La finance durable, qu'èsaquo ?

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Dans l’un de ses derniers «Repérages», le Centre genevois de droit bancaire et financier (CDBF) pointe du doigt deux circulaires de la FINMA qui semblent «nudger» les banques et les assurances vers l’investissement durable. Voilà quiappelle quelques éclaircissements, que fournit heureusement Jeremy Bacharach, l’auteur de ladite note.

Nudger, verbalisation de l’affreux anglicisme «nudge», signifie encourager ou inciter à changer de comportement en dehors de toute contrainte ou interdiction, ainsi que l’a formalisé le prix Nobel d'économie 2017 Richard Thaler.

Cette théorie du coup de pouce s’inscrit dans la tendance à l’élargissement du champ de l’économie dite comportementale, qui fonctionne à merveille dans un monde exposé aux aléas météorologiques et au rétrécissement de plus en plus visible de la biodiversité. Mais que vient faire là-dedans la finance, et en quoi la mission de l’organe helvétique de surveillance des banques et des assurances est-elle concernée par le climat ?

Ce que la finance et le climat ont en commun, c’est le risque, que le second fait courir à la première, et que les autorités de surveillance ont pour mandat d’évacuer autant que possible des marchés financiers, afin d’en assurer le bon fonctionnement et protéger par ce biais les épargnants, les assurés, les investisseurs et les créanciers. Comment s’y prendre? En imposant aux principales banques et assurances – celles qui représentent un risque systémique – l’obligation de publier chaque année les dispositions qu’elles prennent «pour identifier, évaluer, gérer et surveiller les risques financiers lies au climat».

Insérer désormais impérativement dans les rapports de gestion annuels un genre d’informations qui semblait jusqu’ici aller de soi résulte peut-être de ce que, pour la FINMA, cela ira encore mieux en le disant. On ne peut toutefois s’empêcher de penser qu’en l’occurrence la surveillance vole au secours de l’évidence : car le marketing a compris depuis longtemps le parti qu’il pouvait tirer de l’argumentaire climatique. Du «patrimoine socialement responsable» vanté par BNP Paribas aux messages ailés du «capital naturel» promu par Lombard Odier, on ne compte plus les appels à l’investissement durable de la part d’augustes représentants la communauté financière.

Mais ce serait faire un mauvais procès à l’autorité que d’arrêter là l’analyse. Le risque climatique est effectivement considérable, davantage encore que les plus pessimistes des assureurs ne l’imaginaient avant les dernières catastrophes naturelles. Alors, on conviendra avec l’auteur de la note qu’en obligeant banques et assurances à rendre publique la manière dont elles gèrent ce risque, la FINMA «les encourage en réalité à se distancer des activités à fort impact environnemental et à se rapprocher de projets verts et durables». Elle les «nudge» donc bel et bien.

Commentaires

  • Monsieur

    Une fois de plus vous avez tout à fait raison... meilleures salutations

  • "Le risque climatique est effectivement considérable, davantage encore que les plus pessimistes des assureurs ne l’imaginaient avant les dernières catastrophes naturelles." C'est en tout cas ce que veut nous faire croire le GIEC. Or, qu'est-ce que le GIEC ? Un organisme formé de tous les experts qui suivent la doxa du réchauffement. Toutes les études critiques envers cette doxa ont été soigneusement écartées par eux durant trente ans. Pas un chercheur qui aurait eu un petit doute n'a reçu de crédit de recherche depuis trente ans. Pas un assistant n'a été engagé sur une thèse qui s'écarterait de la règle. Ce n'est plus une attitude scientifique, on est dans la religion, dans le dogme.
    A qui profite le ce dogme ? Pas aux producteurs de pétrole, ce qui n'est pas pour me déplaire : je n'ai aucune sympathie pour leur religion et on sait qu'ils ont dépensé dans les 100 milliards de dollars - payés par nous - pour la construction de mosquées wahhabites dans le monde. Par contre, le capitalisme a toujours besoin de se renouveler. On est arrivé en bout de course avec les énergies usuelles. Il est grand temps de changer tout ça...
    Il y a juste un blème : je ne vois pas trop d'où viendra l'énergie pour toutes ces voitures électriques et ces pompes à chaleur...
    C'est peut-être une bonne chose d'abattre les vieux murs mais il faudrait peut-être avoir qqch pour les remplacer...
    Alors, développement durable, oui, mais de qui ? Des rongeurs ou des insectes ?

  • C'est un peu comme un "monde durable" ou un "climat durable", ça n'existe pas!

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