17/02/2015

Pourquoi ne pas creuser plus avant l’idée d’un «fonds souverain»?

Rappel des épisodes précédents. Parce qu’elle est un pays économe, vertueux, accessoirement discret sur les fortunes d’ailleurs qui viennent se déposer dans ses banques, la Suisse dispose depuis des lustres d’une monnaie forte, ce qui constitue indubitablement un avantage à certains égards mais pose néanmoins quelques problèmes de compétitivité à son industrie.

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20/01/2015

Faute vénielle ou péché mortel ?

En 1974, une année après que la BNS se soit résignée à abandonner le cours fixe du franc face – alors – au dollar, le président de son directoire, Fritz Leutwiler, confiait à son collaborateur Kurt Schiltknecht : «Je n’ai aucune idée sur la façon de mener la politique monétaire sous un régime de changes flottants». Et d’ajouter que la seule question dont il se soit constamment préoccupé était de savoir «comment empêcher que trop d’argent n’arrive en Suisse».

Son successeur actuel à la tête de la Banque nationale a dû se poser la même question, sauf que, il y a quarante ans, les soucis portaient sur les tensions inflationnistes (les prix à la consommation augmentaient de plus de 10% l’an), tandis que ceux d’aujourd’hui porteraient plutôt sur les risques de déflation. La BNS avait d’ailleurs, en 2011, fait de ceux-ci le principal argument en faveur de l’instauration d’un cours plancher.

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06/01/2015

Il n'y a pas de déjeuner gratuit

La faiblesse persistante de l’euro joue de vilains tours à la BNS, dont le bilan ne cesse d’enfler. Il n’y a, en soi, aucune limite à la création de monnaie par l’Institut d’émission tout occupé qu’il est à défendre le cours plancher de 1.20 franc pour 1 euro, à l’inverse de ce qui se passerait s’il lui fallait au contraire – hypothèse qui ne s’est jamais rencontrée – lutter contre une dépréciation du taux de change du franc en en détruisant à la pelle.

Il n’y a aucun obstacle ni théorique, ni légal, à cette accumulation potentiellement illimitée de réserves de devises et à l’émission de monnaie qui s’ensuit, mais les ordres de grandeur atteints, et leurs possibles effets secondaires, commencent à faire réfléchir, et même à agir.

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14/10/2014

Mais non mais non, mais si mais si !

Collé à l’euro comme la Suisse l’est à l’Europe sans vouloir l’admettre, le franc profite indirectement de la dépréciation de la monnaie unique. Il bénéficie autant qu’elle d’un avantage de change sur tous les marchés sur lesquels les transactions s’affichent en dollars ou dans l’une ou l’autre des monnaies (la livre par exemple) qui suivent à peu près la même trajectoire. Peu importe ici de savoir si les récentes variations des taux de change effectifs sont dues principalement à la hausse du billet vert ou à la baisse de l’euro, car les mêmes phénomènes expliquent les deux mouvements : une divergence naissante et destinée à durer des politiques monétaires adoptées de part et d’autre de l’Atlantique (tendance au resserrement à la Réserve fédérale, au desserrement à la Banque centrale européenne), qui creuse un écart dans les taux d’intérêt et invite par conséquent les capitaux à quitter l’euro pour se placer en dollars, selon la plus élémentaire des stratégies de carry trade (portage en français).

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07:11 Publié dans Banques centrales, Dollar, Europe, Monnaie, suisse, Zone euro | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

07/10/2014

Français, Italiens, oyez, oyez ! Tout n’est peut-être pas perdu !

Lorsque, venant de Berlin, on se dirige vers Francfort sur l’Oder, on emprunte une chaussée parsemée de trous, d’ornières et d’Umleitungen obligeant à circuler en permanence sur la voie de dépassement, à croire que l’autoroute d’avant-guerre n’a jamais été entretenue depuis 1989 voire 1945. Parvenu à la frontière, on s’engage sur un ruban de bitume qui court, lisse comme un miroir, jusqu’à Poznań et bientôt jusqu’à Varsovie. Confirmation anecdotique, mais combien révélatrice, du retard pris par la République fédérale en matière d’infrastructures d’un côté, et des bienfaits, tels qu’ils sont vécus côté polonais, dispensés par les fonds structurels et de cohésion européens  de l’autre.

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23/09/2014

L'euro à 1 fr 20: les martingales de l’argent facile

A chaque fois que le franc fait mine de se rapprocher du cours plancher de 1.20 franc pour 1 euro, la question resurgit: n’y a-t-il pas une limite aux interventions que la Banque nationale suisse devra peut-être envisager pour le défendre ?

Non, faut-il encore et toujours le rappeler, il n’y a par définition aucune limite à la quantité de monnaie qu’une banque centrale peut créer pour empêcher la hausse de son taux de change. Tout autre est la situation qui prévaudrait s’il s’agissait à l’inverse d’en empêcher la baisse : la banque centrale serait alors limitée par le montant des réserves de change à sa disposition. Une fois ces réserves épuisées, elle n’aurait d’autre choix que de laisser choir sa monnaie.

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29/07/2014

22 juillet 1944: Fixes ou flottants, les changes dérangent

L’anniversaire de la signature des accords de Bretton Woods, le 22 juillet 1944, est l’occasion de revenir sur la question, qui ne cesse de faire débat, de la nature idéale du système de changes. Vaut-il mieux des changes fixes, tels que le monde les a connus entre 1945 et 1973, ou des changes flottants comme les préconisait Milton Friedman et sous l’empire desquels nous vivons – plus ou moins – depuis lors ? Plus ou moins, car les monnaies n’ont pratiquement jamais flotté librement, sinon le franc suisse, et encore, puisque la BNS l’a solidement arrimé à l’euro.

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22/07/2014

Franc suisse surévalué ? Pas tant que ça…

Depuis une vingtaine d’années, la Banque des Règlements Internationaux (BRI) estime les taux de change effectifs des monnaies des principales économies de la planète, remontant pour certaines d’entre elles jusqu’à 1964. La formule est un brin compliquée : les taux de change effectifs nominaux sont calculés à partir des moyennes géométriques des taux de change bilatéraux pondérés par l’importance des échanges commerciaux. La BRI calcule également les taux de change effectifs réels, c’est-à-dire ajustés par les prix relatifs à la consommation, pour tenir dûment compte des effets de l’inflation.

Les résultats, pour la Suisse, sont assez étonnants. 

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29/04/2014

Monnaie: l'initiative "Vollgeld", une manière de se préparer au pire

Il se lance, comme on sait, beaucoup d’initiatives populaires à propos d’à peu près tout et n’importe quoi. Mais parfois, contrairement aux apparences, un texte à première vue farfelu mérite mieux que le dédain. Ainsi en va-t-il de l’initiative dite Vollgeld («monnaie pleine»), qui veut ni plus ni moins qu’interdire la création de monnaie par les banques, et la réserver à la seule Banque nationale suisse.

Les initiants estiment en effet que la disproportion écrasante entre monnaie centrale (en gros, les billets) et masse monétaire représentée par l’ensemble des dépôts bancaires est la principale source d’instabilité du système bancaire, et la cause directe des crises financières majeures qui en résultent périodiquement.

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25/03/2014

L’inflation se cache-t-elle là où on ne l’attend pas?

Coup sur coup, la Banque centrale européenne (BCE) et la Banque nationale suisse (BNS) ont révisé à la baisse leurs prévisions d’inflation pour les mois à venir. C’est que, le mois dernier, la hausse des prix à la consommation s’est finalement révélée inférieure à ce que l’une et l’autre avaient pronostiqué. Non seulement cette hausse est moindre que prévu, mais encore elle est inférieure à ce qui, pour diverses raisons, est tenu à Francfort comme à Zurich pour un niveau équivalant à la stabilité des prix telle en tout cas que la visent les deux banques centrales, soit une hausse annuelle de 2% au maximum. Or les prix en zone euro n’ont augmenté que de 0,7% en un an, et en Suisse, la hausse sur douze mois de l’indice des prix à la consommation à fin février est même légèrement négative (-0,1%).

Il y aurait donc, désormais encore davantage que précédemment, un risque de déflation qu’il ne faudrait pas ignorer, même si, de l’avis répété des patrons des deux instituts, Mario Draghi et Thomas Jordan, ce risque reste négligeable. Le mot même de déflation n’apparaît d’ailleurs pas dans le dernier communiqué de la BNS.

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25/02/2014

Bitcoin, le début de quelque chose

Supposons que le milliard d’utilisateurs fièrement annoncés par Facebook, ou que « seuls » les 400 millions d’utilisateurs réguliers du réseau acceptent dans un même élan de recourir au Bitcoin ou à quelque autre artefact électronique pour effectuer quotidiennement leurs paiements: cette «monnaie» deviendrait du jour au lendemain le moyen d’échange le plus universel, détrônant du même coup dollars, euros, livres et autres yens…

Pourquoi l’accepteraient-ils ? 

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07/01/2014

Il y a quinze ans, l’euro

Le 1er janvier 1999, après des décennies de tentatives de rapprochement plus ou moins réussies entre monnaies nationales, naissait enfin l’euro. Scriptural d’abord, mis trois ans plus tard en circulation sous forme d’espèces sonnantes et trébuchantes dans une douzaine de pays, il est à ce jour la monnaie commune des dix-huit membres actuels de l’Union économique européenne (UEM), sous-ensemble de l’Union européenne fragilisé par la crise de la dette d’où, par raccourci de langage, l’expression abusive de «crise de l’euro».

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26/11/2013

«La critique est aisée, et l’art est difficile» (Le Glorieux, II, 5)

Que la Banque nationale n’ait pas eu à intervenir une seule fois cette année pour défendre le cours plancher du franc face à l’euro ne décourage visiblement pas ses détracteurs de pointer du doigt les risques qu’il y a selon eux à persévérer dans la voie choisie. Comme si le péché qui a consisté toujours selon eux à entrer dans une politique de change, d’abord véniel, devenait mortel au fur et à mesure que le temps s’écoulait.

En gros et pour résumer,...

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22/10/2013

La dette des Etats-Unis n’est pas une dette comme les autres

Pour gigantesque qu’elle semble et est effectivement devenue, la dette publique des Etats-Unis n’est pas tout à fait une dette comme les autres. D’abord, son trait caractéristique est d’être détenue pour moitié par des créanciers externes.

C’est également vrai de la dette d’autres pays, mais les créanciers, moins officiels que privés, de ces derniers en détiennent pour des raisons tout différentes : les banques centrales de Chine et du Japon ont accumulé en quantité des bons du Trésor américain parce qu’elles y voyaient et continuent pour l’instant d’y voir une manière commode et sûre de placer leurs considérables réserves de change, tandis que les banquiers allemands et les assureurs français détiennent de la dette publique portugaise parce que celle-ci offre un rendement intéressant en échange certes d’un risque élevé – mais qui ne risque rien n’a rien.

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09/10/2013

Marché des devises: La main dans le sac

Lorsque, en juin dernier, la Financial Conduct Authority (l’équivalent britannique de notre Finma, désormais aussi à l’œuvre) annonça ouvrir une enquête sur de possibles manipulations de cours des devises, il était déjà de notoriété dans les milieux professionnels du courtage que de subites et importantes variations se produisaient régulièrement sur le marché des changes quelques dizaines de secondes avant le fixing londonien de 16h, quand s’établissent les cours auxquels les banques se réfèrent pour comptabiliser les ordres d’achat et de vente reçus des innombrables entités (entreprises, fonds de placement, administrations publiques, etc.) formant leur clientèle, cours auxquels se réfèrent également ces mêmes entités pour arrêter, comme les normes d’audit leur en font parfois l’obligation, la valeur de leurs positions nettes en monnaies étrangères.

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23/09/2013

Inflation: fuyons le zéro comme la peste !

L’inflation zéro fut jusqu’à tout récemment un dogme absolu pour les banques centrales. Et pour cause : à la suite du premier choc pétrolier, l’ancienne relation que l’on avait longtemps cru déterminante, la fameuse «courbe de Phillips» (le taux de chômage évoluant en sens inverse de la hausse des prix), ne fonctionnait plus, et les tentatives de relance de la demande ne faisaient que déboucher sur de la «stagflation», fâcheuse coexistence d’inflation et d’absence de croissance, génératrice de chômage.

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27/08/2013

La méthode Coué revisitée

Ce n’est pas tout à fait ça, mais cela y ressemble beaucoup. Testé d’abord aux Etats-Unis et importé depuis lors en Europe, le forward guidance, nouvel instrument des banques centrales, fonctionne un peu à la manière de la méthode Coué : il consiste à livrer à des marchés tout ouïe des indications précises sur l’orientation que prendra la politique monétaire dans un futur déterminé. L’autosuggestion consiste en ceci que l’évolution préannoncée amène les opérateurs à s’y conformer par anticipation, et par conséquent à rendre superflue toute démarche active de la part de l’autorité monétaire.

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07/01/2013

L’euro restera à 1.20 franc: quelle indépendance pour la BNS?

L’euro restera à 1.20 franc, ni plus haut (c’est peu probable) ni plus bas (c’est tout à fait exclu). Le directoire de la Banque nationale suisse l’a réaffirmé quelques jours avant Noël, dans un rappel désormais quasi mécanique de sa totale détermination, tant les objections formulées à l’encontre de sa politique actuelle, comme d’ailleurs les appels à un relèvement du taux plancher, ont été à réitérées reprises balayés comme non fondés, ou parfaitement inopportuns

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03/12/2012

Franc fort: une Suisse sous surveillance

Les rapports au Congrès du Département américain du Trésor ne regardent en principe qu’eux, mais les paragraphes consacrés aux politiques de change suivies dans certaines régions du monde sont lus avec une attention toute particulière en ces temps difficiles, où chaque pays exportateur soupçonne l’autre de manipuler sa monnaie. L’ordre alphabétique fait que la Chine, suivie du Japon et de la Corée, est la première à être soumise à la question. Mais une place en vue est également accordée depuis quelques années à la Suisse, pour la raison principale qu’elle est, soulignent cette fois-ci les scrutateurs du Trésor, le seul pays avancé à gérer le taux de change de sa monnaie (the only advanced economy to have a managed exchange rate).

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24/09/2012

Franc fort: tous coupables!

Il suffit parfois de gratter sous les chiffres pour débusquer des vérités déplaisantes. Deux économistes zurichois, l’un du KOF, l’autre de la BNS, ont ainsi mis en évidence d’inattendus responsables de nos misères monétaires. A les suivre en effet, ce ne sont pas seulement de vilains spéculateurs étrangers qui parient inopportunément sur la hausse du franc, mais également ceux, résidents helvétiques, qui habituellement plaçaient leur argent hors du pays et qui ne le font plus.

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