Banques centrales

  • Entre faucons et colombes, l’inflation divise

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    L’inflation étant sur toutes les lèvres et dans tous les titres, le moment est venu d’essayer de voir de quoi il retourne en vérité.

    Que les indices de prix s’envolent un peu partout est un fait. Dans la zone euro, au mois d’octobre, le taux de renchérissement a atteint son plus haut niveau depuis 13 ans. Aux Etats-Unis, il est même grimpé à 6,2%, du jamais vu depuis novembre 1990. Un peu moins, mais tout de même, au Royaume-Uni, où il faut remonter à décembre 2011 pour retrouver un taux de 4,2%. 

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  • A pas comptés vers la monnaie numérique

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    On n’est plus dans le bitcoin et autres crypto-monnaies plus ou moins fantasmagoriques, mais sur le terrain concret des projets officiels plusieurs fois évoqués ici*, celui des monnaies numériques que pourraient émettre les banques centrales, et qui échauffent beaucoup d’esprits dans les états-majors de ces dernières.

    Dans un «working paper» que vient de publier la Banque nationale suisse sur son site, il est question des conditions et limites qui seraient celles d’une CBDC (central bank digital currency) de détail, soit d’une monnaie numérique à destination du public, donc non limitée à l’échelon des intermédiaires bancaires, comme envisagé jusqu’ici.

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  • La grande folie du bitcoin continue

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    La grande folie du bitcoin continue. Visiblement impressionnés par l’engouement que suscite la crypto-monnaie, et pressés de toutes parts par les afficionados de l’instrument, la Securities and Exchange Commission américaine (SEC) a finalement délivré à un ETF lié à elle l’autorisation d’exister et d’être coté en bourse.

    Du coup, ceux des spéculateurs qui hésitaient encore à tremper leur petit doigt dans la sulfureuse potion magique se sont empressés de saluer la décision, et le cours de la chose s’est envolé au point de retrouver ses plus hauts niveaux, après avoir même frisé, le 20 octobre dernier, les 67'000 dollars le jeton.

    Pour rappel, parmi les dindons de la farce Madoff, on trouvait aussi des banquiers privés…

    Ce montant ne dit rien si l’on ne rappelle pas que le cours du bitcoin, après avoir oscillé entre 0 et 1 dollar durant ses deux premières années d’existence, avait atteint le 29 novembre 2013 le niveau alors considéré comme phénoménal de 1250 dollars, soit l’équivalent du prix d’une once d’or.

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  • Le jeton électronique, monnaie du futur

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    La course aux cryptomonnaies met à ce point les autorités monétaires sous pression qu’elles se sont sérieusement attelées à l’étude de ce que pourrait devenir une monnaie numérique de banque centrale à notre portée à tous.

    Un groupe de travail réunissant les principales d’entre elles (dont la BNS) à Bâle, au siège de la BRI, vient de produire un troisième rapport d’étape montrant si besoin était combien l’affaire devient urgente.

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  • Ce curieux r* qui nous gouverne 

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    Les économistes l’appellent r*, ou encore «taux d’intérêt naturel». La notion peut paraître absconse, mais elle détermine beaucoup de choses, dont notre vie matérielle à tous dépend dans une mesure qui nous échappe.

    Commençons par les définitions. Le «taux d’intérêt naturel» est, en théorie économique, le taux réel à court terme qui égalise l’épargne et l’investissement ou, si l’on préfère, qui assure l’équilibre entre l’offre et la demande. L’idée n’est pas récente : c’est l’économiste suédois Knut Wicksell qui l’a développée dans un ouvrage – Interest and prices – paru en 1898 (certains l’a font même remonter à la seconde moitié du 18e siècle en évoquant les considérations d’Adam Smith, le «père» de tous les économistes, sur les rapports entre taux d’intérêt et croissance).

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  • Vertigineux e-coins !

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    Dans le monde de plus en plus rapide dans lequel nous vivons, la monnaie, cœur de nos échanges et étalon de nos économies, est sur le point de basculer du papier – le papier-monnaie –  vers le jeton électronique.

    D’astucieux aventuriers, à l’origine du fabuleux parcours du « bitcoin » (parti de rien, ce premier artefact numérique dépasse actuellement les 49'000 dollars), ont ouvert une voie que les banques centrales, souveraines monopolistes seules en charge d’émettre la monnaie fiduciaire légale (celle qui efface les dettes en toutes circonstances), entendent bien se réserver.

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  • Le jour où le monde a cru basculer

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    Dimanche 15 août 1971. Nous fûmes nombreux – sinon tous – à penser et écrire que la fin de la convertibilité du dollar en or, annoncée ce jour-là dans une allocution télévisée par le président Richard Nixon, allait plonger le monde dans une longue période d’incertitude, «marquée par le retour en force des tendances protectionnistes et le repli des économies sur elles-mêmes»*.

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  • Et si la BNS distribuait son énorme trésor…

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    Si l’on y réfléchit, la Banque nationale suisse s’est, pour la bonne cause, aventurée sur une voie à sens unique. Car selon toute probabilité, les pressions sur le franc, monnaie refuge, vont perdurer, et conduire l’Institut à répéter chaque fois que nécessaire ses interventions sur le marché des changes pour en empêcher la hausse. Résultat, ses avoirs en devises ne cessent d’augmenter – ils ont passé de 46,5 milliards de francs à fin 2005 à 892 milliards à fin 2020 – et génèrent ipso facto (puisque ces devises sont placées) des revenus supplémentaires qui grossissent ses fonds propres.

    Maintenant, imaginons qu’à l’inverse, par impossible, le franc se mette à baisser tout seul : la conséquence en serait que la BNS enregistrerait une plus-value de ses actifs, c’est-à-dire un gain comptable qui viendrait à son tour grossir ses fonds propres ! Le résultat de cette politique monétaire est donc bel et bien à sens unique : quoi qu’elle entreprenne, la BNS engrange, année après année ou presque (il lui arrive exceptionnellement de perdre), des bénéfices, et par conséquent des fonds propres, de plus en plus élevés.

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  • L’inflation, cette fois-ci pour de bon ?

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    L’inflation n’est plus tout à fait celle souhaitée, et commence même à devenir problématique. Ce qui était souhaité par les autorités monétaires, c’était un taux de renchérissement en hausse, mais inférieur de justesse à une limite fixée plus ou moins arbitrairement à 2%. Ce qui est en train de se produire, c’est presque le double dans la zone OCDE(+3,3% sur un an à fin avril), beaucoup moins en Suisse certes (+0,3%), mais nettement plus que l’an dernier à pareille époque (-1,3%).

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  • Le bitcoin? Une marchandise.

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    Feriez-vous confiance à une monnaie qui, même si elle remonte ensuite, perd la moitié de sa valeur en quelques jours ? Sûrement pas. Donc, le bitcoin n’est pas une monnaie, puisque le propre d’une monnaie est, outre ses fonctions de moyen de paiement et d’unité de compte (deux fonctions que cette crypto-monnaie ne remplit au demeurant qu’imparfaitement), de servir de réservoir de valeur. Unréservoir ne peut être un puits, non pas sans fond, mais dont le fond varie de hauteur au gré des circonstances.

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  • La dette Covid, vrai ou faux problème ?

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    C’est selon. Le fait est que les sommes gigantesques allouées à différents soutiens correspondent à des engagements publics qu’il n’est pas compliqué de financer pour l’instant puisque l’épargne abonde. Mais ensuite ?

    Toute la question tiendra dans l’attitude des épargnants. Pour l’heure, faute de visibilité et face à l’incertitude, la masse de pouvoir d’achat qui est thésaurisée ne semble pas devoir se déverser d’un coup sur les marchés des biens et services au prix d’une inflation non contrôlée. Cette épargne en partie contrainte, en partie volontaire, finance indirectement la compensation de revenus momentanément non disponibles pour cause de confinement. Mais ensuite ?

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  • L’humeur des marchés, mieux que la BNS

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    Alors qu’il a fallu à la Banque nationale plus de 130 milliards de francs d’achats de devises en un an pour défendre un cours de l’euro qui ne s’écarte pas trop de 1.07 franc, le renversement des attentes qui s’est manifesté ces derniers jours sur les marchés a d’un seul coup propulsé la monnaie unique à près de 1.10 franc (et même au dessus, le 24 février). On ne va pas bouder son plaisir, surtout du côté des exportateurs, mais on peut tout de même s’interroger sur la capacité d’un petit pays, important financièrement certes, mais néanmoins lilliputien sur la scène mondiale, à piloter sa monnaie indépendamment des grands courants internationaux.

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  • Les experts eux-mêmes y perdent leur latin

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    Ainsi que le veut la formule, il y a deux façon de voir les choses : l’une bonne, l’autre mauvaise.

    Commençons par la bonne. La vaccination aidant et l’envie pressante de sortir de l’ornière y mettant du sien, la conjoncture semble un peu partout réagir aux aides diverses mises en œuvre ou sur le point de l’être, tels le plan massif annoncé par l’administration Biden (1900 milliards de dollars) ou celui, encore plus ambitieux (1800 milliards d’euros), de la Commission européenne. Indice typique d’un retour progressif à la normale, le rendement des obligations du Trésor américain à dix ans a progressé d’un bon tiers depuis le début de l’année. 

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  • Le Bitcoin et la dette publique

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    D’un côté, une communauté financière qui s’enflamme pour une «cryptomonnaie» ne valant intrinsèquement rien et en propulse pourtant la «valeur de marché» jusqu’à près de 50'000 dollars l’unité. De l’autre, un escadron d’économistes majoritairement français et presque exclusivement de gauche qui considèrent que, 2'000 milliards de dette publique ne valant au fond pas grand-chose puisque détenus par la BCE, mieux vaudrait les effacer purement et simplement. Un monde fou, fou, fou, fou, en somme. En tout cas, des signaux révélateurs d’une perte de repères, qui conduit à négliger quelques vérités que l’on ferait bien de garder à l’esprit.

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  • Pour vivre heureux, vivons cachés

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    La Banque nationale suisse, établissement respectable de droit à la fois public et privé régi par une loi spéciale, dispose par ce truchement d’un monopole – celui d’émettre la monnaie fiduciaire légale – qui fait beaucoup d’envieux et encore davantage de contempteurs plus ou moins bien intentionnés. Les crises récentes, financières d’abord et à présent sanitaires, ont braqué les projecteurs sur cette structure assez curieuse, qui à l’instar de ses équivalences européennes (BCE, BoE) et américaine (Fed) est apparue à ces occasions en mesure de sauver l’économie, puisque dotée du pouvoir magique de créer à profusion de la monnaie non point tout à fait ex nihilo, mais à coup sûr sans effort puisqu’il lui suffit pour cela d’acheter des actifs (devises, titres de dette ou de participation) qu’elle paie au moyen de la monnaie qu’elle crée de son propre chef.

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  • Trump toujours: jusqu’à quand la trêve des monnaies?

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    La politique monétaire est à la Suisse ce que la fusion nucléaire sera un jour à l’énergie : plus la Banque nationale accroît ses réserves de devises, plus elle en crée de nouvelles, tout comme les surgénérateurs finiront par produire davantage de combustible qu’ils n’en consommeront.

    C’est tout le paradoxe du franc fort. Les dollars, euros et autres yens que la BNS rachète en masse pour freiner la hausse du franc sont placés en diverses sortes de créances et de titres de participation qui dégagent un rendement libellé par la force des choses dans les mêmes monnaies. Si l’enregistrement de ces entrées de devises n’affecte pas le taux de change, puisque leur conversion en francs, de nature purement comptable, s’opère sans passer par le marché, il n’en reste pas moins qu’elles accroissent de la même manière les réserves de change, comme l’écrit d’ailleurs la Banque dans son compte-rendu annuel : «L’augmentation de la somme du bilan […] s’explique principalement par les plus-values et les revenus tirés des placements,
et accessoirement par des achats de devises» (112e rapport de gestion, p. 84).

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  • Le monde demain: la stagdéflation, ni V ni W ni U mais L

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    Au fur et à mesure que la pandémie semble rebondir, l’espoir d’une franche reprise – d’une conjoncture en «V» – qui remettrait d’un coup les économies d’aplomb s’amenuise pour laisser place à des pronostics plus déprimants.

    Grosso modo, deux scénarios se dessinent. Le premier, majoritairement choisi par les analystes, découle d’une vision monétariste des choses. Pour rappel, les adeptes de la théorie formalisée par l’Ecole de Chicago reviennent invariablement au postulat selon lequel l’inflation est «toujours et partout un phénomène monétaire». C’est l’augmentation excessive de la masse monétaire qui conduit, à la longue, à la hausse des prix. Ce point central de la théorie quantitative de la monnaie a beau sembler controuvé par l’évolution de ces dernières années, durant lesquelles les prix ont eu plutôt tendance à baisser malgré les énormes quantités de monnaie déversées par les banques centrales, on continue mordicus à le défendre. 

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  • Le Roi dollar est mort. Vive le roi euro ?

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    Lentement, sûrement quoique irrégulièrement, la part du dollar dans les réserves officielles de change des banques centrales diminue. Supérieure à 75% au sortir du régime des changes fixes (1973), voisine même de 79% en 1978, tombée à 59% en 1995 pour remonter au-dessus de 71% à la naissance de l’euro (1999), cette part n’est plus aujourd’hui que de 62%. On n’en tirera pas des conclusions définitives, mais on admettra que la suprématie de la devise américaine n’est plus aussi établie que naguère.

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  • Imbroglio juridico-monétaire en Europe

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    Lorsque le droit se mêle d’économie, on peut être sûr que les choses sont parties pour durer. En l’occurrence, l’affaire porte sur un sujet éminemment délicat, celui des compétences respectives de l’Union européenne et de son membre le plus influent et le plus puissant, on aura reconnu l’Allemagne, en matière de politique monétaire.

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  • On a sorti la grosse artillerie

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    En 2007-2008, ce sont les banques centrales qui s’étaient trouvées en première ligne pour empêcher que la crise financière n’emporte l’économie. En 2020, pour barrer la route à une crise d’ampleur à ce jour encore inconnue mais qui selon toute vraisemblance, si on la laissait filer, se révélerait au bout du compte du même ordre de grandeur que celle des années 30, ce sont les Etats qui, à coup de milliers de milliards, volent au secours de pans entiers de l’économie.

    Les banques centrales sont également de la partie, mais moins pour soutenir un système bancaire dans l’ensemble plus solide qu’à l’époque, que pour empêcher que ce flot inédit de dépenses publiques n’entraîne une remontée des taux d’intérêt et par contrecoup l’insolvabilité de bon nombre de pays surendettés.

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