08/02/2017

La dette, pas si bonne pour la croissance

Des économistes de la Banque des règlements internationaux (BRI) viennent de découvrir quelque chose de peu rassurant[1] : une augmentation de l’endettement des ménages plus rapide que celle du produit intérieur brut (PIB) tendrait à la longue à freiner la croissance, même si dans l’immédiat, à la manière d’une drogue si l’on peut dire, cette augmentation serait légèrement stimulante.

Selon les calculs des chercheurs, un ratio dette privée/PIB supérieur à 80% accentuerait cet effet de freinage, chaque point de pourcentage d’augmentation dudit ratio entraînant à terme une baisse de 0,1% de la croissance. Cela peut paraître négligeable, mais ne l’est pas tout à fait dans le cas de la Suisse, dont le taux d’endettement des ménages, essentiellement hypothécaire, bat tous les records, puisqu’il frise actuellement les 120% du PIB (contre une moyenne de 80% pour les pays les plus avancés), alors qu’il n’était «que» de 100% il y a 10 ans. Peu de pays ont enregistré une progression aussi rapide de la dette privée. Il n’y a guère que la Suède à avoir fait encore mieux.

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15/09/2016

Hypothèques: vers une crise des subprimes façon helvétique?

Patrik-Gisel raiffeisen.jpgS’acheminerait-on, imperceptiblement, vers une crise des subprimes façon helvétique? L’hypothèse, en soi improbable tant les caractéristiques de notre marché diffèrent de celles qui régnaient à l’époque sur le marché américain, n’en est pas moins concevable «toutes choses égales par ailleurs». La croissance du volume des financements hypothécaires aux Etats-Unis était alors à peu près aussi rapide qu’elle l’est aujourd’hui en Suisse, même si elle empruntait d’autres canaux – les crédits bancaires directs ici, leur titrisation là-bas.

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13/07/2016

Grandes banques ratatinées, mais encore ?  

Comment expliquer que les cours des actions de nos deux grandes banques aient été divisés par six pour l’une et neuf pour l’autre depuis le déclenchement de la crise en 2007, effaçant du même coup des dizaines de milliards de capitalisation boursière ? Comment se peut-il que ces deux géantes qui, il y a quelques années encore, comptaient parmi les principales institutions financières du monde tout en faisant la pluie et le beau temps sur le plan local, ne soient plus que la pâle copie de ce qu’elles étaient alors?

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10:12 Publié dans Banques suisses, Capital | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

09/03/2016

Picciotto, Hayek ... De quelques réussites à la hussarde

Il faut parfois être un peu tordu – ou en tout cas, et contrairement à l’adage, ne pas ménager sa monture – pour réussir en affaires. Deux trajectoires absolument remarquables, que l’on a pu suivre dès les origines pour l’une, à partir du tournant horloger des années 70-80 pour l’autre, en apportent l’éclatante démonstration.

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07:14 Publié dans Air du temps, Banques suisses, Genève | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

20/10/2015

Le Röstigraben des économistes

les 20 économistes les plus influents CH.jpgLa disparition récente d’Andreas Höfert, un économiste en chef d’UBS très apprécié en Suisse romande par tous ceux qu’intéresse l’évolution monétaire et conjoncturelle, a passé relativement inaperçue en Suisse alémanique, tandis que la plupart des médias romands consacraient de longs hommages à ce Genevois de naissance. Cette différence frappante d’attention de part et d’autre de la Sarine m’a rappelé un «palmarès des économistes ayant le plus d’influence en Suisse» («Welche Ökonomen in der Schweiz den Ton angeben») paru dans la NZZ le 5 septembre.

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22:20 Publié dans Air du temps, Banques suisses, gouvernance | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

10/03/2015

La BNS, un Etat dans l’Etat ?

Les conséquences incalculables ou en tout cas non calculées de la levée du cours plancher font, surtout depuis l’introduction d’un intérêt négatif, que la Banque nationale suisse se retrouve au cœur d’un véritable cyclone politique. Longtemps admirée et respectée pour avoir défendu avec succès la stabilité de la monnaie sinon celle du taux de change, voilà, parce que le franc s’est d’un seul coup envolé, que notre banque centrale se retrouve désormais considérée comme opaque dans son fonctionnement, secrète dans ses délibérations, trop laconique dans ses exposés des motifs, et surtout trop libre dans ses prises de décision. Bref, alors même que la Constitution et la loi prévoient expressément que la conduite de la politique monétaire est de son ressort et relève de la compétence exclusive de sa direction générale, on se met soudain à considérer la BNS comme un Etat dans l’Etat. Est-il admissible, pense-t-on tout à coup, qu’un directoire de trois personnes, certes nommées par le Conseil fédéral mais sans autre légitimité, puisse sans en référer à personne (sauf, pour la forme et parfois au dernier moment, à ce dernier) prendre tout à trac des mesures qui mettent l’économie cul par dessus tête et engendrent une cascade d’effets indésirables ?

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03/03/2015

Le difficile maniement de l’intérêt négatif

Comme on sait, la Banque nationale suisse avance depuis quelque temps en terrain inconnu. Le dernier en date de ses tâtonnements est celui du recours, inédit, à un taux d’intérêt négatif sur les avoirs en comptes de virement que les banques détiennent plus ou moins volontairement auprès d’elle. L’instrument, dont l’introduction avait été annoncée le 18 décembre 2014, devait d’abord être instillé à dose homéopathique (–0.25%, et cela uniquement sur les montants dépassant un minimum exonéré) à partir du 25 janvier 2015. Mais avant même cette date, et simultanément à l’abandon du cours plancher, la BNS l’a porté à –0.75%.

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Le difficile maniement de l’intérêt négatif

Comme on sait, la Banque nationale suisse avance depuis quelque temps en terrain inconnu. Le dernier en date de ses tâtonnements est celui du recours, inédit, à un taux d’intérêt négatif sur les avoirs en comptes de virement que les banques détiennent plus ou moins volontairement auprès d’elle. L’instrument, dont l’introduction avait été annoncée le 18 décembre 2014, devait d’abord être instillé à dose homéopathique (–0.25%, et cela uniquement sur les montants dépassant un minimum exonéré) à partir du 25 janvier 2015. Mais avant même cette date, et simultanément à l’abandon du cours plancher, la BNS l’a porté à –0.75%.

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18/11/2014

Le côté obscur de la finance

Après la crise de 2008, on pouvait penser que les banques, déconfites et honteuses, feraient profil bas et encaisseraient sans broncher les sanctions accompagnant leur sauvetage. Hé bien non ! Comme vient de le montrer une enquête menée conjointement par la CFTC américaine, la FCA britannique et la FINMA depuis 2010, quatre ou cinq grandes banques dont UBS, qui se partagent à elles seules la moitié d’un marché mondial des devises estimé à 5,3 billions de dollars de chiffre d’affaires quotidien (mars 2013), se sont laissées aller à manipuler les cours de référence de quelques unes des principales monnaies qui y sont négociées.

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07:52 Publié dans Banques suisses, Concurrence, Démocratie, Ethique | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | |

19/08/2014

Banques systémiques : et de quatre !

Depuis le 16 juin, la Suisse compte quatre entités financières «d’importance systémique» : les deux grandes banques, la banque cantonale de Zurich (ZKB), et désormais le groupe Raiffeisen, qui devra par conséquent prendre les mesures nécessaires prévues par la loi sur les banques, en particulier renforcer ses fonds propres et disposer de liquidités suffisantes.


Curieuse situation à vrai dire. S’il n’y a pas l’ombre d’un doute qu’une UBS, un Credit Suisse voire la ZKB présentent un risque systémique en ceci que leur éventuelle défaillance engendrerait un blocage complet du système bancaire et par cascade de l’économie dans son ensemble, on voit mal que les ennuis de l’une ou l’autre des 316 caisses – dénommées à présent banques – coopératives Raiffeisen, essentiellement actives dans le crédit hypothécaire (plus de 80% de leur bilan consolidé contre, par exemple, 60% pour l’ensemble des banques cantonales), puissent considérablement gêner les autres acteurs du secteur, a fortiori la totalité de l’activité nationale.

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07:06 Publié dans Banques suisses, suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

25/06/2014

Raiffeisen: l’ivresse des hauteurs

Il était une fois un réseau de caisses locales, paisibles, villageoises, qui recueillaient les menues économies de leurs sociétaires et leur accordaient en échange des prêts à des conditions préférentielles. Ces structures campagnardes, associées depuis 1902 au sein d’une Union Suisse des Caisses Raiffeisen, suivaient assez docilement la progression du marché hypothécaire helvétique, mais avec une constance qui devait les conduire, avant le tournant du siècle, à une part de marché approchant peu à peu les 10% (7,3% en 1993, 9,4% en 1997, 10,5% en 1999).

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08:41 Publié dans Banques suisses, Concurrence, suisse | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

14/01/2014

BNS: Une banque centrale à nulle autre pareille

Or donc, pour la première fois de son histoire, la BNS ne distribuera ni le dividende de 6% au maximum à ses actionnaires prévu par ses statuts, ni la part de bénéfices qui, depuis la dernière mouture de la loi sur la Banque nationale (2003), remplace et au-delà l’indemnité de 80 centimes par habitant qui était traditionnellement versée aux cantons en compensation de leur renonciation à leur souveraineté en matière monétaire. En cause, la perte entraînée par la moins-value de son stock d’or consécutive à la baisse des cours du métal jaune en 2013 (-30%), qui dépasse de loin les profits réalisés sur ses placements en devises et sur la vente du StabFund, la fameuse structure de défaisance des actifs toxiques repris à UBS et qui vient d’être rachetée par celle-ci.

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10:48 Publié dans Banques suisses, Finances publiques, Or, suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

17/12/2013

Combien de banques suisses vont disparaître ces prochaines années

Combien de banques suisses vont disparaître ces prochaines années – moins par suite de la lourdeur des amendes que le Department of Justice risque d’imposer à celles qui auraient eu la mauvaise idée de recueillir les fortunes de contribuables en délicatesse avec le fisc américain, que par suite du rétrécissement dramatique de leurs marges bénéficiaires consécutif à la disparition du secret bancaire, à quoi se ramenait pour beaucoup d’entre elles l’essentiel de leur modèle d’affaires ?

 

Pas toutes certes, mais une part sans doute non négligeable du secteur financier dont elles forment, et de loin, la majeure partie. 

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07:43 Publié dans Banques, Banques suisses, Etats-Unis, Finances publiques, Fiscalité | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

20/08/2013

Sauvetage d’UBS : que des gagnants ?

Tous comptes faits, le repêchage in extremis d’UBS en octobre 2008 n’aura rien coûté au contribuable, et laissera sans doute même apparaître (outre le gros milliard empoché par la Confédération moins d’une année plus tard sur la revente des 6 milliards qu’elle avait prêtés à la banque) un coquet bénéfice pour la Banque nationale suisse, qu’on peut évaluer à 3 ou 4 milliards, correspondant à la part qui lui reviendra sur l’actif net du «SNB Stabfund», le fameux fonds de défaisance qui réunissait les actifs toxiques encombrant le bilan d’UBS et que cette dernière a pu désormais racheter intégralement. Ouf.

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07:16 Publié dans Banques suisses, Dette, Finances publiques, gouvernance | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

16/04/2013

Suisse: après Charybde, bienvenue à Scylla

A peine dépouillée de son secret bancaire, voici que la Suisse risque de se trouver prochainement délestée d’un autre de ses avantages comparatifs, celui du traitement fiscal favorable qu’elle réservait jusqu’ici, sous diverses formes, aux entreprises étrangères. Ce qui menace de tomber, ce n’est pas seulement le statut d’exception que certains cantons accordent aux sociétés mixtes et autres sociétés de domicile, et dont l’abolition pourrait s’accompagner de ces moins-values par centaines de millions qui font trembler Genève.

C’est aussi, et tout bonnement, l’étiolement prévisible, à plus ou moins brève échéance, de l’intégralité de la manne fiscale représentée par l’impôt sur le revenu des entreprises multinationales.

Deux mécanismes sont ici à l’œuvre. Le premier, bien connu, est celui de la concurrence fiscale internationale. En une trentaine d’années, et alors même que son taux d’imposition combiné – Confédération et cantons – a été réduit d’un bon tiers, la Suisse est tombée de la première à la douzième place au classement, par ordre croissant, de la charge fiscale pesant sur le revenu des entreprises.

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05/02/2013

Les banques suisses sont redevenues plus suisses mais pas plus sûres

S’il fallait résumer d’un mot la façon dont la crise a modifié le paysage bancaire helvétique, ce serait celui de rétrécissement. Rétrécissement du total des bilans, réduit de plus de 600 milliards de francs depuis 2008, mais rétrécissement dû pour l’essentiel à la contraction des activités internationales de nos deux grandes banques. Car la portion «domestique» des bilans a continué quant à elle d’augmenter, presque comme si de rien n’était.

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