Industrie

  • La taxation des robots, ou la quête du Graal

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    L’idée de taxer les robots pour financer la reconversion des salariés dont ils auront finalement subtilisé la quasi totalité des emplois fait son chemin, y compris chez les plus éminents fiscalistes. On peut le comprendre, tant le phénomène de la numérisation se répand à la vitesse de l’éclair dans tous les compartiments de l’activité économique. Les derniers doutes sur la faisabilité de la chose (risques d’évasion fiscale ou d’autres formes de contournement de l’impôt) sont en train de tomber, puisque un début de coordination interétatique en matière de taxation se met progressivement en place sous l’égide, notamment, du G20 et de l’OCDE*. On vise d’abord les GAFA, mais le reste se mettra ensuite en place.

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  • Il était une fois une presse locale

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    Un jour peut-être ­– si tant est que le sujet les intéresse – les générations futures se demanderont comment il est possible que la deuxième ville de Suisse et la plus grande de Suisse romande ait perdu ses journaux, sa radio, ses imprimeries, et que de la sorte tout un secteur, qui portait sa renommée loin à la ronde, ait migré à 60 kilomètres de là.

    En simplifiant mais sans travestir beaucoup la vérité, on fera remonter l’affaire aux premières décennies du 20e siècle, lorsque Genève et Lausanne, qui se disputaient les ondes, décidèrent de se les répartir, Lausanne prenant la radio et Genève misant sur la TV naissante. Le choix n’était pas innocent, même si sa portée échappa sans doute aux acteurs de l’époque.

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  • Le protectionnisme ne protège rien du tout

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    Où est-elle, la Suisse ouverte au grand large, à l’échange libre de biens et de services, à l’accueil généreux de travailleurs italiens, espagnols, portugais, cette Suisse à l’avant-garde de la mondialisation par sa participation active aux flux d’investissements directs ? On a parfois le sentiment, aujourd’hui, qu’elle se recroqueville sur ses succès passés et sa prospérité, refuse le monde, et va jusqu’à se plaindre des conséquences les plus banales de la libre circulation en postulant une préférence nationale qu’on croyait réservée aux économies en difficulté.

    Deux exemples récents, exceptionnels mais révélateurs de ce nouvel état d’esprit. Un constructeur saint-gallois de façades métalliques vient de se plaindre d’avoir été écarté par les CFF d’un appel d’offres au profit d’une entreprise chinoise pour une différence de prix – de l’ordre de 20% – ne justifiant pas selon lui le recours peu écologique à ce fournisseur lointain. Peu auparavant, on dénonçait le fait que la Confédération ait attribué à une entreprise lituanienne la confection des vignettes de haute sécurité apposées sur les visas Schengen, alors que ce genre de travail était habituellement confié à Orell Füssli Security Printing.

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  • Le commerce équitable selon D. Trump

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    Le président des Etats-Unis a une vision simple du commerce international. A son avis, les échanges bilatéraux doivent être équilibrés car les soldes, surtout ceux qui se creusent au détriment de son pays et des industries qui en faisaient naguère la fierté, conduisent à l’accumulation de dettes et d’autres mauvaises choses. Les remontrances du président visent principalement l’Allemagne d’Angela Merkel en qui Donald Trump voit la principale, sinon la seule, responsable du déficit extérieur américain.

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  • Le comment et le pourquoi du déclin de la productivité

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    personne foule ocede chomeurs travailleur.jpgIl y a quelque chose d’assez extraordinaire et inexplicable dans le fait que le foisonnement d’innovations auquel nous assistons dans les domaines les plus divers ne s’accompagne pas d’une explosion de l’activité d’investissement, et qu’à la différence de celles qui l’ont précédée, la révolution industrielle que nous vivons depuis quelques décennies n’amène qu’augmentation des inégalités et baisse continue des gains de productivité.

    Ce dernier point est peut-être le plus surprenant. Car comment comprendre que le progrès technique, d’ordinaire source de mieux être ou en tout cas de meilleure diffusion d’éléments de prospérité, se heurte désormais au scepticisme général, et se dissipe dans ce qui ressemble de plus en plus à un amas inconsistant de données dépourvues de sens et d’informations redondantes ?

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  • Franc fort, à force de couper dans le gras…

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    Retombe-t-on en récession ou, comme le suggère The Economist, entame-t-on un troisième épisode de l’histoire de la dette, celui, après la crise des subprime puis celle de la zone euro, d’un effondrement des marchés émergents ? Vue d’ici, cette succession de déconvenues financières a longtemps semblé pour l’essentiel nous épargner.

    Mais voici que la Suisse entière, et Genève en particulier, affrontent des vents décidément contraires : perspectives budgétaires alarmantes, licenciements collectifs, exportations en recul, délocalisations rampantes, tous symptômes annonciateurs de lendemains qui ne chantent guère et replacent ce pays à l’intérieur du cadre qui est le sien qu’il le veuille ou non, savoir celui d’une Europe désorientée, ou plutôt, d’une économie mondialisée aux prises avec d’inextricables difficultés à retrouver son aplomb.

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  • L’emploi, denrée périssable

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    RTR3SF1hd.jpgLes misérables taux de croissance que les économies avancées enregistrent depuis la fin des années 70 contreviennent à la théorie qui voudrait que le progrès technique s’accompagne de gains de productivité suffisants pour entraîner une augmentation de la dépense, supposée générer à son tour suffisamment de nouveaux emplois pour compenser ceux que l’automatisation des tâches fait disparaître.

    D’où la question : le progrès technique serait-il devenu avare en gains de productivité ? 

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  • Souvenirs de Collombey

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    collombey raffinerie.jpgIl y a tout juste 50 ans, la raffinerie qui n’était pas encore celle de Tamoil – ouverte deux ans plus tôt dans l’euphorie des années soixante, elle répondait alors au fier nom de «Raffineries du Rhône» – connaissait ses premières difficultés. L’Europe occidentale croulait momentanément sous les excédents de produits pétroliers, et le modèle séduisant en ce temps-là de l’indépendance énergétique fondé sur l’autonomie en matière de raffinage du brut se trouvait brusquement remis en cause.

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  • Le luxe existera toujours, mais ses adorateurs deviennent de plus en plus versatiles

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    Ernst Thomke, l’un des pères de la Swatch, a semé une certaine émotion la semaine dernière en affirmant que l’industrie horlogère faisait fausse route en ne s’intéressant plus qu’à la montre de luxe et en lâchant ce qui fait d’une industrie le cœur même de sa raison d’être, savoir la production de masse. Il a reçu quelques jours plus tard un appui indirect de la part de la Commission de la concurrence, qui vient d’accepter de limiter à 2019 l’obligation faite à Swatch Group de livrer des mouvements mécaniques au reste de la branche. Le pas est encore timide, mais il signifie que des maisons qui n’ont souvent d’horloger que le nom, si prestigieux soit-il, devront apprendre à nager seules.

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  • Suisse: Tout va très bien, Madame la Marquise ?

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    Ce pays va bien, très bien même, son économie a résisté à la crise, le taux de chômage y est plus bas qu’ailleurs, et les perspectives conjoncturelles qui l’attendent tranchent sur la grisaille ambiante. Pourtant, on devine ça et là quelques motifs de préoccupation.

    La balance des paiements de la Suisse – son fond d’œil en somme – présente depuis une vingtaine d’années des évolutions révélatrices d’une transformation progressive de ses structures productives qui pourrait à la longue entamer sa capacité concurrentielle et la détrôner des premières places qu’elle occupe invariablement au classement des meilleures performances qu’aiment à calculer les IMD et autres WEF du genre.

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