29/03/2017

Taxer les robots ? Non, quoique...

Robert Shiller, qui n’est pas n’importe qui (prix Nobel d’économie en 2013, coauteur du célèbre indice Case-Shiller du marché immobilier résidentiel américain, auteur du best-seller «Exubérance irrationnelle»...), propose dans une récente tribune de considérer moins sceptiquement que ne le font d’ordinaire les économistes l’idée de taxer les robots.

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01/03/2017

Taxer les robots ? Quelle drôle d’idée !

Entre Benoît Hamon et Bill Gates, il n’y a pas grand chose de commun, sauf que tous deux avancent l’idée qu’on en viendra à taxer les robots. Le milliardaire californien comme le candidat socialiste à la présidentielle française tirent en effet de la disparition programmée de la plupart des emplois la même conclusion : puisque le travail, principale source de revenu pour le commun des mortels, se raréfie, il faudra bien trouver un moyen autre que les salaires, et les prélèvements de toutes sortes qui les ponctionnent, pour assurer la protection sociale et la vie tout court. Le revenu universel, financé par une taxe sur les mécanismes dotés d’intelligence artificielle, pourrait être ce moyen.

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22/02/2017

Santé: aurait-on enfin trouvé l’œuf de Colomb ?

Pour qu’un système de santé dérape, il faut et il suffit:

1° que les prix, en l’occurrence les tarifs médicaux, soient garantis aux prestataires de soins (ce qui est vrai du Tarmed pour la médecine ambulatoire, et des forfaits par cas pour ce qui concerne les soins stationnaires) ;

2° que les soins «produits» à ces prix garantis soient intégralement pris en charge, autrement dit ne soient limités par aucune restriction, ni du côté de l’offre, ni du côté de la demande. Ce qui est bien le cas, puisque les «consommateurs» (les patients) sont assurés, aux sens propre et figuré, d’être – presque – intégralement remboursés, et que les «producteurs» (les prescripteurs : médecins, hôpitaux) répondent à toutes les demandes quand ils ne les suscitent pas eux-mêmes. Dans une telle situation qui fait irrésistiblement penser aux politiques agricoles d’il y a quelques années, il se produit immanquablement une surproduction, ou si l’on préfère, une explosion des coûts de la santé.

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05/01/2017

L’idée du professeur Tschopp reste actuelle

Il y a un quart de siècle ou presque, le 30 novembre 1992 très exactement, le conseiller national Peter Tschopp déposait une initiative parlementaire proposant l’adjonction aux institutions d’assurances prévues par la Constitution (LAMA, AVS, LPP) d’une «institution fédérale de prise en charge des frais sanitaires et d’encadrement liés au grand âge».

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16/11/2016

Un fonds souverain suisse: une idée fait son chemin

Les montagnes d’euros et de dollars repris par la Banque nationale afin d’empêcher une trop forte revalorisation du franc finiront bien, un jour ou l’autre, par servir à la création d’un fonds souverain. Un premier pas vient en tout cas d’être franchi avec la reconduction pour cinq ans de l’accord conclu entre le Département des finances et la BNS au sujet de la répartition du bénéfice de cette dernière.

Cette nouvelle convention qui sanctuarise en quelque sorte, au grand soulagement des cantons, un principe arrêté une première fois pour la période de 2011 à 2015, montre en effet que l’on reconnaît désormais en haut lieu le caractère sinon réel, du moins utile, des excédents dégagés en bonne partie par l’actif grossissant du bilan de l’Institut d’émission.

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05/10/2016

Monnaies: quand et comment virer de bord ?

En voile, sauf erreur, virer de bord implique de changer de cap ni trop tôt ni trop tard pour réussir la manœuvre. En matière monétaire, il en va à peu près de même : inverser la politique qui a consisté jusqu’ici à faire baisser les taux d’intérêt, et même à les mener en territoire négatif, pour les réaligner sur leur tendance de long terme, est une décision qui doit se prendre au bon moment. Entamé trop tôt, le mouvement risque d’étouffer la reprise. Entrepris trop tard, il pourrait réveiller les anticipations inflationnistes.

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07/09/2016

La Banque nationale suisse possède un gros morceau d'Apple

bnd apple.jpgL’affaire est passée presque inaperçue en Suisse. Et pourtant, plus que toute autre banque centrale, bien davantage aussi que nombre de grands fonds d’investissement, notre Banque nationale accumule une proportion considérable d’actions étrangères.

A l’heure actuelle, 20% du total de ses placements de devises, soit la bagatelle de 128 milliards de francs, sont constitués de titres de tout premier ordre. La moitié de cette somme est placée en actions de grandes sociétés américaines, dont pas moins de quelque 1,5 milliard de dollars en actions Apple (la première position de son portefeuille), ce qui fait jaser la terre entière. Non seulement parce qu’une banque centrale concentre ainsi ses placements, mais aussi parce qu’elle n’a cessé d’empiler les actions de la firme de Cupertino quand le reste des investisseurs s’en séparaient (à l’exception notable de Berkshire Hathaway, la société d’investissement de Warren Buffet, qui en a acheté également pour un bon milliard de dollars).

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06/04/2016

Ce qui se cache derrière les taux négatifs  

Les pères et mères de la prévoyance professionnelle obligatoire n’auraient sans doute jamais imaginé que des taux d’intérêt puissent devenir négatifs et ruiner du même coup leur œuvre commune. Car des taux négatifs, soyons-en conscients, détruisent du capital ; or l’essence même du 2e pilier est la capitalisation, primo du fait de l’accumulation d’épargne (les cotisations payées par les employeurs et leurs salariés), secundo du fait de la rémunération de cette épargne (l’intérêt légal servi sur les avoirs de vieillesse), et même, tertio, par l’intervention d’un taux, dit technique, servant à calculer la valeur actuelle des engagements futurs de rentes.

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08/12/2015

Une enseignante dit basculer dans la pauvreté... Qu'en est-il?

«J’ai honte de basculer dans la pauvreté», confiait récemment une enseignante genevoise dans les colonnes de ce journal. L’aveu, sans aucun doute sincère, de cette préretraitée du DIP a dû ébranler plus d’un lecteur. Et l’amener à s’interroger sur ce qui a pu engendrer pareil sentiment chez une personne – qu’on se gardera bien de juger, faute de connaître sa situation familiale et pécuniaire – qui s’apprête à vivre avec une rente AVS qu’on suppose pleine, et un 2e pilier d’environ 2500 francs selon ses dires. Soit, au total et en chiffres ronds, 4850 francs mensuels, qui correspondent à 65% du salaire médian genevois et à un peu moins, mais tout de même, de 56% du salaire médian calculé pour le secteur public, évalué à 8'666 francs en 2012.

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27/10/2015

Grandes banques géants fragiles ?

L’une des règles d’or en matière de concurrence est que les conditions doivent être les mêmes pour tous. Or si l’idée est simple, sa mise en œuvre s’avère en pratique assez compliquée, en particulier dans le secteur financier, et surtout lorsqu’elle s’applique aux banques dites «too big to fail», trop grosses pour qu’on les laisse partir en faillite, tant les dégâts que cela occasionnerait à l’ensemble de l’économie seraient immenses.

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13/01/2015

38 milliards de francs, et moi et moi et moi

Grâce au cours plancher qui fait baisser le franc en même temps que l’euro face aux actifs libellés en d’autres monnaies, la Banque nationale suisse a bouclé l’année écoulée par un bénéfice comptable de l’ordre de 38 milliards. Comme de bien entendu, on attend d’elle qu’elle reprenne et au-delà ses distributions à la Confédération et aux cantons, ainsi que le versement de son dividende, plafonné par la loi à 6% de son capital, à ses actionnaires que sont les cantons, diverses collectivités et institutions de droit public, et 2’219 actionnaires privés enregistrés au 31 décembre 2013 (un résident de Düsseldorf, qui en accumule régulièrement, possédait à cette date 6'250 actions de la BNS, soit 6,25% du total ; mais conformément aux dispositions légales, son droit de vote est limité à 100 actions).

L’action BNS, cotée en bourse, a clôturé vendredi sur un cours de 1’070 francs, offrant ainsi un rendement de 1,4%, ce qui n’est pas terrible, mais toujours mieux que celui des obligations de la Confédération.

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07/10/2014

Français, Italiens, oyez, oyez ! Tout n’est peut-être pas perdu !

Lorsque, venant de Berlin, on se dirige vers Francfort sur l’Oder, on emprunte une chaussée parsemée de trous, d’ornières et d’Umleitungen obligeant à circuler en permanence sur la voie de dépassement, à croire que l’autoroute d’avant-guerre n’a jamais été entretenue depuis 1989 voire 1945. Parvenu à la frontière, on s’engage sur un ruban de bitume qui court, lisse comme un miroir, jusqu’à Poznań et bientôt jusqu’à Varsovie. Confirmation anecdotique, mais combien révélatrice, du retard pris par la République fédérale en matière d’infrastructures d’un côté, et des bienfaits, tels qu’ils sont vécus côté polonais, dispensés par les fonds structurels et de cohésion européens  de l’autre.

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30/09/2014

Insaisissables coûts de la santé

Les Helvètes poursuivent des chimères en imaginant que la maîtrise des coûts de la santé est à leur portée. Ils peuvent lancer toutes les initiatives qu’ils voudront, les faits demeureront têtus. Le vieillissement démographique continuera son œuvre, porteur d’une demande croissante de soins de plus en plus lourds. Le progrès des techniques médicales ne cessera d’imposer le recours à des équipements de dernière génération avant que la précédente ne soit complètement amortie, et la recherche débouchera toujours sur des molécules prometteuses mais d’une rare complexité, et par conséquent hors de prix. Et puis, tout simplement, une logique économique vieille comme le monde veut qu’au fur et à mesure que le niveau de vie s’élève, la part du revenu consacré au bien-être, donc à la santé, augmente.

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01/07/2014

Le pot de miel de la prévoyance

Un vieux et sage principe de politique économique veut qu’on ne puisse viser plusieurs objectifs avec le même instrument. Cette impossibilité de courir plusieurs lièvres à la fois, qui vaut pour la politique monétaire par exemple (une banque centrale ne peut à la fois fixer le taux de change et le taux d’intérêt, sauf à contrôler les mouvements de capitaux), vaut aussi pour la prévoyance. C’est donc un simple retour à la logique qu’envisage le Conseil fédéral en proposant de ne plus autoriser, sauf cas exceptionnels, l’utilisation du 2e pilier pour faciliter l’accession à la propriété. Les fonds accumulés sur les comptes des assurés doivent servir à financer leurs rentes futures, et non pas simultanément – ou plus exactement : en lieu et place – les aider à acquérir leur propre logement.

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27/05/2014

La face cachée des déficits publics: il manque dix milliards

Du haut de son petit promontoire, une Suisse assez satisfaite d’elle-même (car peu touchée par la crise) contemple avec un brin de commisération ces 28 pays en train d’élire sans grande conviction les 766 députés d’un parlement dépourvu de réels pouvoirs, au contraire du nôtre dont les prérogatives ne s’arrêtent que là où s’interposent, à vrai dire de plus en plus fréquemment, les instruments de la démocratie directe.

Cette Suisse prospère, sans déficit ou presque, à la dette publique en baisse depuis une dizaine d’années quand celle des pays de l’Union européenne presque sans exception ne cesse d’augmenter, cette Suisse-là ferait cependant bien de considérer de plus près l’état effectif de son patrimoine.

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08/04/2014

Ponts, musées, patinoire: où trouver ces millions qui nous manquent

Coïncidence : la semaine même où ce journal relevait (TG du 22 mars) à quels lourds investissements Genève allait devoir faire face ces prochaines années dans le seul domaine de la culture (MAH, Nouvelle Comédie, Grand Théâtre, etc.), l’hebdomadaire britannique The Economist rendait publique une étude du cabinet de conseil McKinsey selon laquelle les besoins annuels mondiaux en infrastructures dépasseraient d’un bon trillion (mille milliards) de dollars les sommes dépensées actuellement à cette fin sur la planète, équivalentes à 2,7 trillions, soit quelque 4% du PIB mondial.

Les bâtiments culturels n’ont certes rien à voir avec les ponts et les chemins de fer, mais ils partagent avec eux leur caractère d’équipements publics aussi nécessaires que coûteux, mais trop souvent, pour cette dernière raison précisément, renvoyés à des jours meilleurs faute de place dans les budgets courants.

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14/01/2014

BNS: Une banque centrale à nulle autre pareille

Or donc, pour la première fois de son histoire, la BNS ne distribuera ni le dividende de 6% au maximum à ses actionnaires prévu par ses statuts, ni la part de bénéfices qui, depuis la dernière mouture de la loi sur la Banque nationale (2003), remplace et au-delà l’indemnité de 80 centimes par habitant qui était traditionnellement versée aux cantons en compensation de leur renonciation à leur souveraineté en matière monétaire. En cause, la perte entraînée par la moins-value de son stock d’or consécutive à la baisse des cours du métal jaune en 2013 (-30%), qui dépasse de loin les profits réalisés sur ses placements en devises et sur la vente du StabFund, la fameuse structure de défaisance des actifs toxiques repris à UBS et qui vient d’être rachetée par celle-ci.

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07/01/2014

Il y a quinze ans, l’euro

Le 1er janvier 1999, après des décennies de tentatives de rapprochement plus ou moins réussies entre monnaies nationales, naissait enfin l’euro. Scriptural d’abord, mis trois ans plus tard en circulation sous forme d’espèces sonnantes et trébuchantes dans une douzaine de pays, il est à ce jour la monnaie commune des dix-huit membres actuels de l’Union économique européenne (UEM), sous-ensemble de l’Union européenne fragilisé par la crise de la dette d’où, par raccourci de langage, l’expression abusive de «crise de l’euro».

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17/12/2013

Combien de banques suisses vont disparaître ces prochaines années

Combien de banques suisses vont disparaître ces prochaines années – moins par suite de la lourdeur des amendes que le Department of Justice risque d’imposer à celles qui auraient eu la mauvaise idée de recueillir les fortunes de contribuables en délicatesse avec le fisc américain, que par suite du rétrécissement dramatique de leurs marges bénéficiaires consécutif à la disparition du secret bancaire, à quoi se ramenait pour beaucoup d’entre elles l’essentiel de leur modèle d’affaires ?

 

Pas toutes certes, mais une part sans doute non négligeable du secteur financier dont elles forment, et de loin, la majeure partie. 

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20/08/2013

Sauvetage d’UBS : que des gagnants ?

Tous comptes faits, le repêchage in extremis d’UBS en octobre 2008 n’aura rien coûté au contribuable, et laissera sans doute même apparaître (outre le gros milliard empoché par la Confédération moins d’une année plus tard sur la revente des 6 milliards qu’elle avait prêtés à la banque) un coquet bénéfice pour la Banque nationale suisse, qu’on peut évaluer à 3 ou 4 milliards, correspondant à la part qui lui reviendra sur l’actif net du «SNB Stabfund», le fameux fonds de défaisance qui réunissait les actifs toxiques encombrant le bilan d’UBS et que cette dernière a pu désormais racheter intégralement. Ouf.

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07:16 Publié dans Banques suisses, Dette, Finances publiques, gouvernance | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |