Croissance - Page 4

  • La France bien bas (l’Italie aussi)

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    On s’occupe beaucoup de la France ces temps-ci, nouvel «homme malade de l’Europe». Après la Grèce, l’Irlande, l’Espagne, le Portugal, Chypre et d’autres, elle passe à son tour, avec l’Italie qui se porte tout aussi mal sinon pis, pour le maillon faible de l’euro, et pas des moindres, puisqu’elle pèse à peu près le cinquième de la zone. La croissance y est faible voire nulle, le chômage persistant à un niveau élevé, les comptes publics de plus en plus déficitaires. Tout cela tranche avec les promesses électorales, et contrevient surtout aux règles communautaires, qui font du pays un cas non point unique mais certainement pendable.

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  • Méfiez-vous des indices! L’inflation revient, mine de rien

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    Méfiez-vous des indices ! A les en croire, les prix à la consommation continueraient de baisser ou à tout le moins demeureraient inébranlablement stables. Ainsi, à fin octobre, l’indice genevois des prix à la consommation affichait une hausse de 0,1% sur un an. Négligeable. Il était même, à 99,8 points, inférieur de 0,2% à la base 100 de décembre 2010. Mais considérez les choses de plus près. Enlevez par exemple le mazout, les carburants, les marchandises importées : le tableau change. Les «biens et services indigènes» sont à 102,1, les services à 103,6, et les loyers des logements à 107,6. Ce n’est pas de l’hyperinflation, mais ce n’est plus de la stabilité. Le «choc pétrolier inverse» (la baisse rapide du prix du baril), les importations à bas coût de Chine et le niveau élevé du franc ont donc contribué à masquer un renchérissement interne qui commence à se préciser.

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  • Ce qu'il faut à la France... C’est un Nobel qui le dit…

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    L’attribution du prix Nobel d’économie à un illustre inconnu du landernau médiatico-politique hexagonal (mais connu bien sûr de ses pairs), c’est un peu le bâton dans la fourmilière. On se félicite bien entendu de cette distinction revenant pour la deuxième fois seulement à un économiste français exerçant dans son pays, mais on s’écharpe à gauche de la gauche comme à droite de la droite sur l’orientation politique supposément être celle d’un chercheur fort justement récompensé, qui n’en peut mais de cette manie des étiquettes.

    Oui, à la rigueur, Jean Tirole comme son compère Olivier Blanchard aujourd’hui économiste en chef du FMI peut être classé «plutôt de gauche», mais ses propositions, quand on lui demande d’en formuler, n’ont ni couleur ni odeur. Elles sont simplement économiquement sensées, avec désormais cette force que leur donne le fait d’émaner d’un lauréat du Nobel.

    En résumé il faut à la France, rappelle Tirole, 1° une réforme du marché du travail, soit la fin de la dichotomie entre CDI et CDD et un assouplissement des conditions de licenciement, 2° une réforme des retraites (lire: un éloignement de l’âge de la retraite), 3° une réforme de l’Etat, qui devienne «plus léger» mais «plus efficace» y compris sur le plan social, et 4° une réforme de la réglementation qui corsète notamment tant de professions dites libérales et de métiers des services.

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  • Français, Italiens, oyez, oyez ! Tout n’est peut-être pas perdu !

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    Lorsque, venant de Berlin, on se dirige vers Francfort sur l’Oder, on emprunte une chaussée parsemée de trous, d’ornières et d’Umleitungen obligeant à circuler en permanence sur la voie de dépassement, à croire que l’autoroute d’avant-guerre n’a jamais été entretenue depuis 1989 voire 1945. Parvenu à la frontière, on s’engage sur un ruban de bitume qui court, lisse comme un miroir, jusqu’à Poznań et bientôt jusqu’à Varsovie. Confirmation anecdotique, mais combien révélatrice, du retard pris par la République fédérale en matière d’infrastructures d’un côté, et des bienfaits, tels qu’ils sont vécus côté polonais, dispensés par les fonds structurels et de cohésion européens  de l’autre.

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  • Super Mario, les banques et les grévistes

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    Le président de la Banque centrale européenne (BCE), l’Italien Mario Draghi, vient de surprendre son monde en postulant comme jamais encore un recours quasi illimité à la planche à billets (savoir «à tous les instruments disponibles» – lire : au QE, alias le quantitative easing) pour assurer la stabilité des prix à moyen terme. L’idée étant, rappelons-le, que le pire des dangers serait l’installation de la zone euro dans une situation de déflation durable, à la japonaise.

    Ces propos ont aussitôt attiré le scepticisme des uns (les taux directeurs étant déjà quasiment à zéro, quelle pourrait bien être la portée d’un tel QE ?) et la critique des autres (de pareilles largesses, y compris en matière budgétaire comme vient de le suggérer le patron de la BCE à l’adresse des chefs de gouvernement, ne feraient que les détourner de l’objectif prioritaire qui doit demeurer le redressement des finances publiques). En revanche ils ont eu, ces propos, pour effet de faire à nouveau plonger l’euro face au dollar.

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  • Ça chauffe dans la tête des économistes !

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    Ça chauffe dans la tête des économistes ! Jamais la cervelle des économistes n’a autant chauffé. De Lindau sur la côte allemande du Bodan, où vient de se tenir la 5e rencontre des prix Nobel d’économie, à Jackson Hole, rendez-vous annuel des banquiers centraux à l’invitation de la Réserve fédérale américaine, on s’est demandé dans tous les sens comment agir au mieux pour sortir enfin nos économies de la Stagnation Séculaire (Paul Krugman) dans laquelle la crise des subprime les a semble-t-il définitivement plongées.

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  • Europe: sous la pression populiste...

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    Le gros de la crise financière est passé, mais les dégâts qu’elle a causés sont tels qu’il n’est pas certain que les économies occidentales, européennes au premier chef, soient tirées d’affaire. Il se pourrait même, s’il n’y est pris garde, qu’elles plongent dans ce qu’à une époque pas si éloignée que cela (c’était en 2009) on avait appelé le «double dip», c’est-à-dire la menace d’une double récession.

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  • Suisse-UE: la resquille, c’est fini !

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    L’acceptation à une infime majorité (0,67 % des votants) de l’initiative "Contre l’immigration de masse" n’en finit pas d’être analysée, et pour cause. On y aura vu, très généralement, l’expression d’une sourde hostilité ou du moins d’une certaine méfiance de l’opinion helvétique, toutes catégories sociales confondues, à l’égard d’une construction européenne ressentie comme bureaucratique et attentatoire à une indépendance dont les Suisses sont si jaloux.

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  • Ces remèdes pires que le mal

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    Le contingentement de l’offre de travail dans lequel tant de Suisses voient leur salut est un exemple typique de ces remèdes qui sont pires que le mal. Ce que l’on entend protéger, l’emploi indigène, dépend au contraire, de manière «contre-intuitive» comme on dit aujourd’hui, d’une libre circulation des personnes et des capitaux, car c’est cette liberté de mouvement qui débride la croissance, seule créatrice d’emplois.

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  • Surchauffe immobilière: par l’autre bout de la lorgnette

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    La décision du Conseil fédéral de relever le volant anticyclique de fonds propres imposé aux banques dans le secteur des crédits hypothécaires à l’immobilier résidentiel a été diversement appréciée, c’est le moins qu’on puisse dire. Les professionnels de l’immobilier ont qualifié la mesure d’inutile dans un marché qui selon eux est en train de se corriger de lui-même. Les banques ont regretté une mesure à leurs yeux inefficace et pour ainsi dire superfétatoire, puisque décidée sans concertation avec leurs représentants et sans attendre que l’autorégulation en laquelle elles croient dur comme fer ait eu le temps de déployer tous ses effets.

    Réactions somme toute logiques, puisque venant de ceux et celles que la mesure va frapper au cœur de leurs principales sources de revenu – les marges de promoteur et commissions de courtage pour les premiers, les différences d’intérêts pour les secondes – qui devraient forcément baisser dans un marché ralenti.

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  • Il y a quinze ans, l’euro

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    Le 1er janvier 1999, après des décennies de tentatives de rapprochement plus ou moins réussies entre monnaies nationales, naissait enfin l’euro. Scriptural d’abord, mis trois ans plus tard en circulation sous forme d’espèces sonnantes et trébuchantes dans une douzaine de pays, il est à ce jour la monnaie commune des dix-huit membres actuels de l’Union économique européenne (UEM), sous-ensemble de l’Union européenne fragilisé par la crise de la dette d’où, par raccourci de langage, l’expression abusive de «crise de l’euro».

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  • Mieux vaut être riche et bien qualifié…

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    Même le très libéral The Economist, revenant sur une récente étude de l’OCDE, en convient : partout l’écart entre hauts et bas salaires s’est fortement creusé au cours des dernières décennies, et la part du travail à la valeur ajoutée totale n’a cessé de diminuer, l’un expliquant en partie l’autre.

    En cause, de nombreux facteurs allant de la mondialisation à la généralisation des nouvelles techniques fondées sur les TIC, qui éjectent les travailleurs faiblement qualifiés d’une production de plus en plus automatisée ou délocalisée et concentrent le revenu entre les mains de ceux des salariés, grands patrons et indépendants aux savoirs pointus, les mieux à même de capitaliser pour leur compte les effets du changement.

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  • Le PIB monte, la bourse baisse. Problème ?

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    Au deuxième trimestre, la croissance de l’économie américaine a dépassé la plupart des prévisions. Selon le Département du Commerce, elle s’est établie à 2,5% en rythme annuel, ce qui fait des Etats-Unis le pays le mieux engagé dans la reprise, et éloigne à vues humaines tout risque de rechute pour la première économie du monde. Or la bourse, qui devrait se réjouir de la bonne nouvelle, puisqu’une meilleure conjoncture annonce en principe de joyeux bénéfices, a au contraire baissé. Où est la faute ?

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  • Poids, ou surpoids, du secteur bancaire

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    Une controverse très académique mais de portée plus large qu’il n’y paraît au premier abord est en train de se développer à propos de la part effective du secteur bancaire dans la valeur ajoutée totale. Le débat entre ceux qui la situent aux alentours des 6% (l’Association suisse des banquiers l’an dernier) voire 10% (le BAK en 2005) et des chercheurs d’un centre de recherche liechtensteinois (le KOFL) qui viennent de la rapetisser à 4% seulement tombe à un drôle de moment, puisque les banques ne sont pas précisément en odeur de sainteté depuis le sauvetage de certaines d’entre elles à coups de milliards et l’implication d’un nombre indéterminé d’enseignes helvétiques dans diverses affaires d’aide à l’évasion fiscale au détriment, notamment, des Etats-Unis.

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  • Leçons d’histoire de l'ex-DDR bonnes à prendre

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    Il y a 60 ans jour pour jour, les chars soviétiques réprimaient dans le sang la première révolte populaire du bloc socialiste, faisant une cinquantaine de morts dans les rues de Berlin-Est.

    Trois ans plus tard, un 28 juin, les ouvriers des usines Cegielski de Poznań se mettaient en grève et descendaient dans la rue aux cris de “zadamy chleba !” (nous réclamons du pain). Le soulèvement sera lui aussi écrasé par les chars, préfiguration du sort qui sera réservé en novembre de la même année aux insurgés de Budapest. Puis se succéderont en une tragique litanie la brutale interruption du Printemps de Prague (août 1968), les émeutes de la Baltique (Gdynia, décembre 1970), l’état de guerre (décembre 1981), l’enfermement des militants du KOR et l’interdiction du syndicat Solidarność. Tant de centaines de vies compromises pour parvenir finalement, moins d’une décennie plus tard, à la chute du Mur, à l’effondrement de l’URSS et à la réunification de l’Allemagne.

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  • Une bulle, même à croissance lente, finit toujours par éclater

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    A force de crier au loup, à force d’alerter l’opinion sur les risques de bulle spéculative dans le secteur immobilier, on finira par croire que ce genre de chose ne peut arriver dans notre beau et solide pays. L’UBS peut annoncer trimestre après trimestre que son «Swiss Real Estate Bubble Index» se rapproche dangereusement de la zone rouge, le vice-président du directoire de la Banque nationale suisse inviter son public à se préparer à de sérieuses turbulences («Fasten your seat belts !» lui recommanda-t-il l’autre jour en conclusion de son exposé au Centre international d’études monétaires et bancaires), le fait est que l’endettement hypothécaire, moteur premier de l’envol des prix résidentiels en Suisse, continue d’augmenter comme si de rien n’était.

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  • Sous le chômage, l’Europe bouge

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    Trois nouvelles, qui apparemment n’ont rien à voir, ont fait ces temps-ci les titres de la presse européenne. Jeudi dernier, El Pais annonçait que l’Espagne en crise avait franchi la barre des 6 millions de chômeurs et enregistrait, avec 27,16%, le taux de chômage le plus élevé de son histoire. Une semaine plus tôt, le Financial Times notait que la Pologne, exportatrice il y a quelques années encore de sa main-d’œuvre, voyait désormais affluer des travailleurs espagnols, portugais et italiens. Plus de 10% des quelque 100'000 personnes qui y sont d’ores et déjà occupées dans l’outsourcing sont de nationalité étrangère, et ce secteur, en forte expansion, devrait croître de près de 20% cette année. Après le plombier polonais débarquant à l’ouest, voilà donc l’informaticien du sud venant s’installer sur les bords de la Vistule (où l’on compte aussi un ou deux milliers de Grecs, mais d’immigration plus ancienne).

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  • Faibles, incapables? Comme aux échecs, ils n'ont pas le choix

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    Il existe dans certains jeux de stratégie une situation particulière dans laquelle le joueur qui a le trait (c’est-à-dire celui auquel c’est le tour de jouer) est habilement amené par l’autre à devoir jouer un coup qui pourtant péjore sa position. Ce «coup forcé» – appelé Zugzwang aux échecs, et atari au Go – est un peu le lot des protagonistes de la crise actuelle.

     

    Ainsi, contraints par leurs créanciers à agir de la sorte, les dirigeants des pays écrasés par le poids de leur dette ne peuvent faire autrement que soumettre leurs administrés à des cures d’austérité, sous forme de hausses d’impôts, de taxes et de coupes dans les subventions publiques, qui n’ont pourtant d’autre effet que d’aggraver encore un marasme économique lui-même responsable en grande partie de leur situation de surendettement.

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  • Cette belle théorie du pilotage anticyclique de la dépense publique n’a jamais vraiment fonctionné

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    Il y avait autrefois une règle simple. L’équilibre budgétaire vers lequel il fallait tendre pour maîtriser la dette publique était un équilibre de plein emploi. Savoir que recettes et dépenses ne devaient s’égaliser qu’une fois le potentiel productif entièrement utilisé. S’il y avait une marge de ressources inemployées, il était souhaitable et même nécessaire que l’Etat stimule l’activité par le truchement d’un déficit budgétaire. A l’inverse, toute situation de suremploi – de «surchauffe», disait-on en Suisse dans les années 60 – exigeait un freinage par le biais d’un excédent budgétaire. 

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  • Le crédit bancaire bientôt aux oubliettes ?

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    Le FMI s’est trompé dans ses prévisions de (dé)croissance pour les pays frappés par la crise, en faisant trop confiance aux valeurs historiques du «multiplicateur fiscal» (qui mesure l’impact d’une variation de la dépense publique sur la croissance) : l’austérité budgétaire a pesé beaucoup plus lourdement que prévu sur la conjoncture. La crise est passée par là, qui a rendu consommateurs et entreprises plus sensibles à la situation économique du moment, sérieusement détériorée, qu’aux perspectives à plus long terme, forcément meilleures (après la pluie vient toujours le beau temps). 

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