Financement des retraites - Page 2

  • Ce qui se cache derrière les taux négatifs  

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    Les pères et mères de la prévoyance professionnelle obligatoire n’auraient sans doute jamais imaginé que des taux d’intérêt puissent devenir négatifs et ruiner du même coup leur œuvre commune. Car des taux négatifs, soyons-en conscients, détruisent du capital ; or l’essence même du 2e pilier est la capitalisation, primo du fait de l’accumulation d’épargne (les cotisations payées par les employeurs et leurs salariés), secundo du fait de la rémunération de cette épargne (l’intérêt légal servi sur les avoirs de vieillesse), et même, tertio, par l’intervention d’un taux, dit technique, servant à calculer la valeur actuelle des engagements futurs de rentes.

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  • Une enseignante dit basculer dans la pauvreté... Qu'en est-il?

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    «J’ai honte de basculer dans la pauvreté», confiait récemment une enseignante genevoise dans les colonnes de ce journal. L’aveu, sans aucun doute sincère, de cette préretraitée du DIP a dû ébranler plus d’un lecteur. Et l’amener à s’interroger sur ce qui a pu engendrer pareil sentiment chez une personne – qu’on se gardera bien de juger, faute de connaître sa situation familiale et pécuniaire – qui s’apprête à vivre avec une rente AVS qu’on suppose pleine, et un 2e pilier d’environ 2500 francs selon ses dires. Soit, au total et en chiffres ronds, 4850 francs mensuels, qui correspondent à 65% du salaire médian genevois et à un peu moins, mais tout de même, de 56% du salaire médian calculé pour le secteur public, évalué à 8'666 francs en 2012.

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  • Un 2e pilier sans avenir?

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    vieux marionnettes.jpgAux taux actuels, plus bas que jamais, les régimes de prévoyance fondés sur l’accumulation de capitaux n’ont pas d’avenir. Ce n’est pas moi qui le dis, mais le professeur bâlois Heinz Zimmermann, lors d’un forum qui s’est tenu à St-Gall.

    L’économiste – dont ce n’est pas le premier avertissement – a mis le doigt sur les incohérences du système de retraites par capitalisation tel que la Suisse l’a façonné et ancré jusque dans sa Constitution, où l’on peut lire à l’article 113 que la prévoyance professionnelle, conjuguée à l’AVS, doit permettre à l’assuré de «maintenir de manière appropriée son niveau de vie antérieur». Concrètement, ce niveau approprié a été arrêté à 60% environ du dernier salaire.

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  • Obligations, le piège fatal

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    1000 francs.jpgContraintes par la loi ou amenées à s’y conformer par la force de l’habitude, les institutions collectives allouent une part importante voire prépondérante de leur fortune aux placements en valeurs à revenu fixe, et de préférence en obligations d’emprunts d’Etat. Les caisses de pensions suisses leur consacrent 35% de leurs avoirs ; les assureurs-vie, jusqu’à deux fois plus s’agissant de la fortune liée à leurs engagements, notamment vis-à-vis des premières nommées.

    Bref, l’idée conventionnelle selon laquelle absence de risque rime avec créance sur débiteur souverain et si possible sur la Confédération continue de façonner le gros de la structure de nos systèmes de prévoyance.

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  • Locataires, retraités: Quand le droit va de travers

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    Le Tribunal fédéral, interprétateur sourcilleux du droit du bail, vient de juger que les rendements prévus dans les plans financiers des habitations à loyers contrôlés par l’Etat devaient s’ajuster au – bas – niveau des taux hypothécaires actuels, donc en suivre la courbe fortement descendante. D’où, comme l’a relevé Christian Bernet la semaine dernière dans la Tribune de Genève, sous le titre La panique s'empare des constructeurs de logements, un certain émoi chez les promoteurs et les investisseurs institutionnels, telles les caisses de pensions, qui placent une bonne partie de leurs actifs dans l’immobilier et ne peuvent se contenter de rendements aussi faibles pour remplir leurs obligations de prévoyance.

    Le TF aurait d’ailleurs pu remarquer qu’il y avait une certaine incohérence dans le fait de juger excessif un rendement net dépassant 2,5%, quand le taux d’intérêt minimum que les institutions de prévoyance sont tenues de verser sur les avoirs de vieillesse vient d’être fixé à un niveau à peine supérieur (1,75%) ; à ce taux-là, elles ne couvrent même plus leurs frais.

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  • Le pot de miel de la prévoyance

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    Un vieux et sage principe de politique économique veut qu’on ne puisse viser plusieurs objectifs avec le même instrument. Cette impossibilité de courir plusieurs lièvres à la fois, qui vaut pour la politique monétaire par exemple (une banque centrale ne peut à la fois fixer le taux de change et le taux d’intérêt, sauf à contrôler les mouvements de capitaux), vaut aussi pour la prévoyance. C’est donc un simple retour à la logique qu’envisage le Conseil fédéral en proposant de ne plus autoriser, sauf cas exceptionnels, l’utilisation du 2e pilier pour faciliter l’accession à la propriété. Les fonds accumulés sur les comptes des assurés doivent servir à financer leurs rentes futures, et non pas simultanément – ou plus exactement : en lieu et place – les aider à acquérir leur propre logement.

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  • Pensions et retraites: cherchons experts en marc de café

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    L’Office fédéral des assurances sociales (OFAS) lance un appel d’offres pour un projet de recherche ayant pour objet «la définition d’une fourchette de rendement réaliste qui puisse servir de référence acceptable lors des discussions concernant le taux de conversion minimal fixé dans la loi sur la prévoyance professionnelle». Autrement dit, que ceux qui pensent pouvoir prédire l’évolution des marchés financiers ces prochaines années s’annoncent ! Il leur sera versé, s’ils remportent le concours, un modeste défraiement de 150'000 francs.

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  • Les caisses de prévoyance n’ont d’autres choix que de se recapitaliser

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    Ma dernière chronique sur l'insuffisant degré de couverture des caisses de pensions m'a valu une volée de bois vert et quelques insultes de la part des défenseurs de l'idée, encore assez répandue chez certains nostalgiques de l'Etat-providence, selon laquelle une capitalisation partielle même très inférieure aux 80% exigés par la Confédération n'aurait rien à se reprocher dans le cas des caisses publiques, vu le caractère pérenne dudit Etat qui leur accorde sa garantie.

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  • Travail contre capital ? Non, jeunes contre vieux !

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    L'assainissement des grandes caisses publiques genevoises, CEH et CIA, fusionnées pour éviter à la plus éclopée des deux de devoir recourir à des mesures plus douloureuses encore, renvoie à l'éternel débat sur les conséquences réelles ou supposées du vieillissement. On connaît la chanson: afin de maintenir des droits acquis (comme si, en la matière, on pouvait faire abstraction de la démographie et, accessoirement, de l'évolution économique), les opposants à toute réforme sérieuse de la prévoyance contestent la nécessité d'un effort supplémentaire d'épargne et s'arc-boutent aux taux actuariels actuels (taux technique, taux de conversion) dont chacun sait ou devrait savoir qu'ils ne correspondent plus à rien.

    Pour rappel, un taux technique de 4%, même ramené à 3,5%, alors que les rendements sans risque de placements à 30 ans s'approchent péniblement de 1,5%, permet de se contenter théoriquement d'une accumulation de capitaux bien inférieure à celle qui serait nécessaire pour garantir les rentes promises.

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  • Affaire Novartis: salariés, mais aussi actionnaires

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    novartis.jpgQui sont ces actionnaires assoiffés de dividendes pour le maintien desquels Novartis a décidé de rayer 2000 emplois en Suisse et notamment les 320 de l’ancienne Zyma, à Nyon? Difficile de les identifier, puisqu’ils sont un peu plus de 150 000 à travers le monde. De surcroît, aucun des plus importants d’entre eux ne détient davantage que quelque pour cent du capital...

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