimes, cette frange de prêts hypothécaires accordés à des «NINJA» (no income, no job, no assets), ces ménages américains ne disposant ni de revenus ni d’avoirs suffisants pour honorer une dette hypothécaire, qui contamina ensuite via la titrisation de créances pourries fautivement classées AAA l’ensemble du système bancaire domestique puis, par ricochet, celui du reste du monde.

    Précédemment dans l’histoire, le krach de Wall Street d’octobre 1929 s’en était pris en 1931, l’étalon-or aidant, à une banque autrichienne, la Creditanstalt, qui fit faillite et entraîna dans son sillage la totalité de l’économie et de la finance européennes. Aujourd’hui, le déclencheur d’une nouvelle crise pourrait être, pense-t-on le plus souvent, la cascade de blocages (des frontières, des transports, du tourisme) générés par l’épidémie de coronavirus 2019-nCoV, qui paralyse effectivement, dans un monde d’échanges à flux tendus, la plupart des chaînes de valeur manufacturières.

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  • Les travaux d’Hercule, version 2020

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    Outre la lutte contre le réchauffement, consigne mobilisatrice des foules à propulsion plus verte que jamais, l’année qui vient s’annonce aussi riche en tâches que celles infligées au héros mythique de l’Antiquité. Qu’on y songe : il faudra pour commencer, et pas seulement en France, venir à bout des résistances à la réforme des retraites. Puis, d’une manière ou d’une autre, il s’agira d’empoigner la question de la dette, en voie de débordement si ce n’est déjà le cas, de pratiquement tous les Etats de la partie latine du globe. On la fera même précéder, car plus grave dans ses conséquences systémiques, de celle de la dette des entreprises non bancaires, voisine par endroits des niveaux atteints à la veille des plus grandes crises de l’histoire. 

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  • Paul Volcker, un banquier central entré dans la légende

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    Trois mois avant son décès, le 8 décembre dernier, à l’âge de 92 ans, Paul Volcker, qui présida la Réserve fédérale américaine sous les administrations Carter et Reagan, exprimait dans les colonnes du Financial Times sa profonde inquiétude sur l’évolution de son pays en général et de ses institutions en particulier. «Jamais depuis la fin de la seconde guerre mondiale, écrivait-il ainsi dans cette postface à une prochaine réédition de son autobiographie, nous n’avons vu un président chercher si ouvertement à dicter sa politique à la Fed. C'est un sujet de grande préoccupation».

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  • L’effet paradoxal des taux bas

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    Les bas taux d’intérêt ont un effet paradoxal sur le marché immobilier. On pourrait penser qu’ils facilitent l’accès à la propriété, or ils ont pour conséquence essentielle de favoriser la construction de logements locatifs, et par là de réduire la part de logements destinés à la vente. Moins nombreux qu’il n’en faudrait pour répondre à la demande, ces derniers deviennent par conséquent encore plus chers.

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  • Ce trop-plein d’épargne a des causes évidentes

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    Ce qui, normalement, pousse les actions vers le haut, c’est la perspective de bénéfices futurs en hausse, et donc de dividendes plus élevés. Or l’économie mondiale vacille plutôt qu’elle ne croît, de sorte que les promesses de rendement sont en train de s’affadir. Comment alors expliquer l’excellente tenue des marchés boursiers, qui depuis le début de l’année affichent une performance en complet décalage avec les prévisions conjoncturelles ?

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  • Haro sur les taux négatifs !

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    Dans une ultime et désespérée tentative de faire bouger les choses, la présidence Draghi de la Banque centrale européenne (BCE) a donc décidé la semaine dernière d’enfoncer encore un peu plus les taux d’intérêt en territoire négatif et de reprendre les achats d’obligations des secteurs publics et privés qui avaient été arrêtés en 2018. La décision fut inhabituellement contestée, puisque près de la moitié des 25 gouverneurs du conseil de la Banque se sont opposés à la seconde de ces mesures, la première ayant en revanche, semble-t-il, beaucoup plus facilement passé la rampe, puisque même Jens Weidman, président de la Bundesbank allemande, y a acquiescé.

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  • Médecins au chevet de la prochaine crise

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    Le débat qui s’intensifie au sujet des intérêts négatifs est révélateur du désarroi qui règne chez les économistes. Comment expliquer que les liquidités mises à disposition des intermédiaires bancaires par le truchement de politiques monétaires extraordinairement accommodantes n’alimentent pas le crédit aux entreprises, mais continuent d’être parquées en réserves stériles auprès des banques centrales en dépit des pénalités qui les frappent désormais? Des taux directeurs quasi nuls voire inférieurs à zéro, innovation radicale dans l’arsenal de la lutte anti-crise, ont certes permis de maintenir la dette publique dans des proportions supportables (puisqu’ils n’en alourdissent pas le service, alors même qu’elle continue de grandir), mais c’est là une maigre consolation face à la montagne de difficultés que signifiera le retour à la normale.

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  • Qui ne paie pas ses dettes s’enrichit

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    A l’instar de quelques rares autres pays, l’Espagne et les Pays-Bas notamment, la Suisse impose la valeur locative des logements habités par leurs propriétaires. Depuis une vingtaine d’années, la proposition d’abandonner cette singularité fiscale ou d’en modifier la nature a été soumise au vote populaire, sans jamais réussir à convaincre un électorat essentiellement constitué, il faut le dire, de locataires. Ce qui n’a manifestement pas découragé les partisans de sa suppression de revenir à la charge, puisque la Commission de l’économie et des redevances du Conseil des Etats vient de déposer une initiative parlementaire visant à la faire disparaître, moyennant divers aménagements susceptibles d’emporter cette fois-ci l’adhésion d’une majorité.

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  • 2008, crise «transatlantique»

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    Elles n’ont pas été prises la main dans le sac, puisqu’il aura fallu dix ans pour établir définitivement leur part de responsabilité dans l’ampleur prise par la crise des subprime. Elles, ce sont les grandes banques européennes, suisses, britanniques et allemandes pour être précis, qui ont massivement – bien plus massivement, toutes proportions gardées, que les banques américaines – tricoté ces produits adossés à des hypothèques de basse qualité, dont la perte brutale de valeur a déclenché la pire crise financière que le monde ait connue depuis les années trente.

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  • La Banque nationale a des soucis de riches

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    La Banque nationale suisse est en principe, sous toutes les coutures légales et réglementaires, une institution indépendante qui ne reçoit d’ordres de personne et s’emploie uniquement à remplir son mandat constitutionnel. Elle mène donc «une politique monétaire servant les intérêts généraux du pays» (Cst. art. 99 al. 2). Les circonstances l’ont cependant amenée non pas à s’écarter de ce mandat, mais à donner à la notion d’intérêt général un sens plus large que celui auquel on avait l’habitude de se référer.

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  • L’Amérique, danger numéro un

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    Quel que soit le résultat des élections de mi-mandat, la brutalité avec laquelle le président américain s’emploie à déstabiliser l’ordre économique mondial n’augure rien de bon. C’est le douloureux paradoxe de la situation actuelle. Que les Républicains l’emportent ou que les Démocrates fassent basculer la majorité à la Chambre, Donald Trump s’ingéniera, dans la mesure plus ou moins élargie de ses prérogatives, à durcir encore le ton et le contenu de son assaut contre tout ce qui pourrait s’opposer à son projet isolationniste et protectionniste, répété à l’envi, d’«America first».

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  • Monnaie pleine: Le tort d’avoir raison trop tôt

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    Il se dit beaucoup de bêtises à propos de l’initiative «Monnaie pleine». La seule chose vraie est que, si elle était acceptée, les banques ne pourraient plus compter systématiquement sur la différence d’intérêts comme source de profit (principale, voire unique pour certaines d’entre elles), puisque leurs clients actuels pourraient dorénavant choisir entre elles et la banque centrale comme lieu de dépôt de leurs encaisses.

    Tout le reste, ou presque, est littérature. Ce qui est particulièrement faux, c’est l’argument selon lequel l’acceptation de l’initiative rendrait encore plus difficile l’obtention de crédits par les entreprises, comme l’affirme, par exemple, l’association faîtière des hôteliers. Les banques qui aujourd’hui financent leurs prêts par les dépôts de leurs clients obtiendraient en effet sans difficulté les crédits nécessaires auprès de la banque centrale. Ces crédits ne seraient évidemment pas octroyés gratuitement, mais la BNS aurait tout loisir de varier ses conditions, comme elle le fait d’ailleurs déjà aujourd’hui.

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  • Libor, Saron, charabia monétaire dont pourtant beaucoup dépend

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    Au pays le plus endetté du monde hypothécairement parlant (on aura reconnu la Suisse), on se penche gravement sur le passage, probable et imminent, du Libor au Saron. Le Libor, ce London interbank offered rate (en bon français, taux interbancaire pratiqué à Londres), est sur le point d’être remplacé, chez nous, par le Saron, acronyme barbare désignant le Swiss Average Rate Overnight, en bon français le taux d’intérêt moyen pour les prêts au jour le jour, plus précisément pour une nuit (overnight), taux auquel les banque se prêtent à très court terme, les unes aux autres, les liquidités qui manquent aux premières et dépassent leurs besoins chez les secondes.

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  • "Monnaie pleine": Oser ou ne pas oser l’utopie

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    Pour la génération des “millenials”, l’opinion d’un Mark Zuckerberg compte sans doute bien davantage que celle d’un Bill Gates ou a fortiori de vieilles barbes du siècle dernier comme Milton Friedman ou James Tobin. Tous ont pourtant en commun de s’être prononcés, d’une manière ou d’une autre, en faveur du principe d’un revenu universel. En Suisse, où l’on a les pieds sur terre et la tête très peu dans les nuages, l’idée a été rejetée en juin de l’année dernière par 76,9% des votants appelés à s’exprimer sur l’initiative “Pour un revenu de base inconditionnel”.

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  • L’immobilier pris au piège des taux bas

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    En plein Sion, à la place de l’ancienne Matze, se dresse un complexe résidentiel flambant neuf à la recherche d’occupants. Peu ont répondu à l’appel. Sur les 120 appartements offerts à la location, 36 à ce jour ont trouvé preneur. Un peu partout au centre et à la périphérie de la ville, de nouveaux locatifs attendent qu’on veuille bien les remplir. Comme titrait le Nouvelliste, «le parc immobilier est en surchauffe à Sion».
     
    Au total, 1800 logements pourraient bientôt se retrouver sur le marché, ce qui serait considérable pour une ville de 30'000 habitants, et même pour l’agglomération qui en compte le double. Le cas n’est pas isolé: dans plusieurs autres villes moyennes, la durée d’insertion des annonces de logements s’est considérablement allongée. Ce qui, à certains égards, apparaît comme une heureuse détente d’un marché marqué par la pénurie, n’est pas uniquement l’effet de rattrapage d’une activité de construction réagissant avec retard à la pression démographique.

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  • Euro: qui veut noyer son chien…

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    Il y a deux sortes d’adversaires à la monnaie unique européenne. Ceux qui, jugeant son lancement prématuré, lisent dans les difficultés actuelles de l’union monétaire la vérification de leur diagnostic. Et ceux qui, accusant l’euro de tous les maux, masquent leur europhobie viscérale derrière un argumentaire plus ou moins scientifique, comme les candidat(e)s d’extrême gauche et d’extrême droite à la présidentielle française, qui puisent leur inspiration auprès d’analystes traditionnellement eurosceptiques, tel l’économiste Jacques Sapir, récemment interrogé sur les ondes de la RTS.

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  • Suisse, une bourse qui en dit long

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    A moins d’un improbable sursaut de dernière heure, la bourse suisse finira l’année 2016 en queue des principales places boursières occidentales, Italie exceptée. Au 16 décembre, l’indice SMI affichait encore un recul de 6,5% depuis le 1er janvier, quand les hausses allaient de 1,8% à Londres à 6,9% à Paris et 10,9% à Francfort.

    Comment expliquer ce médiocre classement, alors que l’économie suisse dans son ensemble se porte plutôt bien, que le franc attire du monde, et qu’en raison des intérêts négatifs les investisseurs institutionnels en quête de rendement se tournent vers les actions de préférence aux placements obligataires ?

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