22/02/2017

Santé: aurait-on enfin trouvé l’œuf de Colomb ?

Pour qu’un système de santé dérape, il faut et il suffit:

1° que les prix, en l’occurrence les tarifs médicaux, soient garantis aux prestataires de soins (ce qui est vrai du Tarmed pour la médecine ambulatoire, et des forfaits par cas pour ce qui concerne les soins stationnaires) ;

2° que les soins «produits» à ces prix garantis soient intégralement pris en charge, autrement dit ne soient limités par aucune restriction, ni du côté de l’offre, ni du côté de la demande. Ce qui est bien le cas, puisque les «consommateurs» (les patients) sont assurés, aux sens propre et figuré, d’être – presque – intégralement remboursés, et que les «producteurs» (les prescripteurs : médecins, hôpitaux) répondent à toutes les demandes quand ils ne les suscitent pas eux-mêmes. Dans une telle situation qui fait irrésistiblement penser aux politiques agricoles d’il y a quelques années, il se produit immanquablement une surproduction, ou si l’on préfère, une explosion des coûts de la santé.

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09:01 Publié dans Assurance maladie, Finances publiques | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | |

24/08/2016

Les calculs d’épicier de la prévoyance

Si notre prévoyance à trois piliers, modèle de réussite actuarielle, suscite partout l’admiration, elle s’avère en réalité plus coûteuse qu’efficace, du moins si l’on en juge par son résultat, savoir le taux de remplacement du dernier salaire.

La Suisse se classe en effet à cet égard quelque part entre le vingtième et le trentième rang mondial, avec un taux de l’ordre de 40%, ce qui ne l’empêche pas de connaître, elle aussi, des difficultés croissantes de financement. Les perspectives démographiques pèsent sur l’avenir de l’AVS et, alliées à la faiblesse des rendements financiers, menacent également l’équilibre des caisses de pensions.

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07:15 Publié dans Assurances, Capital, Financement des retraites, Prévoyance | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

06/04/2016

Ce qui se cache derrière les taux négatifs  

Les pères et mères de la prévoyance professionnelle obligatoire n’auraient sans doute jamais imaginé que des taux d’intérêt puissent devenir négatifs et ruiner du même coup leur œuvre commune. Car des taux négatifs, soyons-en conscients, détruisent du capital ; or l’essence même du 2e pilier est la capitalisation, primo du fait de l’accumulation d’épargne (les cotisations payées par les employeurs et leurs salariés), secundo du fait de la rémunération de cette épargne (l’intérêt légal servi sur les avoirs de vieillesse), et même, tertio, par l’intervention d’un taux, dit technique, servant à calculer la valeur actuelle des engagements futurs de rentes.

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29/09/2015

Cette très chère santé…

sante image stetoscope keystone.jpgQue dans les pays riches les dépenses de santé progressent plus vite que le produit intérieur brut, c’est un fait connu et expliqué depuis des âges. Plus le niveau de vie s’élève, plus la part du revenu consacré aux «biens supérieurs» augmente, selon la loi d’Engel que les étudiants de première année en économie se mettent dans la tête. Rien d’étonnant, donc, à ce que le pays le plus riche du monde après les Etats-Unis soit celui qui dépense le plus pour la santé. 

L’aspiration de ses habitants n’est pas pour autant à profiter d’une vie plus longue: l’espérance de vie à la naissance n’est pas meilleure ici qu’ailleurs. Elle y serait même plus basse qu’en Espagne, égale à celle de l’Italie, et à peine supérieure à celle de la France, si l’on en croit l’OCDE. Ce qui singularise la Suisse, c’est qu’on y apprécie plus que tout la qualité et le confort, quitte à payer plus cher, comme pour la voiture, le logement, les loisirs, l’alimentation…

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09:58 Publié dans Assurance maladie, Santé, suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

07/04/2015

Axa l’a dit, le FMI aussi

On ne croyait pas si bien dire la semaine dernière en relevant combien un taux de conversion (du capital en rentes) trop élevé avait pour conséquence d’alourdir la charge qui pèse sur les générations futures. Or voici que l’assureur Axa-Winterthur vient d’annoncer qu’il abaissait dès janvier le taux de conversion appliqué dans deux de ses fondations LPP, en raison précisément de «l’allongement constant de l’espérance de vie» et, ajoute-t-il, de «la faiblesse persistante des taux d’intérêt». 

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06:30 Publié dans Assurances, Prévoyance | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

30/09/2014

Insaisissables coûts de la santé

Les Helvètes poursuivent des chimères en imaginant que la maîtrise des coûts de la santé est à leur portée. Ils peuvent lancer toutes les initiatives qu’ils voudront, les faits demeureront têtus. Le vieillissement démographique continuera son œuvre, porteur d’une demande croissante de soins de plus en plus lourds. Le progrès des techniques médicales ne cessera d’imposer le recours à des équipements de dernière génération avant que la précédente ne soit complètement amortie, et la recherche débouchera toujours sur des molécules prometteuses mais d’une rare complexité, et par conséquent hors de prix. Et puis, tout simplement, une logique économique vieille comme le monde veut qu’au fur et à mesure que le niveau de vie s’élève, la part du revenu consacré au bien-être, donc à la santé, augmente.

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08/07/2014

Primes maladie: les ménages suisses presque champions du monde

Selon toute vraisemblance, les primes de l’assurance-maladie de base augmenteront de 4,5% l’an prochain. Pour autant la Suisse continuera de figurer dans la moyenne des pays, à vrai dire nombreux en Occident, consacrant un peu plus de 10% de leur produit intérieur brut aux dépenses de santé. Ce qui, après tout, est assez normal de la part de pays riches, et demeure encore loin des quelque 18% qui font des Etats-Unis, sous cet angle, un cas tout à fait exceptionnel.

En revanche, c’est la Suisse qui fait exception s’agissant du poids de ces dépenses pour les ménages. En 2011 (dernière année pour laquelle des données sont disponibles), leurs versements nets ont représenté presque 26% des dépenses totales de santé, soit presque le double de la proportion observée pour l’Allemagne, et plus du triple de celle observée pour la France. Par tête, en prix courants et en parité de pouvoir d’achat, la Suisse n’est dépassée que par la Norvège.

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07:05 Publié dans Assurance maladie, Santé, suisse | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |