02/03/2016

Libre circulation à la carte

Médecins, paysans, même combat ? Au nom d’un souci, en soi légitime, de défense de la qualité, les représentants de ces deux corporations s’emploient depuis quelque temps à convaincre le bon peuple de tout ce qu’il peut y avoir de contraire à ses intérêts bien compris dans l’ouverture des frontières aux échanges. On aura remarqué ainsi cet encart de l’Ordre des gynécologues-obstétriciens genevois paru dans ces colonnes le 26 février dernier, s’inquiétant du «fort risque de diminution de la qualité des prestations fournies par des médecins non formés aux normes helvétiques», comme on aura pu observer la multiplication d’initiatives lancées par les lobbies agricoles en vue d’assurer, les unes la sécurité, les autres une meilleure qualité de notre alimentation.

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07:15 Publié dans Démocratie, gouvernance, Humeur, Prix, salaires, revenus, suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

08/12/2015

Une enseignante dit basculer dans la pauvreté... Qu'en est-il?

«J’ai honte de basculer dans la pauvreté», confiait récemment une enseignante genevoise dans les colonnes de ce journal. L’aveu, sans aucun doute sincère, de cette préretraitée du DIP a dû ébranler plus d’un lecteur. Et l’amener à s’interroger sur ce qui a pu engendrer pareil sentiment chez une personne – qu’on se gardera bien de juger, faute de connaître sa situation familiale et pécuniaire – qui s’apprête à vivre avec une rente AVS qu’on suppose pleine, et un 2e pilier d’environ 2500 francs selon ses dires. Soit, au total et en chiffres ronds, 4850 francs mensuels, qui correspondent à 65% du salaire médian genevois et à un peu moins, mais tout de même, de 56% du salaire médian calculé pour le secteur public, évalué à 8'666 francs en 2012.

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21/10/2014

Ce qu'il faut à la France... C’est un Nobel qui le dit…

L’attribution du prix Nobel d’économie à un illustre inconnu du landernau médiatico-politique hexagonal (mais connu bien sûr de ses pairs), c’est un peu le bâton dans la fourmilière. On se félicite bien entendu de cette distinction revenant pour la deuxième fois seulement à un économiste français exerçant dans son pays, mais on s’écharpe à gauche de la gauche comme à droite de la droite sur l’orientation politique supposément être celle d’un chercheur fort justement récompensé, qui n’en peut mais de cette manie des étiquettes.

Oui, à la rigueur, Jean Tirole comme son compère Olivier Blanchard aujourd’hui économiste en chef du FMI peut être classé «plutôt de gauche», mais ses propositions, quand on lui demande d’en formuler, n’ont ni couleur ni odeur. Elles sont simplement économiquement sensées, avec désormais cette force que leur donne le fait d’émaner d’un lauréat du Nobel.

En résumé il faut à la France, rappelle Tirole, 1° une réforme du marché du travail, soit la fin de la dichotomie entre CDI et CDD et un assouplissement des conditions de licenciement, 2° une réforme des retraites (lire: un éloignement de l’âge de la retraite), 3° une réforme de l’Etat, qui devienne «plus léger» mais «plus efficace» y compris sur le plan social, et 4° une réforme de la réglementation qui corsète notamment tant de professions dites libérales et de métiers des services.

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06/05/2014

Ce Français qui fait mouche aux Etats-Unis

Extraordinaire, le succès de Thomas Piketty en Amérique ! Son pavé de 800 pages (Le Capital au XXIe siècle), à peine remarqué hors du monde francophone à sa parution en 2013, s’arrache littéralement aux Etats-Unis depuis qu’il y a été traduit. Il est vrai que l’ouvrage tombe sur un terreau fertile : jamais le débat public sur l’origine des inégalités n’avait été aussi intense dans un pays traditionnellement attaché à la liberté d’entreprendre en tant que facteur de réussite personnelle. L’énorme et croissant écart de revenus entre une infime minorité d’hyper riches et l’immense majorité des classes plus modestes appelle une explication, et des remèdes, que se disputent théoriciens de gauche et de droite, les premiers voyant dans de telles inégalités le principal frein à la croissance, les seconds faisant au contraire de celle-ci le seul moyen de réduire celles-là.

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07:08 Publié dans Air du temps, Capital, salaires, revenus | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

15/04/2014

Le marché très particulier des hauts salaires

Comment s’expliquer que, dans des économies où la concurrence fonctionne tant bien que mal mais fonctionne, les rémunérations des dirigeants des très grandes entreprises ne soient pas «tirées vers le bas» par l’existence d’une abondante offre de managers au moins aussi compétents qu’eux ? Autrement dit, pourquoi ce segment particulier du marché du travail échappe-t-il aux lois les plus banales de l’offre et de la demande ?

La raison tient probablement au fait qu’il se tisse entre directions générales et conseils d’administration des liens, de nature implicite, analogues aux pratiques cartellaires que l’on rencontre sur les marchés des biens ou des services. 

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05:58 Publié dans Concurrence, salaires, revenus | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

05/11/2013

Mieux vaut être riche et bien qualifié…

Même le très libéral The Economist, revenant sur une récente étude de l’OCDE, en convient : partout l’écart entre hauts et bas salaires s’est fortement creusé au cours des dernières décennies, et la part du travail à la valeur ajoutée totale n’a cessé de diminuer, l’un expliquant en partie l’autre.

En cause, de nombreux facteurs allant de la mondialisation à la généralisation des nouvelles techniques fondées sur les TIC, qui éjectent les travailleurs faiblement qualifiés d’une production de plus en plus automatisée ou délocalisée et concentrent le revenu entre les mains de ceux des salariés, grands patrons et indépendants aux savoirs pointus, les mieux à même de capitaliser pour leur compte les effets du changement.

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08:25 Publié dans Chômage, Concurrence, Croissance, gouvernance, salaires, revenus | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | |

15/10/2013

USAM, USS, même combat

Par un singulier rapprochement, l’Union Syndicale Suisse (USS) rejoint l’Union suisse des arts et métiers (USAM) dans son opposition au durcissement de la loi sur les cartels.

L’hostilité du petit patronat ne date pas d’hier ; elle se manifestait déjà il y a une soixantaine d’années lors des premiers balbutiements de la législation suisse en matière de concurrence. En revanche celle du monde syndical, habituel pourfendeur du pouvoir économique tel qu’incarné par les cartels et les monopoles, est plus surprenante. Elle était apparue il y a deux ans à l’annonce du projet de révision de la loi de 1995 présenté par le Conseil fédéral, et vient de se manifester une nouvelle fois par le report, à une très courte majorité, de son examen par la Commission de l’économie et des redevances du Conseil national (à la différence de celle du Conseil des Etats, qui l’avait accepté moyennant quelques retouches en mars dernier).

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07:59 Publié dans Concurrence, Prix, salaires, revenus, suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

09/07/2013

Le vain débat sur un salaire minimum

A ma gauche, les appels syndicaux en faveur d’une juste rétribution du travail, élément essentiel de la dignité humaine et subsidiairement pourvoyeur d’un revenu suffisant pour couvrir les besoins matériels de chaque ménage. A ma droite, l’argumentaire classique, et même néoclassique, qui s’appuie sur la logique économique pour rappeler que la fixation d’autorité d’un prix (d’un salaire) trop élevé réduit en soi les quantités échangées, en l’espèce le nombre effectif d’emplois disponibles à ce prix.

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07:53 Publié dans Prix, salaires, revenus | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | |