08/09/2015

La grande inconnue des taux d’intérêt

pour cent.jpgLe plus grand danger qui menace la stabilité financière, ce n’est pas, quoi qu’en pensent les gérants d’actifs, l’effondrement de la bourse de Shanghai ou celui de l’économie chinoise dans son ensemble, c’est beaucoup plus simplement le fait que ces mêmes gérants n’ont pour la plupart rien connu d’autre que des taux d’intérêt quasi nuls et une liquidité plus qu’abondante.

Dans leur grande majorité en effet, ils ne sont arrivés aux affaires qu’il y a six ou sept ans, lorsque les banques centrales, soucieuses de prévenir le déclenchement d’une véritable dépression à la suite de la crise de 2008, ont ouvert massivement le robinet de la création monétaire et se sont mises à racheter à tour de bras des obligations d’Etat puis des obligations tout court.

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10:05 Publié dans Capital, Dette, Prix, Taux d'intérêt | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

01/09/2015

La croissance ? Moins il y en a, plus on en parle !

ballons.jpgMon Dieu, quelle agitation pour 0.2% de croissance ! Depuis que le Seco (Secrétariat d’Etat à l’économie) a annoncé que le produit intérieur brut (PIB) réel de la Suisse avait progressé dans cette mesure-là au cours du deuxième trimestre – alors que tout le monde s’attendait à ce qu’il ait plutôt fléchi –, les réactions et commentaires ne cessent d’abreuver la planète médiatique locale. Comme si une vibration aussi infinitésimale de la valeur supposée du PIB d’un trimestre à l’autre avait la moindre signification. 

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10:09 Publié dans Croissance, suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

18/08/2015

L’emploi, denrée périssable

RTR3SF1hd.jpgLes misérables taux de croissance que les économies avancées enregistrent depuis la fin des années 70 contreviennent à la théorie qui voudrait que le progrès technique s’accompagne de gains de productivité suffisants pour entraîner une augmentation de la dépense, supposée générer à son tour suffisamment de nouveaux emplois pour compenser ceux que l’automatisation des tâches fait disparaître.

D’où la question : le progrès technique serait-il devenu avare en gains de productivité ? 

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10:12 Publié dans Croissance, Emploi, Industrie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

11/08/2015

Quand l’eau devient potable... elle peut coûter bonbon

Depuis le 1er janvier, les Services industriels de Genève appliquent une nouvelle tarification de l’eau – désormais qualifiée de potable sur la facture adressée mensuellement aux propriétaires et aux régies – qui n’implique, assurent les SIG, aucune augmentation, à ceci près que le prix payé individuellement «peut varier à la hausse ou à la baisse en fonction du profil de consommation».

Le diable se cachant toujours dans les détails, on va explorer ce que recouvre la notion de «tranche de référence» servant à déterminer, pour chaque profil de consommation, un forfait annuel en deçà duquel des économies sur facture sont possibles, mais au-delà duquel le prix du m3 bondit considérablement, passant de 0.75 à 2.32 franc.

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04/08/2015

Séquelles (parmi d’autres) du franc fort

La somme paraît vertigineuse : 50 milliards de perte, en un seul semestre, pour la Banque nationale suisse, ce qui divise ses fonds propres par deux et les ramène à moins de 6% de son bilan. On pourrait s’en effrayer sauf que, rapporté au total de ses placements en devises, le montant ainsi effacé à mi-2015 n’en représente même pas la dixième partie. C’est à peine la marge de fluctuation généralement préconisée et respectée par les comptables des institutions de prévoyance. Pas de quoi, donc, fouetter un chat. D’autant que les résultats négatifs d’une banque centrale n’ont absolument aucune incidence, techniquement parlant, sur son activité : elle ne peut faire faillite puisque, même lorsque ses fonds propres tombent sous zéro, elle finance sa dette par la monnaie qu’elle crée elle-même.

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07:06 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

28/07/2015

A quoi ressemblera la banque de demain

Singapour, à la fin du mois de juin. Ravi Menon, directeur général de la Monetary Authority of Singapore (MAS), expose devant un parterre de banquiers et de juristes sa vision de la place financière du futur, promise à devenir le smart financial center en quoi Singapour ambitionne de se transformer.
Dans le jargon fintech, le qualificatif «smart» déborde du seul smartphone dont nous sommes tous équipés. L’intelligence distribuée ne passe pas seulement par ces portables à tout faire, quoique l’étendue de leurs applications permette d’ores et déjà d’exécuter un nombre de tâches qui défie l’imagination.

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06:47 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

21/07/2015

Comparaison n’est pas raison

Dans un entretien accordé il y a une quinzaine de jours à l’hebdomadaire Die Zeit, le très médiatisé économiste français Thomas Piketty a jugé opportun de faire la leçon à l’Allemagne, «l’exemple même d’un pays qui n’a jamais remboursé ses dettes». Et d’estimer que l’Allemagne, sortie comme d’autres belligérants couverte de dette des deux conflits mondiaux, n’a dû son miraculeux redressement économique d’après guerre qu’à l’annulation d’une bonne partie de sa dette par les alliés occidentaux lors de la conférence de Londres de 1953. Il serait donc bon et plus intelligent, conclut l’économiste, d’effacer la dette de la Grèce plutôt que d’asphyxier le pays à force de mesures de contrainte qui ont déjà fait reculer son PIB d’un quart et propulsé son taux de chômage au niveau record de 26%.

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17:01 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

Souvenirs de Collombey

collombey raffinerie.jpgIl y a tout juste 50 ans, la raffinerie qui n’était pas encore celle de Tamoil – ouverte deux ans plus tôt dans l’euphorie des années soixante, elle répondait alors au fier nom de «Raffineries du Rhône» – connaissait ses premières difficultés. L’Europe occidentale croulait momentanément sous les excédents de produits pétroliers, et le modèle séduisant en ce temps-là de l’indépendance énergétique fondé sur l’autonomie en matière de raffinage du brut se trouvait brusquement remis en cause.

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10:17 Publié dans gouvernance, Industrie, Multinationales, suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

14/07/2015

Séquelles (parmi d’autres) du franc fort

bns.jpgLa somme paraît vertigineuse : 50 milliards de perte, en un seul semestre, pour la Banque nationale suisse, ce qui divise ses fonds propres par deux et les ramène à moins de 6% de son bilan. On pourrait s’en effrayer sauf que, rapporté au total de ses placements en devises, le montant ainsi effacé à mi-2015 n’en représente même pas la dixième partie.

C’est à peine la marge de fluctuation généralement préconisée et respectée par les comptables des institutions de prévoyance. Pas de quoi, donc, fouetter un chat. D’autant que les résultats négatifs d’une banque centrale n’ont absolument aucune incidence, techniquement parlant, sur son activité : elle ne peut faire faillite puisque, même lorsque ses fonds propres tombent sous zéro, elle finance sa dette par la monnaie qu’elle crée elle-même.

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10:16 Publié dans Banques centrales, suisse, Zone euro | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

07/07/2015

Jour 1 du défaut grec

euro grec.jpgDepuis lundi, il n’y a plus un seul euro dans le système bancaire grec. Le pays est donc, techniquement, en état de cessation de paiement, et à moins d’une nouvelle injection de cash par la Banque centrale européenne sur la base d’on ne sait trop quelle garantie, le fonctionnement de l’économie grecque s’en trouve complètement bloqué. Plus personne ne paie, et plus personne n’est payé.

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10:20 Publié dans Banques centrales, Zone euro | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

30/06/2015

Qu’en termes choisis ces choses-là sont dites !

1 2 3e pilier schema.jpgTout de prudence, l’Office fédéral des assurances sociales (OFAS) rappelle dans son dernier rapport statistique sur les assurances sociales que le 2e pilier se trouve encore, ce que l’on oublie souvent, dans sa période de constitution, c’est-à-dire que les premiers assurés présentant une durée de cotisation complète atteindront l’âge de la retraite aux alentours de 2025 seulement.

Ce qui signifie qu’à partir de ce moment-là les sorties de fonds des caisses de pensions seront nettement plus importantes, et que le régime de la prévoyance professionnelle se rapprochera alors d’un système de financement par répartition, perdant par la même occasion une bonne partie de sa justification, qui était de reposer sur l’accumulation d’un capital générant un certain revenu (le «troisième cotisant»).

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10:22 Publié dans Démocratie, Futur, Prévoyance | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

23/06/2015

Franc fort : drôle d’équilibre

vent debout.jpgA en juger par l’évolution des cours de change depuis février, il apparaît que s’est installé un plancher implicite, un parquet flottant en quelque sorte, aux alentours de 1,05 franc pour un euro. Implicite, car la Banque nationale ne semble pas intervenir massivement pour le défendre, ainsi que le montre le niveau, plutôt stable depuis lors, des avoirs en comptes de virement des banques, bien sûr freiné par le taux d’intérêt négatif de -0,75%. 

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10:50 Publié dans Banques centrales, suisse, Zone euro | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

Franc fort : drôle d’équilibre

A en juger par l’évolution des cours de change depuis février, il apparaît que s’est installé un plancher implicite, un parquet flottant en quelque sorte, aux alentours de 1,05 franc pour un euro. Implicite, car la Banque nationale ne semble pas intervenir massivement pour le défendre, ainsi que le montre le niveau, plutôt stable depuis lors, des avoirs en comptes de virement des banques, bien sûr freiné par le taux d’intérêt négatif de -0,75%. 

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16/06/2015

Obligations, le piège fatal

1000 francs.jpgContraintes par la loi ou amenées à s’y conformer par la force de l’habitude, les institutions collectives allouent une part importante voire prépondérante de leur fortune aux placements en valeurs à revenu fixe, et de préférence en obligations d’emprunts d’Etat. Les caisses de pensions suisses leur consacrent 35% de leurs avoirs ; les assureurs-vie, jusqu’à deux fois plus s’agissant de la fortune liée à leurs engagements, notamment vis-à-vis des premières nommées.

Bref, l’idée conventionnelle selon laquelle absence de risque rime avec créance sur débiteur souverain et si possible sur la Confédération continue de façonner le gros de la structure de nos systèmes de prévoyance.

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10:57 Publié dans Dette, Financement des retraites, gouvernance, Prévoyance | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

09/06/2015

Obligations, le piège fatal

Contraintes par la loi ou amenées à s’y conformer par la force de l’habitude, les institutions collectives allouent une part importante voire prépondérante de leur fortune aux placements en valeurs à revenu fixe, et de préférence en obligations d’emprunts d’Etat. Les caisses de pensions suisses leur consacrent 35% de leurs avoirs ; les assureurs-vie, jusqu’à deux fois plus s’agissant de la fortune liée à leurs engagements, notamment vis-à-vis des premières nommées. Bref, l’idée conventionnelle selon laquelle absence de risque rime avec créance sur débiteur souverain et si possible sur la Confédération continue de façonner le gros de la structure de nos systèmes de prévoyance.

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05/05/2015

Parole d’évangile, les dires d’économistes ?

Il n’y a pas que les politiciens – tels ceux du débat organisé jeudi dernier par la Tribune – à mélanger le vrai et le faux. Les économistes ne sont pas rares à affirmer catégoriquement au lieu de se contenter d’approximer. Ainsi, à en croire un enseignant de l’IMD interrogé l’autre jour sur les ondes de la radio romande, la force du franc face à l’euro ne menacerait pas notre économie, car la zone euro ne serait plus le partenaire commercial majoritaire de la Suisse. Sinon faux, du moins approximatif, puisque la zone absorbe encore près de la moitié de nos exportations (45,8% l’an dernier, un peu plus si l’on y ajoute les pays hors zone dont la monnaie est de facto alignée sur l’euro (Danemark, pays de l’ex-Yougoslavie, de la zone franc CFA...)

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07:35 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

28/04/2015

Fin de partie à Athènes ? Voire…

Lorsqu’un gouvernement en délicatesse avec ses créanciers se met à racler les fonds de tiroirs de ses institutions publiques, hautes écoles et hôpitaux compris, c’est que la fin des haricots est proche. Dans le cas de la Grèce, l’affaire se complique du fait de son appartenance à la zone euro, car un «Grexit», comme on dit, n’est pas prévu dans les traités, et aucune des parties prenantes, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international et Union européenne, n’a intérêt à ce que le pays tourne le dos à la monnaie unique. La première, parce qu’elle y perdrait son capital et l’essentiel de sa crédibilité, le second, parce que cela démontrerait la vanité de ses programmes d’ajustement structurel, et la troisième parce qu’aucun de ses membres, Allemagne en tête, n’a envie de porter le chapeau d’un pareil échec. Ne reste donc, côté créditeurs, que l’instrument de la pression politique et psychique, et côté débiteur, le recours aux faux-semblants et aux non-dits, parties de Poker menteur dans lequel les Grecs sont passés maîtres.

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09:32 Publié dans Banques centrales, Croissance, Démocratie, Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

14/04/2015

Hybride elle aussi, la guerre des monnaies ?

A quelques jours des assemblées de printemps de la Banque Mondiale et du FMI, le ton monte et les camps se précisent entre grandes économies de ce monde. Au cœur d’un sujet à polémique qu’on ne peut pas encore qualifier de guerre des monnaies mais qui commence à y ressembler furieusement, il y a la divergence grandissante de vues entre principalement les Etats-Unis dont la devise, pour cause de santé retrouvée, ne cesse de s’apprécier, et les pays en pleine faiblesse conjoncturelle qui, malgré des politiques monétaires extrêmement accommodantes, ne parviennent pas à s’extraire du marasme et se retrouvent pour cette double raison au bénéfice si l’on peut dire de monnaies (le yen, l’euro, dans une moindre mesure le yuan) que le Trésor américain considère comme «significativement sous-évaluées».

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07:26 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

07/04/2015

Axa l’a dit, le FMI aussi

On ne croyait pas si bien dire la semaine dernière en relevant combien un taux de conversion (du capital en rentes) trop élevé avait pour conséquence d’alourdir la charge qui pèse sur les générations futures. Or voici que l’assureur Axa-Winterthur vient d’annoncer qu’il abaissait dès janvier le taux de conversion appliqué dans deux de ses fondations LPP, en raison précisément de «l’allongement constant de l’espérance de vie» et, ajoute-t-il, de «la faiblesse persistante des taux d’intérêt». 

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06:30 Publié dans Assurances, Prévoyance | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

24/03/2015

Vérité en deçà, erreur au delà…

On pourrait en tirer un film, et peut-être en tirera-t-on un si l’affaire, finalement, se conclut. Car cela fera bientôt un an que les deux géants du ciment, le français Lafarge et le suisse Holcim, négocient les conditions d’un rapprochement après avoir annoncé urbi et orbi ce qui devait prendre la forme d’une «fusion entre égaux», par un échange d’actions 1 pour 1.

L’affaire, on s’en souvient, a failli capoter il y a une semaine, lorsque les dirigeants du groupe helvétique ont remis en question les termes de l’accord, faisant valoir l’évolution, financière et boursière notamment, bien meilleure du côté de Holcim que du côté hexagonal, et rejetant l’idée que les rennes de la nouvelle société soient confiées à l’actuel PDG de Lafarge, l’énarque Bruno Lafont.

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09:14 Publié dans Concurrence, Europe, gouvernance | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |