Le blog de Marian Stepczynski

  • D’ici que pleuvent sur nous les milliards…

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    Ne parlez jamais de 1000 milliards, les imaginations se mettent à galoper ! Que faire de tout cet argent, comment et à qui le distribuer, sauver grâce à lui ce qui peut l’être, et ainsi de suite. Dans une précédente chronique, je rappelais que les réserves monétaires de la Suisse, telles que définies par la Banque nationale (et correspondant en gros au total de l’actif de son bilan), avoisinaient ce chiffre vertigineux, et dégageaient une fois placées un rendement donnant lieu à une distribution ma foi assez congrue à la Confédération et aux cantons : 6 milliards de francs pour l’an dernier, sur un total distribuable, accumulé à cette fin, de 102 milliards.

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  • En attendant que pleuve la monnaie

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    Les bénéfices et occasionnellement les pertes que le bilan de la Banque nationale suisse enregistre par milliards font évidemment jaser. On propose, surtout à gauche mais pas seulement, de faire profiter l’ensemble de la population des soldes excédentaires qui résultent pour l’essentiel des opérations de change que l’Institut mène pour freiner sinon empêcher la hausse du franc, dont le niveau continue d’être considéré comme «élevé». Bien qu’ils n’atteignent plus l’ampleur qui était la leur lorsque le franc subissait de fortes poussées, les achats de devises (pour l’essentiel des dollars et des euros, avec une préférence pour ces derniers, préférence qui s’est peu à peu estompée au cours de la dernière décennie) ont littéralement décuplé les réserves monétaires de la Suisse, désormais proches des mille milliards (et même davantage si dénombrées en dollars).

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  • Retour sur la naissance de l’euro

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    On a donc commémoré samedi, sans grand fla-fla, le vingtième anniversaire de l’euro. Il y a quelques bonnes raisons chronologiques à cela. D’abord, ce que l’on a rappelé ce jour-là, c’est simplement la mise en circulation de l’euro sous forme d’espèces, billets et pièces. La véritable naissance de la monnaie unique s’est produite trois ans plus tôt, le 1er janvier 1999, avec l’introduction tout en douceur de l’euro scriptural, superposé ou plus exactement parallèle aux monnaies des onze pays concernés avec lesquelles il allait entretenir un rapport de change irrémédiablement fixe, avant de les remplacer définitivement au terme de trois ans de concubinage.

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  • Des riches, de la richesse et de Piketty

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    Les inégalités, si frappantes dans le monde y compris dans les pays les plus développés, n’épargnent pas la Suisse, même si celle-ci fait figure de riche parmi les riches. Dans une étude récente (mai 2021), deux chercheurs de la BNS se sont intéressés à la composition de la fortune des ménages helvétiques et à leur place en comparaison internationale. Le constat est sans appel : la valeur nette du patrimoine par habitant est en Suisse presque trois fois plus élevée que dans les pays qui nous entourent. Elle dépasse même d’une bonne longueur (+50%) celle observée pour les Etats-Unis.

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    Lien permanent Catégories : Capital, Démocratie, Ethique, suisse 1 commentaire
  • Inflation vs Covid: le grand U-Turn !

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    Jusqu’il y a peu, l’unique préoccupation des autorités monétaires tenait à l’impératif conjoncturel : tout mettre en œuvre afin d’empêcher que la paralysie des activités provoquée par la pandémie n’entraîne l’économie dans une profonde récession. Elles n’avaient guère de souci à se faire du côté des prix, puisque ceux-ci ne variaient guère ou se tenaient même en-deçà de l’objectif déclaré de +2%, de sorte qu’elles pouvaient laisser grandes ouvertes les vannes de la création monétaire.

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  • Guerre de religion monétaire

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    Entre fanatiques des cryptomonnaies et défenseurs de l’ordre monétaire existant s’est ouverte une véritable guerre de religion. Les premiers défendent ce qu’ils considèrent comme le droit à la liberté d’innover y compris sur le terrain glissant des nouvelles technologies, tandis que les seconds, non sans une certaine hypocrisie il est vrai, avancent l’impératif de sécurité et de stabilité qui doit selon eux prévaloir tout particulièrement en matière financière.

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    Lien permanent Catégories : Banques, Bitcoin, Monnaie 1 commentaire
  • Le poids des mots, le choc sanitaire

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    Un virus mute, et tout s’écroule : les bourses, les certitudes de reprise, la confiance dans les vaccins. Et comme de bien entendu, les valeurs dites de refuge – sans que l’on puisse exactement définir en quoi elles le sont – regagnent la faveur des placeurs de capitaux. Le franc, et curieusement le yen (expression pourtant d’une économie japonaise au point mort), amassent en quelques jours les gains de change que leurs banques d’émission s’étaient inlassablement efforcées de leur faire perdre.

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  • Entre faucons et colombes, l’inflation divise

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    L’inflation étant sur toutes les lèvres et dans tous les titres, le moment est venu d’essayer de voir de quoi il retourne en vérité.

    Que les indices de prix s’envolent un peu partout est un fait. Dans la zone euro, au mois d’octobre, le taux de renchérissement a atteint son plus haut niveau depuis 13 ans. Aux Etats-Unis, il est même grimpé à 6,2%, du jamais vu depuis novembre 1990. Un peu moins, mais tout de même, au Royaume-Uni, où il faut remonter à décembre 2011 pour retrouver un taux de 4,2%. 

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  • Goulets ou goulots, l’étranglement toujours

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    L’AVC ferroviaire qui a interrompu les liaisons entre Genève et Lausanne n’a certes pas coupé toute communication entre les deux pôles lémaniques, mais il a révélé à quel point cet unique tracé était susceptible à tout moment de mettre des dizaines de milliers de pendulaires dans l’embarras. L’autoroute n’est guère mieux ; il ne se passe pas un jour sans qu’un froissement de tôles n’y bloque le trafic. Or une mobilité sans entrave est la clé du dynamisme économique en même temps qu’elle y est constamment mise à l’épreuve. Genève en est la meilleure illustration, qui enchaîne depuis des décennies, avec un certain fatalisme, goulets et goulots sur son maigre territoire : une autoroute de contournement surchargée qu’à l’époque certains tenaient pour inutile, un CEVA contesté jusqu’au dernier moment alors qu’on ne pourrait plus s’en passer, ou encore une traversée de la rade, sorte d’Arlésienne locale, dont l’urgence n’est pourtant plus à démontrer.

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    Lien permanent Catégories : Croissance, Démocratie, gouvernance 9 commentaires
  • Alice au pays de la finance

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    Il y a d’abord eu le «smartphone», ou téléphone intelligent, en l’avenir duquel peu de monde voulait croire à ses débuts (1994). Aujourd’hui, pas loin des quatre cinquièmes de la population mondiale disposent d’au moins un téléphone mobile de cette catégorie*. De même se répand désormais à toute allure l’usage des «smart contracts», ces chevilles ouvrières automatiques de ce que l’on appelle en abrégé DeFi, acronyme courant de «decentralized finance», où tout s’opère en l’absence de structures hiérarchisées (telles qu’intermédiaires bancaires, plateformes de paiement, banques centrales, etc.) et dans la plus totale – en principe – transparence, une fois franchi le saut technologique, à l’instar d’Alice tombant dans un puits de profondeur inconnue à la poursuite du lapin blanc.

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  • A pas comptés vers la monnaie numérique

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    On n’est plus dans le bitcoin et autres crypto-monnaies plus ou moins fantasmagoriques, mais sur le terrain concret des projets officiels plusieurs fois évoqués ici*, celui des monnaies numériques que pourraient émettre les banques centrales, et qui échauffent beaucoup d’esprits dans les états-majors de ces dernières.

    Dans un «working paper» que vient de publier la Banque nationale suisse sur son site, il est question des conditions et limites qui seraient celles d’une CBDC (central bank digital currency) de détail, soit d’une monnaie numérique à destination du public, donc non limitée à l’échelon des intermédiaires bancaires, comme envisagé jusqu’ici.

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    Lien permanent Catégories : Banques centrales, Monnaie, Or, suisse 4 commentaires
  • La grande folie du bitcoin continue

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    La grande folie du bitcoin continue. Visiblement impressionnés par l’engouement que suscite la crypto-monnaie, et pressés de toutes parts par les afficionados de l’instrument, la Securities and Exchange Commission américaine (SEC) a finalement délivré à un ETF lié à elle l’autorisation d’exister et d’être coté en bourse.

    Du coup, ceux des spéculateurs qui hésitaient encore à tremper leur petit doigt dans la sulfureuse potion magique se sont empressés de saluer la décision, et le cours de la chose s’est envolé au point de retrouver ses plus hauts niveaux, après avoir même frisé, le 20 octobre dernier, les 67'000 dollars le jeton.

    Pour rappel, parmi les dindons de la farce Madoff, on trouvait aussi des banquiers privés…

    Ce montant ne dit rien si l’on ne rappelle pas que le cours du bitcoin, après avoir oscillé entre 0 et 1 dollar durant ses deux premières années d’existence, avait atteint le 29 novembre 2013 le niveau alors considéré comme phénoménal de 1250 dollars, soit l’équivalent du prix d’une once d’or.

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  • Le gambit osé (manqué ?) du gaz russe

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    La Russie de Poutine aime mieux les échecs que les règles du marché, parce qu’elle est passée maître dans l’art de jouer aux premiers, alors qu’elle n’entend guère aux secondes. Le Kremlin a certes cru qu’en faisant monter les prix du gaz, il parviendrait à déboucher le conduit Nordstream2 des sédiments politiques qui obstruaient son démarrage et finirait ainsi par obtenir sa mise en service. Mais ce faisant, il a risqué à la fois d’inciter les Européens à diversifier leurs modes d’approvisionnement (par des importations de gaz liquide par exemple) et leurs sources d’énergie, puis de provoquer dans un deuxième temps une rechute des prix du gaz dont son économie dépend pourtant étroitement. 

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  • «Ceci n’est pas une inflation»

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    On a d’abord pu penser que les hausses brutales de certains biens et services n’étaient que le reflet de pénuries passagères, destinées à disparaître dès le retour à la normale des chaînes d’approvisionnement. Même raisonnement pour le manque de personnel faisant ici et là cruellement défaut : l’après-pandémie remettra les choses en place, sur un marché du travail dont on a toujours vanté la flexibilité – en Suisse s’entend.

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  • Le jeton électronique, monnaie du futur

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    La course aux cryptomonnaies met à ce point les autorités monétaires sous pression qu’elles se sont sérieusement attelées à l’étude de ce que pourrait devenir une monnaie numérique de banque centrale à notre portée à tous.

    Un groupe de travail réunissant les principales d’entre elles (dont la BNS) à Bâle, au siège de la BRI, vient de produire un troisième rapport d’étape montrant si besoin était combien l’affaire devient urgente.

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  • Valeur locative: un impôt qui fait de la résistance

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    Sous le titre «Incitations du système fiscal à l’endettementprivé et mesures possibles pour les réduire», un groupe de travail formé d’experts des administrations fédérales des finances et des contributions, de l’Office fédéral du logement, de la BNS et du Seco avait pointé du doigt en 2016 l’endettement considérable des ménages, qui totalisent à eux seuls 93% des emprunts hypothécaires, essentiellement destinés à financer le logement, pour un montant chiffré à l’époque à quelque 630 milliards de francs.

    Le groupe avait clairement identifié la principale cause de cet endettement unique au monde, savoir un régime fiscal imposant la valeur locative tout en autorisant la déduction des intérêts passifs et des frais d’immeubles (entretien et autres charges). Les Helvètes n’étant pas tombés de la dernière pluie, ils ont vite réalisé tout l’avantage fiscal qu’ils pouvaient retirer de pareil régime en remboursant aussi lentement que possible leurs hypothèques, de sorte qu’ils se trouvent collectivement débiteurs de montants frisant pour près des trois quarts d’entre eux la limite du supportable.

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    Lien permanent Catégories : Dette, Fiscalité, Immobilier, suisse 3 commentaires
  • Ce curieux r* qui nous gouverne 

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    Les économistes l’appellent r*, ou encore «taux d’intérêt naturel». La notion peut paraître absconse, mais elle détermine beaucoup de choses, dont notre vie matérielle à tous dépend dans une mesure qui nous échappe.

    Commençons par les définitions. Le «taux d’intérêt naturel» est, en théorie économique, le taux réel à court terme qui égalise l’épargne et l’investissement ou, si l’on préfère, qui assure l’équilibre entre l’offre et la demande. L’idée n’est pas récente : c’est l’économiste suédois Knut Wicksell qui l’a développée dans un ouvrage – Interest and prices – paru en 1898 (certains l’a font même remonter à la seconde moitié du 18e siècle en évoquant les considérations d’Adam Smith, le «père» de tous les économistes, sur les rapports entre taux d’intérêt et croissance).

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  • De choc en choc, l’histoire hoquette

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    De choc en choc, l’histoire hoquette

     

    Comparaison n’est pas raison : les chocs pétroliers des années 70 avaient certes bloqué l’économie, comme aujourd’hui la rupture des chaînes d’approvisionnement met les industries à l’arrêt, mais les similitudes s’arrêtent là. A l’époque, le sevrage énergétique était intervenu en pleine période inflationniste, et avait ajouté la stagnation conjoncturelle à unrenchérissement persistant pour donner naissance à ce concept inédit de stagflation, qui allait durer une bonne décennie. A présent, l’inflation pointe le bout de son nez, même de manière assez nette en Allemagne (3,4%), et surtout aux Etats-Unis (5,4 %). Mais on part en bonne logique de l’idée que les logistiques de distribution se raccommoderont en l’espace d’une ou deux année au plus, après quoi l’économie réintégrera sa pente naturelle de croissance, voire mieux. De sorte que les bouffées actuelles de renchérissement demeureront sans lendemain. A quelques conditions toutefois : car si les tensions apparues sur certains marchés encouragent les entreprises et les syndicats à renouer, les premières avec leurs hausses de tarifs, les seconds avec leurs habituelles revendications salariales, le risque existe alors qu’une spirale inflationniste s’amorce, qu’il ne sera pas si aisé que cela d’interrompre.

    Quelques indices donnent d’ailleurs à réfléchir, moins pour leur contenu intrinsèque qu’en fonction du contexte dans lequel ils apparaissent, et des arguments qui les accompagnent. L’USS, par exemple, tire parti du redressement de l’activité qu’elle croit percevoir pour réclamer une hausse des salaires qui correspondrait à un meilleur partage des fruits de la croissance entre travail et capital. Il y a peu, la centrale syndicale se préoccupait surtout de l’emploi, et de sa protection, ce qui en dit long sur le changement de perspective auquel elle a procédé. De son côté la Poste annonce un relèvement du tarif des lettres, au motif qu’il n’a pas bougé depuis 18 ans : faible prétexte, si l’on songe que le courrier électronique a progressivement ramené cet unique pan régalien des activités postales à la portion congrue. De même sent-on venir une hausse possiblement marquée des prix du gaz, d’autant plus vraisemblable que les réseaux gaziers sont majoritairement en mains de distributeurs locaux au statut monopolistique, et que leur principal sinon unique approvisionneur jouit identiquement d’une situation de monopole, naturel celui-là, puisque les gros tuyaux qui nous fournissent la précieuse énergie fossile par voie sous-marine aussi bien que terrestre excluent des facto n’importe quel autre mode d’acheminement, et donc toute possibilité sérieuse de concurrence.

    S l’on fait l’addition de ces premiers signes, et de quelques autres annonces du même genre émanant de services publics occupés à redresser leurs comptes, on est bel et bien amené à en tirer la conclusion que la marge entre un simple accès de fièvre et une vraie inflation devient singulièrement étroite. D’où le changement de discours, ô combien précautionneux, des responsables monétaires à Francfort et Washington, qui multiplient les périphrases pour éviter d’annoncer qu’ils se préparent à l’imprononçable : la mise à ban des accommodements illimités, la fin des achats d’actifs tous azimuts, bref, le retour des agrégats monétaires – et des taux d’intérêt ! – à la normale.

    Marian Stepczynski

     

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  • Vers des subprimes à la sauce helvétique?

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    Lorsque, le 31 août dernier, Fritz Zurbrügg, vice-président du directoire de la Banque nationale suisse, s’est longuement exprimé à l’Université de Lucerne sur les risques liés à l’évolution du marché immobilier, il n’y est pas allé par quatre chemins. Non seulement il a repris dans les grandes lignes les principales conclusions, assez édifiantes, du dernier Rapport sur la stabilité financière de la BNS sur le sujet*, mais il y a ajouté cette constatation qui fait réfléchir: «Si les taux d’intérêt subissaient une hausse forte et brutale et si les prix de l’immobilier chutaient dans le même temps […], de nombreux emprunteurs ne seraient plus en mesure de payer leurs intérêts hypothécaires».

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  • Banque cantonale sous la loupe

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    Ce n’est pas n’importe laquelle puisque, bien que cantonale, la ZKB compte parmi la poignée de banques dites d’importance systémique. Il est donc assez logique qu’elle soit passée au scanner de la Finma, l’autorité de surveillance des banques et des assurances, qui la scrute au bas mot depuis une quinzaine d’années pour toutes sortes de raisons mais surtout pour le mode de sélection de ses organes dirigeants. A l’instar de beaucoup de ses consœurs infiniment plus modestes de taille et d’ambition, la ZKB demeure organisée en la forme d’institution de droit public, et dépend par conséquent de l’autorité politique de son canton, qui nomme les membres de son conseil d’administration et de sa haute direction. A Zurich, c’est le Kantonsrat qui se réserve cette prérogative. Dans les cantons où la banque cantonale est devenue société anonyme, l’Etat, qui garde la majorité des voix, désigne un certain nombre d’administrateurs, les autres étant élus par l’assemblée générale des actionnaires.

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