Démocratie - Page 3

  • Fin de partie à Athènes ? Voire…

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    Lorsqu’un gouvernement en délicatesse avec ses créanciers se met à racler les fonds de tiroirs de ses institutions publiques, hautes écoles et hôpitaux compris, c’est que la fin des haricots est proche. Dans le cas de la Grèce, l’affaire se complique du fait de son appartenance à la zone euro, car un «Grexit», comme on dit, n’est pas prévu dans les traités, et aucune des parties prenantes, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international et Union européenne, n’a intérêt à ce que le pays tourne le dos à la monnaie unique. La première, parce qu’elle y perdrait son capital et l’essentiel de sa crédibilité, le second, parce que cela démontrerait la vanité de ses programmes d’ajustement structurel, et la troisième parce qu’aucun de ses membres, Allemagne en tête, n’a envie de porter le chapeau d’un pareil échec. Ne reste donc, côté créditeurs, que l’instrument de la pression politique et psychique, et côté débiteur, le recours aux faux-semblants et aux non-dits, parties de Poker menteur dans lequel les Grecs sont passés maîtres.

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  • L'Ukraine dans une ou deux générations...

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    Dans les médias de l’ouest et du sud de l’Europe continentale, ceux d’Allemagne exceptés, on ne s’était guère intéressé jusqu’ici à ce qui se passe à l’Est, comme si le Mur et le rideau de fer, pourtant tombés depuis un quart de siècle, avaient tracé une marque indélébile dans les esprits. Pologne, Lituanie, Lettonie, Estonie, Slovaquie, c’est bien l’Union européenne, et pour les quatre dernières, c’est même la zone euro. Mais l’Europe centrale et a fortiori orientale, c’est si loin ! Alors l’Ukraine, vous pensez.

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  • Faute vénielle ou péché mortel ?

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    En 1974, une année après que la BNS se soit résignée à abandonner le cours fixe du franc face – alors – au dollar, le président de son directoire, Fritz Leutwiler, confiait à son collaborateur Kurt Schiltknecht : «Je n’ai aucune idée sur la façon de mener la politique monétaire sous un régime de changes flottants». Et d’ajouter que la seule question dont il se soit constamment préoccupé était de savoir «comment empêcher que trop d’argent n’arrive en Suisse».

    Son successeur actuel à la tête de la Banque nationale a dû se poser la même question, sauf que, il y a quarante ans, les soucis portaient sur les tensions inflationnistes (les prix à la consommation augmentaient de plus de 10% l’an), tandis que ceux d’aujourd’hui porteraient plutôt sur les risques de déflation. La BNS avait d’ailleurs, en 2011, fait de ceux-ci le principal argument en faveur de l’instauration d’un cours plancher.

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  • 38 milliards de francs, et moi et moi et moi

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    Grâce au cours plancher qui fait baisser le franc en même temps que l’euro face aux actifs libellés en d’autres monnaies, la Banque nationale suisse a bouclé l’année écoulée par un bénéfice comptable de l’ordre de 38 milliards. Comme de bien entendu, on attend d’elle qu’elle reprenne et au-delà ses distributions à la Confédération et aux cantons, ainsi que le versement de son dividende, plafonné par la loi à 6% de son capital, à ses actionnaires que sont les cantons, diverses collectivités et institutions de droit public, et 2’219 actionnaires privés enregistrés au 31 décembre 2013 (un résident de Düsseldorf, qui en accumule régulièrement, possédait à cette date 6'250 actions de la BNS, soit 6,25% du total ; mais conformément aux dispositions légales, son droit de vote est limité à 100 actions).

    L’action BNS, cotée en bourse, a clôturé vendredi sur un cours de 1’070 francs, offrant ainsi un rendement de 1,4%, ce qui n’est pas terrible, mais toujours mieux que celui des obligations de la Confédération.

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  • Il n'y a pas de déjeuner gratuit

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    La faiblesse persistante de l’euro joue de vilains tours à la BNS, dont le bilan ne cesse d’enfler. Il n’y a, en soi, aucune limite à la création de monnaie par l’Institut d’émission tout occupé qu’il est à défendre le cours plancher de 1.20 franc pour 1 euro, à l’inverse de ce qui se passerait s’il lui fallait au contraire – hypothèse qui ne s’est jamais rencontrée – lutter contre une dépréciation du taux de change du franc en en détruisant à la pelle.

    Il n’y a aucun obstacle ni théorique, ni légal, à cette accumulation potentiellement illimitée de réserves de devises et à l’émission de monnaie qui s’ensuit, mais les ordres de grandeur atteints, et leurs possibles effets secondaires, commencent à faire réfléchir, et même à agir.

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  • La France bien bas (l’Italie aussi)

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    On s’occupe beaucoup de la France ces temps-ci, nouvel «homme malade de l’Europe». Après la Grèce, l’Irlande, l’Espagne, le Portugal, Chypre et d’autres, elle passe à son tour, avec l’Italie qui se porte tout aussi mal sinon pis, pour le maillon faible de l’euro, et pas des moindres, puisqu’elle pèse à peu près le cinquième de la zone. La croissance y est faible voire nulle, le chômage persistant à un niveau élevé, les comptes publics de plus en plus déficitaires. Tout cela tranche avec les promesses électorales, et contrevient surtout aux règles communautaires, qui font du pays un cas non point unique mais certainement pendable.

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  • Locataires, retraités: Quand le droit va de travers

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    Le Tribunal fédéral, interprétateur sourcilleux du droit du bail, vient de juger que les rendements prévus dans les plans financiers des habitations à loyers contrôlés par l’Etat devaient s’ajuster au – bas – niveau des taux hypothécaires actuels, donc en suivre la courbe fortement descendante. D’où, comme l’a relevé Christian Bernet la semaine dernière dans la Tribune de Genève, sous le titre La panique s'empare des constructeurs de logements, un certain émoi chez les promoteurs et les investisseurs institutionnels, telles les caisses de pensions, qui placent une bonne partie de leurs actifs dans l’immobilier et ne peuvent se contenter de rendements aussi faibles pour remplir leurs obligations de prévoyance.

    Le TF aurait d’ailleurs pu remarquer qu’il y avait une certaine incohérence dans le fait de juger excessif un rendement net dépassant 2,5%, quand le taux d’intérêt minimum que les institutions de prévoyance sont tenues de verser sur les avoirs de vieillesse vient d’être fixé à un niveau à peine supérieur (1,75%) ; à ce taux-là, elles ne couvrent même plus leurs frais.

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  • Le côté obscur de la finance

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    Après la crise de 2008, on pouvait penser que les banques, déconfites et honteuses, feraient profil bas et encaisseraient sans broncher les sanctions accompagnant leur sauvetage. Hé bien non ! Comme vient de le montrer une enquête menée conjointement par la CFTC américaine, la FCA britannique et la FINMA depuis 2010, quatre ou cinq grandes banques dont UBS, qui se partagent à elles seules la moitié d’un marché mondial des devises estimé à 5,3 billions de dollars de chiffre d’affaires quotidien (mars 2013), se sont laissées aller à manipuler les cours de référence de quelques unes des principales monnaies qui y sont négociées.

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  • Or de la BNS: des initiants pas bien malins

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    A moins d’une grande surprise, l’initiative «Sauvez l’or de la Suisse» devrait être repoussée le 30 novembre prochain. Cela dit, ses auteurs n’ont pas été très malins. Leur souci de préserver l’or de la Banque nationale suisse aurait presque à coup sûr rallié une majorité s’ils s’étaient contentés de proposer que le stock actuel devienne intangible.
     
    Cela n’aurait pas beaucoup limité l’autonomie de la BNS (puisque celle-ci ne touche plus à son or depuis belle lurette), cela aurait rassuré tous ceux des Suisses qui croient dur comme fer à l’utilité stratégique et monétaire d’une réserve de métal jaune, et cela aurait suffi à convaincre l’étranger que le franc demeure une monnaie sur laquelle l’Institut d’émission garde la maîtrise.

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  • Ce qu'il faut à la France... C’est un Nobel qui le dit…

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    L’attribution du prix Nobel d’économie à un illustre inconnu du landernau médiatico-politique hexagonal (mais connu bien sûr de ses pairs), c’est un peu le bâton dans la fourmilière. On se félicite bien entendu de cette distinction revenant pour la deuxième fois seulement à un économiste français exerçant dans son pays, mais on s’écharpe à gauche de la gauche comme à droite de la droite sur l’orientation politique supposément être celle d’un chercheur fort justement récompensé, qui n’en peut mais de cette manie des étiquettes.

    Oui, à la rigueur, Jean Tirole comme son compère Olivier Blanchard aujourd’hui économiste en chef du FMI peut être classé «plutôt de gauche», mais ses propositions, quand on lui demande d’en formuler, n’ont ni couleur ni odeur. Elles sont simplement économiquement sensées, avec désormais cette force que leur donne le fait d’émaner d’un lauréat du Nobel.

    En résumé il faut à la France, rappelle Tirole, 1° une réforme du marché du travail, soit la fin de la dichotomie entre CDI et CDD et un assouplissement des conditions de licenciement, 2° une réforme des retraites (lire: un éloignement de l’âge de la retraite), 3° une réforme de l’Etat, qui devienne «plus léger» mais «plus efficace» y compris sur le plan social, et 4° une réforme de la réglementation qui corsète notamment tant de professions dites libérales et de métiers des services.

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  • Genève et la Suisse, un drôle de mariage

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    Qu’est-ce que Genève, à l’époque, pouvait attendre de son entrée dans la Confédération ? Difficile à dire. Sur le plan politique, comme l’écrivait David Hiler en 1992 dans un ouvrage publié par la Bourse de Genève à l’occasion du 700e anniversaire de la Confédération («Genève et la Suisse, un mariage d’amour et de raison»), la volonté généralement partagée était «non de devenir suisse – il n’est pas question de cela – mais d’appartenir à cette alliance d’Etats indépendants qu’est la Confédération, et de retrouver sa propre indépendance». Irène Hermann confirmera un peu plus tard la nature diversement appréciée de ce mariage en émettant quelques réserves sur l’unanimité confédérale genevoise de 1814. «J’aime bien l’autorité fédérale surtout quand elle n’en a pas», ira-t-on jusqu’à lire dans La Trique, une brochure éditée en 1872.

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  • Un avenir pour l’Ukraine

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    Que souhaiter de mieux aux Ukrainiens que d’accéder un jour à ce bien-être dont ils rêvent tous – peut-être un peu plus ceux de l’ouest, agricole, ou du centre, que ceux qui peuplent la partie orientale du pays, minière et industrialisée, aux structures il est vrai empesées car encore profondément marquées par les lourdeurs de l’ère soviétique ?

    C’est précisément pour cela que, désespérant de se rapprocher d’une Europe qu’on leur a soudainement retirée après la leur avoir promise, ils s’étaient mis à dresser des barricades et avaient tenu la rue des semaines durant face à un pouvoir inepte et corrompu jusqu’à la moelle.

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  • Suisse-UE: la resquille, c’est fini !

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    L’acceptation à une infime majorité (0,67 % des votants) de l’initiative "Contre l’immigration de masse" n’en finit pas d’être analysée, et pour cause. On y aura vu, très généralement, l’expression d’une sourde hostilité ou du moins d’une certaine méfiance de l’opinion helvétique, toutes catégories sociales confondues, à l’égard d’une construction européenne ressentie comme bureaucratique et attentatoire à une indépendance dont les Suisses sont si jaloux.

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  • Ces remèdes pires que le mal

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    Le contingentement de l’offre de travail dans lequel tant de Suisses voient leur salut est un exemple typique de ces remèdes qui sont pires que le mal. Ce que l’on entend protéger, l’emploi indigène, dépend au contraire, de manière «contre-intuitive» comme on dit aujourd’hui, d’une libre circulation des personnes et des capitaux, car c’est cette liberté de mouvement qui débride la croissance, seule créatrice d’emplois.

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  • Il y a quinze ans, l’euro

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    Le 1er janvier 1999, après des décennies de tentatives de rapprochement plus ou moins réussies entre monnaies nationales, naissait enfin l’euro. Scriptural d’abord, mis trois ans plus tard en circulation sous forme d’espèces sonnantes et trébuchantes dans une douzaine de pays, il est à ce jour la monnaie commune des dix-huit membres actuels de l’Union économique européenne (UEM), sous-ensemble de l’Union européenne fragilisé par la crise de la dette d’où, par raccourci de langage, l’expression abusive de «crise de l’euro».

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  • Comparaison n’est pas toujours raison

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    L’Allemagne d’Angela Merkel souffre-t-elle, comme cela a été affirmé à réitérées reprises pendant la campagne électorale, d’un gros retard dans ses infrastructures ? Pour savoir ce qu’il en est au juste, un détour s’impose par la comptabilité nationale telle que l’OCDE, notamment, l’établit pour l’ensemble de ses membres. Or que disent les chiffres ? Eh bien oui, si l’Allemagne n’est pas trop mal lotie en matière de formation brute de capital fixe (les investissements, dans la terminologie statistique) quand on la compare à certaines des économies occidentales, elle demeure assez loin derrière d’autres, et notamment assez loin de la Suisse.

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  • La jeune femme voilée du tram 12

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    On parle peu de Genève dans les journaux alémaniques, presque aussi rarement que les nôtres s’intéressent à Glaris ou à la Thurgovie. Pour que la «Rhonestadt» accède aux colonnes de la presse d’outre-Sarine, il a fallu dernièrement que l’infante d’Espagne décide de s’installer ici, ou qu’il s’y soit produit quelque nouvelle «Genferei». A moins encore qu’il ne se soit agi des imbroglios financiers auxquels la fille d’un président d’Asie centrale domiciliée sur un coteau genevois se trouverait soi-disant mêlée.

    Cette indifférence à l’endroit de ce qui se passe dans la seconde ville du pays, hormis le fait, dûment cartographié dans la NZZ du 26 juillet, que cette ville est le chef-lieu du canton le plus peuplé de pickpockets, aboutit à une profonde méconnaissance des réalités les plus élémentaires qui font pourtant de Genève la dénomination helvétique la plus connue au monde.

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  • Leçons d’histoire de l'ex-DDR bonnes à prendre

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    Il y a 60 ans jour pour jour, les chars soviétiques réprimaient dans le sang la première révolte populaire du bloc socialiste, faisant une cinquantaine de morts dans les rues de Berlin-Est.

    Trois ans plus tard, un 28 juin, les ouvriers des usines Cegielski de Poznań se mettaient en grève et descendaient dans la rue aux cris de “zadamy chleba !” (nous réclamons du pain). Le soulèvement sera lui aussi écrasé par les chars, préfiguration du sort qui sera réservé en novembre de la même année aux insurgés de Budapest. Puis se succéderont en une tragique litanie la brutale interruption du Printemps de Prague (août 1968), les émeutes de la Baltique (Gdynia, décembre 1970), l’état de guerre (décembre 1981), l’enfermement des militants du KOR et l’interdiction du syndicat Solidarność. Tant de centaines de vies compromises pour parvenir finalement, moins d’une décennie plus tard, à la chute du Mur, à l’effondrement de l’URSS et à la réunification de l’Allemagne.

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  • Cette belle théorie du pilotage anticyclique de la dépense publique n’a jamais vraiment fonctionné

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    Il y avait autrefois une règle simple. L’équilibre budgétaire vers lequel il fallait tendre pour maîtriser la dette publique était un équilibre de plein emploi. Savoir que recettes et dépenses ne devaient s’égaliser qu’une fois le potentiel productif entièrement utilisé. S’il y avait une marge de ressources inemployées, il était souhaitable et même nécessaire que l’Etat stimule l’activité par le truchement d’un déficit budgétaire. A l’inverse, toute situation de suremploi – de «surchauffe», disait-on en Suisse dans les années 60 – exigeait un freinage par le biais d’un excédent budgétaire. 

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  • France bombe à retardement? Allons enfants de la patrie...

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    Piquée au vif par une couverture de The Economist qui l’assimile à une «bombe à retardement au cœur de l’Europe», la France s’est dressée comme un seul homme, de sa gauche jusqu’à sa droite, pour écarter le reproche qui lui est fait de représenter, par sa réticence à s’engager dans de véritables réformes, le risque numéro un au sein de la zone euro.

     

     

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