Emploi

  • Ce que signifie une baisse de 6% du PIB

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    La question semble oiseuse, elle n’en est pas moins fondamentale par ses conséquences pratiques : quelle est la différence entre une récession de type classique et une récession de type pandémique ?

    Lorsque l’économie recule sous l’effet d’une crise de la dette ou par suite de l’éclatement d’une bulle spéculative, le redressement peut prendre son temps, mais il survient d’une façon ou l’autre, généralement prédictible, et gouvernable, car estimable sur la base des expériences passées. Ainsi, la sortie de crise amorcée au lendemain de 2009 avait été assez correctement anticipée par la plupart des modèles économétriques. Le Créa lausannois, par exemple, avait bien vu le retour d’une croissance à 2% du PIB aux alentours de 2011, de la même façon que l’OCDE dans ses Perspectives économiques n° 86 datées de novembre 2009.

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  • Un virus, et tout s’arrête

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    Avocats de la cause féminine et champions de l’urgence climatique n’ont qu’à bien se tenir : un virus pas si létal que ça est en train de les remplacer sur l’agenda des priorités, mettant la planète médiatique sens dessus dessous et semant le chaos dans la gouvernance mondiale. Il se pourrait même, si les choses durent voire s’aggravent, que l’économie bascule carrément dans la récession, à la manière de ce qu’avaient entraîné la crise des subprimes ou, plus loin encore dans le temps, les crises pétrolières.

    Deux sortes de caractéristiques font toutefois la différence.

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  • Après les Ninja EN 2007, qui déclenchera la prochaine crise?

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    Une crise, financière comme il se doit, commence toujours par un événement marginal. En 2007, ce fut l’effondrement localisé du marché des subprimes, cette frange de prêts hypothécaires accordés à des «NINJA» (no income, no job, no assets), ces ménages américains ne disposant ni de revenus ni d’avoirs suffisants pour honorer une dette hypothécaire, qui contamina ensuite via la titrisation de créances pourries fautivement classées AAA l’ensemble du système bancaire domestique puis, par ricochet, celui du reste du monde.

    Précédemment dans l’histoire, le krach de Wall Street d’octobre 1929 s’en était pris en 1931, l’étalon-or aidant, à une banque autrichienne, la Creditanstalt, qui fit faillite et entraîna dans son sillage la totalité de l’économie et de la finance européennes. Aujourd’hui, le déclencheur d’une nouvelle crise pourrait être, pense-t-on le plus souvent, la cascade de blocages (des frontières, des transports, du tourisme) générés par l’épidémie de coronavirus 2019-nCoV, qui paralyse effectivement, dans un monde d’échanges à flux tendus, la plupart des chaînes de valeur manufacturières.

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  • La face cachée de la Lune

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    Le débat quasi universel sur la réforme des retraites occulte un point pourtant essentiel. S’il est bien sûr important, vital même, de résoudre la question du financement de la prévoyance, étroitement lié comme on sait à l’évolution démographique, on néglige le plus souvent d’en étudier les répercussions sur le marché du travail. De sorte que lorsque paraît la moindre étude sur le sujet, l’étonnement est aussi grand que si l’on venait de découvrir la lune.

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  • Paul Volcker, un banquier central entré dans la légende

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    Trois mois avant son décès, le 8 décembre dernier, à l’âge de 92 ans, Paul Volcker, qui présida la Réserve fédérale américaine sous les administrations Carter et Reagan, exprimait dans les colonnes du Financial Times sa profonde inquiétude sur l’évolution de son pays en général et de ses institutions en particulier. «Jamais depuis la fin de la seconde guerre mondiale, écrivait-il ainsi dans cette postface à une prochaine réédition de son autobiographie, nous n’avons vu un président chercher si ouvertement à dicter sa politique à la Fed. C'est un sujet de grande préoccupation».

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  • Le canton de Genève n'a pas besoin de LUP

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    Abdoul, nommons-le ainsi, est un aide-soignant souriant, dynamique et efficace. Son salaire, correct, lui permet d’envoyer un peu d’argent à sa famille. Mais il aimerait aussi, au lieu de continuer de payer un loyer élevé, s’acheter un petit studio, ce qui lui reviendrait bien moins cher. Et lui permettrait de réaliser son rêve : celui de fonder un jour, au Burkina, un centre de formation pour les jeunes de sa région. En revendant le studio le moment venu, il en aurait les moyens. Malheureusement, même loin du centre, les prix de l’immobilier lémanique restent hors de portée. Sans compter que les banques ne sont pas prêtes à lui accorder tout le crédit nécessaire.

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  • Après les taux bas, retour du franc fort ?

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    Le petit monde de la finance attend avec une certaine fébrilité ce que la direction générale de la Banque nationale suisse va annoncer jeudi, à l’occasion de sa conférence de presse trimestrielle de décembre. Les exégètes de la politique monétaire helvétique ne s’attendent pas à de grands changements et prédisent que la BNS va maintenir le cap qu’elle suit avec constance depuis des mois. On perçoit néanmoins ici et là de premiers appels à un resserrement des liquidités plus rapide que celui auquel l’Institut d’émission semble se préparer, avec un premier relèvement des taux programmé dit-on pour l’an prochain.

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  • Le "De l’autre côté de la rue" de Macron

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    En assurant à un jeune chômeur horticulteur qu’il lui suffirait de traverser la rue pour trouver du travail, Emmanuel Macron a déclenché une avalanche de sarcasmes sur les réseaux sociaux. Avait-il tout tort ? Si les internautes s’en sont donné à cœur joie, la réalité, en apparence en tout cas, n’est pas si éloignée que cela de la leçon présidentielle. La France souffre en effet, comme beaucoup d’autres pays, de la coexistence d’un chômage persistant et d’une importante offre d’emplois non satisfaite.

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  • Sans l’ouverture au monde, point de salut

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    La réponse des populistes de tous bords à la crise migratoire et plus largement aux bouleversements en cours est un grave danger pour la prospérité, alors que paradoxalement leur vision à courte vue fait croire qu’ils vont pouvoir au contraire la sauver.

    Dans sa forme la plus élémentaire, leur proposition tient en trois slogans: sauvegarder les emplois par la fermeture des frontières, relever les salaires et les retraites, baisser les impôts.

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  • Les retraites, façon grandes banques

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    La nouvelle n’a pas fait grand bruit en Suisse romande, et pourtant l’affaire est d’importance. La caisse de pensions d’UBS, la plus grande institution bancaire suisse, empoigne la réforme de la prévoyance avec une rare énergie : dès 2019, l’âge du départ en retraite des employés de la banque sera porté à 65 ans, celui du début de leur affiliation, ramené de 25 à 20 ans, leur taux de cotisation, relevé entre 0,5% et 2% selon l’âge, et le taux technique (c’est-à-dire le taux de rendement annuel moyen espéré à long terme) abaissé de 3% à 1,5%, ce qui aura pour effet de réduire encore le taux de conversion du capital en rentes, raccourci des 5,44% actuels à 4,42%. Pour rappel, le taux de conversion minimal en vigueur pour la partie obligatoire de la prévoyance professionnelle, initialement fixé à 7,2%, avait été ramené à 6,8 % lors de la première révision de la LPP en 2005. Depuis, le peuple a fait de la résistance : le taux de 6,4% proposé par le Conseil fédéral en 2008 «étant donné la nécessité de tenir compte de la diminution notable des rendements attendus à long terme sur les marchés financiers» a été sèchement refusé en votation populaire le 7 mars 2010. De même, les 6% prévus en quatre étapes jusqu’en 2022 ont été balayés, comme tout le paquet de la Prévoyance vieillesse 2020, lors de la votation de septembre dernier.

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  • Milliard, le mot qui fâche certains en Suisse

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    Le «milliard de cohésion» promis par le Conseil fédéral donne des boutons à l’UDC, qui dénonce un «scandale» et entend obtenir dans les plus courts délais la mise en place d’un référendum financier. De quoi parle-t-on au juste ?

    Par un malencontreux rapprochement de termes, l’usage s’est installé depuis 2008 de considérer la contribution financière de la Suisse à l’Union européenne élargie comme une contribution directe aux fonds de cohésion de l’UE et, par simplification, d’englober les montants en jeu dans un chiffre rond, le fameux milliard.

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  • La fin des emplois, une société en forme de sablier

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    Utilisée sauf erreur pour la première fois, dans l’espace francophone, par l’écologiste Alain Lipietz puis reprise sous une forme différente par l’éditorialiste Jean-Marc Vittori, l’image résume assez bien l’évolution d’une société dans laquelle le centre s’efface au profit des bords, luxe vs «low cost», super riches contre «low wage workers». Cette polarisation de la société, opérée au détriment de ce qui faisait naguère la classe moyenne, à commencer par l’immense majorité des emplois qui ne nécessitaient ni qualifications particulièrement élevées ni besoin permanent de réapprentissage, fait craindre sérieusement la disparition de la plupart des emplois.

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  • L’inflation aux abonnés absents

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    Normalement, lorsque la croissance s’installe et que l’on se rapproche du plein-emploi, les salaires devraient monter, et dans la foulée l’inflation se manifester, puisque les entreprises ont alors tout loisir de répercuter la hausse de leurs coûts, essentiellement salariaux, sur leurs prix de vente. Or, mystère, alors que la reprise s’affirme un peu partout, les prix demeurent stables, pour la raison précisément – ce n’est certes pas la seule ­– que les salaires bougent à peine. Comment expliquer ce paradoxe, qui va à l’encontre de tout ce que la théorie économique a professé jusqu’ici ?

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  • Le protectionnisme ne protège rien du tout

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    Où est-elle, la Suisse ouverte au grand large, à l’échange libre de biens et de services, à l’accueil généreux de travailleurs italiens, espagnols, portugais, cette Suisse à l’avant-garde de la mondialisation par sa participation active aux flux d’investissements directs ? On a parfois le sentiment, aujourd’hui, qu’elle se recroqueville sur ses succès passés et sa prospérité, refuse le monde, et va jusqu’à se plaindre des conséquences les plus banales de la libre circulation en postulant une préférence nationale qu’on croyait réservée aux économies en difficulté.

    Deux exemples récents, exceptionnels mais révélateurs de ce nouvel état d’esprit. Un constructeur saint-gallois de façades métalliques vient de se plaindre d’avoir été écarté par les CFF d’un appel d’offres au profit d’une entreprise chinoise pour une différence de prix – de l’ordre de 20% – ne justifiant pas selon lui le recours peu écologique à ce fournisseur lointain. Peu auparavant, on dénonçait le fait que la Confédération ait attribué à une entreprise lituanienne la confection des vignettes de haute sécurité apposées sur les visas Schengen, alors que ce genre de travail était habituellement confié à Orell Füssli Security Printing.

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  • Soudeur schwytzois, plombier polonais, même niet!

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    Même confinée à l’espace national, la libre circulation n’a plus la cote, à preuve la levée de boucliers romands contre le projet de révision de la loi sur les marchés publics, qui n’est qu’une des nombreuses déclinaisons du principe du libre-échange. Architectes, ingénieurs, constructeurs, syndicats, tous redoutent la «distorsion de concurrence» (sic) qui risque selon eux de découler de l’entrée en scène de soumissionnaires venus d’autres cantons. Car, aussi étrange que cela puisse paraître, le marché intérieur qu’on supposait aller de soi depuis que la loi qui porte son nom l’a voulu ainsi, n’avait pas prévu de «traitement national» pour l’attribution des travaux.

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  • Taxer les robots ? Non, quoique...

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    Robert Shiller, qui n’est pas n’importe qui (prix Nobel d’économie en 2013, coauteur du célèbre indice Case-Shiller du marché immobilier résidentiel américain, auteur du best-seller «Exubérance irrationnelle»...), propose dans une récente tribune de considérer moins sceptiquement que ne le font d’ordinaire les économistes l’idée de taxer les robots.

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  • La blockchain, cette autre révolution qui se prépare

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    Alors qu’on s’agite beaucoup autour de la question des robots et de leurs effets possibles sur l’emploi, une autre révolution, tout aussi importante quoique plus silencieuse, est en marche.
     
    C’est celle de l’utilisation potentiellement universelle de la technologie dite «blockchain». Celle-ci permet d’identifier, exécuter et protocoler en temps réel les échanges de données (contrats, transferts de propriété, certifications, etc.) sur une base à la fois sécurisée et émancipée de tout agent intermédiaire (banque, notaire, registre officiel) par le recours à un réseau de nœuds dit «peer to peer», enchaînant et validant, paquet par paquet, l’ensemble des transactions au fur et à mesure de leur survenance.

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  • Le comment et le pourquoi du déclin de la productivité

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    personne foule ocede chomeurs travailleur.jpgIl y a quelque chose d’assez extraordinaire et inexplicable dans le fait que le foisonnement d’innovations auquel nous assistons dans les domaines les plus divers ne s’accompagne pas d’une explosion de l’activité d’investissement, et qu’à la différence de celles qui l’ont précédée, la révolution industrielle que nous vivons depuis quelques décennies n’amène qu’augmentation des inégalités et baisse continue des gains de productivité.

    Ce dernier point est peut-être le plus surprenant. Car comment comprendre que le progrès technique, d’ordinaire source de mieux être ou en tout cas de meilleure diffusion d’éléments de prospérité, se heurte désormais au scepticisme général, et se dissipe dans ce qui ressemble de plus en plus à un amas inconsistant de données dépourvues de sens et d’informations redondantes ?

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  • L’emploi, denrée périssable

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    RTR3SF1hd.jpgLes misérables taux de croissance que les économies avancées enregistrent depuis la fin des années 70 contreviennent à la théorie qui voudrait que le progrès technique s’accompagne de gains de productivité suffisants pour entraîner une augmentation de la dépense, supposée générer à son tour suffisamment de nouveaux emplois pour compenser ceux que l’automatisation des tâches fait disparaître.

    D’où la question : le progrès technique serait-il devenu avare en gains de productivité ? 

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  • Serait-ce, déjà, la fin du travail ?

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    La Suisse va incontestablement mieux que la plupart de ses voisins, mais ce serait une erreur que d’y voir la preuve que nous sommes et demeurerons longtemps meilleurs que les autres pour la simple raison, par exemple, que nous saurions mieux qu’eux maîtriser nos dépenses publiques, et que notre système de formation à nul autre pareil nous protégerait à jamais de l’adversité. Si le reste du monde développé connaît un sous-emploi persistant malgré une croissance – molle mais croissance tout de même – c’est peut-être bien, à y réfléchir, qu’il y a dans ce mal-être économique fait de chômage persistant et de stagnation des salaires réels depuis des décennies quelque chose de plus profond et de plus durable que l’effet de mauvaises politiques, et que par conséquent l’exception helvétique n’est pas destinée à durer. Ici aussi l’automatisation des tâches, y compris dans les activités où on l’attend le moins, devrait finir par imposer sa loi.

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