Monnaie - Page 3

  • L’effet singulier des taux négatifs

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    Les taux négatifs qui se répandent un peu partout mettent le monde à l’envers et rendent les caisses de pensions schizophrènes.

    D’un côté en effet ces dernières, grandes consommatrices d’actifs sûrs, acceptent d’acheter des obligations de la Confédération dont le rendement est inférieur à zéro y compris pour des échéances très lointaines, ce qui signifie qu’elles n’entrevoient guère d’améliorations sur ce plan là avant très, très longtemps.

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  • Pour sortir du franc fort, il faut entrer dans l'euro

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    A l’occasion du premier anniversaire de l’abandon du cours plancher par la Banque nationale suisse, dont on connaît les conséquences douloureuses pour les entreprises et l’emploi, plusieurs propositions récurrentes ont refait surface. Les unes, saugrenues ou impraticables, ont vite été rengainées: dévaluation (!) du franc, taxation des opérations de change, réintroduction d’un plancher. La BNS, de son côté, avait songé à l’arrimage à un panier de monnaies, avant d’abandonner l’idée jugée irréalisable.

    A part une «amélioration des conditions cadre» qui sonne creux il faut en convenir, restent en lice, côté actif du bilan de la BNS (utilisation des euros achetés à la pelle), l’appel à la création d’un fonds souverain et lancement, côté passif (utilisation des francs créés en contrepartie), d’un grand emprunt fédéral pour financer des projets d’infrastructure.

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  • Encore une année sans inflation ?

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    Si, en regard de tant de déconvenues, la force du franc a eu ne serait-ce qu’un effet positif, c’est bien celui d’avoir maintenu inchangé le niveau des prix, et même de l’avoir maintenu en dessous de zéro. On s’attendait en général à ce que l’indice des prix à la consommation demeure stable en 2015, il se sera en réalité replié de quelque 1,5%, déjouant la plupart des pronostics, y compris ceux de la Banque nationale suisse, qui établit pourtant au millimètre ses prévisions d’inflation pour les trimestres à venir. Sa «prévision d’inflation conditionnelle» de décembre 2014 voyait en effet une hausse annuelle de l’indice comprise entre 0,0 et 0,2% pour la fin décembre 2015, moyennant un Libor (moyenne des taux d’intérêt à trois mois sur le marché interbancaire londonien) égal à 0,00%. Mais ladite condition sautait peu après, puisque le cours plancher devait disparaître le 15 janvier déjà, et le Libor, foi d’intérêts négatifs, passer à -0,75%.

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  • Franc fort, à force de couper dans le gras…

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    Retombe-t-on en récession ou, comme le suggère The Economist, entame-t-on un troisième épisode de l’histoire de la dette, celui, après la crise des subprime puis celle de la zone euro, d’un effondrement des marchés émergents ? Vue d’ici, cette succession de déconvenues financières a longtemps semblé pour l’essentiel nous épargner.

    Mais voici que la Suisse entière, et Genève en particulier, affrontent des vents décidément contraires : perspectives budgétaires alarmantes, licenciements collectifs, exportations en recul, délocalisations rampantes, tous symptômes annonciateurs de lendemains qui ne chantent guère et replacent ce pays à l’intérieur du cadre qui est le sien qu’il le veuille ou non, savoir celui d’une Europe désorientée, ou plutôt, d’une économie mondialisée aux prises avec d’inextricables difficultés à retrouver son aplomb.

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  • Franc fort: aux grands maux les grands remèdes

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    franc 1.jpgLa Suisse paie cher la défense contre vents et marées de sa souveraineté monétaire. Naguère justifiée par une stabilité des prix et des taux d’intérêt plus bas qu’ailleurs, l’indépendance de sa banque centrale est remise en question depuis que l’inflation a disparu et que les taux sont partout proches de zéro : non seulement le franc reste fort alors que les différentiels qui pouvaient le justifier ont été emportés par la crise, mais encore l’économie d’exportation continue de souffrir malgré une conjoncture européenne – celle de son principal débouché – désormais en pleine convalescence.

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  • Séquelles (parmi d’autres) du franc fort

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    bns.jpgLa somme paraît vertigineuse : 50 milliards de perte, en un seul semestre, pour la Banque nationale suisse, ce qui divise ses fonds propres par deux et les ramène à moins de 6% de son bilan. On pourrait s’en effrayer sauf que, rapporté au total de ses placements en devises, le montant ainsi effacé à mi-2015 n’en représente même pas la dixième partie.

    C’est à peine la marge de fluctuation généralement préconisée et respectée par les comptables des institutions de prévoyance. Pas de quoi, donc, fouetter un chat. D’autant que les résultats négatifs d’une banque centrale n’ont absolument aucune incidence, techniquement parlant, sur son activité : elle ne peut faire faillite puisque, même lorsque ses fonds propres tombent sous zéro, elle finance sa dette par la monnaie qu’elle crée elle-même.

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  • Jour 1 du défaut grec

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    euro grec.jpgDepuis lundi, il n’y a plus un seul euro dans le système bancaire grec. Le pays est donc, techniquement, en état de cessation de paiement, et à moins d’une nouvelle injection de cash par la Banque centrale européenne sur la base d’on ne sait trop quelle garantie, le fonctionnement de l’économie grecque s’en trouve complètement bloqué. Plus personne ne paie, et plus personne n’est payé.

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  • Franc fort : drôle d’équilibre

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    vent debout.jpgA en juger par l’évolution des cours de change depuis février, il apparaît que s’est installé un plancher implicite, un parquet flottant en quelque sorte, aux alentours de 1,05 franc pour un euro. Implicite, car la Banque nationale ne semble pas intervenir massivement pour le défendre, ainsi que le montre le niveau, plutôt stable depuis lors, des avoirs en comptes de virement des banques, bien sûr freiné par le taux d’intérêt négatif de -0,75%. 

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  • Cinq astuces contre le franc fort

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    Le portail PME du Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO), qui s’efforce d’aider les petites et moyennes entreprises, a fort à faire depuis la disparition du cours plancher. Mais il ne manque pas d’imagination dans la mise en valeur des ressources des services et organismes qui lui sont liés. Ainsi pouvait-on lire, dans une récente «newsletter», que Switzerland Global Enterprise – dénomination actuelle du vénérable Office suisse d’expansion commerciale – propose «cinq astuces contre le franc fort» à l’usage des PME exportatrices.

    On n’a pas résisté à la curiosité d’aller voir en quoi consistaient lesdites astuces. Voici donc les enseignements que les experts ont su tirer de leur analyse de la situation. Il faut, disent-ils : 1° miser sur la qualité, 2° réduire les coûts, 3° placer le bon produit sur le bon marché, 4° bien choisir sa monnaie, et enfin 5° se prémunir contre les risques monétaires.

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  • Pourquoi ne pas creuser plus avant l’idée d’un «fonds souverain»?

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    Rappel des épisodes précédents. Parce qu’elle est un pays économe, vertueux, accessoirement discret sur les fortunes d’ailleurs qui viennent se déposer dans ses banques, la Suisse dispose depuis des lustres d’une monnaie forte, ce qui constitue indubitablement un avantage à certains égards mais pose néanmoins quelques problèmes de compétitivité à son industrie.

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  • Faute vénielle ou péché mortel ?

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    En 1974, une année après que la BNS se soit résignée à abandonner le cours fixe du franc face – alors – au dollar, le président de son directoire, Fritz Leutwiler, confiait à son collaborateur Kurt Schiltknecht : «Je n’ai aucune idée sur la façon de mener la politique monétaire sous un régime de changes flottants». Et d’ajouter que la seule question dont il se soit constamment préoccupé était de savoir «comment empêcher que trop d’argent n’arrive en Suisse».

    Son successeur actuel à la tête de la Banque nationale a dû se poser la même question, sauf que, il y a quarante ans, les soucis portaient sur les tensions inflationnistes (les prix à la consommation augmentaient de plus de 10% l’an), tandis que ceux d’aujourd’hui porteraient plutôt sur les risques de déflation. La BNS avait d’ailleurs, en 2011, fait de ceux-ci le principal argument en faveur de l’instauration d’un cours plancher.

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  • Il n'y a pas de déjeuner gratuit

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    La faiblesse persistante de l’euro joue de vilains tours à la BNS, dont le bilan ne cesse d’enfler. Il n’y a, en soi, aucune limite à la création de monnaie par l’Institut d’émission tout occupé qu’il est à défendre le cours plancher de 1.20 franc pour 1 euro, à l’inverse de ce qui se passerait s’il lui fallait au contraire – hypothèse qui ne s’est jamais rencontrée – lutter contre une dépréciation du taux de change du franc en en détruisant à la pelle.

    Il n’y a aucun obstacle ni théorique, ni légal, à cette accumulation potentiellement illimitée de réserves de devises et à l’émission de monnaie qui s’ensuit, mais les ordres de grandeur atteints, et leurs possibles effets secondaires, commencent à faire réfléchir, et même à agir.

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  • Mais non mais non, mais si mais si !

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    Collé à l’euro comme la Suisse l’est à l’Europe sans vouloir l’admettre, le franc profite indirectement de la dépréciation de la monnaie unique. Il bénéficie autant qu’elle d’un avantage de change sur tous les marchés sur lesquels les transactions s’affichent en dollars ou dans l’une ou l’autre des monnaies (la livre par exemple) qui suivent à peu près la même trajectoire. Peu importe ici de savoir si les récentes variations des taux de change effectifs sont dues principalement à la hausse du billet vert ou à la baisse de l’euro, car les mêmes phénomènes expliquent les deux mouvements : une divergence naissante et destinée à durer des politiques monétaires adoptées de part et d’autre de l’Atlantique (tendance au resserrement à la Réserve fédérale, au desserrement à la Banque centrale européenne), qui creuse un écart dans les taux d’intérêt et invite par conséquent les capitaux à quitter l’euro pour se placer en dollars, selon la plus élémentaire des stratégies de carry trade (portage en français).

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  • Français, Italiens, oyez, oyez ! Tout n’est peut-être pas perdu !

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    Lorsque, venant de Berlin, on se dirige vers Francfort sur l’Oder, on emprunte une chaussée parsemée de trous, d’ornières et d’Umleitungen obligeant à circuler en permanence sur la voie de dépassement, à croire que l’autoroute d’avant-guerre n’a jamais été entretenue depuis 1989 voire 1945. Parvenu à la frontière, on s’engage sur un ruban de bitume qui court, lisse comme un miroir, jusqu’à Poznań et bientôt jusqu’à Varsovie. Confirmation anecdotique, mais combien révélatrice, du retard pris par la République fédérale en matière d’infrastructures d’un côté, et des bienfaits, tels qu’ils sont vécus côté polonais, dispensés par les fonds structurels et de cohésion européens  de l’autre.

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  • L'euro à 1 fr 20: les martingales de l’argent facile

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    A chaque fois que le franc fait mine de se rapprocher du cours plancher de 1.20 franc pour 1 euro, la question resurgit: n’y a-t-il pas une limite aux interventions que la Banque nationale suisse devra peut-être envisager pour le défendre ?

    Non, faut-il encore et toujours le rappeler, il n’y a par définition aucune limite à la quantité de monnaie qu’une banque centrale peut créer pour empêcher la hausse de son taux de change. Tout autre est la situation qui prévaudrait s’il s’agissait à l’inverse d’en empêcher la baisse : la banque centrale serait alors limitée par le montant des réserves de change à sa disposition. Une fois ces réserves épuisées, elle n’aurait d’autre choix que de laisser choir sa monnaie.

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  • 22 juillet 1944: Fixes ou flottants, les changes dérangent

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    L’anniversaire de la signature des accords de Bretton Woods, le 22 juillet 1944, est l’occasion de revenir sur la question, qui ne cesse de faire débat, de la nature idéale du système de changes. Vaut-il mieux des changes fixes, tels que le monde les a connus entre 1945 et 1973, ou des changes flottants comme les préconisait Milton Friedman et sous l’empire desquels nous vivons – plus ou moins – depuis lors ? Plus ou moins, car les monnaies n’ont pratiquement jamais flotté librement, sinon le franc suisse, et encore, puisque la BNS l’a solidement arrimé à l’euro.

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  • Franc suisse surévalué ? Pas tant que ça…

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    Depuis une vingtaine d’années, la Banque des Règlements Internationaux (BRI) estime les taux de change effectifs des monnaies des principales économies de la planète, remontant pour certaines d’entre elles jusqu’à 1964. La formule est un brin compliquée : les taux de change effectifs nominaux sont calculés à partir des moyennes géométriques des taux de change bilatéraux pondérés par l’importance des échanges commerciaux. La BRI calcule également les taux de change effectifs réels, c’est-à-dire ajustés par les prix relatifs à la consommation, pour tenir dûment compte des effets de l’inflation.

    Les résultats, pour la Suisse, sont assez étonnants. 

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  • Monnaie: l'initiative "Vollgeld", une manière de se préparer au pire

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    Il se lance, comme on sait, beaucoup d’initiatives populaires à propos d’à peu près tout et n’importe quoi. Mais parfois, contrairement aux apparences, un texte à première vue farfelu mérite mieux que le dédain. Ainsi en va-t-il de l’initiative dite Vollgeld («monnaie pleine»), qui veut ni plus ni moins qu’interdire la création de monnaie par les banques, et la réserver à la seule Banque nationale suisse.

    Les initiants estiment en effet que la disproportion écrasante entre monnaie centrale (en gros, les billets) et masse monétaire représentée par l’ensemble des dépôts bancaires est la principale source d’instabilité du système bancaire, et la cause directe des crises financières majeures qui en résultent périodiquement.

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  • L’inflation se cache-t-elle là où on ne l’attend pas?

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    Coup sur coup, la Banque centrale européenne (BCE) et la Banque nationale suisse (BNS) ont révisé à la baisse leurs prévisions d’inflation pour les mois à venir. C’est que, le mois dernier, la hausse des prix à la consommation s’est finalement révélée inférieure à ce que l’une et l’autre avaient pronostiqué. Non seulement cette hausse est moindre que prévu, mais encore elle est inférieure à ce qui, pour diverses raisons, est tenu à Francfort comme à Zurich pour un niveau équivalant à la stabilité des prix telle en tout cas que la visent les deux banques centrales, soit une hausse annuelle de 2% au maximum. Or les prix en zone euro n’ont augmenté que de 0,7% en un an, et en Suisse, la hausse sur douze mois de l’indice des prix à la consommation à fin février est même légèrement négative (-0,1%).

    Il y aurait donc, désormais encore davantage que précédemment, un risque de déflation qu’il ne faudrait pas ignorer, même si, de l’avis répété des patrons des deux instituts, Mario Draghi et Thomas Jordan, ce risque reste négligeable. Le mot même de déflation n’apparaît d’ailleurs pas dans le dernier communiqué de la BNS.

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  • Bitcoin, le début de quelque chose

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    Supposons que le milliard d’utilisateurs fièrement annoncés par Facebook, ou que « seuls » les 400 millions d’utilisateurs réguliers du réseau acceptent dans un même élan de recourir au Bitcoin ou à quelque autre artefact électronique pour effectuer quotidiennement leurs paiements: cette «monnaie» deviendrait du jour au lendemain le moyen d’échange le plus universel, détrônant du même coup dollars, euros, livres et autres yens…

    Pourquoi l’accepteraient-ils ? 

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