26/04/2017

L’immobilier pris au piège des taux bas

En plein Sion, à la place de l’ancienne Matze, se dresse un complexe résidentiel flambant neuf à la recherche d’occupants. Peu ont répondu à l’appel. Sur les 120 appartements offerts à la location, 36 à ce jour ont trouvé preneur. Un peu partout au centre et à la périphérie de la ville, de nouveaux locatifs attendent qu’on veuille bien les remplir. Comme titrait le Nouvelliste, «le parc immobilier est en surchauffe à Sion».
 
Au total, 1800 logements pourraient bientôt se retrouver sur le marché, ce qui serait considérable pour une ville de 30'000 habitants, et même pour l’agglomération qui en compte le double. Le cas n’est pas isolé: dans plusieurs autres villes moyennes, la durée d’insertion des annonces de logements s’est considérablement allongée. Ce qui, à certains égards, apparaît comme une heureuse détente d’un marché marqué par la pénurie, n’est pas uniquement l’effet de rattrapage d’une activité de construction réagissant avec retard à la pression démographique.

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20/04/2017

La Banque nationale, le franc suisse, Mélenchon ou Le Pen

Un troisième larron est venu s’insinuer dans le dilemme monétaire de la Suisse. Que faire, si d’aventure l’extrême droite ou l’extrême gauche accédait à la présidence de la République française ? Le franc se trouverait soumis à de très fortes pressions à la hausse, ce qui placerait une nouvelle fois notre Institut d’émission devant un choix cornélien : ne rien faire ou si peu, au risque de compromettre encore davantage la compétitivité de quelques branches clés de l’économie. Ou intervenir massivement sur le marché des changes pour tenter d’atténuer le choc, mais se retrouver du même coup dans la situation fort désagréable de «manipulateur de sa monnaie» aux yeux du Trésor américain.

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05/04/2017

Euro: qui veut noyer son chien…

Il y a deux sortes d’adversaires à la monnaie unique européenne. Ceux qui, jugeant son lancement prématuré, lisent dans les difficultés actuelles de l’union monétaire la vérification de leur diagnostic. Et ceux qui, accusant l’euro de tous les maux, masquent leur europhobie viscérale derrière un argumentaire plus ou moins scientifique, comme les candidat(e)s d’extrême gauche et d’extrême droite à la présidentielle française, qui puisent leur inspiration auprès d’analystes traditionnellement eurosceptiques, tel l’économiste Jacques Sapir, récemment interrogé sur les ondes de la RTS.

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08/03/2017

La blockchain, cette autre révolution qui se prépare

Alors qu’on s’agite beaucoup autour de la question des robots et de leurs effets possibles sur l’emploi, une autre révolution, tout aussi importante quoique plus silencieuse, est en marche.
 
C’est celle de l’utilisation potentiellement universelle de la technologie dite «blockchain». Celle-ci permet d’identifier, exécuter et protocoler en temps réel les échanges de données (contrats, transferts de propriété, certifications, etc.) sur une base à la fois sécurisée et émancipée de tout agent intermédiaire (banque, notaire, registre officiel) par le recours à un réseau de nœuds dit «peer to peer», enchaînant et validant, paquet par paquet, l’ensemble des transactions au fur et à mesure de leur survenance.

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08/02/2017

La dette, pas si bonne pour la croissance

Des économistes de la Banque des règlements internationaux (BRI) viennent de découvrir quelque chose de peu rassurant[1] : une augmentation de l’endettement des ménages plus rapide que celle du produit intérieur brut (PIB) tendrait à la longue à freiner la croissance, même si dans l’immédiat, à la manière d’une drogue si l’on peut dire, cette augmentation serait légèrement stimulante.

Selon les calculs des chercheurs, un ratio dette privée/PIB supérieur à 80% accentuerait cet effet de freinage, chaque point de pourcentage d’augmentation dudit ratio entraînant à terme une baisse de 0,1% de la croissance. Cela peut paraître négligeable, mais ne l’est pas tout à fait dans le cas de la Suisse, dont le taux d’endettement des ménages, essentiellement hypothécaire, bat tous les records, puisqu’il frise actuellement les 120% du PIB (contre une moyenne de 80% pour les pays les plus avancés), alors qu’il n’était «que» de 100% il y a 10 ans. Peu de pays ont enregistré une progression aussi rapide de la dette privée. Il n’y a guère que la Suède à avoir fait encore mieux.

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25/01/2017

La BNS, une "cash machine"

Un lecteur remarque que s’il est intéressant de se pencher sur l’alourdissement du bilan de la Banque nationale suisse (cf. ma dernière chronique), il serait encore plus utile d’en tirer les conclusions. Un gonflement aussi phénoménal des réserves de change est-il dangereux ? Que risque-t-il de se passer si le mouvement continue?

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18/01/2017

Trop lourd, le bilan de la BNS ?

Alourdi pour cause de défense du franc, le bilan de la Banque nationale suisse est devenu aux yeux de certains trop volumineux pour permettre la conduite de la politique monétaire. Le moindre écart de cours suffirait en effet à engloutir les fonds propres de la BNS et ruiner pense-t-on sa crédibilité. De fait, les quelque 735 milliards du total de son bilan (dont 680 milliards pour les seules réserves de devises) équivalent à plus de 110% du produit intérieur brut de la Suisse, et dépassent largement les proportions correspondantes observées pour d’autres pays ou espaces économiques : 27% pour la zone euro, 24% pour les Etats-Unis, 19% pour le Royaume-Uni, mais il est vrai 87% pour le Japon.

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14/12/2016

Croissance: légère brise dans les voiles et lois de la pesanteur

Ce n’est pas encore une franche reprise, mais cela commence à y ressembler. L’économie mondiale, zone euro comprise, semble bel et bien avoir amorcé un retour à la croissance. Le signe le plus immédiat de cette embellie est la hausse des rendements obligataires, conséquence de la liquidation à grande échelle des placements sans risque qui avaient servi de refuge à une épargne apeurée par la crise. La Banque des règlements internationaux à Bâle, qui est en quelque sorte la banque des banques centrales, s’en est fait l’écho dans son dernier bulletin trimestriel, en relevant le parallélisme presque parfait de la réaction des marchés durant les premiers jours qui ont suivi les élections de Ronald Reagan et Donald Trump à la présidence des Etats-Unis.

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07/12/2016

La deuxième vie du dollar

Nous sommes quelques-uns à avoir cru fermement et écrit, il y a de cela une vingtaine d'années, que le dieu Dollar était déchu et qu'il ne pouvait désormais que chuter au point de perdre son rôle de monnaie dominante. Nous pensions alors dur comme fer que l'importance des "balances dollar" – comme depuis Jacques Rueff et même bien avant (en 1949 déjà, dans des études de la Réserve fédérale) on appelait les montants prodigieux de dollars détenus par les pays créanciers des États-Unis –, nous pensions donc que cette masse énorme de dollars résultant des déficits extérieurs accumulés par la première puissance économique du monde finirait inévitablement par détruire le peu de confiance encore placée dans une monnaie longtemps considérée comme "aussi bonne que l'or".

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07:38 Publié dans Banques centrales, Dette, Dollar, Etats-Unis | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

30/11/2016

Attention aux risques hypothécaires !

Le temps passant, le niveau extrêmement bas des taux d’intérêt, notamment hypothécaires, engendré par les intérêts négatifs que la BNS perçoit sur les comptes de virement que les banques entretiennent auprès d’elle a fait naître des comportements qui ne sont pas sans risque. Les banques principalement actives sur le marché intérieur, qui vivent pour l’essentiel de la marge entre intérêts actifs et passifs et qui ont vu leur rentabilité décliner continuellement depuis la crise financière de 2008, sont tentées de compenser la réduction tendancielle de cette marge par une augmentation plus que proportionnelle de leurs crédits sur le seul marché offrant encore une chance de gain, savoir le marché hypothécaire.

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07:04 Publié dans Banques, Banques centrales, Dette, Finances, Immobilier, suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

16/11/2016

Un fonds souverain suisse: une idée fait son chemin

Les montagnes d’euros et de dollars repris par la Banque nationale afin d’empêcher une trop forte revalorisation du franc finiront bien, un jour ou l’autre, par servir à la création d’un fonds souverain. Un premier pas vient en tout cas d’être franchi avec la reconduction pour cinq ans de l’accord conclu entre le Département des finances et la BNS au sujet de la répartition du bénéfice de cette dernière.

Cette nouvelle convention qui sanctuarise en quelque sorte, au grand soulagement des cantons, un principe arrêté une première fois pour la période de 2011 à 2015, montre en effet que l’on reconnaît désormais en haut lieu le caractère sinon réel, du moins utile, des excédents dégagés en bonne partie par l’actif grossissant du bilan de l’Institut d’émission.

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05/10/2016

Monnaies: quand et comment virer de bord ?

En voile, sauf erreur, virer de bord implique de changer de cap ni trop tôt ni trop tard pour réussir la manœuvre. En matière monétaire, il en va à peu près de même : inverser la politique qui a consisté jusqu’ici à faire baisser les taux d’intérêt, et même à les mener en territoire négatif, pour les réaligner sur leur tendance de long terme, est une décision qui doit se prendre au bon moment. Entamé trop tôt, le mouvement risque d’étouffer la reprise. Entrepris trop tard, il pourrait réveiller les anticipations inflationnistes.

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07/09/2016

La Banque nationale suisse possède un gros morceau d'Apple

bnd apple.jpgL’affaire est passée presque inaperçue en Suisse. Et pourtant, plus que toute autre banque centrale, bien davantage aussi que nombre de grands fonds d’investissement, notre Banque nationale accumule une proportion considérable d’actions étrangères.

A l’heure actuelle, 20% du total de ses placements de devises, soit la bagatelle de 128 milliards de francs, sont constitués de titres de tout premier ordre. La moitié de cette somme est placée en actions de grandes sociétés américaines, dont pas moins de quelque 1,5 milliard de dollars en actions Apple (la première position de son portefeuille), ce qui fait jaser la terre entière. Non seulement parce qu’une banque centrale concentre ainsi ses placements, mais aussi parce qu’elle n’a cessé d’empiler les actions de la firme de Cupertino quand le reste des investisseurs s’en séparaient (à l’exception notable de Berkshire Hathaway, la société d’investissement de Warren Buffet, qui en a acheté également pour un bon milliard de dollars).

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05/07/2016

Quand l’Europe perd et les Etats-Unis gagnent

Pourquoi l’Europe échoue-t-elle là où les Etats-Unis réussissent ? Pourquoi l’économie américaine aligne-t-elle les performances (une croissance en nette reprise, des embauches en hausse, un taux de chômage redescendu à son niveau de novembre 2007) alors que la zone euro piétine et ne parvient même pas à tirer parti de ses maigres avancées, en matière d’union bancaire par exemple, pour relancer une activité désespérément atone ?

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04/05/2016

BNS: pourquoi changer quand tout va bien (ou presque)

La Banque nationale suisse n’est pas la Banque centrale européenne, n’empêche qu’elle essuie depuis quelque temps le même genre de critiques. On lui reproche en gros de prendre ses décisions de manière indépendante, ce dont on se félicitait quand tout allait bien, mais qui ne va plus du tout lorsque la politique monétaire qu’elle a choisi de suivre heurte les intérêts de tel ou tel secteur de l’économie. Il conviendrait par exemple de flanquer son directoire de commissions d’experts, ou plus radicalement de le remplacer par un comité élargi, à l’image de celui de la BCE ou, mieux encore, de la Réserve fédérale américaine. On éviterait ainsi qu’un organe décisionnel de taille restreinte ne s’aventure sans boussole autre qu’une connaissance purement académique du terrain entre les écueils d’un monde financier de plus en plus complexe et imprévisible.

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31/03/2016

Vers la fin des (trop) grandes banques ?

Depuis bien avant la crise de 2008, et même depuis les années 1980 aux Etats-Unis où une douzaine d’entre elles étaient déjà considérées comme telles, les banques dites «too big to fail» («trop grosses pour faire faillite») représentent un vrai casse tête pour les autorités chargées de veiller autant que faire se peut à la stabilité du système financier.

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19/01/2016

Pour sortir du franc fort, il faut entrer dans l'euro

A l’occasion du premier anniversaire de l’abandon du cours plancher par la Banque nationale suisse, dont on connaît les conséquences douloureuses pour les entreprises et l’emploi, plusieurs propositions récurrentes ont refait surface. Les unes, saugrenues ou impraticables, ont vite été rengainées: dévaluation (!) du franc, taxation des opérations de change, réintroduction d’un plancher. La BNS, de son côté, avait songé à l’arrimage à un panier de monnaies, avant d’abandonner l’idée jugée irréalisable.

A part une «amélioration des conditions cadre» qui sonne creux il faut en convenir, restent en lice, côté actif du bilan de la BNS (utilisation des euros achetés à la pelle), l’appel à la création d’un fonds souverain et lancement, côté passif (utilisation des francs créés en contrepartie), d’un grand emprunt fédéral pour financer des projets d’infrastructure.

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05/01/2016

Encore une année sans inflation ?

Si, en regard de tant de déconvenues, la force du franc a eu ne serait-ce qu’un effet positif, c’est bien celui d’avoir maintenu inchangé le niveau des prix, et même de l’avoir maintenu en dessous de zéro. On s’attendait en général à ce que l’indice des prix à la consommation demeure stable en 2015, il se sera en réalité replié de quelque 1,5%, déjouant la plupart des pronostics, y compris ceux de la Banque nationale suisse, qui établit pourtant au millimètre ses prévisions d’inflation pour les trimestres à venir. Sa «prévision d’inflation conditionnelle» de décembre 2014 voyait en effet une hausse annuelle de l’indice comprise entre 0,0 et 0,2% pour la fin décembre 2015, moyennant un Libor (moyenne des taux d’intérêt à trois mois sur le marché interbancaire londonien) égal à 0,00%. Mais ladite condition sautait peu après, puisque le cours plancher devait disparaître le 15 janvier déjà, et le Libor, foi d’intérêts négatifs, passer à -0,75%.

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15/12/2015

L'Etat peut dépenser sans augmenter ses charges courantes

Maintenant que la politique monétaire devenue hémiplégique (elle ne peut bouger les taux d’intérêt que dans le sens de la hausse) a perdu une bonne part de son efficacité, on est invité à tourner le regard vers le second volet de la politique conjoncturelle, savoir le maniement de la dépense publique. Bien que chaudement recommandé par les partisans d’une action volontariste de l’Etat, qui y voient l’unique moyen de suppléer la défaillance de la dépense privée, le recours au deficit spending est vigoureusement rejeté par les tenants de l’équilibre budgétaire, avec l’argument assez convaincant que la dette publique n’a – presque – jamais été aussi élevée.

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17/11/2015

Franc fort, à force de couper dans le gras…

Retombe-t-on en récession ou, comme le suggère The Economist, entame-t-on un troisième épisode de l’histoire de la dette, celui, après la crise des subprime puis celle de la zone euro, d’un effondrement des marchés émergents ? Vue d’ici, cette succession de déconvenues financières a longtemps semblé pour l’essentiel nous épargner.

Mais voici que la Suisse entière, et Genève en particulier, affrontent des vents décidément contraires : perspectives budgétaires alarmantes, licenciements collectifs, exportations en recul, délocalisations rampantes, tous symptômes annonciateurs de lendemains qui ne chantent guère et replacent ce pays à l’intérieur du cadre qui est le sien qu’il le veuille ou non, savoir celui d’une Europe désorientée, ou plutôt, d’une économie mondialisée aux prises avec d’inextricables difficultés à retrouver son aplomb.

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