21/10/2014

Ce qu'il faut à la France... C’est un Nobel qui le dit…

L’attribution du prix Nobel d’économie à un illustre inconnu du landernau médiatico-politique hexagonal (mais connu bien sûr de ses pairs), c’est un peu le bâton dans la fourmilière. On se félicite bien entendu de cette distinction revenant pour la deuxième fois seulement à un économiste français exerçant dans son pays, mais on s’écharpe à gauche de la gauche comme à droite de la droite sur l’orientation politique supposément être celle d’un chercheur fort justement récompensé, qui n’en peut mais de cette manie des étiquettes.

Oui, à la rigueur, Jean Tirole comme son compère Olivier Blanchard aujourd’hui économiste en chef du FMI peut être classé «plutôt de gauche», mais ses propositions, quand on lui demande d’en formuler, n’ont ni couleur ni odeur. Elles sont simplement économiquement sensées, avec désormais cette force que leur donne le fait d’émaner d’un lauréat du Nobel.

En résumé il faut à la France, rappelle Tirole, 1° une réforme du marché du travail, soit la fin de la dichotomie entre CDI et CDD et un assouplissement des conditions de licenciement, 2° une réforme des retraites (lire: un éloignement de l’âge de la retraite), 3° une réforme de l’Etat, qui devienne «plus léger» mais «plus efficace» y compris sur le plan social, et 4° une réforme de la réglementation qui corsète notamment tant de professions dites libérales et de métiers des services.

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03/06/2014

Genève et la Suisse, un drôle de mariage

Qu’est-ce que Genève, à l’époque, pouvait attendre de son entrée dans la Confédération ? Difficile à dire. Sur le plan politique, comme l’écrivait David Hiler en 1992 dans un ouvrage publié par la Bourse de Genève à l’occasion du 700e anniversaire de la Confédération («Genève et la Suisse, un mariage d’amour et de raison»), la volonté généralement partagée était «non de devenir suisse – il n’est pas question de cela – mais d’appartenir à cette alliance d’Etats indépendants qu’est la Confédération, et de retrouver sa propre indépendance». Irène Hermann confirmera un peu plus tard la nature diversement appréciée de ce mariage en émettant quelques réserves sur l’unanimité confédérale genevoise de 1814. «J’aime bien l’autorité fédérale surtout quand elle n’en a pas», ira-t-on jusqu’à lire dans La Trique, une brochure éditée en 1872.

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07:57 Publié dans Air du temps, Démocratie, Genève, suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

04/03/2014

Un avenir pour l’Ukraine

Que souhaiter de mieux aux Ukrainiens que d’accéder un jour à ce bien-être dont ils rêvent tous – peut-être un peu plus ceux de l’ouest, agricole, ou du centre, que ceux qui peuplent la partie orientale du pays, minière et industrialisée, aux structures il est vrai empesées car encore profondément marquées par les lourdeurs de l’ère soviétique ?

C’est précisément pour cela que, désespérant de se rapprocher d’une Europe qu’on leur a soudainement retirée après la leur avoir promise, ils s’étaient mis à dresser des barricades et avaient tenu la rue des semaines durant face à un pouvoir inepte et corrompu jusqu’à la moelle.

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07:50 Publié dans Démocratie, Europe, Russie | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | |

18/02/2014

Suisse-UE: la resquille, c’est fini !

L’acceptation à une infime majorité (0,67 % des votants) de l’initiative "Contre l’immigration de masse" n’en finit pas d’être analysée, et pour cause. On y aura vu, très généralement, l’expression d’une sourde hostilité ou du moins d’une certaine méfiance de l’opinion helvétique, toutes catégories sociales confondues, à l’égard d’une construction européenne ressentie comme bureaucratique et attentatoire à une indépendance dont les Suisses sont si jaloux.

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07:39 Publié dans Concurrence, Croissance, Démocratie, Europe, Futur, suisse | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook | | |

11/02/2014

Ces remèdes pires que le mal

Le contingentement de l’offre de travail dans lequel tant de Suisses voient leur salut est un exemple typique de ces remèdes qui sont pires que le mal. Ce que l’on entend protéger, l’emploi indigène, dépend au contraire, de manière «contre-intuitive» comme on dit aujourd’hui, d’une libre circulation des personnes et des capitaux, car c’est cette liberté de mouvement qui débride la croissance, seule créatrice d’emplois.

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14:09 Publié dans Air du temps, Chômage, Concurrence, Croissance, Démocratie, Humeur, suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

07/01/2014

Il y a quinze ans, l’euro

Le 1er janvier 1999, après des décennies de tentatives de rapprochement plus ou moins réussies entre monnaies nationales, naissait enfin l’euro. Scriptural d’abord, mis trois ans plus tard en circulation sous forme d’espèces sonnantes et trébuchantes dans une douzaine de pays, il est à ce jour la monnaie commune des dix-huit membres actuels de l’Union économique européenne (UEM), sous-ensemble de l’Union européenne fragilisé par la crise de la dette d’où, par raccourci de langage, l’expression abusive de «crise de l’euro».

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01/10/2013

Comparaison n’est pas toujours raison

L’Allemagne d’Angela Merkel souffre-t-elle, comme cela a été affirmé à réitérées reprises pendant la campagne électorale, d’un gros retard dans ses infrastructures ? Pour savoir ce qu’il en est au juste, un détour s’impose par la comptabilité nationale telle que l’OCDE, notamment, l’établit pour l’ensemble de ses membres. Or que disent les chiffres ? Eh bien oui, si l’Allemagne n’est pas trop mal lotie en matière de formation brute de capital fixe (les investissements, dans la terminologie statistique) quand on la compare à certaines des économies occidentales, elle demeure assez loin derrière d’autres, et notamment assez loin de la Suisse.

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08:45 Publié dans Démocratie, Europe, gouvernance | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

06/08/2013

La jeune femme voilée du tram 12

On parle peu de Genève dans les journaux alémaniques, presque aussi rarement que les nôtres s’intéressent à Glaris ou à la Thurgovie. Pour que la «Rhonestadt» accède aux colonnes de la presse d’outre-Sarine, il a fallu dernièrement que l’infante d’Espagne décide de s’installer ici, ou qu’il s’y soit produit quelque nouvelle «Genferei». A moins encore qu’il ne se soit agi des imbroglios financiers auxquels la fille d’un président d’Asie centrale domiciliée sur un coteau genevois se trouverait soi-disant mêlée.

Cette indifférence à l’endroit de ce qui se passe dans la seconde ville du pays, hormis le fait, dûment cartographié dans la NZZ du 26 juillet, que cette ville est le chef-lieu du canton le plus peuplé de pickpockets, aboutit à une profonde méconnaissance des réalités les plus élémentaires qui font pourtant de Genève la dénomination helvétique la plus connue au monde.

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09:47 Publié dans Air du temps, Démocratie, Genève | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | |

18/06/2013

Leçons d’histoire de l'ex-DDR bonnes à prendre

Il y a 60 ans jour pour jour, les chars soviétiques réprimaient dans le sang la première révolte populaire du bloc socialiste, faisant une cinquantaine de morts dans les rues de Berlin-Est.

Trois ans plus tard, un 28 juin, les ouvriers des usines Cegielski de Poznań se mettaient en grève et descendaient dans la rue aux cris de “zadamy chleba !” (nous réclamons du pain). Le soulèvement sera lui aussi écrasé par les chars, préfiguration du sort qui sera réservé en novembre de la même année aux insurgés de Budapest. Puis se succéderont en une tragique litanie la brutale interruption du Printemps de Prague (août 1968), les émeutes de la Baltique (Gdynia, décembre 1970), l’état de guerre (décembre 1981), l’enfermement des militants du KOR et l’interdiction du syndicat Solidarność. Tant de centaines de vies compromises pour parvenir finalement, moins d’une décennie plus tard, à la chute du Mur, à l’effondrement de l’URSS et à la réunification de l’Allemagne.

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11:40 Publié dans Chômage, Croissance, Démocratie, Europe, Union européenne | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | | |

12/02/2013

Cette belle théorie du pilotage anticyclique de la dépense publique n’a jamais vraiment fonctionné

Il y avait autrefois une règle simple. L’équilibre budgétaire vers lequel il fallait tendre pour maîtriser la dette publique était un équilibre de plein emploi. Savoir que recettes et dépenses ne devaient s’égaliser qu’une fois le potentiel productif entièrement utilisé. S’il y avait une marge de ressources inemployées, il était souhaitable et même nécessaire que l’Etat stimule l’activité par le truchement d’un déficit budgétaire. A l’inverse, toute situation de suremploi – de «surchauffe», disait-on en Suisse dans les années 60 – exigeait un freinage par le biais d’un excédent budgétaire. 

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08:11 Publié dans Croissance, Démocratie, Finances publiques | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

19/11/2012

France bombe à retardement? Allons enfants de la patrie...

 

Piquée au vif par une couverture de The Economist qui l’assimile à une «bombe à retardement au cœur de l’Europe», la France s’est dressée comme un seul homme, de sa gauche jusqu’à sa droite, pour écarter le reproche qui lui est fait de représenter, par sa réticence à s’engager dans de véritables réformes, le risque numéro un au sein de la zone euro.

 

 

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17:08 Publié dans Démocratie, Dette, Finances publiques | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

14/11/2011

La dette: une affaire, somme toute, de vases communicants

Euro symbole.jpgLes fameux «marchés», dont tout dépend, ignorent deux ou trois choses qui pourraient bien changer la face du monde ou en tout cas celle de la zone euro. Résumons.

L'endettement des gouvernements centraux occidentaux, de celui du Japon (200% du produit intérieur brut) à celui des Etats-Unis (100%) mais surtout de la Grèce (140%) ou de l'Italie (120%), n'est ni nouveau dans son ampleur ni, en soi, insurmontable.

Il est devenu l'un et l'autre par suite de la crise bancaire qui a conduit partout l'Etat, prêteur en dernier ressort, à voler au secours d'un système financier à deux doigts de s'écrouler. Les «marchés», pris de peur, se sont alors débarrassés d'actifs jusqu'ici réputés sûrs mais devenus soudainement risqués, j'ai nommé les obligations souveraines de ces mêmes pays.

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18:17 Publié dans Démocratie, Dette, Zone euro | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |