23/11/2016

Populistes de tous pays…

Qu’il soit de gauche ou de droite, le populisme n’a pas le monopole de l’imbécillité économique, même s’il en est la plus répandue des variantes. On le trouve en ce moment tant en Europe qu’aux Etats-Unis et en Amérique du Sud, où ses ravages se font sentir de l’Argentine au Venezuela, pays naguère prospères et proches aujourd’hui de l’effondrement total. Sa constance dans l’erreur est de s’obstiner à répondre aux appels d’une majorité inquiète par des politiques de satisfaction immédiate : refus de l’immigration, fermeture des importations en provenance de pays à bas salaires, dénonciation des accords commerciaux, subventionnement et au besoin étatisation des secteurs considérés clés, rejet de toute réforme sérieuse de régimes de retraite pourtant menacés par le vieillissement démographique.

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16/11/2016

Un fonds souverain suisse: une idée fait son chemin

Les montagnes d’euros et de dollars repris par la Banque nationale afin d’empêcher une trop forte revalorisation du franc finiront bien, un jour ou l’autre, par servir à la création d’un fonds souverain. Un premier pas vient en tout cas d’être franchi avec la reconduction pour cinq ans de l’accord conclu entre le Département des finances et la BNS au sujet de la répartition du bénéfice de cette dernière.

Cette nouvelle convention qui sanctuarise en quelque sorte, au grand soulagement des cantons, un principe arrêté une première fois pour la période de 2011 à 2015, montre en effet que l’on reconnaît désormais en haut lieu le caractère sinon réel, du moins utile, des excédents dégagés en bonne partie par l’actif grossissant du bilan de l’Institut d’émission.

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26/10/2016

«Fonds pour l’avenir suisse»: Quand la Suisse se réveille

En Suisse, tout va lentement, mais finit par arriver. Il y a de cela une bonne trentaine d’années, on commença à suggérer que, de même que certains risques à l’exportation sont couverts depuis 1934, il ne serait pas idiot de couvrir aussi les risques liés à l’innovation. Un projet d’arrêté fédéral «instituant une garantie contre les risques à l'innovation en faveur des petites et moyennes entreprises» fut rejeté en septembre 1985, à une assez forte majorité (56.9% de non).

Depuis, pas mal d’eau a coulé sous les ponts, même si les «conditions-cadres», comme on aime à dire, n’ont pas fondamentalement changé. Les changements structurels évoqués à l’époque sont exactement de même nature que ceux d’aujourd’hui : évolution de l’économie internationale, accélération du progrès technique, montée du protectionnisme.

Une poignée de parlementaires éclairés, rejoints par quelques éclaireurs des médias, sont remontés au front sans relâche, pour finalement réussir à convaincre que l’abondance d’épargne accumulée dans ce pays avait mieux à faire que de se placer sans risque dans des obligations à rendement nul.

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19/10/2016

La SIP délocalise: petite nécrologie de l'industrie genevoise

sip gruyere.jpgC’est à peine si la nouvelle a fait plus qu’un entrefilet dans la presse genevoise. La SIP, ou plutôt ce qu’il en reste (une vingtaine d’emplois), va plier bagages pour migrer le 1er février prochain en Glâne fribourgeoise où elle s’installera dans la nouvelle usine du groupe Starrag auquel elle appartient. Les cinq lignes de la dépêche ATS annonçant cette «délocalisation» mentionne juste que “la société a été l’un des fleurons de la machine-outil helvétique dans le monde” (La Gruyère en dit un peu plus).

Voilà qui est un peu court pour enterrer l’histoire locale d’une entreprise vieille de plus de 150 ans et qui a compté jusqu’à 1600 salariés à la fin des années 60, sur les 11'000 et quelque que l’industrie genevoise des machines occupait à l’époque. Pour situer les choses : la banque genevoise employait alors moins de 9500 collaborateurs…

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08:26 Publié dans Technologie | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

12/10/2016

La Deutsche Bank préfigure le monde de demain

Les ennuis de la Deutsche Bank font irrésistiblement penser à ceux qu’UBS a connus il n’y a pas si longtemps de cela: les deux établissements sont les plus importants de leur pays, leur chute y aurait mis à genoux l’ensemble du système financier, et de même que la Confédération avait volé au secours de notre grande banque, la République fédérale d’Allemagne empêchera à coup sûr et par tous les moyens la sienne de tomber.

Les deux géantes ont vu leur destinée basculer à mi-mai 2007, lorsqu’éclata la crise financière qu’elles ont d’une certaine manière sinon causée, du moins contribué à amplifier. Au rayon des analogies, on rangera, outre les créances douteuses nombreuses à peser sur leurs bilans respectifs, les amendes plus ou moins colossales que leurs agissements sur sol américain, et notamment leur rôle dans la distribution de produits dits toxiques dérivés des crédits subprime, leur ont valu ou vont encore leur valoir. S’y sont ajoutées, dans le cas d’UBS, les amendes ayant sanctionné l’assistance accordée à divers «réfugiés fiscaux» pourchassés par le DoJ.

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06:45 Publié dans Air du temps, Banques, Capital, Europe, Finances, Futur, Monnaie, Taux d'intérêt | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

05/10/2016

Monnaies: quand et comment virer de bord ?

En voile, sauf erreur, virer de bord implique de changer de cap ni trop tôt ni trop tard pour réussir la manœuvre. En matière monétaire, il en va à peu près de même : inverser la politique qui a consisté jusqu’ici à faire baisser les taux d’intérêt, et même à les mener en territoire négatif, pour les réaligner sur leur tendance de long terme, est une décision qui doit se prendre au bon moment. Entamé trop tôt, le mouvement risque d’étouffer la reprise. Entrepris trop tard, il pourrait réveiller les anticipations inflationnistes.

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28/09/2016

Le salut ? Il est dans les infrastructures !

Puisque les rendements financiers ont filé à l’anglaise et que les caisses de pensions ne peuvent plus compter sur le troisième cotisant pour assurer les retraites, il y a peut-être une solution qu’un certain nombre d’experts aux vues non conventionnelles abordent par différents biais : l’investissement en infrastructures.

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06:50 Publié dans Chômage, Croissance, Europe, gouvernance | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

21/09/2016

AVS, 2e pilier, c’est du pareil au même

prevoyance vieillesse retraite.jpgOn tient mordicus à opposer 1er  et 2e pilier, alors que les deux ouvrages sont confrontés au même problème de statique. L’AVS, fondée sur la répartition (“pay as you go” disent les Anglo-Saxons), souffre du vieillissement démographique qui détériore le rapport de dépendance. La prévoyance professionnelle obligatoire, fondée sur l’accumulation et le placement d’épargne, est censée y échapper, mais en réalité trébuche sur le même obstacle, pour des raisons qu’on se garde généralement de mettre en lumière. Voici donc, pour la clarté de la chose, de quoi il retourne.

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07:41 Publié dans Capital, Financement des retraites, Prévoyance, suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

15/09/2016

Hypothèques: vers une crise des subprimes façon helvétique?

Patrik-Gisel raiffeisen.jpgS’acheminerait-on, imperceptiblement, vers une crise des subprimes façon helvétique? L’hypothèse, en soi improbable tant les caractéristiques de notre marché diffèrent de celles qui régnaient à l’époque sur le marché américain, n’en est pas moins concevable «toutes choses égales par ailleurs». La croissance du volume des financements hypothécaires aux Etats-Unis était alors à peu près aussi rapide qu’elle l’est aujourd’hui en Suisse, même si elle empruntait d’autres canaux – les crédits bancaires directs ici, leur titrisation là-bas.

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09:21 Publié dans Banques suisses, Dette, suisse, Taux d'intérêt | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

07/09/2016

La Banque nationale suisse possède un gros morceau d'Apple

bnd apple.jpgL’affaire est passée presque inaperçue en Suisse. Et pourtant, plus que toute autre banque centrale, bien davantage aussi que nombre de grands fonds d’investissement, notre Banque nationale accumule une proportion considérable d’actions étrangères.

A l’heure actuelle, 20% du total de ses placements de devises, soit la bagatelle de 128 milliards de francs, sont constitués de titres de tout premier ordre. La moitié de cette somme est placée en actions de grandes sociétés américaines, dont pas moins de quelque 1,5 milliard de dollars en actions Apple (la première position de son portefeuille), ce qui fait jaser la terre entière. Non seulement parce qu’une banque centrale concentre ainsi ses placements, mais aussi parce qu’elle n’a cessé d’empiler les actions de la firme de Cupertino quand le reste des investisseurs s’en séparaient (à l’exception notable de Berkshire Hathaway, la société d’investissement de Warren Buffet, qui en a acheté également pour un bon milliard de dollars).

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08:51 Publié dans Banques centrales, Finances publiques, gouvernance, suisse | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | |

29/08/2016

A propos de la «vraie» valeur du franc

Ainsi donc, si l’on en croit le Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco), le franc ne serait que modérément surévalué, pour peu que l’on prenne en compte ce que les économistes appellent la parité de pouvoir d’achat, dans une version plus sophistiquée que celle que calcule l’hebdomadaire The Economist avec son fameux «Big Mac Index», qui aboutit à une surévaluation de plus de 60% de notre monnaie.

Des calculs effectués de son côté par l’OCDE aboutissent à des résultats intermédiaires: entre 2000 et 2015, un taux de change du franc par rapport au dollar estimé selon une parité de pouvoir d’achat valable pour la consommation privée (en gros, selon le panier de la ménagère) est passé de 1,985 franc à 1,463 franc, soit une appréciation de plus de 26%. Alors que dans le même temps le taux de change de l’euro par rapport au même dollar selon une PPA également calculée pour la consommation privée n’est passé que de 0,946 euro à 0,885 euro (+6%). Le franc, déjà fort en 2000, s’est donc encore apprécié de 20% depuis lors.

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24/08/2016

Les calculs d’épicier de la prévoyance

Si notre prévoyance à trois piliers, modèle de réussite actuarielle, suscite partout l’admiration, elle s’avère en réalité plus coûteuse qu’efficace, du moins si l’on en juge par son résultat, savoir le taux de remplacement du dernier salaire.

La Suisse se classe en effet à cet égard quelque part entre le vingtième et le trentième rang mondial, avec un taux de l’ordre de 40%, ce qui ne l’empêche pas de connaître, elle aussi, des difficultés croissantes de financement. Les perspectives démographiques pèsent sur l’avenir de l’AVS et, alliées à la faiblesse des rendements financiers, menacent également l’équilibre des caisses de pensions.

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07:15 Publié dans Assurances, Capital, Financement des retraites, Prévoyance | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

17/08/2016

L’effet singulier des taux négatifs

Les taux négatifs qui se répandent un peu partout mettent le monde à l’envers et rendent les caisses de pensions schizophrènes.

D’un côté en effet ces dernières, grandes consommatrices d’actifs sûrs, acceptent d’acheter des obligations de la Confédération dont le rendement est inférieur à zéro y compris pour des échéances très lointaines, ce qui signifie qu’elles n’entrevoient guère d’améliorations sur ce plan là avant très, très longtemps.

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07:59 Publié dans Banques, Capital, Dette, Financement des retraites, Monnaie, Prix, Taux d'intérêt | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook | | |

10/08/2016

L’exception helvétique, c’est fini ?

Longtemps, la Suisse a semblé échapper à la morosité ambiante. Une demande soutenue, un faible chômage, des comptes publics à l’équilibre, une balance courante largement excédentaire, étaient là pour expliquer au monde que ce pays avait toutes les raisons de se considérer comme meilleur que les autres. Mais voilà, les panneaux indicateurs sont passés du vert à l’orange, et même au rouge s’agissant des exportations de machines et de montres. La croissance s’est arrêtée, et avec elle l’emploi. Plus frappante encore, et plus décisive aussi pour l’évolution à venir, la contribution de la consommation privée au produit intérieur brut, qui forme le socle de la dépense domestique, est tombée en territoire négatif au premier trimestre de l’année, pour la première fois en quinze ans. Le recul est minime, mais la tendance est baissière depuis le déclenchement de la crise financière, signe que la capacité de résistance de l’économie suisse s’est progressivement amoindrie.

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04/08/2016

La bombe à retardement des taux fixes

Mon ami du Valais est très remonté contre les banques. Son beau-fils, qui rêvait depuis longtemps d’accéder à la propriété, va probablement accepter de contracter un emprunt à taux fixe sur dix ans, encouragé en cela par sa banque – sans doute un institut régional – qui lui suggère de choisir un amortissement limité au strict minimum. Non seulement, lui a-t-on expliqué, il déboursera ainsi bien moins que son loyer actuel grâce au bas niveau des taux d’intérêt, mais encore il fera une économie d’impôts, puisque les charges hypothécaires sont intégralement déductibles du revenu. Il aura la belle vie, pourra partir chaque année en vacances, changer régulièrement de voiture. Dix ans, c’est tellement loin…

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27/07/2016

Le comment et le pourquoi du déclin de la productivité

personne foule ocede chomeurs travailleur.jpgIl y a quelque chose d’assez extraordinaire et inexplicable dans le fait que le foisonnement d’innovations auquel nous assistons dans les domaines les plus divers ne s’accompagne pas d’une explosion de l’activité d’investissement, et qu’à la différence de celles qui l’ont précédée, la révolution industrielle que nous vivons depuis quelques décennies n’amène qu’augmentation des inégalités et baisse continue des gains de productivité.

Ce dernier point est peut-être le plus surprenant. Car comment comprendre que le progrès technique, d’ordinaire source de mieux être ou en tout cas de meilleure diffusion d’éléments de prospérité, se heurte désormais au scepticisme général, et se dissipe dans ce qui ressemble de plus en plus à un amas inconsistant de données dépourvues de sens et d’informations redondantes ?

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13/07/2016

Grandes banques ratatinées, mais encore ?  

Comment expliquer que les cours des actions de nos deux grandes banques aient été divisés par six pour l’une et neuf pour l’autre depuis le déclenchement de la crise en 2007, effaçant du même coup des dizaines de milliards de capitalisation boursière ? Comment se peut-il que ces deux géantes qui, il y a quelques années encore, comptaient parmi les principales institutions financières du monde tout en faisant la pluie et le beau temps sur le plan local, ne soient plus que la pâle copie de ce qu’elles étaient alors?

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05/07/2016

Quand l’Europe perd et les Etats-Unis gagnent

Pourquoi l’Europe échoue-t-elle là où les Etats-Unis réussissent ? Pourquoi l’économie américaine aligne-t-elle les performances (une croissance en nette reprise, des embauches en hausse, un taux de chômage redescendu à son niveau de novembre 2007) alors que la zone euro piétine et ne parvient même pas à tirer parti de ses maigres avancées, en matière d’union bancaire par exemple, pour relancer une activité désespérément atone ?

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28/06/2016

La Suisse lorgne déjà vers le large

Dans quelle mesure le tumulte provoqué par le Brexit risque-t-il d’affecter l’économie suisse ? Bien malin, à ce stade, qui pourrait le dire. Ce que, en revanche, on peut d’ores et déjà constater, c’est que depuis une dizaine d’années, la crise aidant, nos entreprises ont pris soin d’adapter leurs stratégies de présence sur les marchés. Les statistiques que la BNS publie en ligne sur les investissements directs et l’évolution des effectifs des filiales à l’étranger d’entreprises établies en Suisses indiquent en effet très clairement une réorientation progressive des activités en direction de nouveaux groupes de pays : pays du «BRIC» bien sûr (Brésil, Russie, Inde, Chine), mais aussi pays de l’Est ayant rejoint l’Union européenne, partis certes de niveaux très bas, mais en train de rejoindre des places plus qu’honorables.

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15/06/2016

La solution est dans le coffre

La Commerzbank, qui n’est pas n’importe quelle banque allemande (c’est même la deuxième, par ordre décroissant d’importance, derrière la Deutsche Bank), réfléchit sérieusement à l’éventualité de déposer sa trésorerie dans des coffres-forts plutôt que de continuer de la voir ponctionnée au taux de la «facilité de dépôt» (-0,40%) appliqué depuis le mois de mars par la Banque centrale européenne. La Münchener Rück, ou Munich Re, plus gros réassureur mondial loin devant notre Swiss Re, aurait même commencé à parquer quelques dizaines de millions d’euro dans des safes, histoire, là aussi, d’échapper à la pénalité.

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