Mais qui fait monter la bourse? Nous!

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L’une des constantes les plus affligeantes de la période actuelle est que les riches deviennent toujours plus riches quand la plupart des gens peinent à nouer les deux bouts. Aux Etats-Unis par exemple, 56% de la capitalisation boursière totale est en mains de 1% des plus riches, pendant que la rente moyenne promise aux personnes âgées de 55 à 64 ans par le plan de retraite 401(k) – le système de retraite le plus courant – atteint à peine 3000 dollars par an*.

Le niveau sans cesse plus bas des taux d’intérêt arrange d’autant moins les choses que l’épargne précaution, portée à des niveaux inhabituellement élevés crise sanitaire oblige, restreint encore davantage les maigres ressources disponibles pour le plus grand nombre. 

Le paradoxe veut que, en bonne partie, les deux phénomènes soient liés. La propension accrue à épargner est en effet l’une des premières responsables de la faiblesse des taux, laquelle explique à son tour la montée des cours en Bourse. Or pour l’essentiel, la richesse des plus riches est justement constituée de leurs portefeuilles de titres.

Poussons un peu plus loin l’analyse. La recherche de meilleurs rendements détourne les épargnants qui en ont la possibilité de leurs placements traditionnels sous forme de dépôts bancaires ou d’obligations sans risque, qui ne rapportent strictement rien ou même coûtent quelque chose, et les pousse à s’orienter vers les placements en actions. Faute d’informations privilégiées qui leur donneraient accès aux «pépites cachées» de la cote et autres start-up prometteuses, ces petits porteurs ou ceux qui, tels les fonds de pensions, collectent leurs économies, se portent acquéreurs de la part du capital des grandes sociétés effectivement échangeable sur le marché, ce qu’on appelle le «flottant». Le gros morceau, lui, ces trois quarts ou davantage du capital des blue chips, demeure solidement en main de leurs actionnaires fondateurs ou des groupes qui s’en sont par la suite assuré le contrôle : les Jeff Bezos d’Amazon, Bill Gates de Microsoft et autres géants du Web d’aujourd’hui, comme les Rockefeller de Standard Oil ou Henry Ford d’hier.

La valeur d’une société, mesurée par son cours atteint en Bourse, autrement dit par son prix à la marge, c’est ainsi «vous et moi» qui la faisons monter lorsque nous en achetons les actions. 

Cette richesse des plus riches nous plonge dans des abîmes de réflexions. Car à quoi comparer, en définitive, la hausse des actions ? En forçant un peu le trait, on l’assimilera à l’un ou l’autre des quatre états suivants : 1° à une sorte de pyramide de Ponzi, puisque le dernier investisseur à entrer en Bourse est sûr de perdre; 2° à un «autogoal», puisque les bulles spéculatives finissent toujours par éclater ; 3° à une richesse purement virtuelle, puisque cette fortune ne peut être «consommée» (comment dépenser autant de milliards durant une vie d’homme ?) ; 4° à une façon de s’arroger du pouvoir. Là est tout le problème ! 

Mais ce pouvoir de l’argent demeure quoi qu’on en dise inférieur au pouvoir politique, car les oligarchies financières finissent toujours par plier devant la puissance publique. Même si l’OCDE  peine à imposer sa vision en matière fiscale, et qu’il est illusoire de penser que les GAFA pourront être «terrassées» en deux temps trois mouvements, il n’est plus du tout inimaginable de les voir contraintes de se soumettre aux règles que la communauté internationale est enfin en train de mettre sur pied. Cela prendra du temps, mais on y arrivera.

 

* Cf. The Economist du 17 octobre 2020

 

 

Commentaires

  • Plus de 51% de la masse financière est dans les mains des mafieux, de l'argent sale !

    Dictatures qui sortent leurs milliers de milliards des comptes à numéros, réseaux de trafics de drogues, d'armes, de voitures et camions volés, traite des blanches et pas seulement, trafics de matériaux fissiles, d'armes sales, représentent un volume jamais égalé par les criminels introduits dans les canaux financiers.

  • J`aurais tendance a abonder dans le sens du commentaire de Corto. Les trillions qui tournent jour et nuit sur les bourses interationales (sur lesquelles le soleil ne se couche jamais) sont en partie d`origine criminelle mais peut-etre encore plus souvent simplement occultes au sens ou, passant par certaines banques dites de "compensation" situées dans certains paradis bancaires dont un ou deux proches de la Suisse, ils ne laissent pas de traces. Ce mécanisme se fait au su des gouvernements et en tout cas des "grands" services de renseignement qui en tirent d`ailleurs profit a leur maniere, ce qui montre assez le pouvoir de l`argent sur la politique.

  • Pardon, j'oubliai les 130 trillions placés dans les structures bancaires helvétiques !

    Sans parler des assurance et des valeurs mobilières.

    Donc si l'on prend en compte ces données, c'est plus de 75% des volumes qui trempent dans les organisations criminelles ou liées à des dictatures !

  • Attendons 9 jours, et nous verrons l'économie mondiale s'effondrer quelque soit le résultat des élections US.

    Le candidat n'a pas obtenu les financements escomptés pour alimenter sa campagne pour le deuxième tours, cela veut dire que Wall-Street a abandonné son poulain, de son coté, Trump qui a financé sa campagne avec sa fortune personnelle et via les petites donations venant du peuple et réunit à chaque escale de sa tournée des dizaines de milliers de son électorat pendant que Biden arrive à peine à réunir quelques dizaines de son camp à chacune de ses étapes.

    En revenant de San-Francisco avec notre équipe de développement de ma compagnie, nous avons fait un petit détours juste pour le fun d'assister à un discours de Trump à Tuscon airport, Arizona, Nous avons atterris 4,5 heures avant le début, gros dispositif de sécurité notre Beechcraft a été littéralement démonté, nous avons eu droit à une fouille en règle et nous avons assisté à la performance de Trump sans faire la queue puisque nous arrivions depuis l'intérieur de l'aéroport et avions arrangés un passage direct avec l'équipe qui organisait l’événement, gros bol. J'était derrière le président et visible sur les transmissions télévisées lors de son arrivée et son départ, donc je voyais la foule droit devant, franchement c'était la foule, dans l'arène il y avait 35'000 personnes et la route qui reliait l'aéroport à Tucson était couverte sur des kilomètres, impressionnant !

    Donc nous voyons que le camp des gafa et Wall-Street ont d'une part abandonnés la campagne de Joe Biden pendant que des centaines de bulletins de votes marqué Trump sont retrouvés sans des poubelles après avoir été jeté par les équipes des démocrates. Les cas de tricheries se multiplient, les censures organisées par la presse et les réseaux sociaux s'amplifient de jour en jour. Les républicains n'auront pas d'autre choix que de dénoncer tricheries et les démocrates de les contester !

    Une guerre civile aux USA suite à ces méthodes invasives dans le système électoral est à craindre, tant va la cruche à l'eau qu'à la fin, elle se brise.

    Encore du spectacle en perspective, mais si ça chauffe, les bourses américaines vont vraiment plonger et provoquer une crise économique mondiale.

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