Croissance - Page 3

  • Franc fort, à force de couper dans le gras…

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    Retombe-t-on en récession ou, comme le suggère The Economist, entame-t-on un troisième épisode de l’histoire de la dette, celui, après la crise des subprime puis celle de la zone euro, d’un effondrement des marchés émergents ? Vue d’ici, cette succession de déconvenues financières a longtemps semblé pour l’essentiel nous épargner.

    Mais voici que la Suisse entière, et Genève en particulier, affrontent des vents décidément contraires : perspectives budgétaires alarmantes, licenciements collectifs, exportations en recul, délocalisations rampantes, tous symptômes annonciateurs de lendemains qui ne chantent guère et replacent ce pays à l’intérieur du cadre qui est le sien qu’il le veuille ou non, savoir celui d’une Europe désorientée, ou plutôt, d’une économie mondialisée aux prises avec d’inextricables difficultés à retrouver son aplomb.

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  • Un 2e pilier sans avenir?

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    vieux marionnettes.jpgAux taux actuels, plus bas que jamais, les régimes de prévoyance fondés sur l’accumulation de capitaux n’ont pas d’avenir. Ce n’est pas moi qui le dis, mais le professeur bâlois Heinz Zimmermann, lors d’un forum qui s’est tenu à St-Gall.

    L’économiste – dont ce n’est pas le premier avertissement – a mis le doigt sur les incohérences du système de retraites par capitalisation tel que la Suisse l’a façonné et ancré jusque dans sa Constitution, où l’on peut lire à l’article 113 que la prévoyance professionnelle, conjuguée à l’AVS, doit permettre à l’assuré de «maintenir de manière appropriée son niveau de vie antérieur». Concrètement, ce niveau approprié a été arrêté à 60% environ du dernier salaire.

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  • Franc fort: aux grands maux les grands remèdes

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    franc 1.jpgLa Suisse paie cher la défense contre vents et marées de sa souveraineté monétaire. Naguère justifiée par une stabilité des prix et des taux d’intérêt plus bas qu’ailleurs, l’indépendance de sa banque centrale est remise en question depuis que l’inflation a disparu et que les taux sont partout proches de zéro : non seulement le franc reste fort alors que les différentiels qui pouvaient le justifier ont été emportés par la crise, mais encore l’économie d’exportation continue de souffrir malgré une conjoncture européenne – celle de son principal débouché – désormais en pleine convalescence.

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  • La croissance ? Moins il y en a, plus on en parle !

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    ballons.jpgMon Dieu, quelle agitation pour 0.2% de croissance ! Depuis que le Seco (Secrétariat d’Etat à l’économie) a annoncé que le produit intérieur brut (PIB) réel de la Suisse avait progressé dans cette mesure-là au cours du deuxième trimestre – alors que tout le monde s’attendait à ce qu’il ait plutôt fléchi –, les réactions et commentaires ne cessent d’abreuver la planète médiatique locale. Comme si une vibration aussi infinitésimale de la valeur supposée du PIB d’un trimestre à l’autre avait la moindre signification. 

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  • L’emploi, denrée périssable

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    RTR3SF1hd.jpgLes misérables taux de croissance que les économies avancées enregistrent depuis la fin des années 70 contreviennent à la théorie qui voudrait que le progrès technique s’accompagne de gains de productivité suffisants pour entraîner une augmentation de la dépense, supposée générer à son tour suffisamment de nouveaux emplois pour compenser ceux que l’automatisation des tâches fait disparaître.

    D’où la question : le progrès technique serait-il devenu avare en gains de productivité ? 

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  • Fin de partie à Athènes ? Voire…

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    Lorsqu’un gouvernement en délicatesse avec ses créanciers se met à racler les fonds de tiroirs de ses institutions publiques, hautes écoles et hôpitaux compris, c’est que la fin des haricots est proche. Dans le cas de la Grèce, l’affaire se complique du fait de son appartenance à la zone euro, car un «Grexit», comme on dit, n’est pas prévu dans les traités, et aucune des parties prenantes, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international et Union européenne, n’a intérêt à ce que le pays tourne le dos à la monnaie unique. La première, parce qu’elle y perdrait son capital et l’essentiel de sa crédibilité, le second, parce que cela démontrerait la vanité de ses programmes d’ajustement structurel, et la troisième parce qu’aucun de ses membres, Allemagne en tête, n’a envie de porter le chapeau d’un pareil échec. Ne reste donc, côté créditeurs, que l’instrument de la pression politique et psychique, et côté débiteur, le recours aux faux-semblants et aux non-dits, parties de Poker menteur dans lequel les Grecs sont passés maîtres.

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  • Le difficile maniement de l’intérêt négatif

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    Comme on sait, la Banque nationale suisse avance depuis quelque temps en terrain inconnu. Le dernier en date de ses tâtonnements est celui du recours, inédit, à un taux d’intérêt négatif sur les avoirs en comptes de virement que les banques détiennent plus ou moins volontairement auprès d’elle. L’instrument, dont l’introduction avait été annoncée le 18 décembre 2014, devait d’abord être instillé à dose homéopathique (–0.25%, et cela uniquement sur les montants dépassant un minimum exonéré) à partir du 25 janvier 2015. Mais avant même cette date, et simultanément à l’abandon du cours plancher, la BNS l’a porté à –0.75%.

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  • Le difficile maniement de l’intérêt négatif

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    Comme on sait, la Banque nationale suisse avance depuis quelque temps en terrain inconnu. Le dernier en date de ses tâtonnements est celui du recours, inédit, à un taux d’intérêt négatif sur les avoirs en comptes de virement que les banques détiennent plus ou moins volontairement auprès d’elle. L’instrument, dont l’introduction avait été annoncée le 18 décembre 2014, devait d’abord être instillé à dose homéopathique (–0.25%, et cela uniquement sur les montants dépassant un minimum exonéré) à partir du 25 janvier 2015. Mais avant même cette date, et simultanément à l’abandon du cours plancher, la BNS l’a porté à –0.75%.

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  • La France bien bas (l’Italie aussi)

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    On s’occupe beaucoup de la France ces temps-ci, nouvel «homme malade de l’Europe». Après la Grèce, l’Irlande, l’Espagne, le Portugal, Chypre et d’autres, elle passe à son tour, avec l’Italie qui se porte tout aussi mal sinon pis, pour le maillon faible de l’euro, et pas des moindres, puisqu’elle pèse à peu près le cinquième de la zone. La croissance y est faible voire nulle, le chômage persistant à un niveau élevé, les comptes publics de plus en plus déficitaires. Tout cela tranche avec les promesses électorales, et contrevient surtout aux règles communautaires, qui font du pays un cas non point unique mais certainement pendable.

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  • Méfiez-vous des indices! L’inflation revient, mine de rien

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    Méfiez-vous des indices ! A les en croire, les prix à la consommation continueraient de baisser ou à tout le moins demeureraient inébranlablement stables. Ainsi, à fin octobre, l’indice genevois des prix à la consommation affichait une hausse de 0,1% sur un an. Négligeable. Il était même, à 99,8 points, inférieur de 0,2% à la base 100 de décembre 2010. Mais considérez les choses de plus près. Enlevez par exemple le mazout, les carburants, les marchandises importées : le tableau change. Les «biens et services indigènes» sont à 102,1, les services à 103,6, et les loyers des logements à 107,6. Ce n’est pas de l’hyperinflation, mais ce n’est plus de la stabilité. Le «choc pétrolier inverse» (la baisse rapide du prix du baril), les importations à bas coût de Chine et le niveau élevé du franc ont donc contribué à masquer un renchérissement interne qui commence à se préciser.

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  • Ce qu'il faut à la France... C’est un Nobel qui le dit…

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    L’attribution du prix Nobel d’économie à un illustre inconnu du landernau médiatico-politique hexagonal (mais connu bien sûr de ses pairs), c’est un peu le bâton dans la fourmilière. On se félicite bien entendu de cette distinction revenant pour la deuxième fois seulement à un économiste français exerçant dans son pays, mais on s’écharpe à gauche de la gauche comme à droite de la droite sur l’orientation politique supposément être celle d’un chercheur fort justement récompensé, qui n’en peut mais de cette manie des étiquettes.

    Oui, à la rigueur, Jean Tirole comme son compère Olivier Blanchard aujourd’hui économiste en chef du FMI peut être classé «plutôt de gauche», mais ses propositions, quand on lui demande d’en formuler, n’ont ni couleur ni odeur. Elles sont simplement économiquement sensées, avec désormais cette force que leur donne le fait d’émaner d’un lauréat du Nobel.

    En résumé il faut à la France, rappelle Tirole, 1° une réforme du marché du travail, soit la fin de la dichotomie entre CDI et CDD et un assouplissement des conditions de licenciement, 2° une réforme des retraites (lire: un éloignement de l’âge de la retraite), 3° une réforme de l’Etat, qui devienne «plus léger» mais «plus efficace» y compris sur le plan social, et 4° une réforme de la réglementation qui corsète notamment tant de professions dites libérales et de métiers des services.

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  • Français, Italiens, oyez, oyez ! Tout n’est peut-être pas perdu !

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    Lorsque, venant de Berlin, on se dirige vers Francfort sur l’Oder, on emprunte une chaussée parsemée de trous, d’ornières et d’Umleitungen obligeant à circuler en permanence sur la voie de dépassement, à croire que l’autoroute d’avant-guerre n’a jamais été entretenue depuis 1989 voire 1945. Parvenu à la frontière, on s’engage sur un ruban de bitume qui court, lisse comme un miroir, jusqu’à Poznań et bientôt jusqu’à Varsovie. Confirmation anecdotique, mais combien révélatrice, du retard pris par la République fédérale en matière d’infrastructures d’un côté, et des bienfaits, tels qu’ils sont vécus côté polonais, dispensés par les fonds structurels et de cohésion européens  de l’autre.

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  • Super Mario, les banques et les grévistes

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    Le président de la Banque centrale européenne (BCE), l’Italien Mario Draghi, vient de surprendre son monde en postulant comme jamais encore un recours quasi illimité à la planche à billets (savoir «à tous les instruments disponibles» – lire : au QE, alias le quantitative easing) pour assurer la stabilité des prix à moyen terme. L’idée étant, rappelons-le, que le pire des dangers serait l’installation de la zone euro dans une situation de déflation durable, à la japonaise.

    Ces propos ont aussitôt attiré le scepticisme des uns (les taux directeurs étant déjà quasiment à zéro, quelle pourrait bien être la portée d’un tel QE ?) et la critique des autres (de pareilles largesses, y compris en matière budgétaire comme vient de le suggérer le patron de la BCE à l’adresse des chefs de gouvernement, ne feraient que les détourner de l’objectif prioritaire qui doit demeurer le redressement des finances publiques). En revanche ils ont eu, ces propos, pour effet de faire à nouveau plonger l’euro face au dollar.

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  • Ça chauffe dans la tête des économistes !

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    Ça chauffe dans la tête des économistes ! Jamais la cervelle des économistes n’a autant chauffé. De Lindau sur la côte allemande du Bodan, où vient de se tenir la 5e rencontre des prix Nobel d’économie, à Jackson Hole, rendez-vous annuel des banquiers centraux à l’invitation de la Réserve fédérale américaine, on s’est demandé dans tous les sens comment agir au mieux pour sortir enfin nos économies de la Stagnation Séculaire (Paul Krugman) dans laquelle la crise des subprime les a semble-t-il définitivement plongées.

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  • Europe: sous la pression populiste...

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    Le gros de la crise financière est passé, mais les dégâts qu’elle a causés sont tels qu’il n’est pas certain que les économies occidentales, européennes au premier chef, soient tirées d’affaire. Il se pourrait même, s’il n’y est pris garde, qu’elles plongent dans ce qu’à une époque pas si éloignée que cela (c’était en 2009) on avait appelé le «double dip», c’est-à-dire la menace d’une double récession.

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  • Suisse-UE: la resquille, c’est fini !

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    L’acceptation à une infime majorité (0,67 % des votants) de l’initiative "Contre l’immigration de masse" n’en finit pas d’être analysée, et pour cause. On y aura vu, très généralement, l’expression d’une sourde hostilité ou du moins d’une certaine méfiance de l’opinion helvétique, toutes catégories sociales confondues, à l’égard d’une construction européenne ressentie comme bureaucratique et attentatoire à une indépendance dont les Suisses sont si jaloux.

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  • Ces remèdes pires que le mal

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    Le contingentement de l’offre de travail dans lequel tant de Suisses voient leur salut est un exemple typique de ces remèdes qui sont pires que le mal. Ce que l’on entend protéger, l’emploi indigène, dépend au contraire, de manière «contre-intuitive» comme on dit aujourd’hui, d’une libre circulation des personnes et des capitaux, car c’est cette liberté de mouvement qui débride la croissance, seule créatrice d’emplois.

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  • Surchauffe immobilière: par l’autre bout de la lorgnette

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    La décision du Conseil fédéral de relever le volant anticyclique de fonds propres imposé aux banques dans le secteur des crédits hypothécaires à l’immobilier résidentiel a été diversement appréciée, c’est le moins qu’on puisse dire. Les professionnels de l’immobilier ont qualifié la mesure d’inutile dans un marché qui selon eux est en train de se corriger de lui-même. Les banques ont regretté une mesure à leurs yeux inefficace et pour ainsi dire superfétatoire, puisque décidée sans concertation avec leurs représentants et sans attendre que l’autorégulation en laquelle elles croient dur comme fer ait eu le temps de déployer tous ses effets.

    Réactions somme toute logiques, puisque venant de ceux et celles que la mesure va frapper au cœur de leurs principales sources de revenu – les marges de promoteur et commissions de courtage pour les premiers, les différences d’intérêts pour les secondes – qui devraient forcément baisser dans un marché ralenti.

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  • Il y a quinze ans, l’euro

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    Le 1er janvier 1999, après des décennies de tentatives de rapprochement plus ou moins réussies entre monnaies nationales, naissait enfin l’euro. Scriptural d’abord, mis trois ans plus tard en circulation sous forme d’espèces sonnantes et trébuchantes dans une douzaine de pays, il est à ce jour la monnaie commune des dix-huit membres actuels de l’Union économique européenne (UEM), sous-ensemble de l’Union européenne fragilisé par la crise de la dette d’où, par raccourci de langage, l’expression abusive de «crise de l’euro».

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  • Mieux vaut être riche et bien qualifié…

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    Même le très libéral The Economist, revenant sur une récente étude de l’OCDE, en convient : partout l’écart entre hauts et bas salaires s’est fortement creusé au cours des dernières décennies, et la part du travail à la valeur ajoutée totale n’a cessé de diminuer, l’un expliquant en partie l’autre.

    En cause, de nombreux facteurs allant de la mondialisation à la généralisation des nouvelles techniques fondées sur les TIC, qui éjectent les travailleurs faiblement qualifiés d’une production de plus en plus automatisée ou délocalisée et concentrent le revenu entre les mains de ceux des salariés, grands patrons et indépendants aux savoirs pointus, les mieux à même de capitaliser pour leur compte les effets du changement.

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