• Wirecard: Vie et mort d’une étoile financière

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    Ce pourrait bien être le plus grand scandale financier que l’Allemagne, et pourquoi pas l’Europe tout entière, aient connu depuis des générations. Petite startup lancée en 1999, devenue au fil des ans une imposante société de services financiers, une «Fintech» comme on dit, sous la baguette magique de son PDG Markus Braun, un technicien autrichien en génie informatique, le groupe munichois Wirecard vient de mettre la clé sous la porte. En cause, la découverte, après des années de soupçons et d’insinuations à aucun moment pris au sérieux, d’un énorme trou dans son bilan : 1,9 milliard d’euros, évaporés de comptes bancaires aux Philippines, qui n’ont vraisemblablement jamais existé.

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  • La BNS a quitté le mode pilote automatique

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    Quatre fois l’an, la Banque nationale suisse convoque la presse pour lui exposer sa vision du monde et des événements. Le rituel trimestriel de cet «examen de la situation économique et monétaire» a quelque chose d’immuable, que résume fort bien la phrase suivante : «La Banque nationale poursuit sa politique monétaire expansionniste». L’intérêt négatif demeure ce qu’il est, les interventions sur le marché des changes ont lieu chaque fois que nécessaire, et le cours du franc, quoique élevé, est maintenu au-dessus d’une barre, légèrement fluctuante mais jamais inférieure à 1,05 franc pour un euro, de sorte que des «conditions monétaires appropriées» sont assurées. Bref, au pays du matin calme aimerait-on dire, de la Suisse comme de la Corée. Ou encore : la politique monétaire en mode pilote automatique.

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  • PostFinance, Gulliver bancaire

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    Filiale séparée de sa maison mère en juin 2013, PostFinance a obtenu cette année-là le statut de banque. Depuis, elle est soumise à l’instar des quatre autres banques d’importance systémique (UBS, Credit Suisse, ZKB et Raffeisen) à l’étroite surveillance de la Finma, qui impose des règles très strictes, en matière de capitalisation et d’éventuelle liquidation, à ce quintette «too big to fail». Autrement dit, l’autorité considère que le risque que ces mastodontes de la finance font courir à l’ensemble de l’économie s’il leur advenait de faire naufrage impose qu’ils soient dotés de fonds propres bien supérieurs à ceux que les banques d’importance moindre doivent afficher au bilan.

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  • Trois ou quatre billions, et ça repart !

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    L’amphigourisme trumpien, qui prend prétexte de n’importe quoi pour annoncer le retour de l’Amérique, ne pouvait manquer d’exploiter les derniers chiffres de l’emploi. Les 2,5 millions d’embauches notées en mai, et le recul du taux de chômage de 14,7% à 13,3%, ces «chiffres incroyables» brandis en conférence de presse impromptue vendredi, confirment il est vrai l’impressionnante dynamique de l’économie américaine, même si une lecture moins précipitée de la statistique en relativise la portée. Car le recul de l’emploi en mars et avril avait été massif, au point de détruire plus de 22 millions de postes de travail, et porter le taux de chômage à son niveau le plus élevé depuis 1948.

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  • La concurrence, bijou à dorloter

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    Quand on est né, économiquement parlant, dans l’admiration du marché et de sa principale règle de fonctionnement, la concurrence, on ne peut que réfuter toutes formes d’excuses à son non respect. Margrethe Vestager, la vice-présidente exécutive de la Commission européenne et commissaire à la concurrence depuis 2014, est de cette trempe-là, elle qui n’a jamais dévié de sa trajectoire, quitte à ne pas se faire que des amis au sein du Conseil européen. On se rappelle les amendes et redressements colossaux qu’elle a infligés à Apple en 2016 et à Google en 2017, son refus de la fusion Alstom-Siemens, et surtout cette phrase, lâchée en novembre dernier dans une interview au quotidien belge Le Soir: «Lorsqu'il y a des champions européens, c'est parce qu'ils ont été stimulés par la concurrence, et non parce qu'ils ont été biberonnés et chouchoutés». Elle s’opposait ainsi frontalement aux idées avancées par le ministre français de l’économie Bruno Lemaire («L’Europe a besoin de champions industriels»), qui entend, de concert avec son homologue allemand Peter Altmaier, obtenir une révision du droit européen de la concurrence.

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