Chômage

  • Le monde orphelin d'un brillant chercheur

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    Il n’avait que 41 ans. La communauté scientifique a rendu un hommage unanime à ce brillant enseignant à Harvard et chercheur associé de l’Ecole d’économie de Toulouse (sans doute la meilleure du genre) qui aurait probablement été nobélisé un jour si la destinée lui en avait laissé le temps.

    Décédé le 23 juillet dernier à Cambridge, Emmanuel Farhi laisse, parmi beaucoup de contributions à l’explication des grands déséquilibres mondiaux, quelques working papers qui éclairent sur l’enchaînement de causes et d’effets ayant conduit, entre autres, à la crise des subprime puis au ralentissement économique mondial. 

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  • Ce que signifie une baisse de 6% du PIB

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    La question semble oiseuse, elle n’en est pas moins fondamentale par ses conséquences pratiques : quelle est la différence entre une récession de type classique et une récession de type pandémique ?

    Lorsque l’économie recule sous l’effet d’une crise de la dette ou par suite de l’éclatement d’une bulle spéculative, le redressement peut prendre son temps, mais il survient d’une façon ou l’autre, généralement prédictible, et gouvernable, car estimable sur la base des expériences passées. Ainsi, la sortie de crise amorcée au lendemain de 2009 avait été assez correctement anticipée par la plupart des modèles économétriques. Le Créa lausannois, par exemple, avait bien vu le retour d’une croissance à 2% du PIB aux alentours de 2011, de la même façon que l’OCDE dans ses Perspectives économiques n° 86 datées de novembre 2009.

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  • En vue : un endettement colossal

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    Le confinement, moyen grossier (mais y en avait-il d’autre ?) de ralentir la propagation du virus, a déclenché le choc conjoncturel le plus brutal que le monde ait connu depuis la guerre. Avec la même détermination qu’ils ont mise à déployer séance tenante les remparts sanitaires, les gouvernements ont construit, en tapant au hasard dans l’arsenal des moyens monétaires et budgétaires à leur disposition, des plans de soutien des entreprises et des ménages frappés par la chute des revenus. Ce sont, si on les additionne, des milliers de milliards au total qui auront été ainsi annoncés, et pour partie déjà débloqués.

    Seront-ils efficaces ? Bien malin qui pourrait aujourd’hui en juger. Etant donné qu’on est incapable de prédire le temps que prendra le déconfinement, et encore davantage d’en évaluer les retombées secteur par secteur, on ne sait pas ce qu’il en ressortira en termes de finances publiques, sinon que presque partout les ratios d’endettement vont exploser, eux qui étaient déjà élevés depuis la crise financière de 2007-2008. Ils franchiront allègrement les 100% du PIB dans les pays fortement endettés, s’en approcheront aussi aux Etats-Unis et pourquoi pas en Allemagne, pour ne pas parler des 150% italiens et des plus de 200% japonais.

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  • On a sorti la grosse artillerie

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    En 2007-2008, ce sont les banques centrales qui s’étaient trouvées en première ligne pour empêcher que la crise financière n’emporte l’économie. En 2020, pour barrer la route à une crise d’ampleur à ce jour encore inconnue mais qui selon toute vraisemblance, si on la laissait filer, se révélerait au bout du compte du même ordre de grandeur que celle des années 30, ce sont les Etats qui, à coup de milliers de milliards, volent au secours de pans entiers de l’économie.

    Les banques centrales sont également de la partie, mais moins pour soutenir un système bancaire dans l’ensemble plus solide qu’à l’époque, que pour empêcher que ce flot inédit de dépenses publiques n’entraîne une remontée des taux d’intérêt et par contrecoup l’insolvabilité de bon nombre de pays surendettés.

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  • Le bon côté (s’il y en a un) de la crise

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    Un virus, et tout s’arrête, titrait-on ici même il y a quinze jours. On ne croyait pas si bien dire. Le monde se ferme et se renferme, toutes les activités stoppent net, les flux de paiement, salaires et dépenses diverses, tarissent à la source, du jamais vu y compris lors des chocs pétroliers et des vagues d’attentats terroristes.

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  • La face cachée de la Lune

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    Le débat quasi universel sur la réforme des retraites occulte un point pourtant essentiel. S’il est bien sûr important, vital même, de résoudre la question du financement de la prévoyance, étroitement lié comme on sait à l’évolution démographique, on néglige le plus souvent d’en étudier les répercussions sur le marché du travail. De sorte que lorsque paraît la moindre étude sur le sujet, l’étonnement est aussi grand que si l’on venait de découvrir la lune.

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  • Un plan fou pour sortir de la crise et de la « japonisation »

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    Parler de crise ? En Suisse, cela ne peut susciter en ce moment que des hochements de tête. L’économie va bien, le chômage reste faible, l’industrie encaisse pour l’heure sans trop de mal la hausse du franc. Mais partout ailleurs on s’inquiète de la stagnation persistante que nourrit une absence d’inflation – ou plus exactement, une hausse des prix si ténue qu’elle correspond, en fait, à une déflation devenue permanente, illustrée par des taux d’intérêt nominaux de plus en plus négatifs.

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  • 2019, année de la monnaie

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    L’euro n’a jamais eu la cote chez les économistes, qui l’ont considéré dès sa naissance comme condamné à disparaître à la première occasion, car conçu à rebours du bon sens. Au lieu de parachever une harmonisation des politiques budgétaires et une nécessaire union bancaire, donc d’intervenir au dernier stade de l’intégration économique, la création de la monnaie unique les a précédées, comme si elle pouvait forcer la main de gouvernements restés maîtres chez eux.

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  • Les "somnambules du XXIe siècle", version économique

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    Les «somnambules du XXIe siècle» (la formule est d’Emmanuel Macron, lors de la campagne présidentielle) n’arpentent pas seulement la scène politique. On les rencontre aussi sur le terrain économique, qu’ils minent à force de contre-vérités et d’initiatives malencontreuses et risquent d’entraîner dans la crise. La mise en pièces du multilatéralisme, la méfiance à l’endroit de la construction européenne, le repli sur soi et le rejet de l’immigration en sont les principales manifestations, à l’Est du continent comme aussi dans nos riches démocraties occidentales. Il ne faut pas se leurrer : la Suisse est tout autant frappée par le phénomène que ses voisins.

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  • L’Amérique, danger numéro un

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    Quel que soit le résultat des élections de mi-mandat, la brutalité avec laquelle le président américain s’emploie à déstabiliser l’ordre économique mondial n’augure rien de bon. C’est le douloureux paradoxe de la situation actuelle. Que les Républicains l’emportent ou que les Démocrates fassent basculer la majorité à la Chambre, Donald Trump s’ingéniera, dans la mesure plus ou moins élargie de ses prérogatives, à durcir encore le ton et le contenu de son assaut contre tout ce qui pourrait s’opposer à son projet isolationniste et protectionniste, répété à l’envi, d’«America first».

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  • Le "De l’autre côté de la rue" de Macron

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    En assurant à un jeune chômeur horticulteur qu’il lui suffirait de traverser la rue pour trouver du travail, Emmanuel Macron a déclenché une avalanche de sarcasmes sur les réseaux sociaux. Avait-il tout tort ? Si les internautes s’en sont donné à cœur joie, la réalité, en apparence en tout cas, n’est pas si éloignée que cela de la leçon présidentielle. La France souffre en effet, comme beaucoup d’autres pays, de la coexistence d’un chômage persistant et d’une importante offre d’emplois non satisfaite.

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  • Sans l’ouverture au monde, point de salut

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    La réponse des populistes de tous bords à la crise migratoire et plus largement aux bouleversements en cours est un grave danger pour la prospérité, alors que paradoxalement leur vision à courte vue fait croire qu’ils vont pouvoir au contraire la sauver.

    Dans sa forme la plus élémentaire, leur proposition tient en trois slogans: sauvegarder les emplois par la fermeture des frontières, relever les salaires et les retraites, baisser les impôts.

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  • Le refus irréfléchi de l’ouverture

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    A l’instar d’autres ressorts populistes, le bâton sauteur de l’UDC rebondit régulièrement sur les craintes suscitées par la mondialisation. Quoi de plus payant en effet, électoralement parlant, que de dénoncer les atteintes à la souveraineté nationale et au bien-être des habitants, ou encore de démontrer chiffres à l’appui combien l’emploi se trouve menacé par une concurrence déloyale venue d’ailleurs, tous désagréments qu’il faut bien entendu attribuer à l’ouverture des frontières !

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  • La fin des emplois, une société en forme de sablier

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    Utilisée sauf erreur pour la première fois, dans l’espace francophone, par l’écologiste Alain Lipietz puis reprise sous une forme différente par l’éditorialiste Jean-Marc Vittori, l’image résume assez bien l’évolution d’une société dans laquelle le centre s’efface au profit des bords, luxe vs «low cost», super riches contre «low wage workers». Cette polarisation de la société, opérée au détriment de ce qui faisait naguère la classe moyenne, à commencer par l’immense majorité des emplois qui ne nécessitaient ni qualifications particulièrement élevées ni besoin permanent de réapprentissage, fait craindre sérieusement la disparition de la plupart des emplois.

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  • Soudeur schwytzois, plombier polonais, même niet!

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    Même confinée à l’espace national, la libre circulation n’a plus la cote, à preuve la levée de boucliers romands contre le projet de révision de la loi sur les marchés publics, qui n’est qu’une des nombreuses déclinaisons du principe du libre-échange. Architectes, ingénieurs, constructeurs, syndicats, tous redoutent la «distorsion de concurrence» (sic) qui risque selon eux de découler de l’entrée en scène de soumissionnaires venus d’autres cantons. Car, aussi étrange que cela puisse paraître, le marché intérieur qu’on supposait aller de soi depuis que la loi qui porte son nom l’a voulu ainsi, n’avait pas prévu de «traitement national» pour l’attribution des travaux.

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  • Le salut ? Il est dans les infrastructures !

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    Puisque les rendements financiers ont filé à l’anglaise et que les caisses de pensions ne peuvent plus compter sur le troisième cotisant pour assurer les retraites, il y a peut-être une solution qu’un certain nombre d’experts aux vues non conventionnelles abordent par différents biais : l’investissement en infrastructures.

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  • Le comment et le pourquoi du déclin de la productivité

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    personne foule ocede chomeurs travailleur.jpgIl y a quelque chose d’assez extraordinaire et inexplicable dans le fait que le foisonnement d’innovations auquel nous assistons dans les domaines les plus divers ne s’accompagne pas d’une explosion de l’activité d’investissement, et qu’à la différence de celles qui l’ont précédée, la révolution industrielle que nous vivons depuis quelques décennies n’amène qu’augmentation des inégalités et baisse continue des gains de productivité.

    Ce dernier point est peut-être le plus surprenant. Car comment comprendre que le progrès technique, d’ordinaire source de mieux être ou en tout cas de meilleure diffusion d’éléments de prospérité, se heurte désormais au scepticisme général, et se dissipe dans ce qui ressemble de plus en plus à un amas inconsistant de données dépourvues de sens et d’informations redondantes ?

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  • La Suisse aurait-elle mangé son pain blanc ?

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    La montée du chômage en Suisse n’a rien d’inattendu, mais elle est suffisamment nette pour appeler quelques remarques sur ses causes.

    Il y a tout d’abord, faut-il le répéter, les effets du franc fort. L’industrie suisse a beau s’illustrer par sa remarquable capacité d’adaptation aux vents contraires, le handicap monétaire commence à peser lourd, y compris dans les branches qui bénéficiaient jusqu’ici, pour toutes sortes de raisons, d’un avantage concurrentiel sur l’étranger.

    Ensuite, les secteurs phares de la production helvétique – la pharmacie, l’horlogerie, les machines et instruments de précision, où la Suisse se classe parmi les dix premiers producteurs mondiaux – sont aussi ceux qui souffrent plus que proportionnellement du recul de la demande sur les principaux marchés.

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  • La France bien bas (l’Italie aussi)

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    On s’occupe beaucoup de la France ces temps-ci, nouvel «homme malade de l’Europe». Après la Grèce, l’Irlande, l’Espagne, le Portugal, Chypre et d’autres, elle passe à son tour, avec l’Italie qui se porte tout aussi mal sinon pis, pour le maillon faible de l’euro, et pas des moindres, puisqu’elle pèse à peu près le cinquième de la zone. La croissance y est faible voire nulle, le chômage persistant à un niveau élevé, les comptes publics de plus en plus déficitaires. Tout cela tranche avec les promesses électorales, et contrevient surtout aux règles communautaires, qui font du pays un cas non point unique mais certainement pendable.

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  • Ce qu'il faut à la France... C’est un Nobel qui le dit…

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    L’attribution du prix Nobel d’économie à un illustre inconnu du landernau médiatico-politique hexagonal (mais connu bien sûr de ses pairs), c’est un peu le bâton dans la fourmilière. On se félicite bien entendu de cette distinction revenant pour la deuxième fois seulement à un économiste français exerçant dans son pays, mais on s’écharpe à gauche de la gauche comme à droite de la droite sur l’orientation politique supposément être celle d’un chercheur fort justement récompensé, qui n’en peut mais de cette manie des étiquettes.

    Oui, à la rigueur, Jean Tirole comme son compère Olivier Blanchard aujourd’hui économiste en chef du FMI peut être classé «plutôt de gauche», mais ses propositions, quand on lui demande d’en formuler, n’ont ni couleur ni odeur. Elles sont simplement économiquement sensées, avec désormais cette force que leur donne le fait d’émaner d’un lauréat du Nobel.

    En résumé il faut à la France, rappelle Tirole, 1° une réforme du marché du travail, soit la fin de la dichotomie entre CDI et CDD et un assouplissement des conditions de licenciement, 2° une réforme des retraites (lire: un éloignement de l’âge de la retraite), 3° une réforme de l’Etat, qui devienne «plus léger» mais «plus efficace» y compris sur le plan social, et 4° une réforme de la réglementation qui corsète notamment tant de professions dites libérales et de métiers des services.

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