Banques centrales

  • Le bon côté (s’il y en a un) de la crise

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    Un virus, et tout s’arrête, titrait-on ici même il y a quinze jours. On ne croyait pas si bien dire. Le monde se ferme et se renferme, toutes les activités stoppent net, les flux de paiement, salaires et dépenses diverses, tarissent à la source, du jamais vu y compris lors des chocs pétroliers et des vagues d’attentats terroristes.

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  • Des milliards jusqu’à plus soif

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    Aux dernières nouvelles (28 février), les réserves de change de la Banque nationale suisse s’élèvent à 821,4 milliards de francs. Leur principale contrepartie, au passif du bilan, est représentée par les dépôts des banques (leurs «avoirs en compte de virement»), qui ont peu varié depuis le début de l’année, et dans une moindre mesure par les avoirs d’autres institutions – Centrale de compensation AVS, SIX-clearing, SUVA, grandes caisses de pensions, assurances, etc. – autorisées à déposer leurs liquidités auprès de la BNS. Ces avoirs-là ont augmenté de presque 10 milliards (+11%) depuis le 3 janvier (ce qui, soit noté au passage, en dit long sur la frilosité de ces institutions, plus enclines à thésauriser qu’à placer leurs encaisses excédentaires).

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  • En route vers la parité ?

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    Mine de rien, la Banque nationale suisse s’accommode d’un recul progressif de l’euro, tombé ces derniers jours à 1.06 franc, c’est-à-dire à un niveau qui, il n’y a pas si longtemps de cela, aurait fait hurler les exportateurs, et qui, quelques années plus tôt et à quelques décimales près (on s’était même approché à une occasion de la parité), avait justifié l’introduction momentanée d’un cours plancher.

    Pour expliquer ce qui ressemble à un abandon ou à une manifestation d’impuissance face aux forces du marché, on invoque généralement un différentiel d’inflation qui amenuise peu à peu la surévaluation effective du franc, sans compter l’œil sévère que Washington porte à nouveau sur la Suisse, soupçonnée de manipuler le cours de change de sa monnaie.

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  • Paul Volcker, un banquier central entré dans la légende

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    Trois mois avant son décès, le 8 décembre dernier, à l’âge de 92 ans, Paul Volcker, qui présida la Réserve fédérale américaine sous les administrations Carter et Reagan, exprimait dans les colonnes du Financial Times sa profonde inquiétude sur l’évolution de son pays en général et de ses institutions en particulier. «Jamais depuis la fin de la seconde guerre mondiale, écrivait-il ainsi dans cette postface à une prochaine réédition de son autobiographie, nous n’avons vu un président chercher si ouvertement à dicter sa politique à la Fed. C'est un sujet de grande préoccupation».

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  • La révolution des monnaies est en marche

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    L’avènement des crypto-monnaies ne soulève pas une vague d’enthousiasme chez les banques centrales, tant s’en faut. Car ces nouveaux moyens d’échange représentent ni plus ni moins qu’une attaque frontale contre un système de paiement à deux étages (celui des banques commerciales qui recueillent les dépôts du public, et celui des banques centrales qui, fortes de leur monopole, régulent la liquidité de l’ensemble) de moins en moins apte à se conformer aux exigences de la numérisation en marche de l’économie.

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  • L’erreur monétaire de la réunification allemande

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    La remémoration de la chute du Mur, prélude à la réunification, est aussi l’occasion de se pencher sur les conditions dans lesquelles s’opéra l’union monétaire entre les deux Allemagne.

    Il sautait alors aux yeux que l’économie est-allemande, centralement planifiée, aussi inefficace que gaspilleuse de ressources matérielles et humaines, ne supporterait pas le choc d’une intégration immédiate. Aussi les experts de tous bords, d’un côté comme de l’autre de ce qui était encore une frontière, avaient-ils imaginé un passage graduel à la monnaie unique – soit, en clair, le remplacement de l’Ostmark par le D-Mark – couronnant et non précédant un rapprochement économique entre la République fédérale et la RDA.

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  • Ce trop-plein d’épargne a des causes évidentes

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    Ce qui, normalement, pousse les actions vers le haut, c’est la perspective de bénéfices futurs en hausse, et donc de dividendes plus élevés. Or l’économie mondiale vacille plutôt qu’elle ne croît, de sorte que les promesses de rendement sont en train de s’affadir. Comment alors expliquer l’excellente tenue des marchés boursiers, qui depuis le début de l’année affichent une performance en complet décalage avec les prévisions conjoncturelles ?

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  • Contre Super Mario: du rififi chez les banquiers centraux

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    Jusqu’ici, la critique du laxisme monétaire avait été le fait de voix isolées. Désormais, elle s’exprime ouvertement et collectivement : un groupe de six ex-banquiers centraux et anciens chefs économistes de la Banque centrale européenne (BCE), soutenus par deux anciens gouverneurs de la Banque de France, dénoncent dans un mémorandum publié urbi et orbi la semaine dernière la politique d’«assouplissement quantitatif» menée par l’institution, et s’attaquent en particulier à la décision prise, lors de la dernière séance de son conseil, de reprendre les achats massifs d’obligations d’Etat afin d’atteindre l’objectif déclaré de «maintenir l’inflation annuelle au-dessous, mais à un niveau proche, de 2%».

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  • Bientôt, les monnaies seront numériques

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    La Banque nationale suisse n’y croit guère, et pourtant la numérisation des monnaies avance à grands pas. On en veut pour preuve non seulement le lancement prochain de la libra, qui paraît irrésistible malgré les méfiances exprimées ici et là, mais aussi et surtout la multiplication explosive de solutions de paiement privées, quasi gratuites, de la part de géants du numérique, de plateformes de e-commerce et plus récemment de néobanques, allemandes notamment (ce qui est un comble pour un pays généralement considéré comme plutôt traditionnaliste), uniquement présentes sur les réseaux de téléphonie mobile.

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  • Haro sur les taux négatifs !

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    Dans une ultime et désespérée tentative de faire bouger les choses, la présidence Draghi de la Banque centrale européenne (BCE) a donc décidé la semaine dernière d’enfoncer encore un peu plus les taux d’intérêt en territoire négatif et de reprendre les achats d’obligations des secteurs publics et privés qui avaient été arrêtés en 2018. La décision fut inhabituellement contestée, puisque près de la moitié des 25 gouverneurs du conseil de la Banque se sont opposés à la seconde de ces mesures, la première ayant en revanche, semble-t-il, beaucoup plus facilement passé la rampe, puisque même Jens Weidman, président de la Bundesbank allemande, y a acquiescé.

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  • Il est temps de ressusciter les vieilles idées keynésiennes

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    La propagation tous azimuts de taux d’intérêt négatifs rend la vie difficile à beaucoup de gens au lieu de la leur faciliter. On pense d’abord, bien sûr, aux déposants petits et grands, les premiers risquant bientôt d’être logés à la même enseigne que les seconds et se voir sanctionnés comme eux pour préférer l’épargne à la dépense. Mais il y a aussi, plus gravement, la remise en cause des régimes de prévoyance, privés de l’apport du «troisième cotisant» que personnifiait le capital accumulé, jusqu’ici pourvoyeur de rendement, désormais amenuisé par le prélèvement de taux négatifs. Les assureurs-vie, acteurs majeurs de la prévoyance professionnelle en tant que gérants des capitaux et des risques pour le compte d’une multitude de caisses de pensions, sont eux aussi sérieusement touchés par l’effondrement des taux, au point que la FINMA, qui les surveille au même titre que les banques, commence à s’en inquiéter.

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  • Il ne sert à rien de tirer sur l’ambulance

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    Mais qui sont ces techniciens qui n’ont de compte à rendre à personne et pourtant engagent nos destinées à tous ? La question fait ici référence aux banquiers centraux et, derrière eux, aux équipes de macroéconomistes et d’économètres qui préparent leurs décisions. Elle pourrait s’appliquer aux autres grandes administrations (la santé, le social, les transports), mais elle prend un relief particulier lorsqu’il s’agit de politique monétaire, singulièrement depuis que celle-ci a abouti à la généralisation de taux d’intérêt négatifs, si négatifs même que des emprunts d’Etat à cent ans d’échéance se négocient depuis peu sur le marché secondaire à moins de zéro de rendement !

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  • Et revoilà la monnaie pleine !

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    Chassée par la porte, la monnaie pleine est peut-être en train de revenir par la fenêtre. Le débat suscité par l’émergence des crypto-monnaies conduit en effet à postuler qu’un beau jour, sans doute pas si lointain, les banques centrales pourraient être amenées à émettre leurs propres monnaies numériques. Car il est hors de question, pour toutes sortes de raisons bonnes ou mauvaises, de laisser filer le monopole de l’émission de moyens de paiement légaux vers des organisations privées telles que Facebook et consorts dont les ambitions en la matière, on l’a vu, sont immenses.

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  • Facebook Libra et autres artéfacts monétaires

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    La planète est en émoi depuis que Facebook a annoncé le lancement de Libra, sa monnaie numérique. Car même si la réputation du réseau social a été sérieusement mise à mal depuis l’affaire des fuites de Cambridge Analytica, le nombre de ses utilisateurs est tellement élevé que son entrée dans le monde des paiements risque par ce simple fait de déstabiliser l’ensemble du système bancaire.

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  • Où le droit s’intéresse aux taux négatifs

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    Astucieusement conseillée, une grande commune genevoise (la Ville ?) s’est dit que l’emprunt conséquent (100 millions de francs) qu’elle avait contracté en 2006 auprès d’une banque à un taux égal au Libor à 6 mois ne devrait plus l’obliger à payer des intérêts depuis que ce taux est devenu négatif, mais pouvait à l’inverse l’amener à demander que ce soit la banque qui lui verse des intérêts !

     

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  • Taux nuls : calamité ou bénédiction?

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    On sait maintenant, ou du moins croit-on savoir, que des taux d’intérêt nuls ou même négatifs sont faits pour durer. Comment, en effet, expliquer qu’ils demeurent aussi bas – alors que l’activité, repartie un peu partout, devrait logiquement réveiller l’inflation et les faire remonter dans la foulée – sinon que des mécanismes plus profonds sont à l’œuvre, qui déjouent les relations habituelles entre épargne et investissement et font que malgré des salaires plutôt en augmentation, signe d’une amélioration de l’emploi, les entreprises ne répercutent pas leurs hausses de coûts sur les prix.

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  • Médecins au chevet de la prochaine crise

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    Le débat qui s’intensifie au sujet des intérêts négatifs est révélateur du désarroi qui règne chez les économistes. Comment expliquer que les liquidités mises à disposition des intermédiaires bancaires par le truchement de politiques monétaires extraordinairement accommodantes n’alimentent pas le crédit aux entreprises, mais continuent d’être parquées en réserves stériles auprès des banques centrales en dépit des pénalités qui les frappent désormais? Des taux directeurs quasi nuls voire inférieurs à zéro, innovation radicale dans l’arsenal de la lutte anti-crise, ont certes permis de maintenir la dette publique dans des proportions supportables (puisqu’ils n’en alourdissent pas le service, alors même qu’elle continue de grandir), mais c’est là une maigre consolation face à la montagne de difficultés que signifiera le retour à la normale.

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  • 2019, année de la monnaie

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    L’euro n’a jamais eu la cote chez les économistes, qui l’ont considéré dès sa naissance comme condamné à disparaître à la première occasion, car conçu à rebours du bon sens. Au lieu de parachever une harmonisation des politiques budgétaires et une nécessaire union bancaire, donc d’intervenir au dernier stade de l’intégration économique, la création de la monnaie unique les a précédées, comme si elle pouvait forcer la main de gouvernements restés maîtres chez eux.

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  • La Banque nationale a des soucis de riches

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    La Banque nationale suisse est en principe, sous toutes les coutures légales et réglementaires, une institution indépendante qui ne reçoit d’ordres de personne et s’emploie uniquement à remplir son mandat constitutionnel. Elle mène donc «une politique monétaire servant les intérêts généraux du pays» (Cst. art. 99 al. 2). Les circonstances l’ont cependant amenée non pas à s’écarter de ce mandat, mais à donner à la notion d’intérêt général un sens plus large que celui auquel on avait l’habitude de se référer.

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  • Les turqueries de Donald Trump

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    Entre le président américain et l’autocrate au pouvoir à Ankara, il n’y a pas grand-chose de commun, sinon une même et profonde aversion pour tout ce qui viendrait contrecarrer leurs projets respectifs de grandeur, et singulièrement leur désir d’apposer leur marque sur des économies qui seraient maintenues grâce à eux en perpétuelle croissance. Côté turc, l’exercice est raté, non seulement en raison des sanctions imposées par Washington pour les motifs qu’on connaît, mais aussi parce que l’économie turque, frappée depuis des années de déséquilibres qui n’ont cessé d’augmenter, est au surplus malmenée par les visions absconses d’un président fâché avec les mécanismes monétaires les plus élémentaires.

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