11/04/2018

Et si l’on en revenait aux loteries royales ?

Le jeu est mal vu et malsain. Il flatte les bas instincts : cupidité, appât du gain, recherche de l’argent facile. Mais il est partout et envahit même les strates plus nobles de la haute finance, puisqu’on en retrouve le principe jusque dans l’architecture de toutes sortes de produits dérivés – forwards, futures, swaps de taux, de change, etc. – qui ne sont rien d’autre, fondamentalement, que des paris, et qui suscitent, mutatis mutandis, le même genre d’engouement que les loteries sous toutes leurs formes.

Plus basiquement, le jeu de hasard précipite des foules de parieurs vers les comptoirs des bars-tabac, kiosques à journaux et autres points de vente exhibant toute une panoplie de billets à gratter.

Lire la suite

06:49 Publié dans Air du temps, Démocratie, Dette, Finances publiques | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

05/04/2018

La Monnaie pleine a déjà ses gardiens du temple…

Je me suis fait rappeler à l’ordre la semaine dernière pour avoir écrit dans ces colonnes qu’en cas d’acceptation de l’initiative Monnaie pleine, les clients des banques pourraient choisir entre elles et la banque centrale pour déposer leurs avoirs. Le raccourci était un peu malheureux, j’en conviens. Aussi, je m’explique.

Il n’est bien entendu pas (encore) question que chacun puisse ouvrir un compte à la Banque nationale. En revanche, une monnaie qui soit «pleine» signifierait que les crédits bancaires devraient être couverts en totalité par de l’argent créé par la banque centrale, et seulement par elle. D’ailleurs, l’intitulé «monnaie pleine» dérive du 100% money proposé par Irving Fisher en 1935, qui voyait dans l’abandon du système de réserves fractionnaires le moyen d’éviter la répétition de krachs tels que celui de 1929.

Lire la suite

07:57 Publié dans Banques centrales, Croissance, Démocratie, Monnaie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

La Monnaie pleine a déjà ses gardiens du temple…

Je me suis fait rappeler à l’ordre la semaine dernière pour avoir écrit dans ces colonnes qu’en cas d’acceptation de l’initiative Monnaie pleine, les clients des banques pourraient choisir entre elles et la banque centrale pour déposer leurs avoirs. Le raccourci était un peu malheureux, j’en conviens. Aussi, je m’explique.

Il n’est bien entendu pas (encore) question que chacun puisse ouvrir un compte à la Banque nationale. En revanche, une monnaie qui soit «pleine» signifierait que les crédits bancaires devraient être couverts en totalité par de l’argent créé par la banque centrale, et seulement par elle. D’ailleurs, l’intitulé «monnaie pleine» dérive du 100% money proposé par Irving Fisher en 1935, qui voyait dans l’abandon du système de réserves fractionnaires le moyen d’éviter la répétition de krachs tels que celui de 1929.

Lire la suite

07:57 Publié dans Banques centrales, Croissance, Démocratie, Monnaie | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | |

28/03/2018

Monnaie pleine: Le tort d’avoir raison trop tôt

Il se dit beaucoup de bêtises à propos de l’initiative «Monnaie pleine». La seule chose vraie est que, si elle était acceptée, les banques ne pourraient plus compter systématiquement sur la différence d’intérêts comme source de profit (principale, voire unique pour certaines d’entre elles), puisque leurs clients actuels pourraient dorénavant choisir entre elles et la banque centrale comme lieu de dépôt de leurs encaisses.

Tout le reste, ou presque, est littérature. Ce qui est particulièrement faux, c’est l’argument selon lequel l’acceptation de l’initiative rendrait encore plus difficile l’obtention de crédits par les entreprises, comme l’affirme, par exemple, l’association faîtière des hôteliers. Les banques qui aujourd’hui financent leurs prêts par les dépôts de leurs clients obtiendraient en effet sans difficulté les crédits nécessaires auprès de la banque centrale. Ces crédits ne seraient évidemment pas octroyés gratuitement, mais la BNS aurait tout loisir de varier ses conditions, comme elle le fait d’ailleurs déjà aujourd’hui.

Lire la suite

07:59 Publié dans Banques, Banques centrales, Démocratie, Finances, Futur, Monnaie, Taux d'intérêt | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

14/03/2018

Le libre-échange pour les nuls

Avec sa façon cowboyesque d’empoigner les relations internationales, le président américain ne fait pas que démolir les règles de bienséance commerciales patiemment édifiées depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale. Il ruine également les bases de la prospérité – américaine au premier chef, mais pas seulement – à laquelle l’ouverture des frontières a jusqu’ici conduit. Parce que, contrairement à ce dont il semble s’être convaincu, le libre-échange profite à tous les partenaires, même et y compris à ceux qui, comme les Etats-Unis, présentent un déficit de leur balance commerciale.

Lire la suite

07:02 Publié dans Concurrence, Croissance, Démocratie, gouvernance, Prix, salaires, revenus | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

24/01/2018

Le refus irréfléchi de l’ouverture

A l’instar d’autres ressorts populistes, le bâton sauteur de l’UDC rebondit régulièrement sur les craintes suscitées par la mondialisation. Quoi de plus payant en effet, électoralement parlant, que de dénoncer les atteintes à la souveraineté nationale et au bien-être des habitants, ou encore de démontrer chiffres à l’appui combien l’emploi se trouve menacé par une concurrence déloyale venue d’ailleurs, tous désagréments qu’il faut bien entendu attribuer à l’ouverture des frontières !

Lire la suite

07:54 Publié dans Chômage, Croissance, Démocratie, suisse | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | |

17/01/2018

Le franc rapporte gros. A la BNS

Les circonstances font que la Banque nationale suisse est devenue le principal gérant d’actifs du pays et qu’elle s’en sort plutôt bien. L’an dernier en effet, elle a réalisé une performance nette de 54 milliards de francs sur un portefeuille – monté jusqu’à 784 milliards à fin novembre 2017 – d’avoirs placés «passivement» (dure leçon, soit dit au passage, pour les gérants dits «actifs»). Tant mieux pour les pouvoirs publics fédéraux et cantonaux qui, du fait des conventions de distribution passées entre elle et eux, se partageront 2 milliards. Pour autant la question de fond demeure: la BNS s’occupe-t-elle de politique monétaire, ou gère-t-elle la richesse financière nationale ? Un peu des deux, dira-t-on, mais «à la retirette», puisque, si elle se consacrait pleinement à la première de ces fonctions, elle n’aurait pas dû abandonner le taux plancher, et si c’est la seconde qui prend désormais le dessus, elle pourrait distribuer bien davantage que 4% de son bénéfice.

Lire la suite

08:53 Publié dans Banques centrales, Démocratie, Dette, Europe, Monnaie, suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

29/11/2017

Milliard, le mot qui fâche certains en Suisse

Le «milliard de cohésion» promis par le Conseil fédéral donne des boutons à l’UDC, qui dénonce un «scandale» et entend obtenir dans les plus courts délais la mise en place d’un référendum financier. De quoi parle-t-on au juste ?

Par un malencontreux rapprochement de termes, l’usage s’est installé depuis 2008 de considérer la contribution financière de la Suisse à l’Union européenne élargie comme une contribution directe aux fonds de cohésion de l’UE et, par simplification, d’englober les montants en jeu dans un chiffre rond, le fameux milliard.

Lire la suite

07:54 Publié dans Démocratie, Emploi, Europe, suisse | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

08/11/2017

Ces milliards de la BNS à portée de main…

Les 33 et quelque milliards de francs de bénéfice affichés par la BNS au 30 septembre 2017 interloquent beaucoup de lecteurs, qui ne comprennent pas pourquoi d’aussi somptueux profits ne donneront lieu en fin d’année, s’ils se concrétisent, ce qui est plus que probable, qu’à une maigre distribution à la Confédération et aux cantons, au lieu par exemple de venir soulager les comptes de l’AVS ou ceux de la santé. Comment ne pas condamner, s’exclame l’un deux, «une réalité aberrante qui veut que dans un pays aussi riche que le nôtre, un tiers des ménages touche une aide sociale ?»

Lire la suite

09:38 Publié dans Banques centrales, Démocratie, Futur, gouvernance, Monnaie, suisse | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | |

18/10/2017

Risque numéro un, la dette

La voix du Fonds Monétaire International ne porte peut-être plus aussi loin que celle, plus bruyante, du G20 ou d’autres enceintes au goût du jour, elle n’en mérite pas moins de retenir toute notre attention. Dans ses dernières «Perspectives de l’économie mondiale» (octobre 2017), le Fonds confirme bien que la reprise est là et que le verre, hier à moitié vide, est à présent plein aux trois quarts, mais il s’empresse dans la foulée de relever combien cette reprise demeure fragile, au vu des nombreux risques qui l’entourent.

Le plus frappant de ces risques, hormis le traditionnel cortège de déséquilibres structurels (faiblesse de la productivité, creusement des inégalités, perte d’orientation des politiques monétaires), est sans doute le niveau d’endettement observé un peu partout, et qui rappelle les circonstances ayant précédé, et manifestement provoqué, la crise financière de 2007-2008.

Lire la suite

07:45 Publié dans Démocratie, Dette, gouvernance | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

09/08/2017

Mieux vaut être riche et bien portant…

La Suisse est non seulement le pays qui après les Etats-Unis consacre la plus grosse part de son produit intérieur brut aux dépenses de santé, mais aussi, sauf erreur, celui dont les habitants supportent l’essentiel du financement à travers des primes élevées d’assurance et des prises en charge directes acceptées plus ou moins librement. On comprend dès lors que les hausses qui se profilent à l’horizon suscitent chaque année une vague de protestations et une multitude de propositions de réforme.

On l’a dit et redit dans ces colonnes, la progression inexorable des dépenses de santé est le lot des sociétés vieillissantes à quoi s’ajoute, dans le cas des pays riches et singulièrement de la Suisse, une exigence d’excellence et de confort qui n’allonge guère l’espérance de vie mais explique en grande partie le fait que toutes les formes de consommation, y compris celle de soins médicaux, sont ici plus chères qu’ailleurs.

Lire la suite

08:21 Publié dans Assurance maladie, Démocratie, Futur, Santé | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

14/06/2017

Le commerce équitable selon D. Trump

Le président des Etats-Unis a une vision simple du commerce international. A son avis, les échanges bilatéraux doivent être équilibrés car les soldes, surtout ceux qui se creusent au détriment de son pays et des industries qui en faisaient naguère la fierté, conduisent à l’accumulation de dettes et d’autres mauvaises choses. Les remontrances du président visent principalement l’Allemagne d’Angela Merkel en qui Donald Trump voit la principale, sinon la seule, responsable du déficit extérieur américain.

Lire la suite

06:48 Publié dans Chine, Concurrence, Croissance, Démocratie, Europe, Industrie | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | |

31/05/2017

"Monnaie pleine": Oser ou ne pas oser l’utopie

Pour la génération des “millenials”, l’opinion d’un Mark Zuckerberg compte sans doute bien davantage que celle d’un Bill Gates ou a fortiori de vieilles barbes du siècle dernier comme Milton Friedman ou James Tobin. Tous ont pourtant en commun de s’être prononcés, d’une manière ou d’une autre, en faveur du principe d’un revenu universel. En Suisse, où l’on a les pieds sur terre et la tête très peu dans les nuages, l’idée a été rejetée en juin de l’année dernière par 76,9% des votants appelés à s’exprimer sur l’initiative “Pour un revenu de base inconditionnel”.

Lire la suite

07:55 Publié dans Banques centrales, Démocratie, Finances, Futur, Monnaie, suisse | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | | |

20/04/2017

La Banque nationale, le franc suisse, Mélenchon ou Le Pen

Un troisième larron est venu s’insinuer dans le dilemme monétaire de la Suisse. Que faire, si d’aventure l’extrême droite ou l’extrême gauche accédait à la présidence de la République française ? Le franc se trouverait soumis à de très fortes pressions à la hausse, ce qui placerait une nouvelle fois notre Institut d’émission devant un choix cornélien : ne rien faire ou si peu, au risque de compromettre encore davantage la compétitivité de quelques branches clés de l’économie. Ou intervenir massivement sur le marché des changes pour tenter d’atténuer le choc, mais se retrouver du même coup dans la situation fort désagréable de «manipulateur de sa monnaie» aux yeux du Trésor américain.

Lire la suite

07:51 Publié dans Banques centrales, Démocratie, Futur, gouvernance, Monnaie, suisse | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

05/04/2017

Euro: qui veut noyer son chien…

Il y a deux sortes d’adversaires à la monnaie unique européenne. Ceux qui, jugeant son lancement prématuré, lisent dans les difficultés actuelles de l’union monétaire la vérification de leur diagnostic. Et ceux qui, accusant l’euro de tous les maux, masquent leur europhobie viscérale derrière un argumentaire plus ou moins scientifique, comme les candidat(e)s d’extrême gauche et d’extrême droite à la présidentielle française, qui puisent leur inspiration auprès d’analystes traditionnellement eurosceptiques, tel l’économiste Jacques Sapir, récemment interrogé sur les ondes de la RTS.

Lire la suite

29/03/2017

Taxer les robots ? Non, quoique...

Robert Shiller, qui n’est pas n’importe qui (prix Nobel d’économie en 2013, coauteur du célèbre indice Case-Shiller du marché immobilier résidentiel américain, auteur du best-seller «Exubérance irrationnelle»...), propose dans une récente tribune de considérer moins sceptiquement que ne le font d’ordinaire les économistes l’idée de taxer les robots.

Lire la suite

07:35 Publié dans Capital, Démocratie, Emploi, Finances publiques, Fiscalité | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

22/03/2017

America first ou America last?

La vision économique du président Trump a peut-être enflammé la Bourse, prompte à se persuader qu’un vaste programme d’investissements dans les infrastructures, assorti de la construction d’un mur de 9 mètres de haut le long de la frontière avec le Mexique, sera de nature à fouetter l’activité domestique.

Le fait est plutôt que ce genre d’exercice de suralimentation budgétaire accélérera la lente décomposition de la capacité de concurrence de l’économie américaine. Et comme si cela n’y suffisait pas, le recours annoncé à toute une batterie de mesures protectionnistes ne pourra, au contraire des promesses faites, que transformer en recul la stagnation du niveau de vie d’une majorité de ménages américains.

Lire la suite

07:21 Publié dans Chine, Croissance, Démocratie, Futur, gouvernance | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

15/03/2017

L’inflation au secours des retraites

Il y a quelque chose de byzantin dans la façon dont le Conseil national et le Conseil des Etats, par commissions interposées, se renvoient la balle à propos du projet de réforme de la prévoyance vieillesse présenté par le Conseil fédéral. Les ajustements, proposés pour être aussitôt écartés, ne sont certes pas des broutilles, puisque tantôt ils ajoutent et tantôt ils soustraient des montants par milliards à l’addition finale. Mais l’horizon visé est bas : à quinze ans de distance – une paille à l’échelle démographique – tout sera à reprendre, car les mesures sur lesquelles on s’écharpe ne sont que des mesurettes.

Traitées ensemble ou séparément, AVS et prévoyance professionnelle obligatoire se heurtent en effet à la même évidence, qu’on voyait pourtant venir il y a fort longtemps déjà : la transition démographique désarticule, en Suisse comme ailleurs, les savantes constructions bâties sur les certitudes de l’époque.

Lire la suite

07:28 Publié dans Capital, Démocratie, Financement des retraites, Prévoyance, suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

08/03/2017

La blockchain, cette autre révolution qui se prépare

Alors qu’on s’agite beaucoup autour de la question des robots et de leurs effets possibles sur l’emploi, une autre révolution, tout aussi importante quoique plus silencieuse, est en marche.
 
C’est celle de l’utilisation potentiellement universelle de la technologie dite «blockchain». Celle-ci permet d’identifier, exécuter et protocoler en temps réel les échanges de données (contrats, transferts de propriété, certifications, etc.) sur une base à la fois sécurisée et émancipée de tout agent intermédiaire (banque, notaire, registre officiel) par le recours à un réseau de nœuds dit «peer to peer», enchaînant et validant, paquet par paquet, l’ensemble des transactions au fur et à mesure de leur survenance.

Lire la suite

07:33 Publié dans Banques, Banques centrales, Démocratie, Emploi, Technologie | Lien permanent | Commentaires (11) | |  Facebook | | |

01/03/2017

Taxer les robots ? Quelle drôle d’idée !

Entre Benoît Hamon et Bill Gates, il n’y a pas grand chose de commun, sauf que tous deux avancent l’idée qu’on en viendra à taxer les robots. Le milliardaire californien comme le candidat socialiste à la présidentielle française tirent en effet de la disparition programmée de la plupart des emplois la même conclusion : puisque le travail, principale source de revenu pour le commun des mortels, se raréfie, il faudra bien trouver un moyen autre que les salaires, et les prélèvements de toutes sortes qui les ponctionnent, pour assurer la protection sociale et la vie tout court. Le revenu universel, financé par une taxe sur les mécanismes dotés d’intelligence artificielle, pourrait être ce moyen.

Lire la suite

06:27 Publié dans Démocratie, Dette, Finances publiques, gouvernance | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | |