Zone euro

  • A la poursuite de prix équitables: Et si la Suisse adoptait l'euro?

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    Le combat contre l’«îlot de cherté suisse» ressemble beaucoup à celui livré contre la hausse constante des primes d’assurance-maladie : postulats et motions parlementaires, initiatives et contre-projets se succèdent, sans que véritablement l’on se rapproche de l’objectif visé.

    Les prix en Suisse demeurent – chiffres de 2017 – de quelque 56% (et même de 68% pour les services) plus élevés que dans les pays de l’UE-15, et tout porte à penser que les mesures préconisées pour renforcer la concurrence, qu’elles émanent de l’initiative «pour des prix équitables» ou du texte que le Conseil fédéral suggère de lui opposer, n’auront pas beaucoup plus d’impact que tout ce qui a été mis en place jusqu’ici.

    Il y a en effet quelque chose de donquichottesque dans ces tentatives de séparer l’îlot de prix, dont tout le monde se plaint, de l’«îlot de salaires» (pour reprendre l’expression d’un confrère de la NZZ), tout aussi élevés, mais que personne, bien évidemment, ne songe à dénoncer, quand bien même les deux phénomènes sont étroitement liés.

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  • L’euro à marée haute

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    La monnaie unique s’approche insensiblement d’un niveau qu’on peut considérer comme pratiquement équivalent au cours plancher introduit en septembre 2011 et dont la levée trois ans et demi plus tard avait suscité tant de protestations. A 1,10 franc aujourd’hui et bientôt peut-être 1,15 franc, cours que les stratèges d’UBS considèrent à portée de main, l’euro sera en effet à la fois supportable pour les exportateurs et proche en valeur réelle (c’est-à-dire inflation déduite) de son niveau d’alors, sans que pour cela la Banque nationale ait eu à intervenir.

    En forçant le trait, on ira même jusqu’à suggérer que les circonstances actuelles permettraient à la BNS de se défaire d’une partie du stock colossal de devises qu’elle a été contrainte d’accumuler pour empêcher une trop forte appréciation du franc. En outre et sans rien faire d’autre elle empochera, si la tendance se confirme, une jolie plus-value que la Confédération et les cantons se réjouissent sans doute déjà de se partager.

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  • Franc fort: aux grands maux les grands remèdes

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    franc 1.jpgLa Suisse paie cher la défense contre vents et marées de sa souveraineté monétaire. Naguère justifiée par une stabilité des prix et des taux d’intérêt plus bas qu’ailleurs, l’indépendance de sa banque centrale est remise en question depuis que l’inflation a disparu et que les taux sont partout proches de zéro : non seulement le franc reste fort alors que les différentiels qui pouvaient le justifier ont été emportés par la crise, mais encore l’économie d’exportation continue de souffrir malgré une conjoncture européenne – celle de son principal débouché – désormais en pleine convalescence.

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  • Séquelles (parmi d’autres) du franc fort

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    bns.jpgLa somme paraît vertigineuse : 50 milliards de perte, en un seul semestre, pour la Banque nationale suisse, ce qui divise ses fonds propres par deux et les ramène à moins de 6% de son bilan. On pourrait s’en effrayer sauf que, rapporté au total de ses placements en devises, le montant ainsi effacé à mi-2015 n’en représente même pas la dixième partie.

    C’est à peine la marge de fluctuation généralement préconisée et respectée par les comptables des institutions de prévoyance. Pas de quoi, donc, fouetter un chat. D’autant que les résultats négatifs d’une banque centrale n’ont absolument aucune incidence, techniquement parlant, sur son activité : elle ne peut faire faillite puisque, même lorsque ses fonds propres tombent sous zéro, elle finance sa dette par la monnaie qu’elle crée elle-même.

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  • Jour 1 du défaut grec

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    euro grec.jpgDepuis lundi, il n’y a plus un seul euro dans le système bancaire grec. Le pays est donc, techniquement, en état de cessation de paiement, et à moins d’une nouvelle injection de cash par la Banque centrale européenne sur la base d’on ne sait trop quelle garantie, le fonctionnement de l’économie grecque s’en trouve complètement bloqué. Plus personne ne paie, et plus personne n’est payé.

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  • Franc fort : drôle d’équilibre

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    vent debout.jpgA en juger par l’évolution des cours de change depuis février, il apparaît que s’est installé un plancher implicite, un parquet flottant en quelque sorte, aux alentours de 1,05 franc pour un euro. Implicite, car la Banque nationale ne semble pas intervenir massivement pour le défendre, ainsi que le montre le niveau, plutôt stable depuis lors, des avoirs en comptes de virement des banques, bien sûr freiné par le taux d’intérêt négatif de -0,75%. 

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  • Faute vénielle ou péché mortel ?

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    En 1974, une année après que la BNS se soit résignée à abandonner le cours fixe du franc face – alors – au dollar, le président de son directoire, Fritz Leutwiler, confiait à son collaborateur Kurt Schiltknecht : «Je n’ai aucune idée sur la façon de mener la politique monétaire sous un régime de changes flottants». Et d’ajouter que la seule question dont il se soit constamment préoccupé était de savoir «comment empêcher que trop d’argent n’arrive en Suisse».

    Son successeur actuel à la tête de la Banque nationale a dû se poser la même question, sauf que, il y a quarante ans, les soucis portaient sur les tensions inflationnistes (les prix à la consommation augmentaient de plus de 10% l’an), tandis que ceux d’aujourd’hui porteraient plutôt sur les risques de déflation. La BNS avait d’ailleurs, en 2011, fait de ceux-ci le principal argument en faveur de l’instauration d’un cours plancher.

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  • Mais non mais non, mais si mais si !

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    Collé à l’euro comme la Suisse l’est à l’Europe sans vouloir l’admettre, le franc profite indirectement de la dépréciation de la monnaie unique. Il bénéficie autant qu’elle d’un avantage de change sur tous les marchés sur lesquels les transactions s’affichent en dollars ou dans l’une ou l’autre des monnaies (la livre par exemple) qui suivent à peu près la même trajectoire. Peu importe ici de savoir si les récentes variations des taux de change effectifs sont dues principalement à la hausse du billet vert ou à la baisse de l’euro, car les mêmes phénomènes expliquent les deux mouvements : une divergence naissante et destinée à durer des politiques monétaires adoptées de part et d’autre de l’Atlantique (tendance au resserrement à la Réserve fédérale, au desserrement à la Banque centrale européenne), qui creuse un écart dans les taux d’intérêt et invite par conséquent les capitaux à quitter l’euro pour se placer en dollars, selon la plus élémentaire des stratégies de carry trade (portage en français).

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  • Français, Italiens, oyez, oyez ! Tout n’est peut-être pas perdu !

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    Lorsque, venant de Berlin, on se dirige vers Francfort sur l’Oder, on emprunte une chaussée parsemée de trous, d’ornières et d’Umleitungen obligeant à circuler en permanence sur la voie de dépassement, à croire que l’autoroute d’avant-guerre n’a jamais été entretenue depuis 1989 voire 1945. Parvenu à la frontière, on s’engage sur un ruban de bitume qui court, lisse comme un miroir, jusqu’à Poznań et bientôt jusqu’à Varsovie. Confirmation anecdotique, mais combien révélatrice, du retard pris par la République fédérale en matière d’infrastructures d’un côté, et des bienfaits, tels qu’ils sont vécus côté polonais, dispensés par les fonds structurels et de cohésion européens  de l’autre.

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  • Il y a quinze ans, l’euro

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    Le 1er janvier 1999, après des décennies de tentatives de rapprochement plus ou moins réussies entre monnaies nationales, naissait enfin l’euro. Scriptural d’abord, mis trois ans plus tard en circulation sous forme d’espèces sonnantes et trébuchantes dans une douzaine de pays, il est à ce jour la monnaie commune des dix-huit membres actuels de l’Union économique européenne (UEM), sous-ensemble de l’Union européenne fragilisé par la crise de la dette d’où, par raccourci de langage, l’expression abusive de «crise de l’euro».

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  • L’euro restera à 1.20 franc: quelle indépendance pour la BNS?

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    L’euro restera à 1.20 franc, ni plus haut (c’est peu probable) ni plus bas (c’est tout à fait exclu). Le directoire de la Banque nationale suisse l’a réaffirmé quelques jours avant Noël, dans un rappel désormais quasi mécanique de sa totale détermination, tant les objections formulées à l’encontre de sa politique actuelle, comme d’ailleurs les appels à un relèvement du taux plancher, ont été à réitérées reprises balayés comme non fondés, ou parfaitement inopportuns

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  • Après l’euro, le dollar ?

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    Le répit accordé à la crise par les paroles magiques de Mario Draghi et le jugement salomonique de la cour constitutionnelle allemande a ceci de bienfaisant qu’il détourne l’attention des marchés de l’avenir de la zone euro pour la porter sur celui du dollar. En deux petits mois à peine, et alors que le franc n’a que légèrement décollé de son taux plancher de 1.20 fixé par la BNS, l’euro a repris près de 8% face au billet vert. On se rend donc compte, chez les traders, que les problèmes ne sont pas qu’européens, et que les raisons de s’inquiéter sont également à chercher du côté des Etats-Unis.

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  • Les clics de souris des Grecs apeurés

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    Il y a milliards et milliards. Ceux qui s'évaporent d'un clic de souris par la faute d'un trader londonien ou suite aux paris perdus de JPMorgan Chase. Puis il y a ceux que les Grecs apeurés par la crise retirent précipitamment de leurs comptes. Et il y a, enfin, les milliards bien moins nombreux qu'engloutit le percement du Gothard ou, plus localement encore, que coûtera au final la mise en chantier tant attendue du CEVA. Ces petits milliards-là nous parlent davantage, car ils sont concrets. Ils représentent la rémunération des années d'effort consenties par des armées de travailleurs.

    Alors, qu'y a-t-il de commun entre les dizaines de milliards gagnés puis perdus par les banques, les centaines de milliards dus par la Grèce, et les un ou quelques milliards des chantiers du siècle ?

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  • Jusqu'où la Lex Germanica ?

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    Une fois encore à deux doigts de la faillite, la Grèce devrait néanmoins bénéficier d'un ultime répit, le temps de trouver, d'ici à de nouvelles élections désormais inévitables, le moyen de résoudre ce qui ressemble fort à une quadrature du cercle. Comment en effet échapper à un cran supplémentaire d'austérité, aux conséquences sociales dévastatrices, sans du même coup abandonner l'euro, ce que refuse une grande majorité de la population?

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  • La «double faute» de l'Eurozone

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    Dans la critique - véritable sport national pour économistes anglais et saxons - de la construction monétaire européenne, un point d'achoppement qui ne cesse de faire débat a trait à la signification, vivement débattue, qu'il convient d'attribuer aux dettes et créances qui s'accumulent dans TARGET2 (acronyme de Trans-European Automated Real-time Gross Settlement Express Transfer System), la plateforme de règlement en temps réel des soldes entre banques nationales membres du système européen de banques centrales.

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  • Lendemains qui (dé)chantent

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    Sommet européen à Bruxelles, seizième du genre. Les termes de l'accord tel que prévu par les analystes sont passés, mais sur le fond rien n'est changé. L'eurozone, que certains voyaient se déchirer à cette première occasion sérieuse, ressort de l'épreuve sinon renforcée du moins reconfirmée dans ses buts: l'union monétaire, économiquement suboptimale, est légitimée politiquement, et sera donc sauvée aussi longtemps que les volontés nationales le voudront.

    Ceux qui n'adhèrent pas, les seuls Britanniques pour l'instant (d'autres hésitent, mais y viendront), s'en sont exclus définitivement, et pourraient même quitter le navire communautaire pour rejoindre le vague et lâche Espace économique européen, voire, encore plus parcimonieusement, ce qui reste de l'AELE, afin de continuer à bénéficier d'un accès au marché unique, qui seul les intéresse.

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  • La dette: une affaire, somme toute, de vases communicants

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    Euro symbole.jpgLes fameux «marchés», dont tout dépend, ignorent deux ou trois choses qui pourraient bien changer la face du monde ou en tout cas celle de la zone euro. Résumons.

    L'endettement des gouvernements centraux occidentaux, de celui du Japon (200% du produit intérieur brut) à celui des Etats-Unis (100%) mais surtout de la Grèce (140%) ou de l'Italie (120%), n'est ni nouveau dans son ampleur ni, en soi, insurmontable.

    Il est devenu l'un et l'autre par suite de la crise bancaire qui a conduit partout l'Etat, prêteur en dernier ressort, à voler au secours d'un système financier à deux doigts de s'écrouler. Les «marchés», pris de peur, se sont alors débarrassés d'actifs jusqu'ici réputés sûrs mais devenus soudainement risqués, j'ai nommé les obligations souveraines de ces mêmes pays.

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  • Il n’y a que la confiance qui sauve

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    euro grec.jpgA défaut de trouver chez les grands de ce monde un début de solution, la crise de la dette a au moins le mérite de nourrir le débat entre spécialistes. Ainsi, exemple entre mille, cette écharpée vendredi dernier sur Forum entre deux économistes français, l'un, le conseiller économique de Georges Papandréou Daniel Cohen, professeur à l'Ecole normale supérieure de Paris, plutôt de gauche, l'autre, Didier Cossin, plutôt de droite, donnant ses cours à l'IMD de Lausanne.

    Les deux professeurs se sont assez violemment attrapés - le second surtout - sur la manière de traiter le cas grec, le premier soulignant l'impératif de renouer avec la croissance sans laquelle rien ne sera possible, le second ne voyant aucune issue en dehors d'un rééquilibrage des finances publiques.

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  • L’euro tâtonne encore? Et alors!

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    euro 1.jpgOn peut bien entendu se complaire dans le scepticisme absolu, acquiescer au jugement de ceux qui ont toujours vu dans l’euro une construction artificielle, éloignée du critère déterminant de «zone monétaire optimale», vouée par conséquent dès l’origine à l’échec, tant ses gestionnaires se retrouvent aujourd’hui acteurs malgré eux d’une sorte de «tragedy of the commons», ce jeu au résultat perdant-perdant décrit il y a une quarantaine d’années par l’écologiste américain Garrett Hardin comme le rappelait la NZZde jeudi dernier.

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