20/08/2013

Sauvetage d’UBS : que des gagnants ?

Tous comptes faits, le repêchage in extremis d’UBS en octobre 2008 n’aura rien coûté au contribuable, et laissera sans doute même apparaître (outre le gros milliard empoché par la Confédération moins d’une année plus tard sur la revente des 6 milliards qu’elle avait prêtés à la banque) un coquet bénéfice pour la Banque nationale suisse, qu’on peut évaluer à 3 ou 4 milliards, correspondant à la part qui lui reviendra sur l’actif net du «SNB Stabfund», le fameux fonds de défaisance qui réunissait les actifs toxiques encombrant le bilan d’UBS et que cette dernière a pu désormais racheter intégralement. Ouf.

Lire la suite

07:16 Publié dans Banques suisses, Dette, Finances publiques, gouvernance | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

16/04/2013

Suisse: après Charybde, bienvenue à Scylla

A peine dépouillée de son secret bancaire, voici que la Suisse risque de se trouver prochainement délestée d’un autre de ses avantages comparatifs, celui du traitement fiscal favorable qu’elle réservait jusqu’ici, sous diverses formes, aux entreprises étrangères. Ce qui menace de tomber, ce n’est pas seulement le statut d’exception que certains cantons accordent aux sociétés mixtes et autres sociétés de domicile, et dont l’abolition pourrait s’accompagner de ces moins-values par centaines de millions qui font trembler Genève.

C’est aussi, et tout bonnement, l’étiolement prévisible, à plus ou moins brève échéance, de l’intégralité de la manne fiscale représentée par l’impôt sur le revenu des entreprises multinationales.

Deux mécanismes sont ici à l’œuvre. Le premier, bien connu, est celui de la concurrence fiscale internationale. En une trentaine d’années, et alors même que son taux d’imposition combiné – Confédération et cantons – a été réduit d’un bon tiers, la Suisse est tombée de la première à la douzième place au classement, par ordre croissant, de la charge fiscale pesant sur le revenu des entreprises.

Lire la suite

12/03/2013

Faibles, incapables? Comme aux échecs, ils n'ont pas le choix

Il existe dans certains jeux de stratégie une situation particulière dans laquelle le joueur qui a le trait (c’est-à-dire celui auquel c’est le tour de jouer) est habilement amené par l’autre à devoir jouer un coup qui pourtant péjore sa position. Ce «coup forcé» – appelé Zugzwang aux échecs, et atari au Go – est un peu le lot des protagonistes de la crise actuelle.

 

Ainsi, contraints par leurs créanciers à agir de la sorte, les dirigeants des pays écrasés par le poids de leur dette ne peuvent faire autrement que soumettre leurs administrés à des cures d’austérité, sous forme de hausses d’impôts, de taxes et de coupes dans les subventions publiques, qui n’ont pourtant d’autre effet que d’aggraver encore un marasme économique lui-même responsable en grande partie de leur situation de surendettement.

Lire la suite

08:16 Publié dans Croissance, Dette, Finances publiques | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

12/02/2013

Cette belle théorie du pilotage anticyclique de la dépense publique n’a jamais vraiment fonctionné

Il y avait autrefois une règle simple. L’équilibre budgétaire vers lequel il fallait tendre pour maîtriser la dette publique était un équilibre de plein emploi. Savoir que recettes et dépenses ne devaient s’égaliser qu’une fois le potentiel productif entièrement utilisé. S’il y avait une marge de ressources inemployées, il était souhaitable et même nécessaire que l’Etat stimule l’activité par le truchement d’un déficit budgétaire. A l’inverse, toute situation de suremploi – de «surchauffe», disait-on en Suisse dans les années 60 – exigeait un freinage par le biais d’un excédent budgétaire. 

Lire la suite

08:11 Publié dans Croissance, Démocratie, Finances publiques | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

19/11/2012

France bombe à retardement? Allons enfants de la patrie...

 

Piquée au vif par une couverture de The Economist qui l’assimile à une «bombe à retardement au cœur de l’Europe», la France s’est dressée comme un seul homme, de sa gauche jusqu’à sa droite, pour écarter le reproche qui lui est fait de représenter, par sa réticence à s’engager dans de véritables réformes, le risque numéro un au sein de la zone euro.

 

 

Lire la suite

17:08 Publié dans Démocratie, Dette, Finances publiques | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

01/10/2012

Crise de l'euro: payons-nous la réunification de l'Allemagne?

Où et quand la crise a-t-elle réellement commencé: en Europe, avec la création de la zone euro, comme en sont convaincus (par respect tout à fait honorable pour la théorie monétaire dominante, mais aussi, ce qui l’est moins, par répugnance personnelle) les ennemis jurés de la monnaie unique ?

Ou bien des années auparavant, en Allemagne, comme vient de le suggérer Wolfgang Münchau, éminent columnist du Financial Times qui est aussi chroniqueur du Spiegel Online? Cet ancien correspondant du FT à Bruxelles est en effet persuadé que la réunification menée au pas de charge par l’ancien chancelier Helmut Kohl, et qui a coûté au bas mot deux billions d’euros, «n’est pas seulement l’une des causes profondes de la crise de l’euro, elle est aussi l’une des raisons de notre incapacité à résoudre la crise».

Lire la suite

10:05 Publié dans Finances publiques, Union européenne | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook | | |