01/08/2018

Raiffeisen: de l’utilité des coopératives

Les turbulences récemment traversées par Raiffeisen démontrent à quels désagréments peut conduire la forme coopérative lorsqu’elle s’applique au monde de la finance. Le troisième groupe bancaire helvétique ne doit bien entendu pas les mésaventures qu’il a connues à sa seule forme juridique. D’autres banques, et non des moindres, ont eu affaire à des tracas d’une autre envergure, alors même qu’elles constituaient des sociétés anonymes pur sucre – que l’on songe simplement aux circonstances ayant entouré la fusion entre UBS et SBS, ou aux déboires d’autres mastodontes telle la Deutsche Bank. Mais se rappelle-t-on encore des péripéties qui avaient conduit à l’époque la Banque Populaire Suisse, cette autre banque coopérative, à finir entre les mains du Crédit Suisse ? A l’origine de ses multiples déconvenues, on retrouve, comme pour Raiffeisen, une défaillance dans le mode de gouvernance, qu’il faut bien imputer à la forme coopérative. Car à la différence de ce que l’on observe pour les sociétés anonymes, la surveillance exercée par le conseil d’administration sur la direction de la coopérative pêche par plusieurs aspects : une absence – ou une insuffisance – de pression sur les organes dirigeants de la part des coopérateurs (ou de leurs délégués dans le cas des grandes coopératives), une lenteur dans la prise de décision, et bien souvent une connaissance lacunaire des membres de la coopérative du domaine dans lequel celle-ci est active. Dans ces conditions, des managers peu scrupuleux, ou tout simplement imprudents, ont toute liberté d’engager l’entreprise dans des aventures risquées. A quoi s’ajoute une certaine fragilité structurelle sur le plan financier, puisque la forme coopérative, lorsqu’elle s’applique à la banque, rend difficile le processus de recapitalisation en cas de besoin urgent de refinancement.

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07:23 Publié dans Banques suisses, Concurrence, Démocratie, Ethique, gouvernance, suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

11/07/2018

Le monde à la merci d’un fou ?

On attribue volontiers la brutalité avec laquelle le président américain s’acharne à mettre à terre l’ordre international au fait qu’il tiendrait ses promesses de campagne et contenterait ainsi son électorat. Ce détour par le populisme est dans l’air du temps, puisque il rejoint d’autres manifestations de refermement sur soi qui ne s’observent pas seulement aux Etats-Unis mais aussi au cœur des plus vieilles démocraties européennes. Il y a cependant une autre explication, qui fait froid dans le dos. Et si Donald Trump était atteint de maladie mentale ?

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06:11 Publié dans Air du temps, Démocratie, Etats-Unis, Ethique, Futur | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Facebook | | |

17/02/2015

Pourquoi ne pas creuser plus avant l’idée d’un «fonds souverain»?

Rappel des épisodes précédents. Parce qu’elle est un pays économe, vertueux, accessoirement discret sur les fortunes d’ailleurs qui viennent se déposer dans ses banques, la Suisse dispose depuis des lustres d’une monnaie forte, ce qui constitue indubitablement un avantage à certains égards mais pose néanmoins quelques problèmes de compétitivité à son industrie.

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07:14 Publié dans Banques centrales, Capital, Concurrence, Ethique, Finances, Monnaie, suisse | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

18/11/2014

Le côté obscur de la finance

Après la crise de 2008, on pouvait penser que les banques, déconfites et honteuses, feraient profil bas et encaisseraient sans broncher les sanctions accompagnant leur sauvetage. Hé bien non ! Comme vient de le montrer une enquête menée conjointement par la CFTC américaine, la FCA britannique et la FINMA depuis 2010, quatre ou cinq grandes banques dont UBS, qui se partagent à elles seules la moitié d’un marché mondial des devises estimé à 5,3 billions de dollars de chiffre d’affaires quotidien (mars 2013), se sont laissées aller à manipuler les cours de référence de quelques unes des principales monnaies qui y sont négociées.

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07:52 Publié dans Banques suisses, Concurrence, Démocratie, Ethique | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | |

05/08/2014

Fonds vautours, drôles d’oiseaux

On les appelle vautours parce que, à l’instar du volatile en question, ils profitent de l’état de faiblesse de leur proie pour fondre sur sa dépouille. Mais si le rapace est utile à l’écosystème, les fonds spéculatifs, qui misent sur la détresse d’un débiteur pour réaliser d’insolentes plus-values en rachetant ses emprunts à des conditions dérisoires avant d’en récupérer le montant intégral du nominal, méritent-ils qu’on les considère identiquement comme des éboueurs naturels du capitalisme ?

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08:09 Publié dans Ethique, Finances, Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |