16/06/2015

Obligations, le piège fatal

1000 francs.jpgContraintes par la loi ou amenées à s’y conformer par la force de l’habitude, les institutions collectives allouent une part importante voire prépondérante de leur fortune aux placements en valeurs à revenu fixe, et de préférence en obligations d’emprunts d’Etat. Les caisses de pensions suisses leur consacrent 35% de leurs avoirs ; les assureurs-vie, jusqu’à deux fois plus s’agissant de la fortune liée à leurs engagements, notamment vis-à-vis des premières nommées.

Bref, l’idée conventionnelle selon laquelle absence de risque rime avec créance sur débiteur souverain et si possible sur la Confédération continue de façonner le gros de la structure de nos systèmes de prévoyance.

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10:57 Publié dans Dette, Financement des retraites, gouvernance, Prévoyance | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

25/11/2014

Locataires, retraités: Quand le droit va de travers

Le Tribunal fédéral, interprétateur sourcilleux du droit du bail, vient de juger que les rendements prévus dans les plans financiers des habitations à loyers contrôlés par l’Etat devaient s’ajuster au – bas – niveau des taux hypothécaires actuels, donc en suivre la courbe fortement descendante. D’où, comme l’a relevé Christian Bernet la semaine dernière dans la Tribune de Genève, sous le titre La panique s'empare des constructeurs de logements, un certain émoi chez les promoteurs et les investisseurs institutionnels, telles les caisses de pensions, qui placent une bonne partie de leurs actifs dans l’immobilier et ne peuvent se contenter de rendements aussi faibles pour remplir leurs obligations de prévoyance.

Le TF aurait d’ailleurs pu remarquer qu’il y avait une certaine incohérence dans le fait de juger excessif un rendement net dépassant 2,5%, quand le taux d’intérêt minimum que les institutions de prévoyance sont tenues de verser sur les avoirs de vieillesse vient d’être fixé à un niveau à peine supérieur (1,75%) ; à ce taux-là, elles ne couvrent même plus leurs frais.

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09:20 Publié dans Capital, Démocratie, Dette, Financement des retraites, Immobilier | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

11/08/2014

Fort dépourvue quand la bise fut venue…

C’est, refrain connu, lorsqu’on en a le plus besoin que l’argent vient à manquer. Et Genève n’échappe pas à la règle : jamais les besoins d’investissement n’y ont été aussi élevés, et c’est au moment où l’on entreprend sérieusement de les satisfaire (CEVA, PAV, traversée de la rade, musées, logements sociaux…) que la dette publique atteint des sommets : près de 14 milliards entre canton et communes à fin 2012, soit quelque 31'000 francs par habitant. A part Bâle-Ville qui fait presque aussi «bien» (24'700 francs), aucun autre canton n’approche un pareil endettement.

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06:08 Publié dans Dette, Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

27/05/2014

La face cachée des déficits publics: il manque dix milliards

Du haut de son petit promontoire, une Suisse assez satisfaite d’elle-même (car peu touchée par la crise) contemple avec un brin de commisération ces 28 pays en train d’élire sans grande conviction les 766 députés d’un parlement dépourvu de réels pouvoirs, au contraire du nôtre dont les prérogatives ne s’arrêtent que là où s’interposent, à vrai dire de plus en plus fréquemment, les instruments de la démocratie directe.

Cette Suisse prospère, sans déficit ou presque, à la dette publique en baisse depuis une dizaine d’années quand celle des pays de l’Union européenne presque sans exception ne cesse d’augmenter, cette Suisse-là ferait cependant bien de considérer de plus près l’état effectif de son patrimoine.

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07:57 Publié dans Dette, Finances publiques, gouvernance, suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

08/04/2014

Ponts, musées, patinoire: où trouver ces millions qui nous manquent

Coïncidence : la semaine même où ce journal relevait (TG du 22 mars) à quels lourds investissements Genève allait devoir faire face ces prochaines années dans le seul domaine de la culture (MAH, Nouvelle Comédie, Grand Théâtre, etc.), l’hebdomadaire britannique The Economist rendait publique une étude du cabinet de conseil McKinsey selon laquelle les besoins annuels mondiaux en infrastructures dépasseraient d’un bon trillion (mille milliards) de dollars les sommes dépensées actuellement à cette fin sur la planète, équivalentes à 2,7 trillions, soit quelque 4% du PIB mondial.

Les bâtiments culturels n’ont certes rien à voir avec les ponts et les chemins de fer, mais ils partagent avec eux leur caractère d’équipements publics aussi nécessaires que coûteux, mais trop souvent, pour cette dernière raison précisément, renvoyés à des jours meilleurs faute de place dans les budgets courants.

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08:56 Publié dans Dette, Finances publiques, gouvernance, suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

22/10/2013

La dette des Etats-Unis n’est pas une dette comme les autres

Pour gigantesque qu’elle semble et est effectivement devenue, la dette publique des Etats-Unis n’est pas tout à fait une dette comme les autres. D’abord, son trait caractéristique est d’être détenue pour moitié par des créanciers externes.

C’est également vrai de la dette d’autres pays, mais les créanciers, moins officiels que privés, de ces derniers en détiennent pour des raisons tout différentes : les banques centrales de Chine et du Japon ont accumulé en quantité des bons du Trésor américain parce qu’elles y voyaient et continuent pour l’instant d’y voir une manière commode et sûre de placer leurs considérables réserves de change, tandis que les banquiers allemands et les assureurs français détiennent de la dette publique portugaise parce que celle-ci offre un rendement intéressant en échange certes d’un risque élevé – mais qui ne risque rien n’a rien.

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07:32 Publié dans Dette, Dollar, Etats-Unis | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | | |

20/08/2013

Sauvetage d’UBS : que des gagnants ?

Tous comptes faits, le repêchage in extremis d’UBS en octobre 2008 n’aura rien coûté au contribuable, et laissera sans doute même apparaître (outre le gros milliard empoché par la Confédération moins d’une année plus tard sur la revente des 6 milliards qu’elle avait prêtés à la banque) un coquet bénéfice pour la Banque nationale suisse, qu’on peut évaluer à 3 ou 4 milliards, correspondant à la part qui lui reviendra sur l’actif net du «SNB Stabfund», le fameux fonds de défaisance qui réunissait les actifs toxiques encombrant le bilan d’UBS et que cette dernière a pu désormais racheter intégralement. Ouf.

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07:16 Publié dans Banques suisses, Dette, Finances publiques, gouvernance | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

30/07/2013

Ce que dit la décote du groupe Raiffeisen

La décision de Moody’s d’abaisser légèrement la note par ailleurs excellente du groupe Raiffeisen suscite quelques remous. La banque souligne évidemment les points positifs relevés par l’agence de notation, et rappelle qu’elle se situe toujours dans le haut du panier. Il n’empêche que sa forte exposition au marché immobilier (puisqu’elle est essentiellement une bailleuse de prêts hypothécaires) relance le débat sur l’existence, effective ou supposée, d’une bulle dans ce secteur.

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06:18 Publié dans Banques, Dette, Immobilier | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

25/06/2013

Des taux à 3% mettraient un nouveau propriétaire sur sept en difficulté

La brutale chute des cours boursiers intervenue la semaine dernière nous donne un avant-goût de la sauce à laquelle nous serons mangés lorsque les taux d’intérêt, ramenés à zéro ou presque par les banques centrales, retrouveront leurs niveaux normaux, soit, pour les taux hypothécaires appliqués aux débiteurs suisses, quelque part entre les 4 et 5% qui ont prévalu entre le milieu des années 60 et le début des années 2000 (avec même, on s’en souvient, une pointe à 7% au début des années 90).

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09:03 Publié dans Banques centrales, Dette, Immobilier | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | |

11/06/2013

Genève pourrait s'endetter davantage

Assiégée par l’Union européenne qui lui reproche diverses pratiques fiscales telles que l’imposition à forfait en vigueur dans certains cantons ou le traitement préférentiel des sociétés auxiliaires qui y sont installées en masse (à Genève en particulier), la Suisse pourrait bien se trouver, à plus ou moins brève échéance, obligée de réviser de fond en comble ses multiples modèles d’imposition du revenu des personnes physiques et morales. La lutte sera chaude, les menaces de délocalisation plus précises et les référendums nombreux, de sorte que, à la longue, c’est vers une réduction généralisée de la charge fiscale que l’on devrait s’acheminer, au grand dam des uns et au bonheur des autres.

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08:31 Publié dans Dette, Genève, Taux d'intérêt | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

12/03/2013

Faibles, incapables? Comme aux échecs, ils n'ont pas le choix

Il existe dans certains jeux de stratégie une situation particulière dans laquelle le joueur qui a le trait (c’est-à-dire celui auquel c’est le tour de jouer) est habilement amené par l’autre à devoir jouer un coup qui pourtant péjore sa position. Ce «coup forcé» – appelé Zugzwang aux échecs, et atari au Go – est un peu le lot des protagonistes de la crise actuelle.

 

Ainsi, contraints par leurs créanciers à agir de la sorte, les dirigeants des pays écrasés par le poids de leur dette ne peuvent faire autrement que soumettre leurs administrés à des cures d’austérité, sous forme de hausses d’impôts, de taxes et de coupes dans les subventions publiques, qui n’ont pourtant d’autre effet que d’aggraver encore un marasme économique lui-même responsable en grande partie de leur situation de surendettement.

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08:16 Publié dans Croissance, Dette, Finances publiques | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

19/11/2012

France bombe à retardement? Allons enfants de la patrie...

 

Piquée au vif par une couverture de The Economist qui l’assimile à une «bombe à retardement au cœur de l’Europe», la France s’est dressée comme un seul homme, de sa gauche jusqu’à sa droite, pour écarter le reproche qui lui est fait de représenter, par sa réticence à s’engager dans de véritables réformes, le risque numéro un au sein de la zone euro.

 

 

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17:08 Publié dans Démocratie, Dette, Finances publiques | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

12/11/2012

La bulle immobilière lémanique: avons-nous la mémoire courte?

Rarement bulle immobilière aura été aussi attentivement suivie, pour néanmoins être aussitôt jugée peu probable, que celle que le «Swiss Real Estate Bubble Index» calculé par UBS tente de détecter. Il n’est pas étonnant dans ces conditions que le franchissement par cet indice d’un début de cote d’alarme au 3e trimestre 2012 ait rencontré tant d’échos dans les médias.

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15:31 Publié dans Croissance, Dette, Genève | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

25/06/2012

Union bancaire: vices et vertus

Sur le front européen, les lignes bougent. Imperceptiblement, mais elles bougent. L'idée de mutualiser sinon les dettes du moins les crédits destinés à les financer avance, sous la pression des partenaires de l'Allemagne qui résiste, mais plus mollement.

Il se peut aussi que le dernier examen annuel de la zone euro par le FMI ait joué un rôle. Le Fonds y appelle en effet à la réalisation rapide d'une «union bancaire» et à un financement direct des banques étranglées, en échange d'une surveillance commune. Ce sont là, quoi qu'on en pense, des progrès importants.

Reste, justement, ce «Knacknuss», ce casse-tête mi-politique, mi-constitutionnel allemand qui fait encore obstacle à la percée décisive. Le gouvernement de Mme Merkel continue à exiger avant toute concession en matière financière des efforts supplémentaires de la part des pays appelant au secours.

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21/05/2012

Les clics de souris des Grecs apeurés

Il y a milliards et milliards. Ceux qui s'évaporent d'un clic de souris par la faute d'un trader londonien ou suite aux paris perdus de JPMorgan Chase. Puis il y a ceux que les Grecs apeurés par la crise retirent précipitamment de leurs comptes. Et il y a, enfin, les milliards bien moins nombreux qu'engloutit le percement du Gothard ou, plus localement encore, que coûtera au final la mise en chantier tant attendue du CEVA. Ces petits milliards-là nous parlent davantage, car ils sont concrets. Ils représentent la rémunération des années d'effort consenties par des armées de travailleurs.

Alors, qu'y a-t-il de commun entre les dizaines de milliards gagnés puis perdus par les banques, les centaines de milliards dus par la Grèce, et les un ou quelques milliards des chantiers du siècle ?

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14/05/2012

Jusqu'où la Lex Germanica ?

Une fois encore à deux doigts de la faillite, la Grèce devrait néanmoins bénéficier d'un ultime répit, le temps de trouver, d'ici à de nouvelles élections désormais inévitables, le moyen de résoudre ce qui ressemble fort à une quadrature du cercle. Comment en effet échapper à un cran supplémentaire d'austérité, aux conséquences sociales dévastatrices, sans du même coup abandonner l'euro, ce que refuse une grande majorité de la population?

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13/02/2012

Holà ! A quoi jouent nos banques,

Holà ! A quoi jouent nos banques, y compris les grandes ou du moins l'une d'elles ? A la manière des opérateurs de téléphonie proposant des smartphones à 1 fr., les voilà qui lancent à grands renforts de publicité des hypothèques à 1% ! Ces prix d'appel, aussi séduisants les uns que les autres, n'entraînent évidemment pas les mêmes engagements pour le futur. Il n'est pas question dans ces offres-là de forfaits de communication en réalité prohibitifs pour les petits budgets, mais de combinaisons de dettes bâties sur le Libor (taux auquel un échantillon de banques présentes sur la place londonienne se prêtent mutuellement leurs excédents de trésorerie), en ce moment proche de zéro certes, mais destiné à remonter tôt ou tard, lorsque les banques centrales, qui ont inondé le marché monétaire de liquidités aux fins que l'on sait, s'emploieront à en reprendre la maîtrise.

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25/01/2012

Jeux dangereux sur fond de dette

En l'état actuel des choses - ces choses étant un temps précieux perdu en palabres, des déficits inextinguibles par les circonstances présentes, et les taux d'enfer que dicte le marché - la Grèce n'est plus malgré les sacrifices qu'elle impose à sa population en mesure de contenir une dette qui frôle à présent les 180% de son produit intérieur brut. Pour rappel, cette dette se chiffrait à 120% du PIB au moment où la crise a éclaté (fin 2009), pour passer à 140% au début de l'an dernier.

La seule façon désormais d'atteindre l'objectif défini par le FMI, chef d'orchestre de l'aide internationale, qui est de ramener le déficit public du pays à 120% de son PIB d'ici 2020, consiste à forcer les porteurs privés d'obligations grecques à accepter une décote de leurs créances d'au moins 60-70%, par conversion de celles-ci en nouvelles obligations à 25 ou 30 ans d'échéance, munies d'un coupon moyen de 3 à 4%, variable selon leur maturité. En échange de ce sacrifice privé, les créanciers publics de la Grèce (FMI, BCE, UE) accepteraient de débloquer leur seconde tranche d'aide, de 130 milliards d'euros à bas taux d'intérêt, décidée en juillet dernier.

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16/01/2012

La «double faute» de l'Eurozone

Dans la critique - véritable sport national pour économistes anglais et saxons - de la construction monétaire européenne, un point d'achoppement qui ne cesse de faire débat a trait à la signification, vivement débattue, qu'il convient d'attribuer aux dettes et créances qui s'accumulent dans TARGET2 (acronyme de Trans-European Automated Real-time Gross Settlement Express Transfer System), la plateforme de règlement en temps réel des soldes entre banques nationales membres du système européen de banques centrales.

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19/12/2011

Dette: comment jouer à se faire peur

Jouer, vraiment ? Voyez plutôt ce cercle presque parfait: des banques européennes s'apprêtent à faire appel à l'aide publique, pour la raison que les tests de résistance organisés par l'Etat ont montré que les créances qu'elles détenaient sur lui (ce qu'on appelle les «obligations souveraines) avaient perdu tellement de valeur qu'elles n'étaient plus, du coup, suffisamment capitalisées.

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