11/01/2017

Discutable, le fédéralisme conjoncturel !

A en croire le BAK bâlois, peut-être aussi le Créa lausannois et pourquoi pas le KOF zurichois, la reprise conjoncturelle s’affirmerait partout en Suisse sauf à Genève. La différence serait même suffisamment significative pour que la radio romande en ait fait l’autre jour ses titres et organisé un débat sur le sujet entre deux ténors locaux.


Une croissance d’un petit 1% ici, d’un peu moins de 2% là-bas, justifie-t-elle qu’on en fasse tout un plat, qu’on en tire la grave conclusion qu’ici ça va mal alors qu’à 60 km tout va pour le mieux ? Ce fédéralisme de la prévision conjoncturelle, et cette manière de calculer à la décimale près la probabilité de croissance, laissent songeur.

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07:19 Publié dans Concurrence, Démocratie, suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

16/11/2016

Un fonds souverain suisse: une idée fait son chemin

Les montagnes d’euros et de dollars repris par la Banque nationale afin d’empêcher une trop forte revalorisation du franc finiront bien, un jour ou l’autre, par servir à la création d’un fonds souverain. Un premier pas vient en tout cas d’être franchi avec la reconduction pour cinq ans de l’accord conclu entre le Département des finances et la BNS au sujet de la répartition du bénéfice de cette dernière.

Cette nouvelle convention qui sanctuarise en quelque sorte, au grand soulagement des cantons, un principe arrêté une première fois pour la période de 2011 à 2015, montre en effet que l’on reconnaît désormais en haut lieu le caractère sinon réel, du moins utile, des excédents dégagés en bonne partie par l’actif grossissant du bilan de l’Institut d’émission.

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05/10/2016

Monnaies: quand et comment virer de bord ?

En voile, sauf erreur, virer de bord implique de changer de cap ni trop tôt ni trop tard pour réussir la manœuvre. En matière monétaire, il en va à peu près de même : inverser la politique qui a consisté jusqu’ici à faire baisser les taux d’intérêt, et même à les mener en territoire négatif, pour les réaligner sur leur tendance de long terme, est une décision qui doit se prendre au bon moment. Entamé trop tôt, le mouvement risque d’étouffer la reprise. Entrepris trop tard, il pourrait réveiller les anticipations inflationnistes.

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04/05/2016

BNS: pourquoi changer quand tout va bien (ou presque)

La Banque nationale suisse n’est pas la Banque centrale européenne, n’empêche qu’elle essuie depuis quelque temps le même genre de critiques. On lui reproche en gros de prendre ses décisions de manière indépendante, ce dont on se félicitait quand tout allait bien, mais qui ne va plus du tout lorsque la politique monétaire qu’elle a choisi de suivre heurte les intérêts de tel ou tel secteur de l’économie. Il conviendrait par exemple de flanquer son directoire de commissions d’experts, ou plus radicalement de le remplacer par un comité élargi, à l’image de celui de la BCE ou, mieux encore, de la Réserve fédérale américaine. On éviterait ainsi qu’un organe décisionnel de taille restreinte ne s’aventure sans boussole autre qu’une connaissance purement académique du terrain entre les écueils d’un monde financier de plus en plus complexe et imprévisible.

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13/04/2016

Genève, qui fait ta richesse?...

La prospérité genevoise repose sur des piliers à vrai dire moins fixes que flottants, en ceci qu’ils n’ont cessé de varier à travers le temps, portés par ce qu’on a pu appeler le hasard des circonstances. La banque, l’horlogerie, le négoce et le conseil juridique, ces quatre piliers d’aujourd’hui, ne l’ont pas toujours été : autrefois, c’étaient les foires et l’indiennerie, puis la Fabrique et l’imprimerie, et enfin la mécanique de précision (SIP, Tavaro, Charmilles) qui tour à tour dominèrent dans une Genève devenue internationale par le jeu d’influences extérieures.

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07:30 Publié dans Air du temps, Banques, Concurrence, Croissance, Démocratie, Genève | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

06/04/2016

Ce qui se cache derrière les taux négatifs  

Les pères et mères de la prévoyance professionnelle obligatoire n’auraient sans doute jamais imaginé que des taux d’intérêt puissent devenir négatifs et ruiner du même coup leur œuvre commune. Car des taux négatifs, soyons-en conscients, détruisent du capital ; or l’essence même du 2e pilier est la capitalisation, primo du fait de l’accumulation d’épargne (les cotisations payées par les employeurs et leurs salariés), secundo du fait de la rémunération de cette épargne (l’intérêt légal servi sur les avoirs de vieillesse), et même, tertio, par l’intervention d’un taux, dit technique, servant à calculer la valeur actuelle des engagements futurs de rentes.

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02/03/2016

Libre circulation à la carte

Médecins, paysans, même combat ? Au nom d’un souci, en soi légitime, de défense de la qualité, les représentants de ces deux corporations s’emploient depuis quelque temps à convaincre le bon peuple de tout ce qu’il peut y avoir de contraire à ses intérêts bien compris dans l’ouverture des frontières aux échanges. On aura remarqué ainsi cet encart de l’Ordre des gynécologues-obstétriciens genevois paru dans ces colonnes le 26 février dernier, s’inquiétant du «fort risque de diminution de la qualité des prestations fournies par des médecins non formés aux normes helvétiques», comme on aura pu observer la multiplication d’initiatives lancées par les lobbies agricoles en vue d’assurer, les unes la sécurité, les autres une meilleure qualité de notre alimentation.

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07:15 Publié dans Démocratie, gouvernance, Humeur, Prix, salaires, revenus, suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

15/12/2015

L'Etat peut dépenser sans augmenter ses charges courantes

Maintenant que la politique monétaire devenue hémiplégique (elle ne peut bouger les taux d’intérêt que dans le sens de la hausse) a perdu une bonne part de son efficacité, on est invité à tourner le regard vers le second volet de la politique conjoncturelle, savoir le maniement de la dépense publique. Bien que chaudement recommandé par les partisans d’une action volontariste de l’Etat, qui y voient l’unique moyen de suppléer la défaillance de la dépense privée, le recours au deficit spending est vigoureusement rejeté par les tenants de l’équilibre budgétaire, avec l’argument assez convaincant que la dette publique n’a – presque – jamais été aussi élevée.

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07:22 Publié dans Banques centrales, Croissance, Démocratie, Dette, Inflation/déflation, suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

13/10/2015

La difficile cause du libre échange

Quel paradoxe ! C’est à Berlin, capitale du pays qui profite le plus de l’ouverture des marchés, que s’est déroulée samedi une manifestation monstre (une bonne centaine de milliers de participants) contre le projet de «Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement» – TTIP en anglais – négocié entre les Etats-Unis et l’Union européenne.

Les opposants, qui s’en étonnerait, se recrutent essentiellement parmi les ONG, syndicats et gauches plus ou moins radicales, méfiantes par principe à l’endroit de ce genre d’accords considérés comme fossoyeurs de la démocratie pour les uns, destructeurs d’emplois pour les autres, ou plus prosaïquement synonymes de baisse programmée du niveau de qualité – un Cassis de Dijon transatlantique en quelque sorte.

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07:28 Publié dans Chine, Concurrence, Démocratie, Europe | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | |

06/10/2015

Franc fort: aux grands maux les grands remèdes

franc 1.jpgLa Suisse paie cher la défense contre vents et marées de sa souveraineté monétaire. Naguère justifiée par une stabilité des prix et des taux d’intérêt plus bas qu’ailleurs, l’indépendance de sa banque centrale est remise en question depuis que l’inflation a disparu et que les taux sont partout proches de zéro : non seulement le franc reste fort alors que les différentiels qui pouvaient le justifier ont été emportés par la crise, mais encore l’économie d’exportation continue de souffrir malgré une conjoncture européenne – celle de son principal débouché – désormais en pleine convalescence.

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09:49 Publié dans Banques centrales, Croissance, Démocratie, suisse, Zone euro | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

30/06/2015

Qu’en termes choisis ces choses-là sont dites !

1 2 3e pilier schema.jpgTout de prudence, l’Office fédéral des assurances sociales (OFAS) rappelle dans son dernier rapport statistique sur les assurances sociales que le 2e pilier se trouve encore, ce que l’on oublie souvent, dans sa période de constitution, c’est-à-dire que les premiers assurés présentant une durée de cotisation complète atteindront l’âge de la retraite aux alentours de 2025 seulement.

Ce qui signifie qu’à partir de ce moment-là les sorties de fonds des caisses de pensions seront nettement plus importantes, et que le régime de la prévoyance professionnelle se rapprochera alors d’un système de financement par répartition, perdant par la même occasion une bonne partie de sa justification, qui était de reposer sur l’accumulation d’un capital générant un certain revenu (le «troisième cotisant»).

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10:22 Publié dans Démocratie, Futur, Prévoyance | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

28/04/2015

Fin de partie à Athènes ? Voire…

Lorsqu’un gouvernement en délicatesse avec ses créanciers se met à racler les fonds de tiroirs de ses institutions publiques, hautes écoles et hôpitaux compris, c’est que la fin des haricots est proche. Dans le cas de la Grèce, l’affaire se complique du fait de son appartenance à la zone euro, car un «Grexit», comme on dit, n’est pas prévu dans les traités, et aucune des parties prenantes, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international et Union européenne, n’a intérêt à ce que le pays tourne le dos à la monnaie unique. La première, parce qu’elle y perdrait son capital et l’essentiel de sa crédibilité, le second, parce que cela démontrerait la vanité de ses programmes d’ajustement structurel, et la troisième parce qu’aucun de ses membres, Allemagne en tête, n’a envie de porter le chapeau d’un pareil échec. Ne reste donc, côté créditeurs, que l’instrument de la pression politique et psychique, et côté débiteur, le recours aux faux-semblants et aux non-dits, parties de Poker menteur dans lequel les Grecs sont passés maîtres.

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09:32 Publié dans Banques centrales, Croissance, Démocratie, Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

24/02/2015

L'Ukraine dans une ou deux générations...

Dans les médias de l’ouest et du sud de l’Europe continentale, ceux d’Allemagne exceptés, on ne s’était guère intéressé jusqu’ici à ce qui se passe à l’Est, comme si le Mur et le rideau de fer, pourtant tombés depuis un quart de siècle, avaient tracé une marque indélébile dans les esprits. Pologne, Lituanie, Lettonie, Estonie, Slovaquie, c’est bien l’Union européenne, et pour les quatre dernières, c’est même la zone euro. Mais l’Europe centrale et a fortiori orientale, c’est si loin ! Alors l’Ukraine, vous pensez.

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14:48 Publié dans Démocratie, Europe, Russie | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

20/01/2015

Faute vénielle ou péché mortel ?

En 1974, une année après que la BNS se soit résignée à abandonner le cours fixe du franc face – alors – au dollar, le président de son directoire, Fritz Leutwiler, confiait à son collaborateur Kurt Schiltknecht : «Je n’ai aucune idée sur la façon de mener la politique monétaire sous un régime de changes flottants». Et d’ajouter que la seule question dont il se soit constamment préoccupé était de savoir «comment empêcher que trop d’argent n’arrive en Suisse».

Son successeur actuel à la tête de la Banque nationale a dû se poser la même question, sauf que, il y a quarante ans, les soucis portaient sur les tensions inflationnistes (les prix à la consommation augmentaient de plus de 10% l’an), tandis que ceux d’aujourd’hui porteraient plutôt sur les risques de déflation. La BNS avait d’ailleurs, en 2011, fait de ceux-ci le principal argument en faveur de l’instauration d’un cours plancher.

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13/01/2015

38 milliards de francs, et moi et moi et moi

Grâce au cours plancher qui fait baisser le franc en même temps que l’euro face aux actifs libellés en d’autres monnaies, la Banque nationale suisse a bouclé l’année écoulée par un bénéfice comptable de l’ordre de 38 milliards. Comme de bien entendu, on attend d’elle qu’elle reprenne et au-delà ses distributions à la Confédération et aux cantons, ainsi que le versement de son dividende, plafonné par la loi à 6% de son capital, à ses actionnaires que sont les cantons, diverses collectivités et institutions de droit public, et 2’219 actionnaires privés enregistrés au 31 décembre 2013 (un résident de Düsseldorf, qui en accumule régulièrement, possédait à cette date 6'250 actions de la BNS, soit 6,25% du total ; mais conformément aux dispositions légales, son droit de vote est limité à 100 actions).

L’action BNS, cotée en bourse, a clôturé vendredi sur un cours de 1’070 francs, offrant ainsi un rendement de 1,4%, ce qui n’est pas terrible, mais toujours mieux que celui des obligations de la Confédération.

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07:07 Publié dans Banques centrales, Démocratie, Finances publiques, suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

06/01/2015

Il n'y a pas de déjeuner gratuit

La faiblesse persistante de l’euro joue de vilains tours à la BNS, dont le bilan ne cesse d’enfler. Il n’y a, en soi, aucune limite à la création de monnaie par l’Institut d’émission tout occupé qu’il est à défendre le cours plancher de 1.20 franc pour 1 euro, à l’inverse de ce qui se passerait s’il lui fallait au contraire – hypothèse qui ne s’est jamais rencontrée – lutter contre une dépréciation du taux de change du franc en en détruisant à la pelle.

