27/02/2019

Médecins au chevet de la prochaine crise

Le débat qui s’intensifie au sujet des intérêts négatifs est révélateur du désarroi qui règne chez les économistes. Comment expliquer que les liquidités mises à disposition des intermédiaires bancaires par le truchement de politiques monétaires extraordinairement accommodantes n’alimentent pas le crédit aux entreprises, mais continuent d’être parquées en réserves stériles auprès des banques centrales en dépit des pénalités qui les frappent désormais? Des taux directeurs quasi nuls voire inférieurs à zéro, innovation radicale dans l’arsenal de la lutte anti-crise, ont certes permis de maintenir la dette publique dans des proportions supportables (puisqu’ils n’en alourdissent pas le service, alors même qu’elle continue de grandir), mais c’est là une maigre consolation face à la montagne de difficultés que signifiera le retour à la normale.

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20/02/2019

Qui ne paie pas ses dettes s’enrichit

A l’instar de quelques rares autres pays, l’Espagne et les Pays-Bas notamment, la Suisse impose la valeur locative des logements habités par leurs propriétaires. Depuis une vingtaine d’années, la proposition d’abandonner cette singularité fiscale ou d’en modifier la nature a été soumise au vote populaire, sans jamais réussir à convaincre un électorat essentiellement constitué, il faut le dire, de locataires. Ce qui n’a manifestement pas découragé les partisans de sa suppression de revenir à la charge, puisque la Commission de l’économie et des redevances du Conseil des Etats vient de déposer une initiative parlementaire visant à la faire disparaître, moyennant divers aménagements susceptibles d’emporter cette fois-ci l’adhésion d’une majorité.

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06:48 Publié dans Démocratie, Dette, Finances | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

19/12/2018

2008, crise «transatlantique»

Elles n’ont pas été prises la main dans le sac, puisqu’il aura fallu dix ans pour établir définitivement leur part de responsabilité dans l’ampleur prise par la crise des subprime. Elles, ce sont les grandes banques européennes, suisses, britanniques et allemandes pour être précis, qui ont massivement – bien plus massivement, toutes proportions gardées, que les banques américaines – tricoté ces produits adossés à des hypothèques de basse qualité, dont la perte brutale de valeur a déclenché la pire crise financière que le monde ait connue depuis les années trente.

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07:33 Publié dans Banques, Croissance, Dette, Etats-Unis, Finances, gouvernance, Taux d'intérêt | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

29/08/2018

Les turqueries de Donald Trump

Entre le président américain et l’autocrate au pouvoir à Ankara, il n’y a pas grand-chose de commun, sinon une même et profonde aversion pour tout ce qui viendrait contrecarrer leurs projets respectifs de grandeur, et singulièrement leur désir d’apposer leur marque sur des économies qui seraient maintenues grâce à eux en perpétuelle croissance. Côté turc, l’exercice est raté, non seulement en raison des sanctions imposées par Washington pour les motifs qu’on connaît, mais aussi parce que l’économie turque, frappée depuis des années de déséquilibres qui n’ont cessé d’augmenter, est au surplus malmenée par les visions absconses d’un président fâché avec les mécanismes monétaires les plus élémentaires.

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07:16 Publié dans Banques centrales, Dette, Etats-Unis, Inflation/déflation, Taux d'intérêt | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

23/08/2018

Les déficits, une histoire d’œuf et de poule

La France affiche régulièrement des déficits commerciaux, que l’on explique généralement par la faiblesse de sa compétitivité, le manque d’originalité de sa production industrielle, ou encore l’insuffisance de son épargne. Mais tout cela passe à côté d’un problème plus général, estiment certains économistes français, qui rejoignent sur ce point ceux de leurs collègues américains qui voient dans l’excès d’épargne du reste du monde, tous pays confondus, la cause première du déficit extérieur des Etats-Unis. Dans le cas de la France, postule un chroniqueur des Echos, cest essentiellement l’Allemagne, avec son énorme et persistant excédent courant, qui serait la contrepartie nécessaire, et dans une certaine mesure causale, du déficit commercial qu’enregistre, année après année, l’économie française.

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14:29 Publié dans Croissance, Dette, Finances publiques, gouvernance | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

27/06/2018

Soucis persistants sur le marché hypothécaire

On relevait la semaine dernière dans cette colonne combien le marché des crédits hypothécaires restait frappé de suractivité, en particulier en Suisse romande, et combien certaines catégories de banques persistaient à s’y engager. Ce n’est donc pas tout à fait un hasard si la FINMA et la Banque nationale suisse viennent de lancer de sérieux avertissements à propos des évolutions en cours sur ce marché. Même si, note la seconde, la plupart des banques axées sur le marché intérieur sont correctement capitalisées et échapperaient au naufrage en cas de «scénarios défavorables», la situation demeure tendue.

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06:50 Publié dans Banques suisses, Croissance, Dette, Immobilier, suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

20/06/2018

Un dette à plus d’un billion de francs

Le marché immobilier s’est paraît-il stabilisé l’an dernier en Suisse. Les prix auraient même légèrement reculé pour les appartements en PPE, et à peine augmenté pour les maisons individuelles. La situation dans les grands centres urbains n’est évidemment pas celle des régions périphériques. A Genève par exemple, les prix moyens demeurent très élevés. A Zurich ou Bâle également, même si à certains égards la situation hors centre-ville y est moins tendue.

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06:28 Publié dans Banques suisses, Dette, Genève, Immobilier, suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

11/04/2018

Et si l’on en revenait aux loteries royales ?

Le jeu est mal vu et malsain. Il flatte les bas instincts : cupidité, appât du gain, recherche de l’argent facile. Mais il est partout et envahit même les strates plus nobles de la haute finance, puisqu’on en retrouve le principe jusque dans l’architecture de toutes sortes de produits dérivés – forwards, futures, swaps de taux, de change, etc. – qui ne sont rien d’autre, fondamentalement, que des paris, et qui suscitent, mutatis mutandis, le même genre d’engouement que les loteries sous toutes leurs formes.

Plus basiquement, le jeu de hasard précipite des foules de parieurs vers les comptoirs des bars-tabac, kiosques à journaux et autres points de vente exhibant toute une panoplie de billets à gratter.

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06:49 Publié dans Air du temps, Démocratie, Dette, Finances publiques | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

17/01/2018

Le franc rapporte gros. A la BNS

Les circonstances font que la Banque nationale suisse est devenue le principal gérant d’actifs du pays et qu’elle s’en sort plutôt bien. L’an dernier en effet, elle a réalisé une performance nette de 54 milliards de francs sur un portefeuille – monté jusqu’à 784 milliards à fin novembre 2017 – d’avoirs placés «passivement» (dure leçon, soit dit au passage, pour les gérants dits «actifs»). Tant mieux pour les pouvoirs publics fédéraux et cantonaux qui, du fait des conventions de distribution passées entre elle et eux, se partageront 2 milliards. Pour autant la question de fond demeure: la BNS s’occupe-t-elle de politique monétaire, ou gère-t-elle la richesse financière nationale ? Un peu des deux, dira-t-on, mais «à la retirette», puisque, si elle se consacrait pleinement à la première de ces fonctions, elle n’aurait pas dû abandonner le taux plancher, et si c’est la seconde qui prend désormais le dessus, elle pourrait distribuer bien davantage que 4% de son bénéfice.

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08:53 Publié dans Banques centrales, Démocratie, Dette, Europe, Monnaie, suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

27/12/2017

Le côté obscur de la dette

Lorsqu’un projet local – disons, au hasard, un stade ou de grandes fêtes populaires – finit par coûter deux fois plus cher que prévu, les initiateurs du projet se renvoient mutuellement la balle en jurant que la responsabilité des dépassements ne saurait leur incomber. Lorsqu’en revanche il manque durablement une grosse dizaine de milliards au bilan financier d’une collectivité cantonale par suite de l’accumulation, des années durant, d’importants déficits, il ne se passe rien ou si peu. Les gouvernements qui se sont succédé à la tête des finances ont à chaque fois invoqué l’impuissance d’un exécutif pris entre la gauche et la droite et parfois même le centre pour justifier le retour à quelques détails près aux mêmes impasses budgétaires. Et les majorités parlementaires successives et parfois alternatives qui ont voté recettes et dépenses ont à chaque fois débattu longuement, mais presque toujours fini par opiner. Rares en tout état de cause ont été les cas où l’exercice suivant a dû démarrer sans budget.

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17:27 Publié dans Capital, Dette | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | |

20/12/2017

La prochaine crise sera-t-elle immobilière ?

En Suède, la durée moyenne de remboursement d’un prêt hypothécaire serait de 140 ans. Les statistiques manquent pour évaluer la longévité des encours hypothécaires en Suisse, mais on peut raisonnablement estimer que, pour une partie d’entre eux en tout cas, elle doit se situer dans les mêmes eaux, une fois les obligations légales ou contractuelles remplies (amortissement accéléré du 2e rang, échéance plus courte des nouveaux crédits, etc.).

En tout état de cause, les deux pays sont champions dans le recours à l’endettement hypothécaire, qu’il soit mesuré en proportion du produit intérieur brut, en fonction des revenus, ou à la hauteur de la charge financière qu’il fait peser sur le budget moyen des ménages. Corollaire ou conséquence de cet emballement hypothécaire, les prix de l’immobilier ont en Suède comme chez nous atteint des hauteurs stratosphériques, et entraîné des risques que les autorités de surveillance compétentes s’efforcent d’évaluer et si possible de maîtriser.

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06/12/2017

Santé, retraites : paroles de sages

Quelques économistes de poids font entendre leur voix sur deux sujets de première importance réservés à ce jour au monde politique : la réforme de la prévoyance et celle, tout aussi urgente, du système de santé. L’une et l’autre ont ceci de particulier qu’elles représentent des enjeux évidemment politiques et supposent donc un traitement parlementaire puis, cas échéant, une ratification populaire. Mais elles impliquent toutes deux une appréhension suffisante des mécanismes sous-jacents, ce qui est loin d’être le cas de l’immense majorité des députés, et a fortiori de la population appelée à se prononcer.

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07:56 Publié dans Assurances, Capital, Dette, Prévoyance, Santé | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

18/10/2017

Risque numéro un, la dette

La voix du Fonds Monétaire International ne porte peut-être plus aussi loin que celle, plus bruyante, du G20 ou d’autres enceintes au goût du jour, elle n’en mérite pas moins de retenir toute notre attention. Dans ses dernières «Perspectives de l’économie mondiale» (octobre 2017), le Fonds confirme bien que la reprise est là et que le verre, hier à moitié vide, est à présent plein aux trois quarts, mais il s’empresse dans la foulée de relever combien cette reprise demeure fragile, au vu des nombreux risques qui l’entourent.

Le plus frappant de ces risques, hormis le traditionnel cortège de déséquilibres structurels (faiblesse de la productivité, creusement des inégalités, perte d’orientation des politiques monétaires), est sans doute le niveau d’endettement observé un peu partout, et qui rappelle les circonstances ayant précédé, et manifestement provoqué, la crise financière de 2007-2008.

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07:45 Publié dans Démocratie, Dette, gouvernance | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

16/08/2017

De l’eau au moulin du fonds souverain

Âprement disputée comme on sait, l’idée d’un fonds souverain – ou de quelque chose s’en approchant – financé par les énormes réserves de la BNS pourrait rebondir si l’on prenait la peine de lire la proposition un peu iconoclaste de deux économistes américains, dont The Economist s’est fait l’écho au début du mois. Dans un papier intitulé «The Capital Structure of Nations» (qui fait en quelque sorte écho à La Richesse des Nations, le célèbre ouvrage d’Adam Smith), Patrick Bolton et Haizhou Huang suggèrent en effet que les Etats pourraient sous certaines conditions financer leurs dépenses utiles (donc d’investissement) par de la pure création monétaire, de la même manière que les entreprises financent parfois les leurs par une augmentation de capital, c’est-à-dire en émettant de nouvelles actions.

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21/06/2017

En attendant la prochaine crise: tant va la cruche à l’eau…

Combien de temps s’écoule-t-il jusqu’à ce qu’une crise financière soit oubliée?

D’expérience, il semble qu’une génération, voire moins, suffise pour qu’une vaste majorité d’intervenants ait perdu la mémoire de la crise précédente. La dernière crise majeure que la Suisse ait connue, celle du krach immobilier du début des années 90, est donc en passe d’être complètement oubliée. On comprend dès lors que la Banque nationale suisse, en charge de la surveillance bancaire et principale intéressée au maintien de la stabilité financière, veille avec la plus grande attention au bon fonctionnement du marché hypothécaire. Et il n’aura pas échappé au lecteur attentif de son dernier Rapport sur la stabilité financière qu’elle continue de considérer ce marché comme suffisamment éloigné de l’équilibre pour consacrer une large part de son analyse à la situation des banques «axées sur le marché intérieur», autrement dit celles, locales et régionales, qui vivent principalement du crédit hypothécaire.

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17/05/2017

L’euro à marée haute

La monnaie unique s’approche insensiblement d’un niveau qu’on peut considérer comme pratiquement équivalent au cours plancher introduit en septembre 2011 et dont la levée trois ans et demi plus tard avait suscité tant de protestations. A 1,10 franc aujourd’hui et bientôt peut-être 1,15 franc, cours que les stratèges d’UBS considèrent à portée de main, l’euro sera en effet à la fois supportable pour les exportateurs et proche en valeur réelle (c’est-à-dire inflation déduite) de son niveau d’alors, sans que pour cela la Banque nationale ait eu à intervenir.

En forçant le trait, on ira même jusqu’à suggérer que les circonstances actuelles permettraient à la BNS de se défaire d’une partie du stock colossal de devises qu’elle a été contrainte d’accumuler pour empêcher une trop forte appréciation du franc. En outre et sans rien faire d’autre elle empochera, si la tendance se confirme, une jolie plus-value que la Confédération et les cantons se réjouissent sans doute déjà de se partager.

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03/05/2017

Les caisses de retraire publiques, un 2e pilier spécial?

Le rééquilibrage devenu impératif du bilan actuariel de la Caisse de prévoyance de l’Etat de Genève (CPEG) enflamme les esprits, tant il supposera de milliards et de sacrifices supplémentaires à charge des uns et des autres. Les uns, ce seront principalement les assurés actifs, tandis que les autres, ce seront in fine les contribuables, puisque la recapitalisation assénera un nouveau coup de massue aux finances cantonales.

La raison de ce soudain remue-ménage est à la fois simple et compliquée.

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07:51 Publié dans Assurances, Capital, Dette, Financement des retraites, Genève, Taux d'intérêt | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

05/04/2017

Euro: qui veut noyer son chien…

Il y a deux sortes d’adversaires à la monnaie unique européenne. Ceux qui, jugeant son lancement prématuré, lisent dans les difficultés actuelles de l’union monétaire la vérification de leur diagnostic. Et ceux qui, accusant l’euro de tous les maux, masquent leur europhobie viscérale derrière un argumentaire plus ou moins scientifique, comme les candidat(e)s d’extrême gauche et d’extrême droite à la présidentielle française, qui puisent leur inspiration auprès d’analystes traditionnellement eurosceptiques, tel l’économiste Jacques Sapir, récemment interrogé sur les ondes de la RTS.

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01/03/2017

Taxer les robots ? Quelle drôle d’idée !

Entre Benoît Hamon et Bill Gates, il n’y a pas grand chose de commun, sauf que tous deux avancent l’idée qu’on en viendra à taxer les robots. Le milliardaire californien comme le candidat socialiste à la présidentielle française tirent en effet de la disparition programmée de la plupart des emplois la même conclusion : puisque le travail, principale source de revenu pour le commun des mortels, se raréfie, il faudra bien trouver un moyen autre que les salaires, et les prélèvements de toutes sortes qui les ponctionnent, pour assurer la protection sociale et la vie tout court. Le revenu universel, financé par une taxe sur les mécanismes dotés d’intelligence artificielle, pourrait être ce moyen.

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08/02/2017

La dette, pas si bonne pour la croissance

Des économistes de la Banque des règlements internationaux (BRI) viennent de découvrir quelque chose de peu rassurant[1] : une augmentation de l’endettement des ménages plus rapide que celle du produit intérieur brut (PIB) tendrait à la longue à freiner la croissance, même si dans l’immédiat, à la manière d’une drogue si l’on peut dire, cette augmentation serait légèrement stimulante.

Selon les calculs des chercheurs, un ratio dette privée/PIB supérieur à 80% accentuerait cet effet de freinage, chaque point de pourcentage d’augmentation dudit ratio entraînant à terme une baisse de 0,1% de la croissance. Cela peut paraître négligeable, mais ne l’est pas tout à fait dans le cas de la Suisse, dont le taux d’endettement des ménages, essentiellement hypothécaire, bat tous les records, puisqu’il frise actuellement les 120% du PIB (contre une moyenne de 80% pour les pays les plus avancés), alors qu’il n’était «que» de 100% il y a 10 ans. Peu de pays ont enregistré une progression aussi rapide de la dette privée. Il n’y a guère que la Suède à avoir fait encore mieux.

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