20/09/2017

Prévoyance en Suisse: et si on tentait un plan C ?

La politique passe pour être l’art du possible, même si le possible, outre qu’il contrevient souvent à la logique économique, peut chez nous échouer devant le peuple. Prenons le projet Prévoyance 2020. Tout a été dit, y compris son contraire, à son propos. Périlleux bricolage, mariant allégements divers et charges supplémentaires comme on marie la carpe et le lapin, il a été conçu de manière à répondre aux multiples objections soulevées au Parlement. Pour autant, il n’est pas sûr qu’il rallie une majorité suffisante devant les urnes, tant les oppositions croisées qu’il a suscitées ont fini par se neutraliser et risquent bien de faire trébucher le tout. Même un plan B, qui selon certains serait déjà prêt, n’échapperait pas en votation populaire à un rejet sec et cinglant.

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03/05/2017

Les caisses de retraire publiques, un 2e pilier spécial?

Le rééquilibrage devenu impératif du bilan actuariel de la Caisse de prévoyance de l’Etat de Genève (CPEG) enflamme les esprits, tant il supposera de milliards et de sacrifices supplémentaires à charge des uns et des autres. Les uns, ce seront principalement les assurés actifs, tandis que les autres, ce seront in fine les contribuables, puisque la recapitalisation assénera un nouveau coup de massue aux finances cantonales.

La raison de ce soudain remue-ménage est à la fois simple et compliquée.

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07:51 Publié dans Assurances, Capital, Dette, Financement des retraites, Genève, Taux d'intérêt | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

15/03/2017

L’inflation au secours des retraites

Il y a quelque chose de byzantin dans la façon dont le Conseil national et le Conseil des Etats, par commissions interposées, se renvoient la balle à propos du projet de réforme de la prévoyance vieillesse présenté par le Conseil fédéral. Les ajustements, proposés pour être aussitôt écartés, ne sont certes pas des broutilles, puisque tantôt ils ajoutent et tantôt ils soustraient des montants par milliards à l’addition finale. Mais l’horizon visé est bas : à quinze ans de distance – une paille à l’échelle démographique – tout sera à reprendre, car les mesures sur lesquelles on s’écharpe ne sont que des mesurettes.

Traitées ensemble ou séparément, AVS et prévoyance professionnelle obligatoire se heurtent en effet à la même évidence, qu’on voyait pourtant venir il y a fort longtemps déjà : la transition démographique désarticule, en Suisse comme ailleurs, les savantes constructions bâties sur les certitudes de l’époque.

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05/01/2017

L’idée du professeur Tschopp reste actuelle

Il y a un quart de siècle ou presque, le 30 novembre 1992 très exactement, le conseiller national Peter Tschopp déposait une initiative parlementaire proposant l’adjonction aux institutions d’assurances prévues par la Constitution (LAMA, AVS, LPP) d’une «institution fédérale de prise en charge des frais sanitaires et d’encadrement liés au grand âge».

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21/09/2016

AVS, 2e pilier, c’est du pareil au même

prevoyance vieillesse retraite.jpgOn tient mordicus à opposer 1er  et 2e pilier, alors que les deux ouvrages sont confrontés au même problème de statique. L’AVS, fondée sur la répartition (“pay as you go” disent les Anglo-Saxons), souffre du vieillissement démographique qui détériore le rapport de dépendance. La prévoyance professionnelle obligatoire, fondée sur l’accumulation et le placement d’épargne, est censée y échapper, mais en réalité trébuche sur le même obstacle, pour des raisons qu’on se garde généralement de mettre en lumière. Voici donc, pour la clarté de la chose, de quoi il retourne.

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24/08/2016

Les calculs d’épicier de la prévoyance

Si notre prévoyance à trois piliers, modèle de réussite actuarielle, suscite partout l’admiration, elle s’avère en réalité plus coûteuse qu’efficace, du moins si l’on en juge par son résultat, savoir le taux de remplacement du dernier salaire.

La Suisse se classe en effet à cet égard quelque part entre le vingtième et le trentième rang mondial, avec un taux de l’ordre de 40%, ce qui ne l’empêche pas de connaître, elle aussi, des difficultés croissantes de financement. Les perspectives démographiques pèsent sur l’avenir de l’AVS et, alliées à la faiblesse des rendements financiers, menacent également l’équilibre des caisses de pensions.

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17/08/2016

L’effet singulier des taux négatifs

Les taux négatifs qui se répandent un peu partout mettent le monde à l’envers et rendent les caisses de pensions schizophrènes.

D’un côté en effet ces dernières, grandes consommatrices d’actifs sûrs, acceptent d’acheter des obligations de la Confédération dont le rendement est inférieur à zéro y compris pour des échéances très lointaines, ce qui signifie qu’elles n’entrevoient guère d’améliorations sur ce plan là avant très, très longtemps.

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04/05/2016

BNS: pourquoi changer quand tout va bien (ou presque)

La Banque nationale suisse n’est pas la Banque centrale européenne, n’empêche qu’elle essuie depuis quelque temps le même genre de critiques. On lui reproche en gros de prendre ses décisions de manière indépendante, ce dont on se félicitait quand tout allait bien, mais qui ne va plus du tout lorsque la politique monétaire qu’elle a choisi de suivre heurte les intérêts de tel ou tel secteur de l’économie. Il conviendrait par exemple de flanquer son directoire de commissions d’experts, ou plus radicalement de le remplacer par un comité élargi, à l’image de celui de la BCE ou, mieux encore, de la Réserve fédérale américaine. On éviterait ainsi qu’un organe décisionnel de taille restreinte ne s’aventure sans boussole autre qu’une connaissance purement académique du terrain entre les écueils d’un monde financier de plus en plus complexe et imprévisible.

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06/04/2016

Ce qui se cache derrière les taux négatifs  

Les pères et mères de la prévoyance professionnelle obligatoire n’auraient sans doute jamais imaginé que des taux d’intérêt puissent devenir négatifs et ruiner du même coup leur œuvre commune. Car des taux négatifs, soyons-en conscients, détruisent du capital ; or l’essence même du 2e pilier est la capitalisation, primo du fait de l’accumulation d’épargne (les cotisations payées par les employeurs et leurs salariés), secundo du fait de la rémunération de cette épargne (l’intérêt légal servi sur les avoirs de vieillesse), et même, tertio, par l’intervention d’un taux, dit technique, servant à calculer la valeur actuelle des engagements futurs de rentes.

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08/12/2015

Une enseignante dit basculer dans la pauvreté... Qu'en est-il?

«J’ai honte de basculer dans la pauvreté», confiait récemment une enseignante genevoise dans les colonnes de ce journal. L’aveu, sans aucun doute sincère, de cette préretraitée du DIP a dû ébranler plus d’un lecteur. Et l’amener à s’interroger sur ce qui a pu engendrer pareil sentiment chez une personne – qu’on se gardera bien de juger, faute de connaître sa situation familiale et pécuniaire – qui s’apprête à vivre avec une rente AVS qu’on suppose pleine, et un 2e pilier d’environ 2500 francs selon ses dires. Soit, au total et en chiffres ronds, 4850 francs mensuels, qui correspondent à 65% du salaire médian genevois et à un peu moins, mais tout de même, de 56% du salaire médian calculé pour le secteur public, évalué à 8'666 francs en 2012.

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03/11/2015

Un 2e pilier sans avenir?

vieux marionnettes.jpgAux taux actuels, plus bas que jamais, les régimes de prévoyance fondés sur l’accumulation de capitaux n’ont pas d’avenir. Ce n’est pas moi qui le dis, mais le professeur bâlois Heinz Zimmermann, lors d’un forum qui s’est tenu à St-Gall.

L’économiste – dont ce n’est pas le premier avertissement – a mis le doigt sur les incohérences du système de retraites par capitalisation tel que la Suisse l’a façonné et ancré jusque dans sa Constitution, où l’on peut lire à l’article 113 que la prévoyance professionnelle, conjuguée à l’AVS, doit permettre à l’assuré de «maintenir de manière appropriée son niveau de vie antérieur». Concrètement, ce niveau approprié a été arrêté à 60% environ du dernier salaire.

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16/06/2015

Obligations, le piège fatal

1000 francs.jpgContraintes par la loi ou amenées à s’y conformer par la force de l’habitude, les institutions collectives allouent une part importante voire prépondérante de leur fortune aux placements en valeurs à revenu fixe, et de préférence en obligations d’emprunts d’Etat. Les caisses de pensions suisses leur consacrent 35% de leurs avoirs ; les assureurs-vie, jusqu’à deux fois plus s’agissant de la fortune liée à leurs engagements, notamment vis-à-vis des premières nommées.

Bref, l’idée conventionnelle selon laquelle absence de risque rime avec créance sur débiteur souverain et si possible sur la Confédération continue de façonner le gros de la structure de nos systèmes de prévoyance.

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10:57 Publié dans Dette, Financement des retraites, gouvernance, Prévoyance | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

25/11/2014

Locataires, retraités: Quand le droit va de travers

Le Tribunal fédéral, interprétateur sourcilleux du droit du bail, vient de juger que les rendements prévus dans les plans financiers des habitations à loyers contrôlés par l’Etat devaient s’ajuster au – bas – niveau des taux hypothécaires actuels, donc en suivre la courbe fortement descendante. D’où, comme l’a relevé Christian Bernet la semaine dernière dans la Tribune de Genève, sous le titre La panique s'empare des constructeurs de logements, un certain émoi chez les promoteurs et les investisseurs institutionnels, telles les caisses de pensions, qui placent une bonne partie de leurs actifs dans l’immobilier et ne peuvent se contenter de rendements aussi faibles pour remplir leurs obligations de prévoyance.

Le TF aurait d’ailleurs pu remarquer qu’il y avait une certaine incohérence dans le fait de juger excessif un rendement net dépassant 2,5%, quand le taux d’intérêt minimum que les institutions de prévoyance sont tenues de verser sur les avoirs de vieillesse vient d’être fixé à un niveau à peine supérieur (1,75%) ; à ce taux-là, elles ne couvrent même plus leurs frais.

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09:20 Publié dans Capital, Démocratie, Dette, Financement des retraites, Immobilier | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

01/07/2014

Le pot de miel de la prévoyance

Un vieux et sage principe de politique économique veut qu’on ne puisse viser plusieurs objectifs avec le même instrument. Cette impossibilité de courir plusieurs lièvres à la fois, qui vaut pour la politique monétaire par exemple (une banque centrale ne peut à la fois fixer le taux de change et le taux d’intérêt, sauf à contrôler les mouvements de capitaux), vaut aussi pour la prévoyance. C’est donc un simple retour à la logique qu’envisage le Conseil fédéral en proposant de ne plus autoriser, sauf cas exceptionnels, l’utilisation du 2e pilier pour faciliter l’accession à la propriété. Les fonds accumulés sur les comptes des assurés doivent servir à financer leurs rentes futures, et non pas simultanément – ou plus exactement : en lieu et place – les aider à acquérir leur propre logement.

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16/07/2013

Pensions et retraites: cherchons experts en marc de café

L’Office fédéral des assurances sociales (OFAS) lance un appel d’offres pour un projet de recherche ayant pour objet «la définition d’une fourchette de rendement réaliste qui puisse servir de référence acceptable lors des discussions concernant le taux de conversion minimal fixé dans la loi sur la prévoyance professionnelle». Autrement dit, que ceux qui pensent pouvoir prédire l’évolution des marchés financiers ces prochaines années s’annoncent ! Il leur sera versé, s’ils remportent le concours, un modeste défraiement de 150'000 francs.

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07/05/2012

Les caisses de prévoyance n’ont d’autres choix que de se recapitaliser

Ma dernière chronique sur l'insuffisant degré de couverture des caisses de pensions m'a valu une volée de bois vert et quelques insultes de la part des défenseurs de l'idée, encore assez répandue chez certains nostalgiques de l'Etat-providence, selon laquelle une capitalisation partielle même très inférieure aux 80% exigés par la Confédération n'aurait rien à se reprocher dans le cas des caisses publiques, vu le caractère pérenne dudit Etat qui leur accorde sa garantie.

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26/03/2012

Travail contre capital ? Non, jeunes contre vieux !

L'assainissement des grandes caisses publiques genevoises, CEH et CIA, fusionnées pour éviter à la plus éclopée des deux de devoir recourir à des mesures plus douloureuses encore, renvoie à l'éternel débat sur les conséquences réelles ou supposées du vieillissement. On connaît la chanson: afin de maintenir des droits acquis (comme si, en la matière, on pouvait faire abstraction de la démographie et, accessoirement, de l'évolution économique), les opposants à toute réforme sérieuse de la prévoyance contestent la nécessité d'un effort supplémentaire d'épargne et s'arc-boutent aux taux actuariels actuels (taux technique, taux de conversion) dont chacun sait ou devrait savoir qu'ils ne correspondent plus à rien.

Pour rappel, un taux technique de 4%, même ramené à 3,5%, alors que les rendements sans risque de placements à 30 ans s'approchent péniblement de 1,5%, permet de se contenter théoriquement d'une accumulation de capitaux bien inférieure à celle qui serait nécessaire pour garantir les rentes promises.

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31/10/2011

Affaire Novartis: salariés, mais aussi actionnaires

novartis.jpgQui sont ces actionnaires assoiffés de dividendes pour le maintien desquels Novartis a décidé de rayer 2000 emplois en Suisse et notamment les 320 de l’ancienne Zyma, à Nyon? Difficile de les identifier, puisqu’ils sont un peu plus de 150 000 à travers le monde. De surcroît, aucun des plus importants d’entre eux ne détient davantage que quelque pour cent du capital...

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18:47 Publié dans Financement des retraites | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : 2e pilier, sandoz, zyma | |  Facebook | | |