30.01.2012
Wegelin racheté par Raiffeisen: Pour qui sonne le glas
Le démontage de la plus ancienne banque privée de Suisse sous les coups de boutoir du fisc américain a quelque chose de terrifiant. Ne voilà-t-il pas qu'un vénérable établissement à la réputation patiemment construite se trouve réduit en quelques semaines à faire passer l'essentiel de son activité sous le contrôle inattendu d'une fédération de caisses coopératives ayant certes beaucoup grandi mais tout de même restées locales, afin que ses associés puissent consacrer tout leur temps à la résolution du litige que trois de leurs collaborateurs trop empressés ont fait naître outre-Atlantique?
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12.12.2011
Lendemains qui (dé)chantent
Sommet européen à Bruxelles, seizième du genre. Les termes de l'accord tel que prévu par les analystes sont passés, mais sur le fond rien n'est changé. L'eurozone, que certains voyaient se déchirer à cette première occasion sérieuse, ressort de l'épreuve sinon renforcée du moins reconfirmée dans ses buts: l'union monétaire, économiquement suboptimale, est légitimée politiquement, et sera donc sauvée aussi longtemps que les volontés nationales le voudront.
Ceux qui n'adhèrent pas, les seuls Britanniques pour l'instant (d'autres hésitent, mais y viendront), s'en sont exclus définitivement, et pourraient même quitter le navire communautaire pour rejoindre le vague et lâche Espace économique européen, voire, encore plus parcimonieusement, ce qui reste de l'AELE, afin de continuer à bénéficier d'un accès au marché unique, qui seul les intéresse.
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30.11.2011
Banques et Etats: je te tiens par Barbichette
A trop vouloir bien faire, on finit parfois par tout gâcher. Ainsi, en leur imposant des normes de fonds propres toujours plus strictes et en les soumettant à des scénarios de crise («stress tests») sans cesse plus sévères, les régulateurs n'avaient sans doute pas imaginé que les banques, au lieu de faire appel à leurs actionnaires pour se recapitaliser (actionnaires, soit dit en passant, qui ne se bousculent pas en ce moment au portillon), se borneraient à liquider des actifs ou, plus singulièrement encore, feraient crédit aux investisseurs, hedge funds et autres, qui voudraient bien se porter acquéreurs de leurs positions les plus risquées.
Dans ces deux cas, non seulement les banques contourneraient de la sorte l'obligation qui leur est faite de se renforcer, mais encore elles déstabiliseraient un peu plus un système bancaire et financier déjà fort mal en point.
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21.11.2011
Menace sur Raiffeisen
L'agence américaine Moody's a donc dégradé la note de Raiffeisen de Aa1 à Aa2, et ramené sa perspective de «stable» à «négative». On n'en fera pas un plat, puisque la notation des engagements du groupe bancaire demeure dans la fourchette des dettes de haute qualité («high grade») et dépasse encore, par exemple, le «A1 / stable» d'une BCV. Par ailleurs, la décote est d'ordre millimétrique: la sous-catégorie 1 signifie en effet que les titres concernés sont de meilleure qualité que la moyenne de la catégorie considérée, alors que 2 signifie simplement qu'ils sont dans la moyenne.
Mais le signal est clair. Un environnement économique plus difficile, des taux d'intérêt maintenus pour les raisons que l'on sait à des niveaux anormalement bas, une concurrence accrue entre banques se disputant les affaires de crédit hypothécaire sur un marché immobilier extrêmement tendu par endroits, tout cela fait que les banques vivant principalement du produit des opérations d'intérêts se trouvent exposées à des risques de crédit et de taux qui deviennent préoccupants.
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