Banques

  • La grande folie du bitcoin continue

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    La grande folie du bitcoin continue. Visiblement impressionnés par l’engouement que suscite la crypto-monnaie, et pressés de toutes parts par les afficionados de l’instrument, la Securities and Exchange Commission américaine (SEC) a finalement délivré à un ETF lié à elle l’autorisation d’exister et d’être coté en bourse.

    Du coup, ceux des spéculateurs qui hésitaient encore à tremper leur petit doigt dans la sulfureuse potion magique se sont empressés de saluer la décision, et le cours de la chose s’est envolé au point de retrouver ses plus hauts niveaux, après avoir même frisé, le 20 octobre dernier, les 67'000 dollars le jeton.

    Pour rappel, parmi les dindons de la farce Madoff, on trouvait aussi des banquiers privés…

    Ce montant ne dit rien si l’on ne rappelle pas que le cours du bitcoin, après avoir oscillé entre 0 et 1 dollar durant ses deux premières années d’existence, avait atteint le 29 novembre 2013 le niveau alors considéré comme phénoménal de 1250 dollars, soit l’équivalent du prix d’une once d’or.

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  • Le jeton électronique, monnaie du futur

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    La course aux cryptomonnaies met à ce point les autorités monétaires sous pression qu’elles se sont sérieusement attelées à l’étude de ce que pourrait devenir une monnaie numérique de banque centrale à notre portée à tous.

    Un groupe de travail réunissant les principales d’entre elles (dont la BNS) à Bâle, au siège de la BRI, vient de produire un troisième rapport d’étape montrant si besoin était combien l’affaire devient urgente.

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  • Ce curieux r* qui nous gouverne 

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    Les économistes l’appellent r*, ou encore «taux d’intérêt naturel». La notion peut paraître absconse, mais elle détermine beaucoup de choses, dont notre vie matérielle à tous dépend dans une mesure qui nous échappe.

    Commençons par les définitions. Le «taux d’intérêt naturel» est, en théorie économique, le taux réel à court terme qui égalise l’épargne et l’investissement ou, si l’on préfère, qui assure l’équilibre entre l’offre et la demande. L’idée n’est pas récente : c’est l’économiste suédois Knut Wicksell qui l’a développée dans un ouvrage – Interest and prices – paru en 1898 (certains l’a font même remonter à la seconde moitié du 18e siècle en évoquant les considérations d’Adam Smith, le «père» de tous les économistes, sur les rapports entre taux d’intérêt et croissance).

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  • Vers des subprimes à la sauce helvétique?

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    Lorsque, le 31 août dernier, Fritz Zurbrügg, vice-président du directoire de la Banque nationale suisse, s’est longuement exprimé à l’Université de Lucerne sur les risques liés à l’évolution du marché immobilier, il n’y est pas allé par quatre chemins. Non seulement il a repris dans les grandes lignes les principales conclusions, assez édifiantes, du dernier Rapport sur la stabilité financière de la BNS sur le sujet*, mais il y a ajouté cette constatation qui fait réfléchir: «Si les taux d’intérêt subissaient une hausse forte et brutale et si les prix de l’immobilier chutaient dans le même temps […], de nombreux emprunteurs ne seraient plus en mesure de payer leurs intérêts hypothécaires».

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  • La finance durable, qu'èsaquo ?

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    Dans l’un de ses derniers «Repérages», le Centre genevois de droit bancaire et financier (CDBF) pointe du doigt deux circulaires de la FINMA qui semblent «nudger» les banques et les assurances vers l’investissement durable. Voilà quiappelle quelques éclaircissements, que fournit heureusement Jeremy Bacharach, l’auteur de ladite note.

    Nudger, verbalisation de l’affreux anglicisme «nudge», signifie encourager ou inciter à changer de comportement en dehors de toute contrainte ou interdiction, ainsi que l’a formalisé le prix Nobel d'économie 2017 Richard Thaler.

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  • Le bitcoin? Une marchandise.

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    Feriez-vous confiance à une monnaie qui, même si elle remonte ensuite, perd la moitié de sa valeur en quelques jours ? Sûrement pas. Donc, le bitcoin n’est pas une monnaie, puisque le propre d’une monnaie est, outre ses fonctions de moyen de paiement et d’unité de compte (deux fonctions que cette crypto-monnaie ne remplit au demeurant qu’imparfaitement), de servir de réservoir de valeur. Unréservoir ne peut être un puits, non pas sans fond, mais dont le fond varie de hauteur au gré des circonstances.

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  • Quand la sécurité tue l’épargne et les banques

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    Parce qu’elles rechignent à faire crédit ou que tout simplement peu d’emprunteurs les sollicitent, les banques parquent leurs liquidités sur leurs comptes auprès de la banque centrale. Les chiffres sont éloquents à cet égard. Alors que l’ensemble de leurs crédits en Suisse n’ont augmenté que d’un peu plus de 40% en 10 ans – et encore essentiellement en prêts hypothécaires (+50%), les autres crédits n’ayant crû que de 15% – leurs avoirs en comptes de virement auprès de la BNS ont été multipliés par quinze !

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  • La Suisse romande et la Banque nationale suisse

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    pierre languetin.jpgIl n’y a pas eu beaucoup de Romands à la tête de la BNS. Pierre Languetin (photo Keystone), décédé le 22 octobre, fut même le premier à en présider la direction générale, une vingtaine d’années avant Jean-Pierre Roth. Mais plusieurs membres du directoire de l’Institution ont laissé leur trace dans le souvenir de nous autres, journalistes économiques des grands quotidiens d’ici, à commencer par le défunt Journal de Genève. On rappellera d’abord l’excellent Alexandre Hay, toujours disponible, puis Pierre Languetin précisément, et enfin Jean Zwahlen. Plus récemment, on trouve Jean-Pierre Danthine, aux racines belges avant sa solide implantation en terres lausannoises, et plus près de nous encore, Andrea Maechler, Genevoise de naissance, au parcours académique international*. On aurait presque aimé ajouter à cette énumération Philipp Hildebrand, très attaché à Genève et parfait polyglotte, mais Lucernois pur sucre né à Berne avant d’être aspiré par la carrière que l’on sait, et promis peut-être à reprendre la tête de l’OCDE.

     

     

     

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  • Le e-franc, c’est plié. Pour l’instant ?

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    Enterrée, donc, l’idée d’une monnaie électronique de banque centrale  destinée au public*. S’il peut à la rigueur se justifier de créer un franc électronique, ce ne peut être en l’état, estime le Conseil fédéral, qu’à l’intention de l’échelon intermédiaire, savoir celui des banques et d’autres grossistes du marché financier. C’est sans doute raisonnable, mais c’est un peu dommage. Pourquoi se fermer à une évolution technologique qui finira bien un jour par s’imposer ?

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  • La révolution des monnaies est en marche

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    L’avènement des crypto-monnaies ne soulève pas une vague d’enthousiasme chez les banques centrales, tant s’en faut. Car ces nouveaux moyens d’échange représentent ni plus ni moins qu’une attaque frontale contre un système de paiement à deux étages (celui des banques commerciales qui recueillent les dépôts du public, et celui des banques centrales qui, fortes de leur monopole, régulent la liquidité de l’ensemble) de moins en moins apte à se conformer aux exigences de la numérisation en marche de l’économie.

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  • L’effet paradoxal des taux bas

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    Les bas taux d’intérêt ont un effet paradoxal sur le marché immobilier. On pourrait penser qu’ils facilitent l’accès à la propriété, or ils ont pour conséquence essentielle de favoriser la construction de logements locatifs, et par là de réduire la part de logements destinés à la vente. Moins nombreux qu’il n’en faudrait pour répondre à la demande, ces derniers deviennent par conséquent encore plus chers.

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  • Et revoilà la monnaie pleine !

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    Chassée par la porte, la monnaie pleine est peut-être en train de revenir par la fenêtre. Le débat suscité par l’émergence des crypto-monnaies conduit en effet à postuler qu’un beau jour, sans doute pas si lointain, les banques centrales pourraient être amenées à émettre leurs propres monnaies numériques. Car il est hors de question, pour toutes sortes de raisons bonnes ou mauvaises, de laisser filer le monopole de l’émission de moyens de paiement légaux vers des organisations privées telles que Facebook et consorts dont les ambitions en la matière, on l’a vu, sont immenses.

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  • Facebook Libra et autres artéfacts monétaires

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    La planète est en émoi depuis que Facebook a annoncé le lancement de Libra, sa monnaie numérique. Car même si la réputation du réseau social a été sérieusement mise à mal depuis l’affaire des fuites de Cambridge Analytica, le nombre de ses utilisateurs est tellement élevé que son entrée dans le monde des paiements risque par ce simple fait de déstabiliser l’ensemble du système bancaire.

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  • 2019, année de la monnaie

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    L’euro n’a jamais eu la cote chez les économistes, qui l’ont considéré dès sa naissance comme condamné à disparaître à la première occasion, car conçu à rebours du bon sens. Au lieu de parachever une harmonisation des politiques budgétaires et une nécessaire union bancaire, donc d’intervenir au dernier stade de l’intégration économique, la création de la monnaie unique les a précédées, comme si elle pouvait forcer la main de gouvernements restés maîtres chez eux.

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  • 2008, crise «transatlantique»

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    Elles n’ont pas été prises la main dans le sac, puisqu’il aura fallu dix ans pour établir définitivement leur part de responsabilité dans l’ampleur prise par la crise des subprime. Elles, ce sont les grandes banques européennes, suisses, britanniques et allemandes pour être précis, qui ont massivement – bien plus massivement, toutes proportions gardées, que les banques américaines – tricoté ces produits adossés à des hypothèques de basse qualité, dont la perte brutale de valeur a déclenché la pire crise financière que le monde ait connue depuis les années trente.

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  • Banques et autres zombies

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    La persistance de taux d’intérêt extrêmement bas, cette anomalie, héritée de la crise, voulue par les banques centrales, a permis d’éviter le pire. Mais elle a aussi eu pour effet de laisser subsister des entreprises qui auraient dû logiquement disparaître. Les unes parce que, surendettées, elles auraient été asphyxiées en temps normal par des taux plusieurs fois supérieurs. Les autres, parce que cet argent trop bon marché, faussant les calculs, a masqué leur incapacité à rejoindre le minimum de rentabilité nécessaire à leur survie dans la durée. Toutes forment ce qu’on pourrait appeler un cortège de zombies, ensemble de pièces défectueuses logiquement promises au rebut, mais que les circonstances ont maintenues artificiellement en état de marche.

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  • Le pour et le contre d’une banque postale

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    Le compte de chèque postal, le fameux CCP, est sans doute pour la plupart des gens leur tout premier contact avec le monde des services financiers. Il collecte leurs petites économies, accompagne chaque mois de ses bulletins orange (autrefois vert…) leurs factures de loyer et d’électricité, et relaie ainsi une multitude de versements et de virements dont il consigne encore souvent les «récépissés» dans ces inénarrables petits carnets jaune. En Suisse comme partout ailleurs, la Poste s’est tôt imposée comme un important opérateur du trafic des paiements. Son «Service des chèques et des virements postaux», né en 1906, a même précédé celui de l’Allemagne, lancé en 1908, et commencé ainsi à fonctionner bien avant son équivalent français, qui date de 1918.

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  • La crise turque, comme un air de déjà-vu

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    L’égotisme des autocrates les conduit en général à se sentir plus forts que tout. C’est ainsi que le président Recep Tayyip Erdoğan rejoint dans l’illusion du pouvoir sur les événements son contemporain chaviste Maduro, avec lequel il entretient au demeurant les meilleures relations. La descente aux enfers de la livre turque (-70% par rapport au dollar depuis le début de l’année) ressemble d’ailleurs de plus en plus à celle du bolivar vénézuélien, qui ne vaut plus grand chose sur le marché des changes (à peine 0,1 dollar). Car, les mêmes causes produisant les mêmes effets, les politiques absconses suivies tant au Venezuela qu’en Turquie devaient fatalement aboutir à l’explosion des déficits et à l’inflation dans les deux pays  – hors de contrôle chez le premier, en passe de le devenir aussi chez le second, à moins d’un revirement déchirant des options prises lorsqu’on pouvait encore croire aux miracles, mais qu’on pourrait abandonner maintenant qu’il ne reste plus que celle de frapper à la porte du FMI.

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  • Raiffeisen: de l’utilité des coopératives

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    Les turbulences récemment traversées par Raiffeisen démontrent à quels désagréments peut conduire la forme coopérative lorsqu’elle s’applique au monde de la finance. Le troisième groupe bancaire helvétique ne doit bien entendu pas les mésaventures qu’il a connues à sa seule forme juridique. D’autres banques, et non des moindres, ont eu affaire à des tracas d’une autre envergure, alors même qu’elles constituaient des sociétés anonymes pur sucre – que l’on songe simplement aux circonstances ayant entouré la fusion entre UBS et SBS, ou aux déboires d’autres mastodontes telle la Deutsche Bank. Mais se rappelle-t-on encore des péripéties qui avaient conduit à l’époque la Banque Populaire Suisse, cette autre banque coopérative, à finir entre les mains du Crédit Suisse ? A l’origine de ses multiples déconvenues, on retrouve, comme pour Raiffeisen, une défaillance dans le mode de gouvernance, qu’il faut bien imputer à la forme coopérative. Car à la différence de ce que l’on observe pour les sociétés anonymes, la surveillance exercée par le conseil d’administration sur la direction de la coopérative pêche par plusieurs aspects : une absence – ou une insuffisance – de pression sur les organes dirigeants de la part des coopérateurs (ou de leurs délégués dans le cas des grandes coopératives), une lenteur dans la prise de décision, et bien souvent une connaissance lacunaire des membres de la coopérative du domaine dans lequel celle-ci est active. Dans ces conditions, des managers peu scrupuleux, ou tout simplement imprudents, ont toute liberté d’engager l’entreprise dans des aventures risquées. A quoi s’ajoute une certaine fragilité structurelle sur le plan financier, puisque la forme coopérative, lorsqu’elle s’applique à la banque, rend difficile le processus de recapitalisation en cas de besoin urgent de refinancement.

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  • Soucis persistants sur le marché hypothécaire

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    On relevait la semaine dernière dans cette colonne combien le marché des crédits hypothécaires restait frappé de suractivité, en particulier en Suisse romande, et combien certaines catégories de banques persistaient à s’y engager. Ce n’est donc pas tout à fait un hasard si la FINMA et la Banque nationale suisse viennent de lancer de sérieux avertissements à propos des évolutions en cours sur ce marché. Même si, note la seconde, la plupart des banques axées sur le marché intérieur sont correctement capitalisées et échapperaient au naufrage en cas de «scénarios défavorables», la situation demeure tendue.

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