Il n’y a aucun obstacle ni théorique, ni légal, à cette accumulation potentiellement illimitée de réserves de devises et à l’émission de monnaie qui s’ensuit, mais les ordres de grandeur atteints, et leurs possibles effets secondaires, commencent à faire réfléchir, et même à agir.

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09:52 Publié dans Banques centrales, Démocratie, Monnaie, Taux d'intérêt | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

09/12/2014

La France bien bas (l’Italie aussi)

On s’occupe beaucoup de la France ces temps-ci, nouvel «homme malade de l’Europe». Après la Grèce, l’Irlande, l’Espagne, le Portugal, Chypre et d’autres, elle passe à son tour, avec l’Italie qui se porte tout aussi mal sinon pis, pour le maillon faible de l’euro, et pas des moindres, puisqu’elle pèse à peu près le cinquième de la zone. La croissance y est faible voire nulle, le chômage persistant à un niveau élevé, les comptes publics de plus en plus déficitaires. Tout cela tranche avec les promesses électorales, et contrevient surtout aux règles communautaires, qui font du pays un cas non point unique mais certainement pendable.

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09:11 Publié dans Chômage, Croissance, Démocratie, Europe, Futur | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

25/11/2014

Locataires, retraités: Quand le droit va de travers

Le Tribunal fédéral, interprétateur sourcilleux du droit du bail, vient de juger que les rendements prévus dans les plans financiers des habitations à loyers contrôlés par l’Etat devaient s’ajuster au – bas – niveau des taux hypothécaires actuels, donc en suivre la courbe fortement descendante. D’où, comme l’a relevé Christian Bernet la semaine dernière dans la Tribune de Genève, sous le titre La panique s'empare des constructeurs de logements, un certain émoi chez les promoteurs et les investisseurs institutionnels, telles les caisses de pensions, qui placent une bonne partie de leurs actifs dans l’immobilier et ne peuvent se contenter de rendements aussi faibles pour remplir leurs obligations de prévoyance.

Le TF aurait d’ailleurs pu remarquer qu’il y avait une certaine incohérence dans le fait de juger excessif un rendement net dépassant 2,5%, quand le taux d’intérêt minimum que les institutions de prévoyance sont tenues de verser sur les avoirs de vieillesse vient d’être fixé à un niveau à peine supérieur (1,75%) ; à ce taux-là, elles ne couvrent même plus leurs frais.

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09:20 Publié dans Capital, Démocratie, Dette, Financement des retraites, Immobilier | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

18/11/2014

Le côté obscur de la finance

Après la crise de 2008, on pouvait penser que les banques, déconfites et honteuses, feraient profil bas et encaisseraient sans broncher les sanctions accompagnant leur sauvetage. Hé bien non ! Comme vient de le montrer une enquête menée conjointement par la CFTC américaine, la FCA britannique et la FINMA depuis 2010, quatre ou cinq grandes banques dont UBS, qui se partagent à elles seules la moitié d’un marché mondial des devises estimé à 5,3 billions de dollars de chiffre d’affaires quotidien (mars 2013), se sont laissées aller à manipuler les cours de référence de quelques unes des principales monnaies qui y sont négociées.

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07:52 Publié dans Banques suisses, Concurrence, Démocratie, Ethique | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | |

04/11/2014

Or de la BNS: des initiants pas bien malins

A moins d’une grande surprise, l’initiative «Sauvez l’or de la Suisse» devrait être repoussée le 30 novembre prochain. Cela dit, ses auteurs n’ont pas été très malins. Leur souci de préserver l’or de la Banque nationale suisse aurait presque à coup sûr rallié une majorité s’ils s’étaient contentés de proposer que le stock actuel devienne intangible.
 
Cela n’aurait pas beaucoup limité l’autonomie de la BNS (puisque celle-ci ne touche plus à son or depuis belle lurette), cela aurait rassuré tous ceux des Suisses qui croient dur comme fer à l’utilité stratégique et monétaire d’une réserve de métal jaune, et cela aurait suffi à convaincre l’étranger que le franc demeure une monnaie sur laquelle l’Institut d’émission garde la maîtrise.

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07:34 Publié dans Banques centrales, Démocratie, Or, suisse | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |