15/09/2016

Hypothèques: vers une crise des subprimes façon helvétique?

Patrik-Gisel raiffeisen.jpgS’acheminerait-on, imperceptiblement, vers une crise des subprimes façon helvétique? L’hypothèse, en soi improbable tant les caractéristiques de notre marché diffèrent de celles qui régnaient à l’époque sur le marché américain, n’en est pas moins concevable «toutes choses égales par ailleurs». La croissance du volume des financements hypothécaires aux Etats-Unis était alors à peu près aussi rapide qu’elle l’est aujourd’hui en Suisse, même si elle empruntait d’autres canaux – les crédits bancaires directs ici, leur titrisation là-bas.

Lire la suite

09:21 Publié dans Banques suisses, Dette, suisse, Taux d'intérêt | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

07/09/2016

La Banque nationale suisse possède un gros morceau d'Apple

bnd apple.jpgL’affaire est passée presque inaperçue en Suisse. Et pourtant, plus que toute autre banque centrale, bien davantage aussi que nombre de grands fonds d’investissement, notre Banque nationale accumule une proportion considérable d’actions étrangères.

A l’heure actuelle, 20% du total de ses placements de devises, soit la bagatelle de 128 milliards de francs, sont constitués de titres de tout premier ordre. La moitié de cette somme est placée en actions de grandes sociétés américaines, dont pas moins de quelque 1,5 milliard de dollars en actions Apple (la première position de son portefeuille), ce qui fait jaser la terre entière. Non seulement parce qu’une banque centrale concentre ainsi ses placements, mais aussi parce qu’elle n’a cessé d’empiler les actions de la firme de Cupertino quand le reste des investisseurs s’en séparaient (à l’exception notable de Berkshire Hathaway, la société d’investissement de Warren Buffet, qui en a acheté également pour un bon milliard de dollars).

Lire la suite

08:51 Publié dans Banques centrales, Finances publiques, gouvernance, suisse | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | |

29/08/2016

A propos de la «vraie» valeur du franc

Ainsi donc, si l’on en croit le Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco), le franc ne serait que modérément surévalué, pour peu que l’on prenne en compte ce que les économistes appellent la parité de pouvoir d’achat, dans une version plus sophistiquée que celle que calcule l’hebdomadaire The Economist avec son fameux «Big Mac Index», qui aboutit à une surévaluation de plus de 60% de notre monnaie.

Des calculs effectués de son côté par l’OCDE aboutissent à des résultats intermédiaires: entre 2000 et 2015, un taux de change du franc par rapport au dollar estimé selon une parité de pouvoir d’achat valable pour la consommation privée (en gros, selon le panier de la ménagère) est passé de 1,985 franc à 1,463 franc, soit une appréciation de plus de 26%. Alors que dans le même temps le taux de change de l’euro par rapport au même dollar selon une PPA également calculée pour la consommation privée n’est passé que de 0,946 euro à 0,885 euro (+6%). Le franc, déjà fort en 2000, s’est donc encore apprécié de 20% depuis lors.

Lire la suite

14:53 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

24/08/2016

Les calculs d’épicier de la prévoyance

Si notre prévoyance à trois piliers, modèle de réussite actuarielle, suscite partout l’admiration, elle s’avère en réalité plus coûteuse qu’efficace, du moins si l’on en juge par son résultat, savoir le taux de remplacement du dernier salaire.

La Suisse se classe en effet à cet égard quelque part entre le vingtième et le trentième rang mondial, avec un taux de l’ordre de 40%, ce qui ne l’empêche pas de connaître, elle aussi, des difficultés croissantes de financement. Les perspectives démographiques pèsent sur l’avenir de l’AVS et, alliées à la faiblesse des rendements financiers, menacent également l’équilibre des caisses de pensions.

Lire la suite

07:15 Publié dans Assurances, Capital, Financement des retraites, Prévoyance | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

17/08/2016

L’effet singulier des taux négatifs

Les taux négatifs qui se répandent un peu partout mettent le monde à l’envers et rendent les caisses de pensions schizophrènes.

D’un côté en effet ces dernières, grandes consommatrices d’actifs sûrs, acceptent d’acheter des obligations de la Confédération dont le rendement est inférieur à zéro y compris pour des échéances très lointaines, ce qui signifie qu’elles n’entrevoient guère d’améliorations sur ce plan là avant très, très longtemps.

Lire la suite

07:59 Publié dans Banques, Capital, Dette, Financement des retraites, Monnaie, Prix, Taux d'intérêt | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook | | |

10/08/2016

L’exception helvétique, c’est fini ?

Longtemps, la Suisse a semblé échapper à la morosité ambiante. Une demande soutenue, un faible chômage, des comptes publics à l’équilibre, une balance courante largement excédentaire, étaient là pour expliquer au monde que ce pays avait toutes les raisons de se considérer comme meilleur que les autres. Mais voilà, les panneaux indicateurs sont passés du vert à l’orange, et même au rouge s’agissant des exportations de machines et de montres. La croissance s’est arrêtée, et avec elle l’emploi. Plus frappante encore, et plus décisive aussi pour l’évolution à venir, la contribution de la consommation privée au produit intérieur brut, qui forme le socle de la dépense domestique, est tombée en territoire négatif au premier trimestre de l’année, pour la première fois en quinze ans. Le recul est minime, mais la tendance est baissière depuis le déclenchement de la crise financière, signe que la capacité de résistance de l’économie suisse s’est progressivement amoindrie.

Lire la suite

07:31 Publié dans suisse | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

04/08/2016

La bombe à retardement des taux fixes

Mon ami du Valais est très remonté contre les banques. Son beau-fils, qui rêvait depuis longtemps d’accéder à la propriété, va probablement accepter de contracter un emprunt à taux fixe sur dix ans, encouragé en cela par sa banque – sans doute un institut régional – qui lui suggère de choisir un amortissement limité au strict minimum. Non seulement, lui a-t-on expliqué, il déboursera ainsi bien moins que son loyer actuel grâce au bas niveau des taux d’intérêt, mais encore il fera une économie d’impôts, puisque les charges hypothécaires sont intégralement déductibles du revenu. Il aura la belle vie, pourra partir chaque année en vacances, changer régulièrement de voiture. Dix ans, c’est tellement loin…

Lire la suite

07:58 Publié dans Banques, Capital, Dette, Finances | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

27/07/2016

Le comment et le pourquoi du déclin de la productivité

personne foule ocede chomeurs travailleur.jpgIl y a quelque chose d’assez extraordinaire et inexplicable dans le fait que le foisonnement d’innovations auquel nous assistons dans les domaines les plus divers ne s’accompagne pas d’une explosion de l’activité d’investissement, et qu’à la différence de celles qui l’ont précédée, la révolution industrielle que nous vivons depuis quelques décennies n’amène qu’augmentation des inégalités et baisse continue des gains de productivité.

Ce dernier point est peut-être le plus surprenant. Car comment comprendre que le progrès technique, d’ordinaire source de mieux être ou en tout cas de meilleure diffusion d’éléments de prospérité, se heurte désormais au scepticisme général, et se dissipe dans ce qui ressemble de plus en plus à un amas inconsistant de données dépourvues de sens et d’informations redondantes ?

Lire la suite

06:02 Publié dans Chômage, Concurrence, Croissance, Emploi, Industrie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

13/07/2016

Grandes banques ratatinées, mais encore ?  

Comment expliquer que les cours des actions de nos deux grandes banques aient été divisés par six pour l’une et neuf pour l’autre depuis le déclenchement de la crise en 2007, effaçant du même coup des dizaines de milliards de capitalisation boursière ? Comment se peut-il que ces deux géantes qui, il y a quelques années encore, comptaient parmi les principales institutions financières du monde tout en faisant la pluie et le beau temps sur le plan local, ne soient plus que la pâle copie de ce qu’elles étaient alors?

Lire la suite

10:12 Publié dans Banques suisses, Capital | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

05/07/2016

Quand l’Europe perd et les Etats-Unis gagnent

Pourquoi l’Europe échoue-t-elle là où les Etats-Unis réussissent ? Pourquoi l’économie américaine aligne-t-elle les performances (une croissance en nette reprise, des embauches en hausse, un taux de chômage redescendu à son niveau de novembre 2007) alors que la zone euro piétine et ne parvient même pas à tirer parti de ses maigres avancées, en matière d’union bancaire par exemple, pour relancer une activité désespérément atone ?

Lire la suite

10:22 Publié dans Banques, Banques centrales, Croissance, Etats-Unis, Europe, gouvernance | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

28/06/2016

La Suisse lorgne déjà vers le large

Dans quelle mesure le tumulte provoqué par le Brexit risque-t-il d’affecter l’économie suisse ? Bien malin, à ce stade, qui pourrait le dire. Ce que, en revanche, on peut d’ores et déjà constater, c’est que depuis une dizaine d’années, la crise aidant, nos entreprises ont pris soin d’adapter leurs stratégies de présence sur les marchés. Les statistiques que la BNS publie en ligne sur les investissements directs et l’évolution des effectifs des filiales à l’étranger d’entreprises établies en Suisses indiquent en effet très clairement une réorientation progressive des activités en direction de nouveaux groupes de pays : pays du «BRIC» bien sûr (Brésil, Russie, Inde, Chine), mais aussi pays de l’Est ayant rejoint l’Union européenne, partis certes de niveaux très bas, mais en train de rejoindre des places plus qu’honorables.

Lire la suite

10:34 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

15/06/2016

La solution est dans le coffre

La Commerzbank, qui n’est pas n’importe quelle banque allemande (c’est même la deuxième, par ordre décroissant d’importance, derrière la Deutsche Bank), réfléchit sérieusement à l’éventualité de déposer sa trésorerie dans des coffres-forts plutôt que de continuer de la voir ponctionnée au taux de la «facilité de dépôt» (-0,40%) appliqué depuis le mois de mars par la Banque centrale européenne. La Münchener Rück, ou Munich Re, plus gros réassureur mondial loin devant notre Swiss Re, aurait même commencé à parquer quelques dizaines de millions d’euro dans des safes, histoire, là aussi, d’échapper à la pénalité.

Lire la suite

06:12 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

25/05/2016

De la Grande récession au grand embarras

Il est des signes qui ne trompent pas. Lorsque des entreprises cotées en bourse se proposent de racheter leurs propres actions, c’est peut-être, insinuent de mauvaises langues, pour en redresser les cours ou – ce qui revient à peu près au même – en améliorer les multiples cours-bénéfice. C’est en tout cas que ces entreprises ont perdu le goût d’entreprendre, et préfèrent se recroqueviller sur elles-mêmes en attendant des jours meilleurs plutôt qu’investir dans de nouveaux projets.

Lire la suite

07:22 Publié dans Air du temps, Capital, Croissance, Futur, gouvernance | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

04/05/2016

BNS: pourquoi changer quand tout va bien (ou presque)

La Banque nationale suisse n’est pas la Banque centrale européenne, n’empêche qu’elle essuie depuis quelque temps le même genre de critiques. On lui reproche en gros de prendre ses décisions de manière indépendante, ce dont on se félicitait quand tout allait bien, mais qui ne va plus du tout lorsque la politique monétaire qu’elle a choisi de suivre heurte les intérêts de tel ou tel secteur de l’économie. Il conviendrait par exemple de flanquer son directoire de commissions d’experts, ou plus radicalement de le remplacer par un comité élargi, à l’image de celui de la BCE ou, mieux encore, de la Réserve fédérale américaine. On éviterait ainsi qu’un organe décisionnel de taille restreinte ne s’aventure sans boussole autre qu’une connaissance purement académique du terrain entre les écueils d’un monde financier de plus en plus complexe et imprévisible.

Lire la suite

27/04/2016

Querelle d’Allemands

Le président de la Banque centrale européenne, l’ancien gouverneur de la Banque d’Italie et vice-président pour l’Europe de Goldman Sachs Mario Draghi, est depuis quelque temps l’objet de furieuses attaques de la part de responsables allemands qui lui reprochent de dissoudre la zone euro dans un océan de liquidités au lieu de préserver comme il devrait la solidité de la monnaie unique, héritière de feu le Deutsche Mark. Ce laxisme délibéré détournerait à leur avis les pays fautifs de l’obligation que les traités leur font pourtant de remettre de l’ordre dans leurs finances publiques, puisqu’en rachetant à coups de dizaines et même de centaines de milliards les emprunts qu’ils émettent à tout va au lieu de se serrer la ceinture, la BCE encourage ces pays, essentiellement du Sud, à persévérer dans l’erreur. Non seulement, ce faisant, elle s’écarterait de l’essentiel de sa mission qui est de préserver la stabilité des prix, mais encore elle ruinerait les épargnants et les retraités allemands en faisant tomber les taux d’intérêt plus bas que zéro. Wolfgang Schäuble, le ministre des finances du gouvernement de Mme Merkel, aurait même accusé M. Draghi d’être en partie responsable de la montée de l’extrême droite dans son pays…

Lire la suite

06:57 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

20/04/2016

Il fait trop beau pour travailler (Les Parisiennes, 1964)

L’initiative «pour un revenu de base inconditionnel» n’a aucune chance d’être acceptée, mais elle ouvre un joli débat. Entre le rejet catégorique d’un conseiller fédéral qui invite à «passer aux choses sérieuses» et l’ironie d’un ex-membre et vice-président du directoire de la BNS qui lui préférerait un «emploi inconditionnel», l’idée rallie contre elle toute la Suisse bien pensante et même au-delà, alors qu’il vaudrait la peine de la prendre pour ce qu’elle est, savoir une proposition d’utopie qui derrière son côté ébouriffant touche à une question fondamentale.

Lire la suite

07:56 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

13/04/2016

Genève, qui fait ta richesse?...

La prospérité genevoise repose sur des piliers à vrai dire moins fixes que flottants, en ceci qu’ils n’ont cessé de varier à travers le temps, portés par ce qu’on a pu appeler le hasard des circonstances. La banque, l’horlogerie, le négoce et le conseil juridique, ces quatre piliers d’aujourd’hui, ne l’ont pas toujours été : autrefois, c’étaient les foires et l’indiennerie, puis la Fabrique et l’imprimerie, et enfin la mécanique de précision (SIP, Tavaro, Charmilles) qui tour à tour dominèrent dans une Genève devenue internationale par le jeu d’influences extérieures.

Lire la suite

07:30 Publié dans Air du temps, Banques, Concurrence, Croissance, Démocratie, Genève | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

06/04/2016

Ce qui se cache derrière les taux négatifs  

Les pères et mères de la prévoyance professionnelle obligatoire n’auraient sans doute jamais imaginé que des taux d’intérêt puissent devenir négatifs et ruiner du même coup leur œuvre commune. Car des taux négatifs, soyons-en conscients, détruisent du capital ; or l’essence même du 2e pilier est la capitalisation, primo du fait de l’accumulation d’épargne (les cotisations payées par les employeurs et leurs salariés), secundo du fait de la rémunération de cette épargne (l’intérêt légal servi sur les avoirs de vieillesse), et même, tertio, par l’intervention d’un taux, dit technique, servant à calculer la valeur actuelle des engagements futurs de rentes.

Lire la suite

31/03/2016

Vers la fin des (trop) grandes banques ?

Depuis bien avant la crise de 2008, et même depuis les années 1980 aux Etats-Unis où une douzaine d’entre elles étaient déjà considérées comme telles, les banques dites «too big to fail» («trop grosses pour faire faillite») représentent un vrai casse tête pour les autorités chargées de veiller autant que faire se peut à la stabilité du système financier.

Lire la suite

07:59 Publié dans Banques, Banques centrales, Croissance, Finances | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

23/03/2016

L’affaire compliquée du travail en France

Le mur d’incompréhension qui d’ordinaire sépare les économistes sachant ce qu’il faudrait faire des politiciens mesurant tout l’écart qu’il y a entre théorie et pratique, ce mur-là va dans la France d’aujourd’hui jusqu’à diviser les économistes eux-mêmes à propos de l’avant-projet de loi sur le travail dite loi El-Khomri, du nom de l’actuelle ministre du travail chargée de la porter. Et ces économistes ne sont pas n’importe lesquels : on compte, chez les «pour» comme chez les «contre», presque tout ce que l’Hexagone a produit de meilleur en la matière.

Lire la suite

05:12 | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | |