Ethique

  • Wirecard: Vie et mort d’une étoile financière

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    Ce pourrait bien être le plus grand scandale financier que l’Allemagne, et pourquoi pas l’Europe tout entière, aient connu depuis des générations. Petite startup lancée en 1999, devenue au fil des ans une imposante société de services financiers, une «Fintech» comme on dit, sous la baguette magique de son PDG Markus Braun, un technicien autrichien en génie informatique, le groupe munichois Wirecard vient de mettre la clé sous la porte. En cause, la découverte, après des années de soupçons et d’insinuations à aucun moment pris au sérieux, d’un énorme trou dans son bilan : 1,9 milliard d’euros, évaporés de comptes bancaires aux Philippines, qui n’ont vraisemblablement jamais existé.

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  • Les travaux d’Hercule, version 2020

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    Outre la lutte contre le réchauffement, consigne mobilisatrice des foules à propulsion plus verte que jamais, l’année qui vient s’annonce aussi riche en tâches que celles infligées au héros mythique de l’Antiquité. Qu’on y songe : il faudra pour commencer, et pas seulement en France, venir à bout des résistances à la réforme des retraites. Puis, d’une manière ou d’une autre, il s’agira d’empoigner la question de la dette, en voie de débordement si ce n’est déjà le cas, de pratiquement tous les Etats de la partie latine du globe. On la fera même précéder, car plus grave dans ses conséquences systémiques, de celle de la dette des entreprises non bancaires, voisine par endroits des niveaux atteints à la veille des plus grandes crises de l’histoire. 

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  • Le canton de Genève n'a pas besoin de LUP

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    Abdoul, nommons-le ainsi, est un aide-soignant souriant, dynamique et efficace. Son salaire, correct, lui permet d’envoyer un peu d’argent à sa famille. Mais il aimerait aussi, au lieu de continuer de payer un loyer élevé, s’acheter un petit studio, ce qui lui reviendrait bien moins cher. Et lui permettrait de réaliser son rêve : celui de fonder un jour, au Burkina, un centre de formation pour les jeunes de sa région. En revendant le studio le moment venu, il en aurait les moyens. Malheureusement, même loin du centre, les prix de l’immobilier lémanique restent hors de portée. Sans compter que les banques ne sont pas prêtes à lui accorder tout le crédit nécessaire.

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  • Raiffeisen: de l’utilité des coopératives

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    Les turbulences récemment traversées par Raiffeisen démontrent à quels désagréments peut conduire la forme coopérative lorsqu’elle s’applique au monde de la finance. Le troisième groupe bancaire helvétique ne doit bien entendu pas les mésaventures qu’il a connues à sa seule forme juridique. D’autres banques, et non des moindres, ont eu affaire à des tracas d’une autre envergure, alors même qu’elles constituaient des sociétés anonymes pur sucre – que l’on songe simplement aux circonstances ayant entouré la fusion entre UBS et SBS, ou aux déboires d’autres mastodontes telle la Deutsche Bank. Mais se rappelle-t-on encore des péripéties qui avaient conduit à l’époque la Banque Populaire Suisse, cette autre banque coopérative, à finir entre les mains du Crédit Suisse ? A l’origine de ses multiples déconvenues, on retrouve, comme pour Raiffeisen, une défaillance dans le mode de gouvernance, qu’il faut bien imputer à la forme coopérative. Car à la différence de ce que l’on observe pour les sociétés anonymes, la surveillance exercée par le conseil d’administration sur la direction de la coopérative pêche par plusieurs aspects : une absence – ou une insuffisance – de pression sur les organes dirigeants de la part des coopérateurs (ou de leurs délégués dans le cas des grandes coopératives), une lenteur dans la prise de décision, et bien souvent une connaissance lacunaire des membres de la coopérative du domaine dans lequel celle-ci est active. Dans ces conditions, des managers peu scrupuleux, ou tout simplement imprudents, ont toute liberté d’engager l’entreprise dans des aventures risquées. A quoi s’ajoute une certaine fragilité structurelle sur le plan financier, puisque la forme coopérative, lorsqu’elle s’applique à la banque, rend difficile le processus de recapitalisation en cas de besoin urgent de refinancement.

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  • Le monde à la merci d’un fou ?

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    On attribue volontiers la brutalité avec laquelle le président américain s’acharne à mettre à terre l’ordre international au fait qu’il tiendrait ses promesses de campagne et contenterait ainsi son électorat. Ce détour par le populisme est dans l’air du temps, puisque il rejoint d’autres manifestations de refermement sur soi qui ne s’observent pas seulement aux Etats-Unis mais aussi au cœur des plus vieilles démocraties européennes. Il y a cependant une autre explication, qui fait froid dans le dos. Et si Donald Trump était atteint de maladie mentale ?

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  • Pourquoi ne pas creuser plus avant l’idée d’un «fonds souverain»?

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    Rappel des épisodes précédents. Parce qu’elle est un pays économe, vertueux, accessoirement discret sur les fortunes d’ailleurs qui viennent se déposer dans ses banques, la Suisse dispose depuis des lustres d’une monnaie forte, ce qui constitue indubitablement un avantage à certains égards mais pose néanmoins quelques problèmes de compétitivité à son industrie.

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  • Le côté obscur de la finance

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    Après la crise de 2008, on pouvait penser que les banques, déconfites et honteuses, feraient profil bas et encaisseraient sans broncher les sanctions accompagnant leur sauvetage. Hé bien non ! Comme vient de le montrer une enquête menée conjointement par la CFTC américaine, la FCA britannique et la FINMA depuis 2010, quatre ou cinq grandes banques dont UBS, qui se partagent à elles seules la moitié d’un marché mondial des devises estimé à 5,3 billions de dollars de chiffre d’affaires quotidien (mars 2013), se sont laissées aller à manipuler les cours de référence de quelques unes des principales monnaies qui y sont négociées.

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  • Fonds vautours, drôles d’oiseaux

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    On les appelle vautours parce que, à l’instar du volatile en question, ils profitent de l’état de faiblesse de leur proie pour fondre sur sa dépouille. Mais si le rapace est utile à l’écosystème, les fonds spéculatifs, qui misent sur la détresse d’un débiteur pour réaliser d’insolentes plus-values en rachetant ses emprunts à des conditions dérisoires avant d’en récupérer le montant intégral du nominal, méritent-ils qu’on les considère identiquement comme des éboueurs naturels du capitalisme ?

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