Croissance - Page 2

  • L’euro à marée haute

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    La monnaie unique s’approche insensiblement d’un niveau qu’on peut considérer comme pratiquement équivalent au cours plancher introduit en septembre 2011 et dont la levée trois ans et demi plus tard avait suscité tant de protestations. A 1,10 franc aujourd’hui et bientôt peut-être 1,15 franc, cours que les stratèges d’UBS considèrent à portée de main, l’euro sera en effet à la fois supportable pour les exportateurs et proche en valeur réelle (c’est-à-dire inflation déduite) de son niveau d’alors, sans que pour cela la Banque nationale ait eu à intervenir.

    En forçant le trait, on ira même jusqu’à suggérer que les circonstances actuelles permettraient à la BNS de se défaire d’une partie du stock colossal de devises qu’elle a été contrainte d’accumuler pour empêcher une trop forte appréciation du franc. En outre et sans rien faire d’autre elle empochera, si la tendance se confirme, une jolie plus-value que la Confédération et les cantons se réjouissent sans doute déjà de se partager.

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  • Malheureux Hollande, après la pluie le beau temps

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    La reprise qui s’affirme un peu partout arrive trop tard pour François Hollande, qui l’avait annoncée trop tôt. Mais elle est bien là, qui devrait déloger les populistes de partout où ils se sont installés au pouvoir (Pologne, Hongrie) ou les empêcher de le prendre là où ils sont à deux doigts d’y parvenir (en Italie l’an prochain, demain peut-être en France).

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  • Euro: qui veut noyer son chien…

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    Il y a deux sortes d’adversaires à la monnaie unique européenne. Ceux qui, jugeant son lancement prématuré, lisent dans les difficultés actuelles de l’union monétaire la vérification de leur diagnostic. Et ceux qui, accusant l’euro de tous les maux, masquent leur europhobie viscérale derrière un argumentaire plus ou moins scientifique, comme les candidat(e)s d’extrême gauche et d’extrême droite à la présidentielle française, qui puisent leur inspiration auprès d’analystes traditionnellement eurosceptiques, tel l’économiste Jacques Sapir, récemment interrogé sur les ondes de la RTS.

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  • America first ou America last?

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    La vision économique du président Trump a peut-être enflammé la Bourse, prompte à se persuader qu’un vaste programme d’investissements dans les infrastructures, assorti de la construction d’un mur de 9 mètres de haut le long de la frontière avec le Mexique, sera de nature à fouetter l’activité domestique.

    Le fait est plutôt que ce genre d’exercice de suralimentation budgétaire accélérera la lente décomposition de la capacité de concurrence de l’économie américaine. Et comme si cela n’y suffisait pas, le recours annoncé à toute une batterie de mesures protectionnistes ne pourra, au contraire des promesses faites, que transformer en recul la stagnation du niveau de vie d’une majorité de ménages américains.

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  • Un franc suisse sous haute surveillance de l'Oncle Sam

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    La Lex americana, cette manière qu’ont les Etats-Unis d’imposer au reste du monde ce qui leur paraît juste et nécessaire, ne s’applique pas seulement au domaine fiscal. Depuis 1988, date de l’entrée en vigueur d’un dispositif destiné à lutter contre les pratiques commerciales et les politiques de change de certains pays et qui sont – comment, n’est-ce pas, l’expliquer autrement – à l’origine du déficit extérieur persistant des Etats-Unis, le Trésor américain surveille ces pratiques et politiques et fait, deux fois l’an, rapport au Congrès sur le sujet.

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  • La dette, pas si bonne pour la croissance

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    Des économistes de la Banque des règlements internationaux (BRI) viennent de découvrir quelque chose de peu rassurant[1] : une augmentation de l’endettement des ménages plus rapide que celle du produit intérieur brut (PIB) tendrait à la longue à freiner la croissance, même si dans l’immédiat, à la manière d’une drogue si l’on peut dire, cette augmentation serait légèrement stimulante.

    Selon les calculs des chercheurs, un ratio dette privée/PIB supérieur à 80% accentuerait cet effet de freinage, chaque point de pourcentage d’augmentation dudit ratio entraînant à terme une baisse de 0,1% de la croissance. Cela peut paraître négligeable, mais ne l’est pas tout à fait dans le cas de la Suisse, dont le taux d’endettement des ménages, essentiellement hypothécaire, bat tous les records, puisqu’il frise actuellement les 120% du PIB (contre une moyenne de 80% pour les pays les plus avancés), alors qu’il n’était «que» de 100% il y a 10 ans. Peu de pays ont enregistré une progression aussi rapide de la dette privée. Il n’y a guère que la Suède à avoir fait encore mieux.

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  • Croissance: légère brise dans les voiles et lois de la pesanteur

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    Ce n’est pas encore une franche reprise, mais cela commence à y ressembler. L’économie mondiale, zone euro comprise, semble bel et bien avoir amorcé un retour à la croissance. Le signe le plus immédiat de cette embellie est la hausse des rendements obligataires, conséquence de la liquidation à grande échelle des placements sans risque qui avaient servi de refuge à une épargne apeurée par la crise. La Banque des règlements internationaux à Bâle, qui est en quelque sorte la banque des banques centrales, s’en est fait l’écho dans son dernier bulletin trimestriel, en relevant le parallélisme presque parfait de la réaction des marchés durant les premiers jours qui ont suivi les élections de Ronald Reagan et Donald Trump à la présidence des Etats-Unis.

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  • Monnaies: quand et comment virer de bord ?

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    En voile, sauf erreur, virer de bord implique de changer de cap ni trop tôt ni trop tard pour réussir la manœuvre. En matière monétaire, il en va à peu près de même : inverser la politique qui a consisté jusqu’ici à faire baisser les taux d’intérêt, et même à les mener en territoire négatif, pour les réaligner sur leur tendance de long terme, est une décision qui doit se prendre au bon moment. Entamé trop tôt, le mouvement risque d’étouffer la reprise. Entrepris trop tard, il pourrait réveiller les anticipations inflationnistes.

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  • Le salut ? Il est dans les infrastructures !

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    Puisque les rendements financiers ont filé à l’anglaise et que les caisses de pensions ne peuvent plus compter sur le troisième cotisant pour assurer les retraites, il y a peut-être une solution qu’un certain nombre d’experts aux vues non conventionnelles abordent par différents biais : l’investissement en infrastructures.

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    Lien permanent Catégories : Chômage, Croissance, Europe, gouvernance 1 commentaire
  • Le comment et le pourquoi du déclin de la productivité

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    personne foule ocede chomeurs travailleur.jpgIl y a quelque chose d’assez extraordinaire et inexplicable dans le fait que le foisonnement d’innovations auquel nous assistons dans les domaines les plus divers ne s’accompagne pas d’une explosion de l’activité d’investissement, et qu’à la différence de celles qui l’ont précédée, la révolution industrielle que nous vivons depuis quelques décennies n’amène qu’augmentation des inégalités et baisse continue des gains de productivité.

    Ce dernier point est peut-être le plus surprenant. Car comment comprendre que le progrès technique, d’ordinaire source de mieux être ou en tout cas de meilleure diffusion d’éléments de prospérité, se heurte désormais au scepticisme général, et se dissipe dans ce qui ressemble de plus en plus à un amas inconsistant de données dépourvues de sens et d’informations redondantes ?

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  • Quand l’Europe perd et les Etats-Unis gagnent

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    Pourquoi l’Europe échoue-t-elle là où les Etats-Unis réussissent ? Pourquoi l’économie américaine aligne-t-elle les performances (une croissance en nette reprise, des embauches en hausse, un taux de chômage redescendu à son niveau de novembre 2007) alors que la zone euro piétine et ne parvient même pas à tirer parti de ses maigres avancées, en matière d’union bancaire par exemple, pour relancer une activité désespérément atone ?

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  • De la Grande récession au grand embarras

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    Il est des signes qui ne trompent pas. Lorsque des entreprises cotées en bourse se proposent de racheter leurs propres actions, c’est peut-être, insinuent de mauvaises langues, pour en redresser les cours ou – ce qui revient à peu près au même – en améliorer les multiples cours-bénéfice. C’est en tout cas que ces entreprises ont perdu le goût d’entreprendre, et préfèrent se recroqueviller sur elles-mêmes en attendant des jours meilleurs plutôt qu’investir dans de nouveaux projets.

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  • BNS: pourquoi changer quand tout va bien (ou presque)

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    La Banque nationale suisse n’est pas la Banque centrale européenne, n’empêche qu’elle essuie depuis quelque temps le même genre de critiques. On lui reproche en gros de prendre ses décisions de manière indépendante, ce dont on se félicitait quand tout allait bien, mais qui ne va plus du tout lorsque la politique monétaire qu’elle a choisi de suivre heurte les intérêts de tel ou tel secteur de l’économie. Il conviendrait par exemple de flanquer son directoire de commissions d’experts, ou plus radicalement de le remplacer par un comité élargi, à l’image de celui de la BCE ou, mieux encore, de la Réserve fédérale américaine. On éviterait ainsi qu’un organe décisionnel de taille restreinte ne s’aventure sans boussole autre qu’une connaissance purement académique du terrain entre les écueils d’un monde financier de plus en plus complexe et imprévisible.

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  • Genève, qui fait ta richesse?...

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    La prospérité genevoise repose sur des piliers à vrai dire moins fixes que flottants, en ceci qu’ils n’ont cessé de varier à travers le temps, portés par ce qu’on a pu appeler le hasard des circonstances. La banque, l’horlogerie, le négoce et le conseil juridique, ces quatre piliers d’aujourd’hui, ne l’ont pas toujours été : autrefois, c’étaient les foires et l’indiennerie, puis la Fabrique et l’imprimerie, et enfin la mécanique de précision (SIP, Tavaro, Charmilles) qui tour à tour dominèrent dans une Genève devenue internationale par le jeu d’influences extérieures.

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  • Vers la fin des (trop) grandes banques ?

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    Depuis bien avant la crise de 2008, et même depuis les années 1980 aux Etats-Unis où une douzaine d’entre elles étaient déjà considérées comme telles, les banques dites «too big to fail» («trop grosses pour faire faillite») représentent un vrai casse tête pour les autorités chargées de veiller autant que faire se peut à la stabilité du système financier.

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  • Davos, entre bling bling et blablabla

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    Davos approche les cinquante ans. C’est un bel âge pour un symposium qu’une notoriété glanée depuis 1971 a désormais érigé au rang – au statut ? – d’organisation internationale presque égale aux G8 et autres réunions des grands de ce monde tenues hors des enceintes légitimement élues par la communauté des nations, ONU en tête.

    Cette réputation, qui fait la fierté de la Suisse et tout particulièrement de Genève qui en abrite le siège, a peu à peu amené le Forum de Davos, devenu mondial en 1987, à non plus seulement servir d’hôtelier aux quelque 1500 dirigeants politiques et chefs d’entreprise qui s’y rencontrent chaque janvier, mais encore à publier tout au long de l’année une série de global reports distribuant bons et mauvais points aux pays passés au crible d’une batterie d’indices assez arbitrairement choisis.

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  • La Suisse aurait-elle mangé son pain blanc ?

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    La montée du chômage en Suisse n’a rien d’inattendu, mais elle est suffisamment nette pour appeler quelques remarques sur ses causes.

    Il y a tout d’abord, faut-il le répéter, les effets du franc fort. L’industrie suisse a beau s’illustrer par sa remarquable capacité d’adaptation aux vents contraires, le handicap monétaire commence à peser lourd, y compris dans les branches qui bénéficiaient jusqu’ici, pour toutes sortes de raisons, d’un avantage concurrentiel sur l’étranger.

    Ensuite, les secteurs phares de la production helvétique – la pharmacie, l’horlogerie, les machines et instruments de précision, où la Suisse se classe parmi les dix premiers producteurs mondiaux – sont aussi ceux qui souffrent plus que proportionnellement du recul de la demande sur les principaux marchés.

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  • Encore une année sans inflation ?

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    Si, en regard de tant de déconvenues, la force du franc a eu ne serait-ce qu’un effet positif, c’est bien celui d’avoir maintenu inchangé le niveau des prix, et même de l’avoir maintenu en dessous de zéro. On s’attendait en général à ce que l’indice des prix à la consommation demeure stable en 2015, il se sera en réalité replié de quelque 1,5%, déjouant la plupart des pronostics, y compris ceux de la Banque nationale suisse, qui établit pourtant au millimètre ses prévisions d’inflation pour les trimestres à venir. Sa «prévision d’inflation conditionnelle» de décembre 2014 voyait en effet une hausse annuelle de l’indice comprise entre 0,0 et 0,2% pour la fin décembre 2015, moyennant un Libor (moyenne des taux d’intérêt à trois mois sur le marché interbancaire londonien) égal à 0,00%. Mais ladite condition sautait peu après, puisque le cours plancher devait disparaître le 15 janvier déjà, et le Libor, foi d’intérêts négatifs, passer à -0,75%.

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  • L'Etat peut dépenser sans augmenter ses charges courantes

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    Maintenant que la politique monétaire devenue hémiplégique (elle ne peut bouger les taux d’intérêt que dans le sens de la hausse) a perdu une bonne part de son efficacité, on est invité à tourner le regard vers le second volet de la politique conjoncturelle, savoir le maniement de la dépense publique. Bien que chaudement recommandé par les partisans d’une action volontariste de l’Etat, qui y voient l’unique moyen de suppléer la défaillance de la dépense privée, le recours au deficit spending est vigoureusement rejeté par les tenants de l’équilibre budgétaire, avec l’argument assez convaincant que la dette publique n’a – presque – jamais été aussi élevée.

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  • La richesse des Suisses

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    Côté finances, si l’on en croit les statistiques compilées par la Banque nationale suisse, les ménages helvétiques s’en sortent plutôt bien puisque, à fin 2014, leur patrimoine net – leurs comptes, placements, immeubles, moins leurs dettes – s’élevait à quelque 405'000 francs par habitant. C’est plus que partout ailleurs dans le monde, et cela ne cesse d’augmenter : +40% depuis l’an 2000.

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