Le blog de Marian Stepczynski - Page 2

  • Et si le populisme était en définitive le meilleur moyen de sauver le capitalisme ?

    Imprimer

    Et si le populisme était en définitive le meilleur moyen de sauver le capitalisme ? Cette thèse, pour le moins hétérodoxe, est défendue de manière assez convaincante par Raghuram G. Rajan, ancien gouverneur de la banque centrale de l’Inde et actuel professeur de finance à la très réputée Chicago Booth School of Business, dans un article qu’il vient de publier (“Why capitalism needs populism”)*.

    Lire la suite

  • Comment on se tire une balle dans le pied

    Imprimer

    Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois. En menaçant la Chine de ses foudres tarifaires, Donald Trump comble d’aise ses zélateurs, mais fait preuve une fois de plus de sa méconnaissance crasse des principes économiques les plus élémentaires. On se souvient par exemple de la conviction avec laquelle il avait affirmé à coups de tweets que ce serait le Mexique qui payerait le mur, alors qu’un étudiant de deuxième année en économie n’aurait eu aucune peine à démontrer que ce seront toujours les contribuables américains qui règleront la facture.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Chine, Concurrence, Démocratie, Etats-Unis 0 commentaire
  • Caisses publiques de retraite: in cauda venenum

    Imprimer

    Dans sa grande sagesse, le législateur a prévu que les caisses publiques de prévoyance pouvaient renoncer à une capitalisation complète si l’Etat, supposé éternel, leur accordait sa garantie. Il a toutefois placé un garde-fou à cette exception, en fixant après d’âpres débats au moment de la révision de la LPP (2010) un plancher absolu au degré minimum de capitalisation à atteindre au bout de 40 ans, savoir 80%. Pour les caisses publiques les plus faiblement capitalisées, le défi est de taille : si elles présentent une structure d’âge défavorable, ne comptent que peu de cotisants par rapport au nombre de retraités, ou encore maintiennent des taux de cotisation trop bas en regard des engagements promis, l’effort de recapitalisation se chiffre vite en milliards, voire dizaines de milliards pour les plus grandes d’entre elles.

    Lire la suite

  • Un monde fou, fou, fou  

    Imprimer

    Un humoriste russophone élu président à Kiew une semaine avant la Pâque orthodoxe, une GAFA rachetant la Grèce (c’est une fiction, mais tout de même), des investisseurs privés majoritaires au capital de la Banque nationale suisse (c’est une réalité)… Le monde décidément marche sur la tête. Dans le film de Stanley Kramer, il y avait au moins un trésor à chercher. Ici, il n’y a rien à récupérer, sinon de grosses déceptions.

    Lire la suite

    Lien permanent 0 commentaire
  • Caisse de pensions des fonctionnaires genevois: entre salades et baratinage

    Imprimer

    Le projet de nième recapitalisation de la Caisse de prévoyance de l’Etat de Genève (CPEG), objet d’interminables initiatives et référendums, véhicule son cortège d’inexactitudes et d’approximations quand ce ne sont tout simplement des fadaises.

    Championne du genre, l’Asloca fait, dans un communiqué, remonter aux années 80 – et l’impute à des «choix politiques de la droite» – le passage d’une capitalisation à 100% à un système de capitalisation partielle de ce qui était alors la CIA. En réalité ladite caisse, fusionnée depuis avec la CEH qui était en bien meilleur état, n’avait jamais atteint un taux de couverture de 100% et s’en éloignait toujours plus, de sorte que le grand argentier de l’époque, Robert Ducret, avait habilement suggéré de passer à un système mixte de capitalisation partielle, à la satisfaction générale et non au seul contentement du camp bourgeois.

    Lire la suite

  • Libérale, la Suisse ? Allez allez…

    Imprimer

    Contrairement à une idée reçue, la Commission européenne ne s’occupe pas que de la courbure des concombres et du nombre minimum de doigts dans les bouquets de bananes. Elle veille aussi à la bonne application des règles de fonctionnement du marché unique qui donnent substance aux quatre libertés fondamentales (dont cette fameuse libre circulation des personnes qui effraie tant les milieux syndicaux) et pousse le scrupule jusqu’à s’assurer que le principe de la libre concurrence soit respecté sous tous ses aspects, ce qui suppose en particulier le bannissement des aides publiques sauf celles servant l’intérêt général.

    Or voilà que l’Association suisse des locataires s’inquiète des conséquences possible de l’application de ce même principe au marché du logement, puisque le logement locatif, sous les formes que cette association s’emploie systématiquement à préconiser (celle, pour faire simple, du logement dit social), est au bénéfice d’aides de l’Etat dans la plupart des cantons. L’Asloca entend donc que le Conseil fédéral obtienne de l’Union européenne l’assurance que l’accord-cadre négocié avec elle exclue expressément de son champ d’application les aides publiques au logement.

    Lire la suite

    Lien permanent 0 commentaire
  • La dette ? Tantôt blanc, tantôt noir…

    Imprimer

    Faut-il oui ou non s’inquiéter de la dette ? Un correspondant s’interroge, après avoir lu tout et ensuite son contraire. La vérité est que les avis y compris les plus autorisés sont partagés sur la question. D’un côté, les statistiques montrent que l’endettement global n’a jamais été aussi élevé, en chiffres absolus comme en proportion du produit intérieur brut, que ce soit dans le monde occidental ou dans les pays émergents, Chine en particulier. De l’autre, on commence à s’inquiéter sérieusement d’un ralentissement économique qui s’accentue et conduit les autorités monétaires, américaines en tête, à renvoyer à une date ultérieure les resserrements de liquidité qu’elles avaient programmés pour le proche terme. Mieux, des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent pour constater l’impuissance de la politique monétaire et prôner la remise au goût du jour des déficits publics en tant que moyen de relancer une demande globale asthénique.

    Lire la suite

  • Finance imaginative, Acte II

    Imprimer

    Il y avait eu, d’abord, les techniques tout à fait particulières de la comptabilité créative qui, après l’éclatement de la bulle Internet, s’étaient soldées par la faillite du géant américain Enron et les déboires consécutifs de plusieurs de ses partenaires, dont celle d’Arthur Andersen. Mais cela ne fut rien en comparaison de ce que l’imagination débordante de la galaxie financière allait réussir quelques années plus tard à créer avec la titrisation de créances hypothécaires, les fameuses «mortgage-backed securities», ou MBS, ces sortes de sandwiches multicouches mêlant des actifs de qualité variable dont la moins bonne, la tranche des «subprime», devait précipiter le monde entier dans la pire crise d’après-guerre.

    Lire la suite

    Lien permanent 2 commentaires
  • Les taux bas sont faits pour durer

    Imprimer

    Jamais depuis au bas mot 150 ans les taux d’intérêt, toutes échéances et origines confondues, n’ont été aussi bas. Cela, on pouvait le supputer, tant les politiques monétaires engagées depuis la crise de 2008 et son cortège de faillites en tout genre ont littéralement noyé les marchés sous un flot de liquidités censées les prémunir contre tout risque de répétition d’aussi funestes enchaînements.

    Lire la suite

    Lien permanent 1 commentaire
  • Dumpings salarial, locatif... Mieux vaut être dedans que dehors

    Imprimer

    Largement répandu dans les années trente au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, le système dit du «closed shop» réservait l’embauche aux membres de syndicats reconnus. Peu à peu interdite au nom de la liberté de contracter, cette façon de fermer l’emploi aux travailleurs venus du dehors fait irrésistiblement penser, toutes choses bien sûr égales par ailleurs, à diverses politiques en cours aujourd’hui dans divers pays dont singulièrement la Suisse, censées lutter contre le dumping salarial, protéger le pouvoir d’achat, empêcher la concurrence forcément déloyale de pays lointains, bref, toutes formes de remise en cause de ce qu’il faut bien appeler un cloisonnement du marché du travail.

    La différence essentielle d’avec les pratiques d’hier est évidemment qu’aujourd’hui un tel cloisonnement n’est pas condamné, mais au contraire soutenu jusque dans les rangs patronaux, pour la raison vraisemblable mais inavouée que ceux-ci y trouvent un moyen de se prémunir contre la sous-enchère de compétiteurs externes.

    Lire la suite

  • Médecins au chevet de la prochaine crise

    Imprimer

    Le débat qui s’intensifie au sujet des intérêts négatifs est révélateur du désarroi qui règne chez les économistes. Comment expliquer que les liquidités mises à disposition des intermédiaires bancaires par le truchement de politiques monétaires extraordinairement accommodantes n’alimentent pas le crédit aux entreprises, mais continuent d’être parquées en réserves stériles auprès des banques centrales en dépit des pénalités qui les frappent désormais? Des taux directeurs quasi nuls voire inférieurs à zéro, innovation radicale dans l’arsenal de la lutte anti-crise, ont certes permis de maintenir la dette publique dans des proportions supportables (puisqu’ils n’en alourdissent pas le service, alors même qu’elle continue de grandir), mais c’est là une maigre consolation face à la montagne de difficultés que signifiera le retour à la normale.

    Lire la suite

  • Qui ne paie pas ses dettes s’enrichit

    Imprimer

    A l’instar de quelques rares autres pays, l’Espagne et les Pays-Bas notamment, la Suisse impose la valeur locative des logements habités par leurs propriétaires. Depuis une vingtaine d’années, la proposition d’abandonner cette singularité fiscale ou d’en modifier la nature a été soumise au vote populaire, sans jamais réussir à convaincre un électorat essentiellement constitué, il faut le dire, de locataires. Ce qui n’a manifestement pas découragé les partisans de sa suppression de revenir à la charge, puisque la Commission de l’économie et des redevances du Conseil des Etats vient de déposer une initiative parlementaire visant à la faire disparaître, moyennant divers aménagements susceptibles d’emporter cette fois-ci l’adhésion d’une majorité.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Démocratie, Dette, Finances 0 commentaire
  • Géants en manque d’inspiration

    Imprimer

    On croit généralement que les très grandes entreprises – les “super star firms” comme on les appelle aux Etats-Unis – brillent par leur puissance, leur créativité, leur capacité à dégager des excédents qui ruissellent ensuite sur l’ensemble de l’économie. Or la réalité est un peu différente. Dans une étude qui vient de paraître, deux chercheurs de la New York University* montrent que ces étoiles ne brillent plus vraiment au firmament, mais mériteraient plutôt d’être qualifiées de “fading stars”. Loin de la stimuler, leur contribution à la croissance de la productivité, aux Etats-Unis du moins, a en effet baissé de près de 40% depuis le début des années 2000. Elle serait même, s’agissant de leur contribution à l’augmentation de la productivité totale des facteurs (celle qui ne résulte pas d’un recours accru au travail et au capital), tombée carrément à zéro. Ce qui remet en cause pas mal d’idées reçues sur les bienfaits réels ou supposés des géants de l’économie.

    Lire la suite

    Lien permanent 0 commentaire
  • Le retour en grâce d’une relique barbare

    Imprimer

    Le «London Gold Pool» du 1er novembre 1961 ne vous dit peut-être rien, pas davantage sans doute que le «Joint Statement on Gold» du 26 septembre 1999. Ce sont là pourtant deux événements charnières de la longue et tumultueuse histoire des relations entre l’or et le système monétaire international. Le «pool de l’or», formé par les banques centrales des Etats-Unis et de sept pays européens dont la Suisse, fut l’une des ultimes tentatives de sauver le régime des changes fixes fondé sur un prix inchangé de l’or à 35 dollars l’once. Quant à l’accord sur les ventes d’or de 1999 conclu entre quinze banques centrales européennes dont la BNS, il visait à stabiliser un marché chahuté par la perspective d’une liquidation progressive des réserves officielles d’or monétaire vaguement encouragée par le FMI, qui allait lui-même y recourir quelques années plus tard pour financer ses programmes d’aide. Il faut préciser que l’once d’or était tombée alors à 251 dollars, après avoir touché un sommet de 850 dollars en janvier 1980.

    Lire la suite

    Lien permanent 3 commentaires
  • Et s’il fallait regarder ailleurs ?

    Imprimer

    Le sentiment général veut que l’économie dans son ensemble, pays émergents compris, s’enfonce peu à peu dans une léthargie faite de repli sur soi, de craintes diffuses et d’aversion au risque. Le recul ou plutôt le ralentissement de la mondialisation, de même que celui de la croissance qui en résulte, sont des faits que les prévisions conjoncturelles, à commencer par celles publiées par le FMI, officialisent en quelque sorte. Peu de choses nous sépareraient d’une véritable récession, tant les fragilités sont nombreuses : endettement global d’ampleur inédite, tensions commerciales, systèmes bancaires sous perfusion, marchés immobiliers au bord de l’apoplexie.

    Lire la suite

    Lien permanent 4 commentaires
  • Comme la chèvre de Monsieur Seguin

    Imprimer

    Éprise de liberté telle la chèvre de monsieur Seguin, la Suisse n’en finit pas de batailler pour tenir à distance l’accord institutionnel que l’Europe entend lui faire accepter. Point principal d’achoppement, l’entorse à la libre circulation des personnes en la forme d’un ajustement des mesures d’accompagnement existantes, demandé par Bruxelles mais catégoriquement refusé par les syndicats, qui y voient une menace sur le niveau des salaires. Ce caillou dans la chaussure est en quelque sorte l’équivalent pour nos diplomates de ce que la frontière entre l’Irlande et les six comtés unionistes d’Ulster implique pour les négociateurs du Brexit : une probabilité nulle de s’accorder, une impossibilité d’aboutir, de permettre que deux parallèles se rejoignent avant l’infini…

    Lire la suite

  • Le Désert des Tartares, version finance

    Imprimer

    La planète économique et financière vit un étrange paradoxe. Comme dans le roman de Dino Buzzati où le lieutenant Giovanni Drogo attend un ennemi qui ne vient jamais, on se prépare, dans la vaste communauté des métiers de la finance, à un nouveau krach qui déclencherait une crise profonde et durable. Or rien ne se passe. “What will cause the next US recession?”, s’interroge par exemple en vain le néo-keynésien Brad DeLong. Et dans son article intitulé “Risks to the global economy in 2019”, le spécialiste des crises bancaires Kenneth Rogoff égrène tout aussi vainement les raisons de s’attendre au pire.

    Lire la suite

    Lien permanent 1 commentaire
  • 2019, année de la monnaie

    Imprimer

    L’euro n’a jamais eu la cote chez les économistes, qui l’ont considéré dès sa naissance comme condamné à disparaître à la première occasion, car conçu à rebours du bon sens. Au lieu de parachever une harmonisation des politiques budgétaires et une nécessaire union bancaire, donc d’intervenir au dernier stade de l’intégration économique, la création de la monnaie unique les a précédées, comme si elle pouvait forcer la main de gouvernements restés maîtres chez eux.

    Lire la suite

  • 2008, crise «transatlantique»

    Imprimer

    Elles n’ont pas été prises la main dans le sac, puisqu’il aura fallu dix ans pour établir définitivement leur part de responsabilité dans l’ampleur prise par la crise des subprime. Elles, ce sont les grandes banques européennes, suisses, britanniques et allemandes pour être précis, qui ont massivement – bien plus massivement, toutes proportions gardées, que les banques américaines – tricoté ces produits adossés à des hypothèques de basse qualité, dont la perte brutale de valeur a déclenché la pire crise financière que le monde ait connue depuis les années trente.

    Lire la suite

  • Après les taux bas, retour du franc fort ?

    Imprimer

    Le petit monde de la finance attend avec une certaine fébrilité ce que la direction générale de la Banque nationale suisse va annoncer jeudi, à l’occasion de sa conférence de presse trimestrielle de décembre. Les exégètes de la politique monétaire helvétique ne s’attendent pas à de grands changements et prédisent que la BNS va maintenir le cap qu’elle suit avec constance depuis des mois. On perçoit néanmoins ici et là de premiers appels à un resserrement des liquidités plus rapide que celui auquel l’Institut d’émission semble se préparer, avec un premier relèvement des taux programmé dit-on pour l’an prochain.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Emploi, Monnaie, suisse 1 commentaire