25/05/2016

De la Grande récession au grand embarras

Il est des signes qui ne trompent pas. Lorsque des entreprises cotées en bourse se proposent de racheter leurs propres actions, c’est peut-être, insinuent de mauvaises langues, pour en redresser les cours ou – ce qui revient à peu près au même – en améliorer les multiples cours-bénéfice. C’est en tout cas que ces entreprises ont perdu le goût d’entreprendre, et préfèrent se recroqueviller sur elles-mêmes en attendant des jours meilleurs plutôt qu’investir dans de nouveaux projets.

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04/05/2016

BNS: pourquoi changer quand tout va bien (ou presque)

La Banque nationale suisse n’est pas la Banque centrale européenne, n’empêche qu’elle essuie depuis quelque temps le même genre de critiques. On lui reproche en gros de prendre ses décisions de manière indépendante, ce dont on se félicitait quand tout allait bien, mais qui ne va plus du tout lorsque la politique monétaire qu’elle a choisi de suivre heurte les intérêts de tel ou tel secteur de l’économie. Il conviendrait par exemple de flanquer son directoire de commissions d’experts, ou plus radicalement de le remplacer par un comité élargi, à l’image de celui de la BCE ou, mieux encore, de la Réserve fédérale américaine. On éviterait ainsi qu’un organe décisionnel de taille restreinte ne s’aventure sans boussole autre qu’une connaissance purement académique du terrain entre les écueils d’un monde financier de plus en plus complexe et imprévisible.

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27/04/2016

Querelle d’Allemands

Le président de la Banque centrale européenne, l’ancien gouverneur de la Banque d’Italie et vice-président pour l’Europe de Goldman Sachs Mario Draghi, est depuis quelque temps l’objet de furieuses attaques de la part de responsables allemands qui lui reprochent de dissoudre la zone euro dans un océan de liquidités au lieu de préserver comme il devrait la solidité de la monnaie unique, héritière de feu le Deutsche Mark. Ce laxisme délibéré détournerait à leur avis les pays fautifs de l’obligation que les traités leur font pourtant de remettre de l’ordre dans leurs finances publiques, puisqu’en rachetant à coups de dizaines et même de centaines de milliards les emprunts qu’ils émettent à tout va au lieu de se serrer la ceinture, la BCE encourage ces pays, essentiellement du Sud, à persévérer dans l’erreur. Non seulement, ce faisant, elle s’écarterait de l’essentiel de sa mission qui est de préserver la stabilité des prix, mais encore elle ruinerait les épargnants et les retraités allemands en faisant tomber les taux d’intérêt plus bas que zéro. Wolfgang Schäuble, le ministre des finances du gouvernement de Mme Merkel, aurait même accusé M. Draghi d’être en partie responsable de la montée de l’extrême droite dans son pays…

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20/04/2016

Il fait trop beau pour travailler (Les Parisiennes, 1964)

L’initiative «pour un revenu de base inconditionnel» n’a aucune chance d’être acceptée, mais elle ouvre un joli débat. Entre le rejet catégorique d’un conseiller fédéral qui invite à «passer aux choses sérieuses» et l’ironie d’un ex-membre et vice-président du directoire de la BNS qui lui préférerait un «emploi inconditionnel», l’idée rallie contre elle toute la Suisse bien pensante et même au-delà, alors qu’il vaudrait la peine de la prendre pour ce qu’elle est, savoir une proposition d’utopie qui derrière son côté ébouriffant touche à une question fondamentale.

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13/04/2016

Genève, qui fait ta richesse?...

La prospérité genevoise repose sur des piliers à vrai dire moins fixes que flottants, en ceci qu’ils n’ont cessé de varier à travers le temps, portés par ce qu’on a pu appeler le hasard des circonstances. La banque, l’horlogerie, le négoce et le conseil juridique, ces quatre piliers d’aujourd’hui, ne l’ont pas toujours été : autrefois, c’étaient les foires et l’indiennerie, puis la Fabrique et l’imprimerie, et enfin la mécanique de précision (SIP, Tavaro, Charmilles) qui tour à tour dominèrent dans une Genève devenue internationale par le jeu d’influences extérieures.

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07:30 Publié dans Air du temps, Banques, Concurrence, Croissance, Démocratie, Genève | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

06/04/2016

Ce qui se cache derrière les taux négatifs  

Les pères et mères de la prévoyance professionnelle obligatoire n’auraient sans doute jamais imaginé que des taux d’intérêt puissent devenir négatifs et ruiner du même coup leur œuvre commune. Car des taux négatifs, soyons-en conscients, détruisent du capital ; or l’essence même du 2e pilier est la capitalisation, primo du fait de l’accumulation d’épargne (les cotisations payées par les employeurs et leurs salariés), secundo du fait de la rémunération de cette épargne (l’intérêt légal servi sur les avoirs de vieillesse), et même, tertio, par l’intervention d’un taux, dit technique, servant à calculer la valeur actuelle des engagements futurs de rentes.

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31/03/2016

Vers la fin des (trop) grandes banques ?

Depuis bien avant la crise de 2008, et même depuis les années 1980 aux Etats-Unis où une douzaine d’entre elles étaient déjà considérées comme telles, les banques dites «too big to fail» («trop grosses pour faire faillite») représentent un vrai casse tête pour les autorités chargées de veiller autant que faire se peut à la stabilité du système financier.

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07:59 Publié dans Banques, Banques centrales, Croissance, Finances | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

23/03/2016

L’affaire compliquée du travail en France

Le mur d’incompréhension qui d’ordinaire sépare les économistes sachant ce qu’il faudrait faire des politiciens mesurant tout l’écart qu’il y a entre théorie et pratique, ce mur-là va dans la France d’aujourd’hui jusqu’à diviser les économistes eux-mêmes à propos de l’avant-projet de loi sur le travail dite loi El-Khomri, du nom de l’actuelle ministre du travail chargée de la porter. Et ces économistes ne sont pas n’importe lesquels : on compte, chez les «pour» comme chez les «contre», presque tout ce que l’Hexagone a produit de meilleur en la matière.

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16/03/2016

L’initiative qui voudrait mettre la banque au pas

Puisqu’on ne quitte plus les questions monétaires, voici, au menu de prochaines votations (2017 ?), l’initiative dite «monnaie pleine» qui a abouti mais que le Conseil fédéral propose de rejeter sans contre-projet.

Pourtant l’idée n’est pas si farfelue que cela. Contrairement aux niaiseries qu’on a pu lire ici où là, la «monnaie pleine» ne résulte d’aucun délire, mais prend ses références aux meilleures sources, chez de grands économistes américains (Simmons, Fisher) préoccupés à l’époque (les années 30) par le rôle déclencheur du crédit bancaire dans des crises d’une extraordinaire gravité.

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09/03/2016

Picciotto, Hayek ... De quelques réussites à la hussarde

Il faut parfois être un peu tordu – ou en tout cas, et contrairement à l’adage, ne pas ménager sa monture – pour réussir en affaires. Deux trajectoires absolument remarquables, que l’on a pu suivre dès les origines pour l’une, à partir du tournant horloger des années 70-80 pour l’autre, en apportent l’éclatante démonstration.

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07:14 Publié dans Air du temps, Banques suisses, Genève | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

02/03/2016

Libre circulation à la carte

Médecins, paysans, même combat ? Au nom d’un souci, en soi légitime, de défense de la qualité, les représentants de ces deux corporations s’emploient depuis quelque temps à convaincre le bon peuple de tout ce qu’il peut y avoir de contraire à ses intérêts bien compris dans l’ouverture des frontières aux échanges. On aura remarqué ainsi cet encart de l’Ordre des gynécologues-obstétriciens genevois paru dans ces colonnes le 26 février dernier, s’inquiétant du «fort risque de diminution de la qualité des prestations fournies par des médecins non formés aux normes helvétiques», comme on aura pu observer la multiplication d’initiatives lancées par les lobbies agricoles en vue d’assurer, les unes la sécurité, les autres une meilleure qualité de notre alimentation.

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07:15 Publié dans Démocratie, gouvernance, Humeur, Prix, salaires, revenus, suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

24/02/2016

La pénurie de logements, cela se soigne

Il y a quelque chose de difficilement compréhensible dans l’obstination avec laquelle les milieux se portant défenseurs des intérêts des locataires reviennent à la charge sous forme d’initiatives visant à encourager l’offre de logements à bas loyers tout en freinant celle de logements destinés à la vente. On devrait pourtant, dans ces rangs-là aussi, réaliser que la première dépend organiquement de la seconde, puisque c’est la marge, importante, dégagée par les ventes d’appartements en PPE qui permet d’équilibrer les plans financiers des HLM et autres LUP. C’est donc – sauf à considérer qu’ils n’ont rien compris au fonctionnement du marché immobilier – que lesdits milieux cherchent en réalité à dissuader les promoteurs privés de construire de nouveaux logements pour leur substituer la main publique, comme on dit en bon allemand.

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16/02/2016

La complainte des géants bancaires

Par les temps qui courent, on entend et lit beaucoup de choses sur les raisons de la déroute des grandes banques européennes. Il y a de quoi : en à peine un an, leur valeur en bourse, reflet de leur rentabilité, s’est réduite d’un bon quart. Comment se fait-il, alors qu’hier encore elles semblaient dominer la scène économique mondiale ou paraissaient en tout cas aspirer à y parvenir, qu’elles déploient à présent toute leur énergie les unes pour simplement survivre, les autres pour tenter de mieux s’armer face à la concurrence de nouveaux acteurs – ceux du «shadow banking» notamment ­– et répondre à une réglementation devenue beaucoup plus tatillonne ?

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09/02/2016

Le retour de la monnaie hélicoptère

Ces temps de disette font ressurgir quelques vieilles idées en matière monétaire. Puisque les banques centrales et les gouvernements sont impuissants à faire redémarrer les moteurs de la croissance et par là redonner du travail à ceux qui en sont dépourvus, pourquoi ne pas 1° distribuer plus largement du pouvoir d’achat via l’introduction d’une allocation universelle (ce «revenu de base inconditionnel» sur lequel nous voterons le 5 juin prochain), ou 2° plus simplement, quoique techniquement assez compliqué, distribuer à tout le monde nouveau-nés compris, comme parachutée depuis le ciel, une certaine somme d’argent pour relancer la consommation ?

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02/02/2016

Surprise, l’euro remonte!

L’ascension n’est pas fulgurante, mais elle en aura surpris plus d’un. Alors que l’euro s’échangeait encore contre 1,0835 franc le 5 janvier, son cours moyen frisait 1,11 franc vendredi à la mi-journée. Voilà trois petits centimes qui ne sont pas grand-chose dans le porte-monnaie, mais 2 à 3% de hausse en moins d’un mois changent la donne pour les cambistes et amènent à s’interroger sur ce qui a pu soudain débloquer une situation face à laquelle la Banque nationale suisse, ayant épuisé son stock de moyens, en semblait désormais totalement dépourvue. Que s’est-il donc passé?

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26/01/2016

Davos, entre bling bling et blablabla

Davos approche les cinquante ans. C’est un bel âge pour un symposium qu’une notoriété glanée depuis 1971 a désormais érigé au rang – au statut ? – d’organisation internationale presque égale aux G8 et autres réunions des grands de ce monde tenues hors des enceintes légitimement élues par la communauté des nations, ONU en tête.

Cette réputation, qui fait la fierté de la Suisse et tout particulièrement de Genève qui en abrite le siège, a peu à peu amené le Forum de Davos, devenu mondial en 1987, à non plus seulement servir d’hôtelier aux quelque 1500 dirigeants politiques et chefs d’entreprise qui s’y rencontrent chaque janvier, mais encore à publier tout au long de l’année une série de global reports distribuant bons et mauvais points aux pays passés au crible d’une batterie d’indices assez arbitrairement choisis.

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19/01/2016

Pour sortir du franc fort, il faut entrer dans l'euro

A l’occasion du premier anniversaire de l’abandon du cours plancher par la Banque nationale suisse, dont on connaît les conséquences douloureuses pour les entreprises et l’emploi, plusieurs propositions récurrentes ont refait surface. Les unes, saugrenues ou impraticables, ont vite été rengainées: dévaluation (!) du franc, taxation des opérations de change, réintroduction d’un plancher. La BNS, de son côté, avait songé à l’arrimage à un panier de monnaies, avant d’abandonner l’idée jugée irréalisable.

A part une «amélioration des conditions cadre» qui sonne creux il faut en convenir, restent en lice, côté actif du bilan de la BNS (utilisation des euros achetés à la pelle), l’appel à la création d’un fonds souverain et lancement, côté passif (utilisation des francs créés en contrepartie), d’un grand emprunt fédéral pour financer des projets d’infrastructure.

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12/01/2016

La Suisse aurait-elle mangé son pain blanc ?

La montée du chômage en Suisse n’a rien d’inattendu, mais elle est suffisamment nette pour appeler quelques remarques sur ses causes.

Il y a tout d’abord, faut-il le répéter, les effets du franc fort. L’industrie suisse a beau s’illustrer par sa remarquable capacité d’adaptation aux vents contraires, le handicap monétaire commence à peser lourd, y compris dans les branches qui bénéficiaient jusqu’ici, pour toutes sortes de raisons, d’un avantage concurrentiel sur l’étranger.

Ensuite, les secteurs phares de la production helvétique – la pharmacie, l’horlogerie, les machines et instruments de précision, où la Suisse se classe parmi les dix premiers producteurs mondiaux – sont aussi ceux qui souffrent plus que proportionnellement du recul de la demande sur les principaux marchés.

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05/01/2016

Encore une année sans inflation ?

Si, en regard de tant de déconvenues, la force du franc a eu ne serait-ce qu’un effet positif, c’est bien celui d’avoir maintenu inchangé le niveau des prix, et même de l’avoir maintenu en dessous de zéro. On s’attendait en général à ce que l’indice des prix à la consommation demeure stable en 2015, il se sera en réalité replié de quelque 1,5%, déjouant la plupart des pronostics, y compris ceux de la Banque nationale suisse, qui établit pourtant au millimètre ses prévisions d’inflation pour les trimestres à venir. Sa «prévision d’inflation conditionnelle» de décembre 2014 voyait en effet une hausse annuelle de l’indice comprise entre 0,0 et 0,2% pour la fin décembre 2015, moyennant un Libor (moyenne des taux d’intérêt à trois mois sur le marché interbancaire londonien) égal à 0,00%. Mais ladite condition sautait peu après, puisque le cours plancher devait disparaître le 15 janvier déjà, et le Libor, foi d’intérêts négatifs, passer à -0,75%.

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29/12/2015

Le cycle du porc, vous vous souvenez?

cochons.jpgDans les années vingt, un économiste allemand s’était intéressé aux fluctuations des prix du porc, et en avait déduit qu’elles s’expliquaient en bonne partie par les variations des quantités produites, dépendant à leur tour des prévisions établies par les éleveurs quant à l’évolution future des prix.

Le décalage qui en résultait entre l’offre et la demande dessinait une sorte de toile d’araignée caractéristique de l’évolution des prix sur beaucoup de marchés de matières premières, qu’elles soient agricoles ou industrielles : une hausse des cours, déclenchée par une augmentation de la demande, entraînait avec un certain décalage (le temps d’élever davantage de cochons, d’ouvrir de nouvelles mines, de forer de nouveaux puits) un relèvement des quantités offertes, qui arrivaient sur le marché après que la demande, découragée par les prix plus élevés, s’en était détournée.

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