14/11/2018

Les "somnambules du XXIe siècle", version économique

Les «somnambules du XXIe siècle» (la formule est d’Emmanuel Macron, lors de la campagne présidentielle) n’arpentent pas seulement la scène politique. On les rencontre aussi sur le terrain économique, qu’ils minent à force de contre-vérités et d’initiatives malencontreuses et risquent d’entraîner dans la crise. La mise en pièces du multilatéralisme, la méfiance à l’endroit de la construction européenne, le repli sur soi et le rejet de l’immigration en sont les principales manifestations, à l’Est du continent comme aussi dans nos riches démocraties occidentales. Il ne faut pas se leurrer : la Suisse est tout autant frappée par le phénomène que ses voisins.

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07/11/2018

L’Amérique, danger numéro un

Quel que soit le résultat des élections de mi-mandat, la brutalité avec laquelle le président américain s’emploie à déstabiliser l’ordre économique mondial n’augure rien de bon. C’est le douloureux paradoxe de la situation actuelle. Que les Républicains l’emportent ou que les Démocrates fassent basculer la majorité à la Chambre, Donald Trump s’ingéniera, dans la mesure plus ou moins élargie de ses prérogatives, à durcir encore le ton et le contenu de son assaut contre tout ce qui pourrait s’opposer à son projet isolationniste et protectionniste, répété à l’envi, d’«America first».

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05/09/2018

L’économie de Trump, ou le vol d’Icare

L’image est jolie. Sur le site de référence de Project Syndicate (une organisation à but non lucratif fondée en 1994 à Prague et regroupant une kyrielle de commentateurs dans plus de 150 pays), une batterie d’économistes américains réputés décrivent en long et en large ce qu’ils appellent «The Icarus Economy», ou comment la brillante performance économique dont l’actuel président des Etats-Unis s’enorgueillit à longueur de tweets risque de s’interrompre, tel le vol d’Icare, victime d’erreurs et de maladresses commises par son concepteur dans l’ignorance des règles les plus fondamentales de la gravité.

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07:37 Publié dans Concurrence, Croissance, Etats-Unis | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

23/08/2018

Les déficits, une histoire d’œuf et de poule

La France affiche régulièrement des déficits commerciaux, que l’on explique généralement par la faiblesse de sa compétitivité, le manque d’originalité de sa production industrielle, ou encore l’insuffisance de son épargne. Mais tout cela passe à côté d’un problème plus général, estiment certains économistes français, qui rejoignent sur ce point ceux de leurs collègues américains qui voient dans l’excès d’épargne du reste du monde, tous pays confondus, la cause première du déficit extérieur des Etats-Unis. Dans le cas de la France, postule un chroniqueur des Echos, cest essentiellement l’Allemagne, avec son énorme et persistant excédent courant, qui serait la contrepartie nécessaire, et dans une certaine mesure causale, du déficit commercial qu’enregistre, année après année, l’économie française.

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14:29 Publié dans Croissance, Dette, Finances publiques, gouvernance | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

15/08/2018

La crise turque, comme un air de déjà-vu

L’égotisme des autocrates les conduit en général à se sentir plus forts que tout. C’est ainsi que le président Recep Tayyip Erdoğan rejoint dans l’illusion du pouvoir sur les événements son contemporain chaviste Maduro, avec lequel il entretient au demeurant les meilleures relations. La descente aux enfers de la livre turque (-70% par rapport au dollar depuis le début de l’année) ressemble d’ailleurs de plus en plus à celle du bolivar vénézuélien, qui ne vaut plus grand chose sur le marché des changes (à peine 0,1 dollar). Car, les mêmes causes produisant les mêmes effets, les politiques absconses suivies tant au Venezuela qu’en Turquie devaient fatalement aboutir à l’explosion des déficits et à l’inflation dans les deux pays  – hors de contrôle chez le premier, en passe de le devenir aussi chez le second, à moins d’un revirement déchirant des options prises lorsqu’on pouvait encore croire aux miracles, mais qu’on pourrait abandonner maintenant qu’il ne reste plus que celle de frapper à la porte du FMI.

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07:23 Publié dans Air du temps, Banques, Croissance, Etats-Unis, gouvernance, Monnaie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

03/07/2018

Sans l’ouverture au monde, point de salut

La réponse des populistes de tous bords à la crise migratoire et plus largement aux bouleversements en cours est un grave danger pour la prospérité, alors que paradoxalement leur vision à courte vue fait croire qu’ils vont pouvoir au contraire la sauver.

Dans sa forme la plus élémentaire, leur proposition tient en trois slogans: sauvegarder les emplois par la fermeture des frontières, relever les salaires et les retraites, baisser les impôts.

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08:58 Publié dans Air du temps, Chômage, Croissance, Démocratie, Emploi | Lien permanent | Commentaires (10) | |  Facebook | | |

27/06/2018

Soucis persistants sur le marché hypothécaire

On relevait la semaine dernière dans cette colonne combien le marché des crédits hypothécaires restait frappé de suractivité, en particulier en Suisse romande, et combien certaines catégories de banques persistaient à s’y engager. Ce n’est donc pas tout à fait un hasard si la FINMA et la Banque nationale suisse viennent de lancer de sérieux avertissements à propos des évolutions en cours sur ce marché. Même si, note la seconde, la plupart des banques axées sur le marché intérieur sont correctement capitalisées et échapperaient au naufrage en cas de «scénarios défavorables», la situation demeure tendue.

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06:50 Publié dans Banques suisses, Croissance, Dette, Immobilier, suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

06/06/2018

Commerce : l’erreur américaine

Trump se trompe. En détruisant l’ordre multilatéral que les Etats-Unis ont eux-mêmes construit au lendemain de la Seconde Guerre mondiale pour le remplacer par une série de matches de catch à deux gagnables à la seule force du poignet, il commet une quintuple erreur.

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07:39 Publié dans Chine, Concurrence, Croissance, Etats-Unis, gouvernance | Lien permanent | Commentaires (13) | |  Facebook | | |

05/04/2018

La Monnaie pleine a déjà ses gardiens du temple…

Je me suis fait rappeler à l’ordre la semaine dernière pour avoir écrit dans ces colonnes qu’en cas d’acceptation de l’initiative Monnaie pleine, les clients des banques pourraient choisir entre elles et la banque centrale pour déposer leurs avoirs. Le raccourci était un peu malheureux, j’en conviens. Aussi, je m’explique.

Il n’est bien entendu pas (encore) question que chacun puisse ouvrir un compte à la Banque nationale. En revanche, une monnaie qui soit «pleine» signifierait que les crédits bancaires devraient être couverts en totalité par de l’argent créé par la banque centrale, et seulement par elle. D’ailleurs, l’intitulé «monnaie pleine» dérive du 100% money proposé par Irving Fisher en 1935, qui voyait dans l’abandon du système de réserves fractionnaires le moyen d’éviter la répétition de krachs tels que celui de 1929.

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07:57 Publié dans Banques centrales, Croissance, Démocratie, Monnaie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

La Monnaie pleine a déjà ses gardiens du temple…

Je me suis fait rappeler à l’ordre la semaine dernière pour avoir écrit dans ces colonnes qu’en cas d’acceptation de l’initiative Monnaie pleine, les clients des banques pourraient choisir entre elles et la banque centrale pour déposer leurs avoirs. Le raccourci était un peu malheureux, j’en conviens. Aussi, je m’explique.

Il n’est bien entendu pas (encore) question que chacun puisse ouvrir un compte à la Banque nationale. En revanche, une monnaie qui soit «pleine» signifierait que les crédits bancaires devraient être couverts en totalité par de l’argent créé par la banque centrale, et seulement par elle. D’ailleurs, l’intitulé «monnaie pleine» dérive du 100% money proposé par Irving Fisher en 1935, qui voyait dans l’abandon du système de réserves fractionnaires le moyen d’éviter la répétition de krachs tels que celui de 1929.

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07:57 Publié dans Banques centrales, Croissance, Démocratie, Monnaie | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | |

14/03/2018

Le libre-échange pour les nuls

Avec sa façon cowboyesque d’empoigner les relations internationales, le président américain ne fait pas que démolir les règles de bienséance commerciales patiemment édifiées depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale. Il ruine également les bases de la prospérité – américaine au premier chef, mais pas seulement – à laquelle l’ouverture des frontières a jusqu’ici conduit. Parce que, contrairement à ce dont il semble s’être convaincu, le libre-échange profite à tous les partenaires, même et y compris à ceux qui, comme les Etats-Unis, présentent un déficit de leur balance commerciale.

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07:02 Publié dans Concurrence, Croissance, Démocratie, gouvernance, Prix, salaires, revenus | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

21/02/2018

Le jour où tout a changé

Retenons la date. C’est le 11 janvier que, pour la dernière fois, le rendement des obligations de la Confédération a affiché une valeur négative : -0,051%[1]. Depuis lors et sauf une unique exception (le 17 janvier), ce taux est redevenu positif, et a régulièrement augmenté pour atteindre, vendredi dernier, la cote de 0,205%. On conviendra que ce ne sont pas là des valeurs extraordinairement élevées, et qu’il est sans doute encore loin le jour où ce taux de référence rejoindra son niveau moyen des années d’avant la crise financière, soit quelque 3%.

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07:21 Publié dans Banques centrales, Croissance, gouvernance, Inflation/déflation, Prix | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

24/01/2018

Le refus irréfléchi de l’ouverture

A l’instar d’autres ressorts populistes, le bâton sauteur de l’UDC rebondit régulièrement sur les craintes suscitées par la mondialisation. Quoi de plus payant en effet, électoralement parlant, que de dénoncer les atteintes à la souveraineté nationale et au bien-être des habitants, ou encore de démontrer chiffres à l’appui combien l’emploi se trouve menacé par une concurrence déloyale venue d’ailleurs, tous désagréments qu’il faut bien entendu attribuer à l’ouverture des frontières !

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07:54 Publié dans Chômage, Croissance, Démocratie, suisse | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | |

04/01/2018

Le monde va mieux, au décile près 

Le monde va mieux. Tout l’indique, tout le monde le dit. Et pour faire bon poids, le cycle conjoncturel est cette fois-ci synchrone : toutes les parties du monde, y compris celles d’ordinaire en retard, participent à la fête. Aussi, les conjoncturistes patentés font-ils assaut de certitudes dans leurs tabelles et rivalisent de précision au décile près. En octobre, le FMI avait relevé de 0,1 point ses prévisions de croissance pour 2018 ; il procédera sans doute derechef à l’occasion de son habituelle «mise à jour des perspectives de l’économie mondiale» de la mi-janvier prochaine. Dans ses «perspectives économiques principales » de novembre, l’OCDE alignait les siennes sur celles du Fonds : l’élévation du PIB réel mondial sera pour elle comme pour lui de 3,7% cette année. Même la zone euro réitérera à peu de choses près sa performance de 2017, avec une croissance de nouveau supérieure à 2% – de 2,1% très exactement.

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07:40 Publié dans Air du temps, Banques centrales, Croissance, suisse | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

04/10/2017

L’inflation aux abonnés absents

Normalement, lorsque la croissance s’installe et que l’on se rapproche du plein-emploi, les salaires devraient monter, et dans la foulée l’inflation se manifester, puisque les entreprises ont alors tout loisir de répercuter la hausse de leurs coûts, essentiellement salariaux, sur leurs prix de vente. Or, mystère, alors que la reprise s’affirme un peu partout, les prix demeurent stables, pour la raison précisément – ce n’est certes pas la seule ­– que les salaires bougent à peine. Comment expliquer ce paradoxe, qui va à l’encontre de tout ce que la théorie économique a professé jusqu’ici ?

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07:10 Publié dans Croissance, Emploi, Futur, gouvernance, Inflation/déflation | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | |

16/08/2017

De l’eau au moulin du fonds souverain

Âprement disputée comme on sait, l’idée d’un fonds souverain – ou de quelque chose s’en approchant – financé par les énormes réserves de la BNS pourrait rebondir si l’on prenait la peine de lire la proposition un peu iconoclaste de deux économistes américains, dont The Economist s’est fait l’écho au début du mois. Dans un papier intitulé «The Capital Structure of Nations» (qui fait en quelque sorte écho à La Richesse des Nations, le célèbre ouvrage d’Adam Smith), Patrick Bolton et Haizhou Huang suggèrent en effet que les Etats pourraient sous certaines conditions financer leurs dépenses utiles (donc d’investissement) par de la pure création monétaire, de la même manière que les entreprises financent parfois les leurs par une augmentation de capital, c’est-à-dire en émettant de nouvelles actions.

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14/06/2017

Le commerce équitable selon D. Trump

Le président des Etats-Unis a une vision simple du commerce international. A son avis, les échanges bilatéraux doivent être équilibrés car les soldes, surtout ceux qui se creusent au détriment de son pays et des industries qui en faisaient naguère la fierté, conduisent à l’accumulation de dettes et d’autres mauvaises choses. Les remontrances du président visent principalement l’Allemagne d’Angela Merkel en qui Donald Trump voit la principale, sinon la seule, responsable du déficit extérieur américain.

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06:48 Publié dans Chine, Concurrence, Croissance, Démocratie, Europe, Industrie | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | |

17/05/2017

L’euro à marée haute

La monnaie unique s’approche insensiblement d’un niveau qu’on peut considérer comme pratiquement équivalent au cours plancher introduit en septembre 2011 et dont la levée trois ans et demi plus tard avait suscité tant de protestations. A 1,10 franc aujourd’hui et bientôt peut-être 1,15 franc, cours que les stratèges d’UBS considèrent à portée de main, l’euro sera en effet à la fois supportable pour les exportateurs et proche en valeur réelle (c’est-à-dire inflation déduite) de son niveau d’alors, sans que pour cela la Banque nationale ait eu à intervenir.

En forçant le trait, on ira même jusqu’à suggérer que les circonstances actuelles permettraient à la BNS de se défaire d’une partie du stock colossal de devises qu’elle a été contrainte d’accumuler pour empêcher une trop forte appréciation du franc. En outre et sans rien faire d’autre elle empochera, si la tendance se confirme, une jolie plus-value que la Confédération et les cantons se réjouissent sans doute déjà de se partager.

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07:30 Publié dans Banques centrales, Capital, Croissance, Dette, Europe, Zone euro | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

12/04/2017

Malheureux Hollande, après la pluie le beau temps

La reprise qui s’affirme un peu partout arrive trop tard pour François Hollande, qui l’avait annoncée trop tôt. Mais elle est bien là, qui devrait déloger les populistes de partout où ils se sont installés au pouvoir (Pologne, Hongrie) ou les empêcher de le prendre là où ils sont à deux doigts d’y parvenir (en Italie l’an prochain, demain peut-être en France).

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08:51 Publié dans Air du temps, Croissance, Europe, Union européenne | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | |

05/04/2017

Euro: qui veut noyer son chien…

Il y a deux sortes d’adversaires à la monnaie unique européenne. Ceux qui, jugeant son lancement prématuré, lisent dans les difficultés actuelles de l’union monétaire la vérification de leur diagnostic. Et ceux qui, accusant l’euro de tous les maux, masquent leur europhobie viscérale derrière un argumentaire plus ou moins scientifique, comme les candidat(e)s d’extrême gauche et d’extrême droite à la présidentielle française, qui puisent leur inspiration auprès d’analystes traditionnellement eurosceptiques, tel l’économiste Jacques Sapir, récemment interrogé sur les ondes de la RTS.

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