07/12/2016

La deuxième vie du dollar

Nous sommes quelques-uns à avoir cru fermement et écrit, il y a de cela une vingtaine d'années, que le dieu Dollar était déchu et qu'il ne pouvait désormais que chuter au point de perdre son rôle de monnaie dominante. Nous pensions alors dur comme fer que l'importance des "balances dollar" – comme depuis Jacques Rueff et même bien avant (en 1949 déjà, dans des études de la Réserve fédérale) on appelait les montants prodigieux de dollars détenus par les pays créanciers des États-Unis –, nous pensions donc que cette masse énorme de dollars résultant des déficits extérieurs accumulés par la première puissance économique du monde finirait inévitablement par détruire le peu de confiance encore placée dans une monnaie longtemps considérée comme "aussi bonne que l'or".

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07:38 Publié dans Banques centrales, Dette, Dollar, Etats-Unis | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

20/01/2015

Faute vénielle ou péché mortel ?

En 1974, une année après que la BNS se soit résignée à abandonner le cours fixe du franc face – alors – au dollar, le président de son directoire, Fritz Leutwiler, confiait à son collaborateur Kurt Schiltknecht : «Je n’ai aucune idée sur la façon de mener la politique monétaire sous un régime de changes flottants». Et d’ajouter que la seule question dont il se soit constamment préoccupé était de savoir «comment empêcher que trop d’argent n’arrive en Suisse».

Son successeur actuel à la tête de la Banque nationale a dû se poser la même question, sauf que, il y a quarante ans, les soucis portaient sur les tensions inflationnistes (les prix à la consommation augmentaient de plus de 10% l’an), tandis que ceux d’aujourd’hui porteraient plutôt sur les risques de déflation. La BNS avait d’ailleurs, en 2011, fait de ceux-ci le principal argument en faveur de l’instauration d’un cours plancher.

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14/10/2014

Mais non mais non, mais si mais si !

Collé à l’euro comme la Suisse l’est à l’Europe sans vouloir l’admettre, le franc profite indirectement de la dépréciation de la monnaie unique. Il bénéficie autant qu’elle d’un avantage de change sur tous les marchés sur lesquels les transactions s’affichent en dollars ou dans l’une ou l’autre des monnaies (la livre par exemple) qui suivent à peu près la même trajectoire. Peu importe ici de savoir si les récentes variations des taux de change effectifs sont dues principalement à la hausse du billet vert ou à la baisse de l’euro, car les mêmes phénomènes expliquent les deux mouvements : une divergence naissante et destinée à durer des politiques monétaires adoptées de part et d’autre de l’Atlantique (tendance au resserrement à la Réserve fédérale, au desserrement à la Banque centrale européenne), qui creuse un écart dans les taux d’intérêt et invite par conséquent les capitaux à quitter l’euro pour se placer en dollars, selon la plus élémentaire des stratégies de carry trade (portage en français).

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07:11 Publié dans Banques centrales, Dollar, Europe, Monnaie, suisse, Zone euro | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

22/10/2013

La dette des Etats-Unis n’est pas une dette comme les autres

Pour gigantesque qu’elle semble et est effectivement devenue, la dette publique des Etats-Unis n’est pas tout à fait une dette comme les autres. D’abord, son trait caractéristique est d’être détenue pour moitié par des créanciers externes.

C’est également vrai de la dette d’autres pays, mais les créanciers, moins officiels que privés, de ces derniers en détiennent pour des raisons tout différentes : les banques centrales de Chine et du Japon ont accumulé en quantité des bons du Trésor américain parce qu’elles y voyaient et continuent pour l’instant d’y voir une manière commode et sûre de placer leurs considérables réserves de change, tandis que les banquiers allemands et les assureurs français détiennent de la dette publique portugaise parce que celle-ci offre un rendement intéressant en échange certes d’un risque élevé – mais qui ne risque rien n’a rien.

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07:32 Publié dans Dette, Dollar, Etats-Unis | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | | |

17/09/2012

Après l’euro, le dollar ?

Le répit accordé à la crise par les paroles magiques de Mario Draghi et le jugement salomonique de la cour constitutionnelle allemande a ceci de bienfaisant qu’il détourne l’attention des marchés de l’avenir de la zone euro pour la porter sur celui du dollar. En deux petits mois à peine, et alors que le franc n’a que légèrement décollé de son taux plancher de 1.20 fixé par la BNS, l’euro a repris près de 8% face au billet vert. On se rend donc compte, chez les traders, que les problèmes ne sont pas qu’européens, et que les raisons de s’inquiéter sont également à chercher du côté des Etats-Unis.

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