16/02/2016

La complainte des géants bancaires

Par les temps qui courent, on entend et lit beaucoup de choses sur les raisons de la déroute des grandes banques européennes. Il y a de quoi : en à peine un an, leur valeur en bourse, reflet de leur rentabilité, s’est réduite d’un bon quart. Comment se fait-il, alors qu’hier encore elles semblaient dominer la scène économique mondiale ou paraissaient en tout cas aspirer à y parvenir, qu’elles déploient à présent toute leur énergie les unes pour simplement survivre, les autres pour tenter de mieux s’armer face à la concurrence de nouveaux acteurs – ceux du «shadow banking» notamment ­– et répondre à une réglementation devenue beaucoup plus tatillonne ?

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09/02/2016

Le retour de la monnaie hélicoptère

Ces temps de disette font ressurgir quelques vieilles idées en matière monétaire. Puisque les banques centrales et les gouvernements sont impuissants à faire redémarrer les moteurs de la croissance et par là redonner du travail à ceux qui en sont dépourvus, pourquoi ne pas 1° distribuer plus largement du pouvoir d’achat via l’introduction d’une allocation universelle (ce «revenu de base inconditionnel» sur lequel nous voterons le 5 juin prochain), ou 2° plus simplement, quoique techniquement assez compliqué, distribuer à tout le monde nouveau-nés compris, comme parachutée depuis le ciel, une certaine somme d’argent pour relancer la consommation ?

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02/02/2016

Surprise, l’euro remonte!

L’ascension n’est pas fulgurante, mais elle en aura surpris plus d’un. Alors que l’euro s’échangeait encore contre 1,0835 franc le 5 janvier, son cours moyen frisait 1,11 franc vendredi à la mi-journée. Voilà trois petits centimes qui ne sont pas grand-chose dans le porte-monnaie, mais 2 à 3% de hausse en moins d’un mois changent la donne pour les cambistes et amènent à s’interroger sur ce qui a pu soudain débloquer une situation face à laquelle la Banque nationale suisse, ayant épuisé son stock de moyens, en semblait désormais totalement dépourvue. Que s’est-il donc passé?

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26/01/2016

Davos, entre bling bling et blablabla

Davos approche les cinquante ans. C’est un bel âge pour un symposium qu’une notoriété glanée depuis 1971 a désormais érigé au rang – au statut ? – d’organisation internationale presque égale aux G8 et autres réunions des grands de ce monde tenues hors des enceintes légitimement élues par la communauté des nations, ONU en tête.

Cette réputation, qui fait la fierté de la Suisse et tout particulièrement de Genève qui en abrite le siège, a peu à peu amené le Forum de Davos, devenu mondial en 1987, à non plus seulement servir d’hôtelier aux quelque 1500 dirigeants politiques et chefs d’entreprise qui s’y rencontrent chaque janvier, mais encore à publier tout au long de l’année une série de global reports distribuant bons et mauvais points aux pays passés au crible d’une batterie d’indices assez arbitrairement choisis.

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07:31 Publié dans Air du temps, Croissance, Futur, Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

19/01/2016

Pour sortir du franc fort, il faut entrer dans l'euro

A l’occasion du premier anniversaire de l’abandon du cours plancher par la Banque nationale suisse, dont on connaît les conséquences douloureuses pour les entreprises et l’emploi, plusieurs propositions récurrentes ont refait surface. Les unes, saugrenues ou impraticables, ont vite été rengainées: dévaluation (!) du franc, taxation des opérations de change, réintroduction d’un plancher. La BNS, de son côté, avait songé à l’arrimage à un panier de monnaies, avant d’abandonner l’idée jugée irréalisable.

A part une «amélioration des conditions cadre» qui sonne creux il faut en convenir, restent en lice, côté actif du bilan de la BNS (utilisation des euros achetés à la pelle), l’appel à la création d’un fonds souverain et lancement, côté passif (utilisation des francs créés en contrepartie), d’un grand emprunt fédéral pour financer des projets d’infrastructure.

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09:23 Publié dans Banques centrales, gouvernance, Monnaie, suisse | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | |

12/01/2016

La Suisse aurait-elle mangé son pain blanc ?

La montée du chômage en Suisse n’a rien d’inattendu, mais elle est suffisamment nette pour appeler quelques remarques sur ses causes.

Il y a tout d’abord, faut-il le répéter, les effets du franc fort. L’industrie suisse a beau s’illustrer par sa remarquable capacité d’adaptation aux vents contraires, le handicap monétaire commence à peser lourd, y compris dans les branches qui bénéficiaient jusqu’ici, pour toutes sortes de raisons, d’un avantage concurrentiel sur l’étranger.

Ensuite, les secteurs phares de la production helvétique – la pharmacie, l’horlogerie, les machines et instruments de précision, où la Suisse se classe parmi les dix premiers producteurs mondiaux – sont aussi ceux qui souffrent plus que proportionnellement du recul de la demande sur les principaux marchés.

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07:57 Publié dans Chômage, Concurrence, Croissance, suisse | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | | |

05/01/2016

Encore une année sans inflation ?

Si, en regard de tant de déconvenues, la force du franc a eu ne serait-ce qu’un effet positif, c’est bien celui d’avoir maintenu inchangé le niveau des prix, et même de l’avoir maintenu en dessous de zéro. On s’attendait en général à ce que l’indice des prix à la consommation demeure stable en 2015, il se sera en réalité replié de quelque 1,5%, déjouant la plupart des pronostics, y compris ceux de la Banque nationale suisse, qui établit pourtant au millimètre ses prévisions d’inflation pour les trimestres à venir. Sa «prévision d’inflation conditionnelle» de décembre 2014 voyait en effet une hausse annuelle de l’indice comprise entre 0,0 et 0,2% pour la fin décembre 2015, moyennant un Libor (moyenne des taux d’intérêt à trois mois sur le marché interbancaire londonien) égal à 0,00%. Mais ladite condition sautait peu après, puisque le cours plancher devait disparaître le 15 janvier déjà, et le Libor, foi d’intérêts négatifs, passer à -0,75%.

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07:08 Publié dans Banques centrales, Croissance, Inflation/déflation, Monnaie | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

29/12/2015

Le cycle du porc, vous vous souvenez?

cochons.jpgDans les années vingt, un économiste allemand s’était intéressé aux fluctuations des prix du porc, et en avait déduit qu’elles s’expliquaient en bonne partie par les variations des quantités produites, dépendant à leur tour des prévisions établies par les éleveurs quant à l’évolution future des prix.

Le décalage qui en résultait entre l’offre et la demande dessinait une sorte de toile d’araignée caractéristique de l’évolution des prix sur beaucoup de marchés de matières premières, qu’elles soient agricoles ou industrielles : une hausse des cours, déclenchée par une augmentation de la demande, entraînait avec un certain décalage (le temps d’élever davantage de cochons, d’ouvrir de nouvelles mines, de forer de nouveaux puits) un relèvement des quantités offertes, qui arrivaient sur le marché après que la demande, découragée par les prix plus élevés, s’en était détournée.

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15/12/2015

L'Etat peut dépenser sans augmenter ses charges courantes

Maintenant que la politique monétaire devenue hémiplégique (elle ne peut bouger les taux d’intérêt que dans le sens de la hausse) a perdu une bonne part de son efficacité, on est invité à tourner le regard vers le second volet de la politique conjoncturelle, savoir le maniement de la dépense publique. Bien que chaudement recommandé par les partisans d’une action volontariste de l’Etat, qui y voient l’unique moyen de suppléer la défaillance de la dépense privée, le recours au deficit spending est vigoureusement rejeté par les tenants de l’équilibre budgétaire, avec l’argument assez convaincant que la dette publique n’a – presque – jamais été aussi élevée.

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07:22 Publié dans Banques centrales, Croissance, Démocratie, Dette, Inflation/déflation, suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

08/12/2015

Une enseignante dit basculer dans la pauvreté... Qu'en est-il?

«J’ai honte de basculer dans la pauvreté», confiait récemment une enseignante genevoise dans les colonnes de ce journal. L’aveu, sans aucun doute sincère, de cette préretraitée du DIP a dû ébranler plus d’un lecteur. Et l’amener à s’interroger sur ce qui a pu engendrer pareil sentiment chez une personne – qu’on se gardera bien de juger, faute de connaître sa situation familiale et pécuniaire – qui s’apprête à vivre avec une rente AVS qu’on suppose pleine, et un 2e pilier d’environ 2500 francs selon ses dires. Soit, au total et en chiffres ronds, 4850 francs mensuels, qui correspondent à 65% du salaire médian genevois et à un peu moins, mais tout de même, de 56% du salaire médian calculé pour le secteur public, évalué à 8'666 francs en 2012.

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24/11/2015

La richesse des Suisses

Côté finances, si l’on en croit les statistiques compilées par la Banque nationale suisse, les ménages helvétiques s’en sortent plutôt bien puisque, à fin 2014, leur patrimoine net – leurs comptes, placements, immeubles, moins leurs dettes – s’élevait à quelque 405'000 francs par habitant. C’est plus que partout ailleurs dans le monde, et cela ne cesse d’augmenter : +40% depuis l’an 2000.

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17/11/2015

Franc fort, à force de couper dans le gras…

Retombe-t-on en récession ou, comme le suggère The Economist, entame-t-on un troisième épisode de l’histoire de la dette, celui, après la crise des subprime puis celle de la zone euro, d’un effondrement des marchés émergents ? Vue d’ici, cette succession de déconvenues financières a longtemps semblé pour l’essentiel nous épargner.

Mais voici que la Suisse entière, et Genève en particulier, affrontent des vents décidément contraires : perspectives budgétaires alarmantes, licenciements collectifs, exportations en recul, délocalisations rampantes, tous symptômes annonciateurs de lendemains qui ne chantent guère et replacent ce pays à l’intérieur du cadre qui est le sien qu’il le veuille ou non, savoir celui d’une Europe désorientée, ou plutôt, d’une économie mondialisée aux prises avec d’inextricables difficultés à retrouver son aplomb.

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07:14 Publié dans Banques centrales, Concurrence, Croissance, Dette, Europe, Finances, Industrie, Monnaie | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

03/11/2015

Un 2e pilier sans avenir?

vieux marionnettes.jpgAux taux actuels, plus bas que jamais, les régimes de prévoyance fondés sur l’accumulation de capitaux n’ont pas d’avenir. Ce n’est pas moi qui le dis, mais le professeur bâlois Heinz Zimmermann, lors d’un forum qui s’est tenu à St-Gall.

L’économiste – dont ce n’est pas le premier avertissement – a mis le doigt sur les incohérences du système de retraites par capitalisation tel que la Suisse l’a façonné et ancré jusque dans sa Constitution, où l’on peut lire à l’article 113 que la prévoyance professionnelle, conjuguée à l’AVS, doit permettre à l’assuré de «maintenir de manière appropriée son niveau de vie antérieur». Concrètement, ce niveau approprié a été arrêté à 60% environ du dernier salaire.

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09:19 Publié dans Banques, Capital, Croissance, Dette, Financement des retraites | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | |

27/10/2015

Grandes banques géants fragiles ?

L’une des règles d’or en matière de concurrence est que les conditions doivent être les mêmes pour tous. Or si l’idée est simple, sa mise en œuvre s’avère en pratique assez compliquée, en particulier dans le secteur financier, et surtout lorsqu’elle s’applique aux banques dites «too big to fail», trop grosses pour qu’on les laisse partir en faillite, tant les dégâts que cela occasionnerait à l’ensemble de l’économie seraient immenses.

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06:26 Publié dans Banques, Finances, Finances publiques, Genève | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | |

20/10/2015

Le Röstigraben des économistes

les 20 économistes les plus influents CH.jpgLa disparition récente d’Andreas Höfert, un économiste en chef d’UBS très apprécié en Suisse romande par tous ceux qu’intéresse l’évolution monétaire et conjoncturelle, a passé relativement inaperçue en Suisse alémanique, tandis que la plupart des médias romands consacraient de longs hommages à ce Genevois de naissance. Cette différence frappante d’attention de part et d’autre de la Sarine m’a rappelé un «palmarès des économistes ayant le plus d’influence en Suisse» («Welche Ökonomen in der Schweiz den Ton angeben») paru dans la NZZ le 5 septembre.

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22:20 Publié dans Air du temps, Banques suisses, gouvernance | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

13/10/2015

La difficile cause du libre échange

Quel paradoxe ! C’est à Berlin, capitale du pays qui profite le plus de l’ouverture des marchés, que s’est déroulée samedi une manifestation monstre (une bonne centaine de milliers de participants) contre le projet de «Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement» – TTIP en anglais – négocié entre les Etats-Unis et l’Union européenne.

Les opposants, qui s’en étonnerait, se recrutent essentiellement parmi les ONG, syndicats et gauches plus ou moins radicales, méfiantes par principe à l’endroit de ce genre d’accords considérés comme fossoyeurs de la démocratie pour les uns, destructeurs d’emplois pour les autres, ou plus prosaïquement synonymes de baisse programmée du niveau de qualité – un Cassis de Dijon transatlantique en quelque sorte.

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07:28 Publié dans Concurrence, Démocratie, Etats-Unis, Europe | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | |

06/10/2015

Franc fort: aux grands maux les grands remèdes

franc 1.jpgLa Suisse paie cher la défense contre vents et marées de sa souveraineté monétaire. Naguère justifiée par une stabilité des prix et des taux d’intérêt plus bas qu’ailleurs, l’indépendance de sa banque centrale est remise en question depuis que l’inflation a disparu et que les taux sont partout proches de zéro : non seulement le franc reste fort alors que les différentiels qui pouvaient le justifier ont été emportés par la crise, mais encore l’économie d’exportation continue de souffrir malgré une conjoncture européenne – celle de son principal débouché – désormais en pleine convalescence.

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09:49 Publié dans Banques centrales, Croissance, Démocratie, suisse, Zone euro | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

29/09/2015

Cette très chère santé…

sante image stetoscope keystone.jpgQue dans les pays riches les dépenses de santé progressent plus vite que le produit intérieur brut, c’est un fait connu et expliqué depuis des âges. Plus le niveau de vie s’élève, plus la part du revenu consacré aux «biens supérieurs» augmente, selon la loi d’Engel que les étudiants de première année en économie se mettent dans la tête. Rien d’étonnant, donc, à ce que le pays le plus riche du monde après les Etats-Unis soit celui qui dépense le plus pour la santé. 

L’aspiration de ses habitants n’est pas pour autant à profiter d’une vie plus longue: l’espérance de vie à la naissance n’est pas meilleure ici qu’ailleurs. Elle y serait même plus basse qu’en Espagne, égale à celle de l’Italie, et à peine supérieure à celle de la France, si l’on en croit l’OCDE. Ce qui singularise la Suisse, c’est qu’on y apprécie plus que tout la qualité et le confort, quitte à payer plus cher, comme pour la voiture, le logement, les loisirs, l’alimentation…

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09:58 Publié dans Assurance maladie, Santé, suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

22/09/2015

Immobilier : toujours la ligne rouge

Ce n’est plus seulement la Banque nationale suisse, mais aussi, cette fois-ci, la Banque des règlements internationaux qui met en exergue l’évolution de l’immobilier en Suisse. Selon ses calculs, les prix de l’immobilier résidentiel enregistrent chez nous depuis des années une hausse dépassant de beaucoup celle que connaissent les quelques rares pays où ils continuent d’augmenter, pour l’essentiel l’Allemagne, la Suède ou encore le Canada.

La mesure dans laquelle ces prix s’écartent de leur tendance à long terme y atteindrait presque 12 points de pourcentage, ce qui placerait la Suisse dans la zone de danger, puisque ce «property price gap» est considéré comme un signal d’alerte avancé, annonciateur d’une crise bancaire susceptible d’intervenir dans les trois ans. Bigre !

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10:00 Publié dans Banques centrales, Dette, Immobilier, Prix | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

15/09/2015

Syriza, Podemos, Labour: radicalisation à gauche

Corbyn.jpgSyriza, Podemos, Front de gauche, Labour version Jeremy Corbyn… La gauche radicale européenne exprime son refus de l’austérité telle que préconisée par les instances supranationales et appliquée de plus ou moins bonne grâce par les gouvernements en place. Cette rébellion de la rue, dorénavant exprimée dans les urnes, accuse un temps de retard sur la réalité, puisque l’austérité s’est partout adoucie, partie pour la raison que les dirigeants ont relâché leur étreinte ou tout bonnement leur vigilance, partie pour cause de croissance retrouvée, qui allège les dépenses sociales et fait rentrer l’impôt.

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