Finances publiques - Page 2

  • Insaisissables coûts de la santé

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    Les Helvètes poursuivent des chimères en imaginant que la maîtrise des coûts de la santé est à leur portée. Ils peuvent lancer toutes les initiatives qu’ils voudront, les faits demeureront têtus. Le vieillissement démographique continuera son œuvre, porteur d’une demande croissante de soins de plus en plus lourds. Le progrès des techniques médicales ne cessera d’imposer le recours à des équipements de dernière génération avant que la précédente ne soit complètement amortie, et la recherche débouchera toujours sur des molécules prometteuses mais d’une rare complexité, et par conséquent hors de prix. Et puis, tout simplement, une logique économique vieille comme le monde veut qu’au fur et à mesure que le niveau de vie s’élève, la part du revenu consacré au bien-être, donc à la santé, augmente.

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  • Le pot de miel de la prévoyance

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    Un vieux et sage principe de politique économique veut qu’on ne puisse viser plusieurs objectifs avec le même instrument. Cette impossibilité de courir plusieurs lièvres à la fois, qui vaut pour la politique monétaire par exemple (une banque centrale ne peut à la fois fixer le taux de change et le taux d’intérêt, sauf à contrôler les mouvements de capitaux), vaut aussi pour la prévoyance. C’est donc un simple retour à la logique qu’envisage le Conseil fédéral en proposant de ne plus autoriser, sauf cas exceptionnels, l’utilisation du 2e pilier pour faciliter l’accession à la propriété. Les fonds accumulés sur les comptes des assurés doivent servir à financer leurs rentes futures, et non pas simultanément – ou plus exactement : en lieu et place – les aider à acquérir leur propre logement.

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  • La face cachée des déficits publics: il manque dix milliards

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    Du haut de son petit promontoire, une Suisse assez satisfaite d’elle-même (car peu touchée par la crise) contemple avec un brin de commisération ces 28 pays en train d’élire sans grande conviction les 766 députés d’un parlement dépourvu de réels pouvoirs, au contraire du nôtre dont les prérogatives ne s’arrêtent que là où s’interposent, à vrai dire de plus en plus fréquemment, les instruments de la démocratie directe.

    Cette Suisse prospère, sans déficit ou presque, à la dette publique en baisse depuis une dizaine d’années quand celle des pays de l’Union européenne presque sans exception ne cesse d’augmenter, cette Suisse-là ferait cependant bien de considérer de plus près l’état effectif de son patrimoine.

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  • Ponts, musées, patinoire: où trouver ces millions qui nous manquent

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    Coïncidence : la semaine même où ce journal relevait (TG du 22 mars) à quels lourds investissements Genève allait devoir faire face ces prochaines années dans le seul domaine de la culture (MAH, Nouvelle Comédie, Grand Théâtre, etc.), l’hebdomadaire britannique The Economist rendait publique une étude du cabinet de conseil McKinsey selon laquelle les besoins annuels mondiaux en infrastructures dépasseraient d’un bon trillion (mille milliards) de dollars les sommes dépensées actuellement à cette fin sur la planète, équivalentes à 2,7 trillions, soit quelque 4% du PIB mondial.

    Les bâtiments culturels n’ont certes rien à voir avec les ponts et les chemins de fer, mais ils partagent avec eux leur caractère d’équipements publics aussi nécessaires que coûteux, mais trop souvent, pour cette dernière raison précisément, renvoyés à des jours meilleurs faute de place dans les budgets courants.

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  • BNS: Une banque centrale à nulle autre pareille

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    Or donc, pour la première fois de son histoire, la BNS ne distribuera ni le dividende de 6% au maximum à ses actionnaires prévu par ses statuts, ni la part de bénéfices qui, depuis la dernière mouture de la loi sur la Banque nationale (2003), remplace et au-delà l’indemnité de 80 centimes par habitant qui était traditionnellement versée aux cantons en compensation de leur renonciation à leur souveraineté en matière monétaire. En cause, la perte entraînée par la moins-value de son stock d’or consécutive à la baisse des cours du métal jaune en 2013 (-30%), qui dépasse de loin les profits réalisés sur ses placements en devises et sur la vente du StabFund, la fameuse structure de défaisance des actifs toxiques repris à UBS et qui vient d’être rachetée par celle-ci.

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  • Il y a quinze ans, l’euro

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    Le 1er janvier 1999, après des décennies de tentatives de rapprochement plus ou moins réussies entre monnaies nationales, naissait enfin l’euro. Scriptural d’abord, mis trois ans plus tard en circulation sous forme d’espèces sonnantes et trébuchantes dans une douzaine de pays, il est à ce jour la monnaie commune des dix-huit membres actuels de l’Union économique européenne (UEM), sous-ensemble de l’Union européenne fragilisé par la crise de la dette d’où, par raccourci de langage, l’expression abusive de «crise de l’euro».

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  • Combien de banques suisses vont disparaître ces prochaines années

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    Combien de banques suisses vont disparaître ces prochaines années – moins par suite de la lourdeur des amendes que le Department of Justice risque d’imposer à celles qui auraient eu la mauvaise idée de recueillir les fortunes de contribuables en délicatesse avec le fisc américain, que par suite du rétrécissement dramatique de leurs marges bénéficiaires consécutif à la disparition du secret bancaire, à quoi se ramenait pour beaucoup d’entre elles l’essentiel de leur modèle d’affaires ?

     

    Pas toutes certes, mais une part sans doute non négligeable du secteur financier dont elles forment, et de loin, la majeure partie. 

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  • Sauvetage d’UBS : que des gagnants ?

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    Tous comptes faits, le repêchage in extremis d’UBS en octobre 2008 n’aura rien coûté au contribuable, et laissera sans doute même apparaître (outre le gros milliard empoché par la Confédération moins d’une année plus tard sur la revente des 6 milliards qu’elle avait prêtés à la banque) un coquet bénéfice pour la Banque nationale suisse, qu’on peut évaluer à 3 ou 4 milliards, correspondant à la part qui lui reviendra sur l’actif net du «SNB Stabfund», le fameux fonds de défaisance qui réunissait les actifs toxiques encombrant le bilan d’UBS et que cette dernière a pu désormais racheter intégralement. Ouf.

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  • Suisse: après Charybde, bienvenue à Scylla

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    A peine dépouillée de son secret bancaire, voici que la Suisse risque de se trouver prochainement délestée d’un autre de ses avantages comparatifs, celui du traitement fiscal favorable qu’elle réservait jusqu’ici, sous diverses formes, aux entreprises étrangères. Ce qui menace de tomber, ce n’est pas seulement le statut d’exception que certains cantons accordent aux sociétés mixtes et autres sociétés de domicile, et dont l’abolition pourrait s’accompagner de ces moins-values par centaines de millions qui font trembler Genève.

    C’est aussi, et tout bonnement, l’étiolement prévisible, à plus ou moins brève échéance, de l’intégralité de la manne fiscale représentée par l’impôt sur le revenu des entreprises multinationales.

    Deux mécanismes sont ici à l’œuvre. Le premier, bien connu, est celui de la concurrence fiscale internationale. En une trentaine d’années, et alors même que son taux d’imposition combiné – Confédération et cantons – a été réduit d’un bon tiers, la Suisse est tombée de la première à la douzième place au classement, par ordre croissant, de la charge fiscale pesant sur le revenu des entreprises.

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  • Faibles, incapables? Comme aux échecs, ils n'ont pas le choix

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    Il existe dans certains jeux de stratégie une situation particulière dans laquelle le joueur qui a le trait (c’est-à-dire celui auquel c’est le tour de jouer) est habilement amené par l’autre à devoir jouer un coup qui pourtant péjore sa position. Ce «coup forcé» – appelé Zugzwang aux échecs, et atari au Go – est un peu le lot des protagonistes de la crise actuelle.

     

    Ainsi, contraints par leurs créanciers à agir de la sorte, les dirigeants des pays écrasés par le poids de leur dette ne peuvent faire autrement que soumettre leurs administrés à des cures d’austérité, sous forme de hausses d’impôts, de taxes et de coupes dans les subventions publiques, qui n’ont pourtant d’autre effet que d’aggraver encore un marasme économique lui-même responsable en grande partie de leur situation de surendettement.

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  • Cette belle théorie du pilotage anticyclique de la dépense publique n’a jamais vraiment fonctionné

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    Il y avait autrefois une règle simple. L’équilibre budgétaire vers lequel il fallait tendre pour maîtriser la dette publique était un équilibre de plein emploi. Savoir que recettes et dépenses ne devaient s’égaliser qu’une fois le potentiel productif entièrement utilisé. S’il y avait une marge de ressources inemployées, il était souhaitable et même nécessaire que l’Etat stimule l’activité par le truchement d’un déficit budgétaire. A l’inverse, toute situation de suremploi – de «surchauffe», disait-on en Suisse dans les années 60 – exigeait un freinage par le biais d’un excédent budgétaire. 

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  • France bombe à retardement? Allons enfants de la patrie...

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    Piquée au vif par une couverture de The Economist qui l’assimile à une «bombe à retardement au cœur de l’Europe», la France s’est dressée comme un seul homme, de sa gauche jusqu’à sa droite, pour écarter le reproche qui lui est fait de représenter, par sa réticence à s’engager dans de véritables réformes, le risque numéro un au sein de la zone euro.

     

     

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  • Crise de l'euro: payons-nous la réunification de l'Allemagne?

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    Où et quand la crise a-t-elle réellement commencé: en Europe, avec la création de la zone euro, comme en sont convaincus (par respect tout à fait honorable pour la théorie monétaire dominante, mais aussi, ce qui l’est moins, par répugnance personnelle) les ennemis jurés de la monnaie unique ?

    Ou bien des années auparavant, en Allemagne, comme vient de le suggérer Wolfgang Münchau, éminent columnist du Financial Times qui est aussi chroniqueur du Spiegel Online? Cet ancien correspondant du FT à Bruxelles est en effet persuadé que la réunification menée au pas de charge par l’ancien chancelier Helmut Kohl, et qui a coûté au bas mot deux billions d’euros, «n’est pas seulement l’une des causes profondes de la crise de l’euro, elle est aussi l’une des raisons de notre incapacité à résoudre la crise».

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