21/06/2017

En attendant la prochaine crise: tant va la cruche à l’eau…

Combien de temps s’écoule-t-il jusqu’à ce qu’une crise financière soit oubliée?

D’expérience, il semble qu’une génération, voire moins, suffise pour qu’une vaste majorité d’intervenants ait perdu la mémoire de la crise précédente. La dernière crise majeure que la Suisse ait connue, celle du krach immobilier du début des années 90, est donc en passe d’être complètement oubliée. On comprend dès lors que la Banque nationale suisse, en charge de la surveillance bancaire et principale intéressée au maintien de la stabilité financière, veille avec la plus grande attention au bon fonctionnement du marché hypothécaire. Et il n’aura pas échappé au lecteur attentif de son dernier Rapport sur la stabilité financière qu’elle continue de considérer ce marché comme suffisamment éloigné de l’équilibre pour consacrer une large part de son analyse à la situation des banques «axées sur le marché intérieur», autrement dit celles, locales et régionales, qui vivent principalement du crédit hypothécaire.

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26/04/2017

L’immobilier pris au piège des taux bas

En plein Sion, à la place de l’ancienne Matze, se dresse un complexe résidentiel flambant neuf à la recherche d’occupants. Peu ont répondu à l’appel. Sur les 120 appartements offerts à la location, 36 à ce jour ont trouvé preneur. Un peu partout au centre et à la périphérie de la ville, de nouveaux locatifs attendent qu’on veuille bien les remplir. Comme titrait le Nouvelliste, «le parc immobilier est en surchauffe à Sion».
 
Au total, 1800 logements pourraient bientôt se retrouver sur le marché, ce qui serait considérable pour une ville de 30'000 habitants, et même pour l’agglomération qui en compte le double. Le cas n’est pas isolé: dans plusieurs autres villes moyennes, la durée d’insertion des annonces de logements s’est considérablement allongée. Ce qui, à certains égards, apparaît comme une heureuse détente d’un marché marqué par la pénurie, n’est pas uniquement l’effet de rattrapage d’une activité de construction réagissant avec retard à la pression démographique.

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20/04/2017

La Banque nationale, le franc suisse, Mélenchon ou Le Pen

Un troisième larron est venu s’insinuer dans le dilemme monétaire de la Suisse. Que faire, si d’aventure l’extrême droite ou l’extrême gauche accédait à la présidence de la République française ? Le franc se trouverait soumis à de très fortes pressions à la hausse, ce qui placerait une nouvelle fois notre Institut d’émission devant un choix cornélien : ne rien faire ou si peu, au risque de compromettre encore davantage la compétitivité de quelques branches clés de l’économie. Ou intervenir massivement sur le marché des changes pour tenter d’atténuer le choc, mais se retrouver du même coup dans la situation fort désagréable de «manipulateur de sa monnaie» aux yeux du Trésor américain.

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05/04/2017

Euro: qui veut noyer son chien…

Il y a deux sortes d’adversaires à la monnaie unique européenne. Ceux qui, jugeant son lancement prématuré, lisent dans les difficultés actuelles de l’union monétaire la vérification de leur diagnostic. Et ceux qui, accusant l’euro de tous les maux, masquent leur europhobie viscérale derrière un argumentaire plus ou moins scientifique, comme les candidat(e)s d’extrême gauche et d’extrême droite à la présidentielle française, qui puisent leur inspiration auprès d’analystes traditionnellement eurosceptiques, tel l’économiste Jacques Sapir, récemment interrogé sur les ondes de la RTS.

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22/03/2017

America first ou America last?

La vision économique du président Trump a peut-être enflammé la Bourse, prompte à se persuader qu’un vaste programme d’investissements dans les infrastructures, assorti de la construction d’un mur de 9 mètres de haut le long de la frontière avec le Mexique, sera de nature à fouetter l’activité domestique.

Le fait est plutôt que ce genre d’exercice de suralimentation budgétaire accélérera la lente décomposition de la capacité de concurrence de l’économie américaine. Et comme si cela n’y suffisait pas, le recours annoncé à toute une batterie de mesures protectionnistes ne pourra, au contraire des promesses faites, que transformer en recul la stagnation du niveau de vie d’une majorité de ménages américains.

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07:21 Publié dans Croissance, Démocratie, Etats-Unis, Futur, gouvernance | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

01/03/2017

Taxer les robots ? Quelle drôle d’idée !

Entre Benoît Hamon et Bill Gates, il n’y a pas grand chose de commun, sauf que tous deux avancent l’idée qu’on en viendra à taxer les robots. Le milliardaire californien comme le candidat socialiste à la présidentielle française tirent en effet de la disparition programmée de la plupart des emplois la même conclusion : puisque le travail, principale source de revenu pour le commun des mortels, se raréfie, il faudra bien trouver un moyen autre que les salaires, et les prélèvements de toutes sortes qui les ponctionnent, pour assurer la protection sociale et la vie tout court. Le revenu universel, financé par une taxe sur les mécanismes dotés d’intelligence artificielle, pourrait être ce moyen.

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06:27 Publié dans Démocratie, Dette, Finances publiques, gouvernance | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | |

14/12/2016

Croissance: légère brise dans les voiles et lois de la pesanteur

Ce n’est pas encore une franche reprise, mais cela commence à y ressembler. L’économie mondiale, zone euro comprise, semble bel et bien avoir amorcé un retour à la croissance. Le signe le plus immédiat de cette embellie est la hausse des rendements obligataires, conséquence de la liquidation à grande échelle des placements sans risque qui avaient servi de refuge à une épargne apeurée par la crise. La Banque des règlements internationaux à Bâle, qui est en quelque sorte la banque des banques centrales, s’en est fait l’écho dans son dernier bulletin trimestriel, en relevant le parallélisme presque parfait de la réaction des marchés durant les premiers jours qui ont suivi les élections de Ronald Reagan et Donald Trump à la présidence des Etats-Unis.

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07:42 Publié dans Banques centrales, Croissance, Etats-Unis, gouvernance, Inflation/déflation | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

28/09/2016

Le salut ? Il est dans les infrastructures !

Puisque les rendements financiers ont filé à l’anglaise et que les caisses de pensions ne peuvent plus compter sur le troisième cotisant pour assurer les retraites, il y a peut-être une solution qu’un certain nombre d’experts aux vues non conventionnelles abordent par différents biais : l’investissement en infrastructures.

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06:50 Publié dans Chômage, Croissance, Europe, gouvernance | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

07/09/2016

La Banque nationale suisse possède un gros morceau d'Apple

bnd apple.jpgL’affaire est passée presque inaperçue en Suisse. Et pourtant, plus que toute autre banque centrale, bien davantage aussi que nombre de grands fonds d’investissement, notre Banque nationale accumule une proportion considérable d’actions étrangères.

A l’heure actuelle, 20% du total de ses placements de devises, soit la bagatelle de 128 milliards de francs, sont constitués de titres de tout premier ordre. La moitié de cette somme est placée en actions de grandes sociétés américaines, dont pas moins de quelque 1,5 milliard de dollars en actions Apple (la première position de son portefeuille), ce qui fait jaser la terre entière. Non seulement parce qu’une banque centrale concentre ainsi ses placements, mais aussi parce qu’elle n’a cessé d’empiler les actions de la firme de Cupertino quand le reste des investisseurs s’en séparaient (à l’exception notable de Berkshire Hathaway, la société d’investissement de Warren Buffet, qui en a acheté également pour un bon milliard de dollars).

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08:51 Publié dans Banques centrales, Finances publiques, gouvernance, suisse | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | |

05/07/2016

Quand l’Europe perd et les Etats-Unis gagnent

Pourquoi l’Europe échoue-t-elle là où les Etats-Unis réussissent ? Pourquoi l’économie américaine aligne-t-elle les performances (une croissance en nette reprise, des embauches en hausse, un taux de chômage redescendu à son niveau de novembre 2007) alors que la zone euro piétine et ne parvient même pas à tirer parti de ses maigres avancées, en matière d’union bancaire par exemple, pour relancer une activité désespérément atone ?

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10:22 Publié dans Banques, Banques centrales, Croissance, Etats-Unis, Europe, gouvernance | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

25/05/2016

De la Grande récession au grand embarras

Il est des signes qui ne trompent pas. Lorsque des entreprises cotées en bourse se proposent de racheter leurs propres actions, c’est peut-être, insinuent de mauvaises langues, pour en redresser les cours ou – ce qui revient à peu près au même – en améliorer les multiples cours-bénéfice. C’est en tout cas que ces entreprises ont perdu le goût d’entreprendre, et préfèrent se recroqueviller sur elles-mêmes en attendant des jours meilleurs plutôt qu’investir dans de nouveaux projets.

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07:22 Publié dans Air du temps, Capital, Croissance, Futur, gouvernance | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

02/03/2016

Libre circulation à la carte

Médecins, paysans, même combat ? Au nom d’un souci, en soi légitime, de défense de la qualité, les représentants de ces deux corporations s’emploient depuis quelque temps à convaincre le bon peuple de tout ce qu’il peut y avoir de contraire à ses intérêts bien compris dans l’ouverture des frontières aux échanges. On aura remarqué ainsi cet encart de l’Ordre des gynécologues-obstétriciens genevois paru dans ces colonnes le 26 février dernier, s’inquiétant du «fort risque de diminution de la qualité des prestations fournies par des médecins non formés aux normes helvétiques», comme on aura pu observer la multiplication d’initiatives lancées par les lobbies agricoles en vue d’assurer, les unes la sécurité, les autres une meilleure qualité de notre alimentation.

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07:15 Publié dans Démocratie, gouvernance, Humeur, Prix, salaires, revenus, suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

19/01/2016

Pour sortir du franc fort, il faut entrer dans l'euro

A l’occasion du premier anniversaire de l’abandon du cours plancher par la Banque nationale suisse, dont on connaît les conséquences douloureuses pour les entreprises et l’emploi, plusieurs propositions récurrentes ont refait surface. Les unes, saugrenues ou impraticables, ont vite été rengainées: dévaluation (!) du franc, taxation des opérations de change, réintroduction d’un plancher. La BNS, de son côté, avait songé à l’arrimage à un panier de monnaies, avant d’abandonner l’idée jugée irréalisable.

A part une «amélioration des conditions cadre» qui sonne creux il faut en convenir, restent en lice, côté actif du bilan de la BNS (utilisation des euros achetés à la pelle), l’appel à la création d’un fonds souverain et lancement, côté passif (utilisation des francs créés en contrepartie), d’un grand emprunt fédéral pour financer des projets d’infrastructure.

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09:23 Publié dans Banques centrales, gouvernance, Monnaie, suisse | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | |

08/12/2015

Une enseignante dit basculer dans la pauvreté... Qu'en est-il?

«J’ai honte de basculer dans la pauvreté», confiait récemment une enseignante genevoise dans les colonnes de ce journal. L’aveu, sans aucun doute sincère, de cette préretraitée du DIP a dû ébranler plus d’un lecteur. Et l’amener à s’interroger sur ce qui a pu engendrer pareil sentiment chez une personne – qu’on se gardera bien de juger, faute de connaître sa situation familiale et pécuniaire – qui s’apprête à vivre avec une rente AVS qu’on suppose pleine, et un 2e pilier d’environ 2500 francs selon ses dires. Soit, au total et en chiffres ronds, 4850 francs mensuels, qui correspondent à 65% du salaire médian genevois et à un peu moins, mais tout de même, de 56% du salaire médian calculé pour le secteur public, évalué à 8'666 francs en 2012.

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20/10/2015

Le Röstigraben des économistes

les 20 économistes les plus influents CH.jpgLa disparition récente d’Andreas Höfert, un économiste en chef d’UBS très apprécié en Suisse romande par tous ceux qu’intéresse l’évolution monétaire et conjoncturelle, a passé relativement inaperçue en Suisse alémanique, tandis que la plupart des médias romands consacraient de longs hommages à ce Genevois de naissance. Cette différence frappante d’attention de part et d’autre de la Sarine m’a rappelé un «palmarès des économistes ayant le plus d’influence en Suisse» («Welche Ökonomen in der Schweiz den Ton angeben») paru dans la NZZ le 5 septembre.

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22:20 Publié dans Air du temps, Banques suisses, gouvernance | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

21/07/2015

Souvenirs de Collombey

collombey raffinerie.jpgIl y a tout juste 50 ans, la raffinerie qui n’était pas encore celle de Tamoil – ouverte deux ans plus tôt dans l’euphorie des années soixante, elle répondait alors au fier nom de «Raffineries du Rhône» – connaissait ses premières difficultés. L’Europe occidentale croulait momentanément sous les excédents de produits pétroliers, et le modèle séduisant en ce temps-là de l’indépendance énergétique fondé sur l’autonomie en matière de raffinage du brut se trouvait brusquement remis en cause.

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10:17 Publié dans gouvernance, Industrie, Multinationales, suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

16/06/2015

Obligations, le piège fatal

1000 francs.jpgContraintes par la loi ou amenées à s’y conformer par la force de l’habitude, les institutions collectives allouent une part importante voire prépondérante de leur fortune aux placements en valeurs à revenu fixe, et de préférence en obligations d’emprunts d’Etat. Les caisses de pensions suisses leur consacrent 35% de leurs avoirs ; les assureurs-vie, jusqu’à deux fois plus s’agissant de la fortune liée à leurs engagements, notamment vis-à-vis des premières nommées.

Bref, l’idée conventionnelle selon laquelle absence de risque rime avec créance sur débiteur souverain et si possible sur la Confédération continue de façonner le gros de la structure de nos systèmes de prévoyance.

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10:57 Publié dans Dette, Financement des retraites, gouvernance, Prévoyance | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

24/03/2015

Vérité en deçà, erreur au delà…

On pourrait en tirer un film, et peut-être en tirera-t-on un si l’affaire, finalement, se conclut. Car cela fera bientôt un an que les deux géants du ciment, le français Lafarge et le suisse Holcim, négocient les conditions d’un rapprochement après avoir annoncé urbi et orbi ce qui devait prendre la forme d’une «fusion entre égaux», par un échange d’actions 1 pour 1.

L’affaire, on s’en souvient, a failli capoter il y a une semaine, lorsque les dirigeants du groupe helvétique ont remis en question les termes de l’accord, faisant valoir l’évolution, financière et boursière notamment, bien meilleure du côté de Holcim que du côté hexagonal, et rejetant l’idée que les rennes de la nouvelle société soient confiées à l’actuel PDG de Lafarge, l’énarque Bruno Lafont.

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09:14 Publié dans Concurrence, Europe, gouvernance | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

03/03/2015

Le difficile maniement de l’intérêt négatif

Comme on sait, la Banque nationale suisse avance depuis quelque temps en terrain inconnu. Le dernier en date de ses tâtonnements est celui du recours, inédit, à un taux d’intérêt négatif sur les avoirs en comptes de virement que les banques détiennent plus ou moins volontairement auprès d’elle. L’instrument, dont l’introduction avait été annoncée le 18 décembre 2014, devait d’abord être instillé à dose homéopathique (–0.25%, et cela uniquement sur les montants dépassant un minimum exonéré) à partir du 25 janvier 2015. Mais avant même cette date, et simultanément à l’abandon du cours plancher, la BNS l’a porté à –0.75%.

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07:05 Publié dans Banques centrales, Banques suisses, Croissance, gouvernance | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

Le difficile maniement de l’intérêt négatif

Comme on sait, la Banque nationale suisse avance depuis quelque temps en terrain inconnu. Le dernier en date de ses tâtonnements est celui du recours, inédit, à un taux d’intérêt négatif sur les avoirs en comptes de virement que les banques détiennent plus ou moins volontairement auprès d’elle. L’instrument, dont l’introduction avait été annoncée le 18 décembre 2014, devait d’abord être instillé à dose homéopathique (–0.25%, et cela uniquement sur les montants dépassant un minimum exonéré) à partir du 25 janvier 2015. Mais avant même cette date, et simultanément à l’abandon du cours plancher, la BNS l’a porté à –0.75%.

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