14/07/2015

Séquelles (parmi d’autres) du franc fort

bns.jpgLa somme paraît vertigineuse : 50 milliards de perte, en un seul semestre, pour la Banque nationale suisse, ce qui divise ses fonds propres par deux et les ramène à moins de 6% de son bilan. On pourrait s’en effrayer sauf que, rapporté au total de ses placements en devises, le montant ainsi effacé à mi-2015 n’en représente même pas la dixième partie.

C’est à peine la marge de fluctuation généralement préconisée et respectée par les comptables des institutions de prévoyance. Pas de quoi, donc, fouetter un chat. D’autant que les résultats négatifs d’une banque centrale n’ont absolument aucune incidence, techniquement parlant, sur son activité : elle ne peut faire faillite puisque, même lorsque ses fonds propres tombent sous zéro, elle finance sa dette par la monnaie qu’elle crée elle-même.

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07/07/2015

Jour 1 du défaut grec

euro grec.jpgDepuis lundi, il n’y a plus un seul euro dans le système bancaire grec. Le pays est donc, techniquement, en état de cessation de paiement, et à moins d’une nouvelle injection de cash par la Banque centrale européenne sur la base d’on ne sait trop quelle garantie, le fonctionnement de l’économie grecque s’en trouve complètement bloqué. Plus personne ne paie, et plus personne n’est payé.

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30/06/2015

Qu’en termes choisis ces choses-là sont dites !

1 2 3e pilier schema.jpgTout de prudence, l’Office fédéral des assurances sociales (OFAS) rappelle dans son dernier rapport statistique sur les assurances sociales que le 2e pilier se trouve encore, ce que l’on oublie souvent, dans sa période de constitution, c’est-à-dire que les premiers assurés présentant une durée de cotisation complète atteindront l’âge de la retraite aux alentours de 2025 seulement.

Ce qui signifie qu’à partir de ce moment-là les sorties de fonds des caisses de pensions seront nettement plus importantes, et que le régime de la prévoyance professionnelle se rapprochera alors d’un système de financement par répartition, perdant par la même occasion une bonne partie de sa justification, qui était de reposer sur l’accumulation d’un capital générant un certain revenu (le «troisième cotisant»).

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23/06/2015

Franc fort : drôle d’équilibre

vent debout.jpgA en juger par l’évolution des cours de change depuis février, il apparaît que s’est installé un plancher implicite, un parquet flottant en quelque sorte, aux alentours de 1,05 franc pour un euro. Implicite, car la Banque nationale ne semble pas intervenir massivement pour le défendre, ainsi que le montre le niveau, plutôt stable depuis lors, des avoirs en comptes de virement des banques, bien sûr freiné par le taux d’intérêt négatif de -0,75%. 

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Franc fort : drôle d’équilibre

A en juger par l’évolution des cours de change depuis février, il apparaît que s’est installé un plancher implicite, un parquet flottant en quelque sorte, aux alentours de 1,05 franc pour un euro. Implicite, car la Banque nationale ne semble pas intervenir massivement pour le défendre, ainsi que le montre le niveau, plutôt stable depuis lors, des avoirs en comptes de virement des banques, bien sûr freiné par le taux d’intérêt négatif de -0,75%. 

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16/06/2015

Obligations, le piège fatal

1000 francs.jpgContraintes par la loi ou amenées à s’y conformer par la force de l’habitude, les institutions collectives allouent une part importante voire prépondérante de leur fortune aux placements en valeurs à revenu fixe, et de préférence en obligations d’emprunts d’Etat. Les caisses de pensions suisses leur consacrent 35% de leurs avoirs ; les assureurs-vie, jusqu’à deux fois plus s’agissant de la fortune liée à leurs engagements, notamment vis-à-vis des premières nommées.

Bref, l’idée conventionnelle selon laquelle absence de risque rime avec créance sur débiteur souverain et si possible sur la Confédération continue de façonner le gros de la structure de nos systèmes de prévoyance.

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10:57 Publié dans Dette, Financement des retraites, gouvernance, Prévoyance | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

09/06/2015

Obligations, le piège fatal

Contraintes par la loi ou amenées à s’y conformer par la force de l’habitude, les institutions collectives allouent une part importante voire prépondérante de leur fortune aux placements en valeurs à revenu fixe, et de préférence en obligations d’emprunts d’Etat. Les caisses de pensions suisses leur consacrent 35% de leurs avoirs ; les assureurs-vie, jusqu’à deux fois plus s’agissant de la fortune liée à leurs engagements, notamment vis-à-vis des premières nommées. Bref, l’idée conventionnelle selon laquelle absence de risque rime avec créance sur débiteur souverain et si possible sur la Confédération continue de façonner le gros de la structure de nos systèmes de prévoyance.

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05/05/2015

Parole d’évangile, les dires d’économistes ?

Il n’y a pas que les politiciens – tels ceux du débat organisé jeudi dernier par la Tribune – à mélanger le vrai et le faux. Les économistes ne sont pas rares à affirmer catégoriquement au lieu de se contenter d’approximer. Ainsi, à en croire un enseignant de l’IMD interrogé l’autre jour sur les ondes de la radio romande, la force du franc face à l’euro ne menacerait pas notre économie, car la zone euro ne serait plus le partenaire commercial majoritaire de la Suisse. Sinon faux, du moins approximatif, puisque la zone absorbe encore près de la moitié de nos exportations (45,8% l’an dernier, un peu plus si l’on y ajoute les pays hors zone dont la monnaie est de facto alignée sur l’euro (Danemark, pays de l’ex-Yougoslavie, de la zone franc CFA...)

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28/04/2015

Fin de partie à Athènes ? Voire…

Lorsqu’un gouvernement en délicatesse avec ses créanciers se met à racler les fonds de tiroirs de ses institutions publiques, hautes écoles et hôpitaux compris, c’est que la fin des haricots est proche. Dans le cas de la Grèce, l’affaire se complique du fait de son appartenance à la zone euro, car un «Grexit», comme on dit, n’est pas prévu dans les traités, et aucune des parties prenantes, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international et Union européenne, n’a intérêt à ce que le pays tourne le dos à la monnaie unique. La première, parce qu’elle y perdrait son capital et l’essentiel de sa crédibilité, le second, parce que cela démontrerait la vanité de ses programmes d’ajustement structurel, et la troisième parce qu’aucun de ses membres, Allemagne en tête, n’a envie de porter le chapeau d’un pareil échec. Ne reste donc, côté créditeurs, que l’instrument de la pression politique et psychique, et côté débiteur, le recours aux faux-semblants et aux non-dits, parties de Poker menteur dans lequel les Grecs sont passés maîtres.

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09:32 Publié dans Banques centrales, Croissance, Démocratie, Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

14/04/2015

Hybride elle aussi, la guerre des monnaies ?

A quelques jours des assemblées de printemps de la Banque Mondiale et du FMI, le ton monte et les camps se précisent entre grandes économies de ce monde. Au cœur d’un sujet à polémique qu’on ne peut pas encore qualifier de guerre des monnaies mais qui commence à y ressembler furieusement, il y a la divergence grandissante de vues entre principalement les Etats-Unis dont la devise, pour cause de santé retrouvée, ne cesse de s’apprécier, et les pays en pleine faiblesse conjoncturelle qui, malgré des politiques monétaires extrêmement accommodantes, ne parviennent pas à s’extraire du marasme et se retrouvent pour cette double raison au bénéfice si l’on peut dire de monnaies (le yen, l’euro, dans une moindre mesure le yuan) que le Trésor américain considère comme «significativement sous-évaluées».

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07/04/2015

Axa l’a dit, le FMI aussi

On ne croyait pas si bien dire la semaine dernière en relevant combien un taux de conversion (du capital en rentes) trop élevé avait pour conséquence d’alourdir la charge qui pèse sur les générations futures. Or voici que l’assureur Axa-Winterthur vient d’annoncer qu’il abaissait dès janvier le taux de conversion appliqué dans deux de ses fondations LPP, en raison précisément de «l’allongement constant de l’espérance de vie» et, ajoute-t-il, de «la faiblesse persistante des taux d’intérêt». 

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06:30 Publié dans Assurances, Prévoyance | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

24/03/2015

Vérité en deçà, erreur au delà…

On pourrait en tirer un film, et peut-être en tirera-t-on un si l’affaire, finalement, se conclut. Car cela fera bientôt un an que les deux géants du ciment, le français Lafarge et le suisse Holcim, négocient les conditions d’un rapprochement après avoir annoncé urbi et orbi ce qui devait prendre la forme d’une «fusion entre égaux», par un échange d’actions 1 pour 1.

L’affaire, on s’en souvient, a failli capoter il y a une semaine, lorsque les dirigeants du groupe helvétique ont remis en question les termes de l’accord, faisant valoir l’évolution, financière et boursière notamment, bien meilleure du côté de Holcim que du côté hexagonal, et rejetant l’idée que les rennes de la nouvelle société soient confiées à l’actuel PDG de Lafarge, l’énarque Bruno Lafont.

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09:14 Publié dans Concurrence, Europe, gouvernance | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

17/03/2015

Cinq astuces contre le franc fort

Le portail PME du Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO), qui s’efforce d’aider les petites et moyennes entreprises, a fort à faire depuis la disparition du cours plancher. Mais il ne manque pas d’imagination dans la mise en valeur des ressources des services et organismes qui lui sont liés. Ainsi pouvait-on lire, dans une récente «newsletter», que Switzerland Global Enterprise – dénomination actuelle du vénérable Office suisse d’expansion commerciale – propose «cinq astuces contre le franc fort» à l’usage des PME exportatrices.

On n’a pas résisté à la curiosité d’aller voir en quoi consistaient lesdites astuces. Voici donc les enseignements que les experts ont su tirer de leur analyse de la situation. Il faut, disent-ils : 1° miser sur la qualité, 2° réduire les coûts, 3° placer le bon produit sur le bon marché, 4° bien choisir sa monnaie, et enfin 5° se prémunir contre les risques monétaires.

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06:42 Publié dans Banques centrales, Monnaie | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

10/03/2015

La BNS, un Etat dans l’Etat ?

Les conséquences incalculables ou en tout cas non calculées de la levée du cours plancher font, surtout depuis l’introduction d’un intérêt négatif, que la Banque nationale suisse se retrouve au cœur d’un véritable cyclone politique. Longtemps admirée et respectée pour avoir défendu avec succès la stabilité de la monnaie sinon celle du taux de change, voilà, parce que le franc s’est d’un seul coup envolé, que notre banque centrale se retrouve désormais considérée comme opaque dans son fonctionnement, secrète dans ses délibérations, trop laconique dans ses exposés des motifs, et surtout trop libre dans ses prises de décision. Bref, alors même que la Constitution et la loi prévoient expressément que la conduite de la politique monétaire est de son ressort et relève de la compétence exclusive de sa direction générale, on se met soudain à considérer la BNS comme un Etat dans l’Etat. Est-il admissible, pense-t-on tout à coup, qu’un directoire de trois personnes, certes nommées par le Conseil fédéral mais sans autre légitimité, puisse sans en référer à personne (sauf, pour la forme et parfois au dernier moment, à ce dernier) prendre tout à trac des mesures qui mettent l’économie cul par dessus tête et engendrent une cascade d’effets indésirables ?

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03/03/2015

Le difficile maniement de l’intérêt négatif

Comme on sait, la Banque nationale suisse avance depuis quelque temps en terrain inconnu. Le dernier en date de ses tâtonnements est celui du recours, inédit, à un taux d’intérêt négatif sur les avoirs en comptes de virement que les banques détiennent plus ou moins volontairement auprès d’elle. L’instrument, dont l’introduction avait été annoncée le 18 décembre 2014, devait d’abord être instillé à dose homéopathique (–0.25%, et cela uniquement sur les montants dépassant un minimum exonéré) à partir du 25 janvier 2015. Mais avant même cette date, et simultanément à l’abandon du cours plancher, la BNS l’a porté à –0.75%.

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Le difficile maniement de l’intérêt négatif

Comme on sait, la Banque nationale suisse avance depuis quelque temps en terrain inconnu. Le dernier en date de ses tâtonnements est celui du recours, inédit, à un taux d’intérêt négatif sur les avoirs en comptes de virement que les banques détiennent plus ou moins volontairement auprès d’elle. L’instrument, dont l’introduction avait été annoncée le 18 décembre 2014, devait d’abord être instillé à dose homéopathique (–0.25%, et cela uniquement sur les montants dépassant un minimum exonéré) à partir du 25 janvier 2015. Mais avant même cette date, et simultanément à l’abandon du cours plancher, la BNS l’a porté à –0.75%.

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24/02/2015

L'Ukraine dans une ou deux générations...

Dans les médias de l’ouest et du sud de l’Europe continentale, ceux d’Allemagne exceptés, on ne s’était guère intéressé jusqu’ici à ce qui se passe à l’Est, comme si le Mur et le rideau de fer, pourtant tombés depuis un quart de siècle, avaient tracé une marque indélébile dans les esprits. Pologne, Lituanie, Lettonie, Estonie, Slovaquie, c’est bien l’Union européenne, et pour les quatre dernières, c’est même la zone euro. Mais l’Europe centrale et a fortiori orientale, c’est si loin ! Alors l’Ukraine, vous pensez.

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14:48 Publié dans Démocratie, Europe, Russie | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

17/02/2015

Pourquoi ne pas creuser plus avant l’idée d’un «fonds souverain»?

Rappel des épisodes précédents. Parce qu’elle est un pays économe, vertueux, accessoirement discret sur les fortunes d’ailleurs qui viennent se déposer dans ses banques, la Suisse dispose depuis des lustres d’une monnaie forte, ce qui constitue indubitablement un avantage à certains égards mais pose néanmoins quelques problèmes de compétitivité à son industrie.

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07:14 Publié dans Banques centrales, Capital, Concurrence, Ethique, Finances, Monnaie, suisse | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

27/01/2015

Vous reprendrez bien un peu de déflation ?

Les banques centrales ont deux perspectives en horreur, l’inflation et son contraire, la déflation. S’agissant de cette dernière, les choses sont claires : une baisse même légère, mais continue, des prix conduit les ménages et les entreprises à reporter à plus tard leurs dépenses de consommation et d’investissement, alourdit les dettes, aggrave les déficits publics, pèse sur l’emploi, et entraîne au bout du compte un recul sans fin de l’activité économique. A éviter absolument, donc.

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20/01/2015

Faute vénielle ou péché mortel ?

En 1974, une année après que la BNS se soit résignée à abandonner le cours fixe du franc face – alors – au dollar, le président de son directoire, Fritz Leutwiler, confiait à son collaborateur Kurt Schiltknecht : «Je n’ai aucune idée sur la façon de mener la politique monétaire sous un régime de changes flottants». Et d’ajouter que la seule question dont il se soit constamment préoccupé était de savoir «comment empêcher que trop d’argent n’arrive en Suisse».

Son successeur actuel à la tête de la Banque nationale a dû se poser la même question, sauf que, il y a quarante ans, les soucis portaient sur les tensions inflationnistes (les prix à la consommation augmentaient de plus de 10% l’an), tandis que ceux d’aujourd’hui porteraient plutôt sur les risques de déflation. La BNS avait d’ailleurs, en 2011, fait de ceux-ci le principal argument en faveur de l’instauration d’un cours plancher.

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