27/10/2015

Grandes banques géants fragiles ?

L’une des règles d’or en matière de concurrence est que les conditions doivent être les mêmes pour tous. Or si l’idée est simple, sa mise en œuvre s’avère en pratique assez compliquée, en particulier dans le secteur financier, et surtout lorsqu’elle s’applique aux banques dites «too big to fail», trop grosses pour qu’on les laisse partir en faillite, tant les dégâts que cela occasionnerait à l’ensemble de l’économie seraient immenses.

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20/10/2015

Le Röstigraben des économistes

les 20 économistes les plus influents CH.jpgLa disparition récente d’Andreas Höfert, un économiste en chef d’UBS très apprécié en Suisse romande par tous ceux qu’intéresse l’évolution monétaire et conjoncturelle, a passé relativement inaperçue en Suisse alémanique, tandis que la plupart des médias romands consacraient de longs hommages à ce Genevois de naissance. Cette différence frappante d’attention de part et d’autre de la Sarine m’a rappelé un «palmarès des économistes ayant le plus d’influence en Suisse» («Welche Ökonomen in der Schweiz den Ton angeben») paru dans la NZZ le 5 septembre.

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10/03/2015

La BNS, un Etat dans l’Etat ?

Les conséquences incalculables ou en tout cas non calculées de la levée du cours plancher font, surtout depuis l’introduction d’un intérêt négatif, que la Banque nationale suisse se retrouve au cœur d’un véritable cyclone politique. Longtemps admirée et respectée pour avoir défendu avec succès la stabilité de la monnaie sinon celle du taux de change, voilà, parce que le franc s’est d’un seul coup envolé, que notre banque centrale se retrouve désormais considérée comme opaque dans son fonctionnement, secrète dans ses délibérations, trop laconique dans ses exposés des motifs, et surtout trop libre dans ses prises de décision. Bref, alors même que la Constitution et la loi prévoient expressément que la conduite de la politique monétaire est de son ressort et relève de la compétence exclusive de sa direction générale, on se met soudain à considérer la BNS comme un Etat dans l’Etat. Est-il admissible, pense-t-on tout à coup, qu’un directoire de trois personnes, certes nommées par le Conseil fédéral mais sans autre légitimité, puisse sans en référer à personne (sauf, pour la forme et parfois au dernier moment, à ce dernier) prendre tout à trac des mesures qui mettent l’économie cul par dessus tête et engendrent une cascade d’effets indésirables ?

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03/03/2015

Le difficile maniement de l’intérêt négatif

Comme on sait, la Banque nationale suisse avance depuis quelque temps en terrain inconnu. Le dernier en date de ses tâtonnements est celui du recours, inédit, à un taux d’intérêt négatif sur les avoirs en comptes de virement que les banques détiennent plus ou moins volontairement auprès d’elle. L’instrument, dont l’introduction avait été annoncée le 18 décembre 2014, devait d’abord être instillé à dose homéopathique (–0.25%, et cela uniquement sur les montants dépassant un minimum exonéré) à partir du 25 janvier 2015. Mais avant même cette date, et simultanément à l’abandon du cours plancher, la BNS l’a porté à –0.75%.

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Le difficile maniement de l’intérêt négatif

Comme on sait, la Banque nationale suisse avance depuis quelque temps en terrain inconnu. Le dernier en date de ses tâtonnements est celui du recours, inédit, à un taux d’intérêt négatif sur les avoirs en comptes de virement que les banques détiennent plus ou moins volontairement auprès d’elle. L’instrument, dont l’introduction avait été annoncée le 18 décembre 2014, devait d’abord être instillé à dose homéopathique (–0.25%, et cela uniquement sur les montants dépassant un minimum exonéré) à partir du 25 janvier 2015. Mais avant même cette date, et simultanément à l’abandon du cours plancher, la BNS l’a porté à –0.75%.

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18/11/2014

Le côté obscur de la finance

Après la crise de 2008, on pouvait penser que les banques, déconfites et honteuses, feraient profil bas et encaisseraient sans broncher les sanctions accompagnant leur sauvetage. Hé bien non ! Comme vient de le montrer une enquête menée conjointement par la CFTC américaine, la FCA britannique et la FINMA depuis 2010, quatre ou cinq grandes banques dont UBS, qui se partagent à elles seules la moitié d’un marché mondial des devises estimé à 5,3 billions de dollars de chiffre d’affaires quotidien (mars 2013), se sont laissées aller à manipuler les cours de référence de quelques unes des principales monnaies qui y sont négociées.

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19/08/2014

Banques systémiques : et de quatre !

Depuis le 16 juin, la Suisse compte quatre entités financières «d’importance systémique» : les deux grandes banques, la banque cantonale de Zurich (ZKB), et désormais le groupe Raiffeisen, qui devra par conséquent prendre les mesures nécessaires prévues par la loi sur les banques, en particulier renforcer ses fonds propres et disposer de liquidités suffisantes.


Curieuse situation à vrai dire. S’il n’y a pas l’ombre d’un doute qu’une UBS, un Credit Suisse voire la ZKB présentent un risque systémique en ceci que leur éventuelle défaillance engendrerait un blocage complet du système bancaire et par cascade de l’économie dans son ensemble, on voit mal que les ennuis de l’une ou l’autre des 316 caisses – dénommées à présent banques – coopératives Raiffeisen, essentiellement actives dans le crédit hypothécaire (plus de 80% de leur bilan consolidé contre, par exemple, 60% pour l’ensemble des banques cantonales), puissent considérablement gêner les autres acteurs du secteur, a fortiori la totalité de l’activité nationale.

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07:06 Publié dans Banques suisses, suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

15/07/2014

Est-ce le calme avant la tempête

Drôle de tableau que celui de l’économie d’aujourd’hui. Sept ans après la crise qui a tout déclenché, la conjoncture se redresse mollement quand on espérait enfin un retour de la croissance. L’investissement ne redémarre pas et la consommation se tient coite. Les experts inventent d’ailleurs d’étranges concepts : ceux de l’OCDE parlent d’une «dynamique de croissance stable» à propos d’indicateurs qui frémissent de part et d’autre de l’horizontale ; la BRI, dans son dernier rapport annuel, décrit une économie mondiale «à la recherche d’une nouvelle boussole», depuis que la crise, après avoir «projeté une ombre longue sur le passé, […] jette une ombre longue sur l’avenir». C’est dire le désarroi de ceux dont on attendrait quelques lumières pour comprendre ce qui nous arrive.

De fait, nous marchons sur un terrain entièrement inconnu, tant les politiques menées pour éviter le pire sont sorties de l’orthodoxie, avec des effets totalement paradoxaux.

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07:58 Publié dans Air du temps, Banques, Banques centrales, gouvernance | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

25/06/2014

Raiffeisen: l’ivresse des hauteurs

Il était une fois un réseau de caisses locales, paisibles, villageoises, qui recueillaient les menues économies de leurs sociétaires et leur accordaient en échange des prêts à des conditions préférentielles. Ces structures campagnardes, associées depuis 1902 au sein d’une Union Suisse des Caisses Raiffeisen, suivaient assez docilement la progression du marché hypothécaire helvétique, mais avec une constance qui devait les conduire, avant le tournant du siècle, à une part de marché approchant peu à peu les 10% (7,3% en 1993, 9,4% en 1997, 10,5% en 1999).

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08:41 Publié dans Banques suisses, Concurrence, suisse | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

29/04/2014

Monnaie: l'initiative "Vollgeld", une manière de se préparer au pire

Il se lance, comme on sait, beaucoup d’initiatives populaires à propos d’à peu près tout et n’importe quoi. Mais parfois, contrairement aux apparences, un texte à première vue farfelu mérite mieux que le dédain. Ainsi en va-t-il de l’initiative dite Vollgeld («monnaie pleine»), qui veut ni plus ni moins qu’interdire la création de monnaie par les banques, et la réserver à la seule Banque nationale suisse.

Les initiants estiment en effet que la disproportion écrasante entre monnaie centrale (en gros, les billets) et masse monétaire représentée par l’ensemble des dépôts bancaires est la principale source d’instabilité du système bancaire, et la cause directe des crises financières majeures qui en résultent périodiquement.

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09:57 Publié dans Banques, Banques centrales, Monnaie, suisse | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

01/04/2014

Le gendarme dégaine, les banques tremblent

Ce fut, l’autre jour, comme un coup de tonnerre dans le ciel redevenu presque bleu de la finance américaine. La Réserve fédérale, chargée de veiller à la capacité du secteur à résister à un choc de grande ampleur, a recalé plusieurs grandes banques à l’issue de la troisième vague de «stress tests» organisées en application du «Dodd–Frank Wall Street Reform and Consumer Protection Act». Cette loi par ailleurs contestée, censée éviter la répétition de la chaîne d’événements nés de la crise des subprime (2008), vise au premier chef les groupes bancaires «too big to fail» dont le sauvetage avait coûté des centaines de milliards de dollars au contribuable.

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07:07 Publié dans Banques, Chine, Fiscalité, gouvernance | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

21/01/2014

Contrôle des banques: business as usual...

Est-ce que 2008 vous dit encore quelque chose ? La crise des subprime bien sûr, avec le choc effroyable qu’elle a signifié pour un système bancaire qu’il a fallu sauver in extremis de l’anéantissement et dont le sauvetage continue de se payer au prix fort : crise de la dette publique, récession, chômage, menace d’éclatement de la zone euro, état toujours déprimé de la conjoncture mondiale.

Or ceux-là mêmes qui ont été à l’origine d’un aussi funeste enchaînement se portent aujourd’hui comme un charme. Les grandes banques américaines, les Goldman Sachs et autres JPMorgan, paient sans sourciller des amendes par milliards qui pour autant ne sont pas des pichenettes mais presque par rapport à leurs résultats 2013 (revenus nets de 34 milliards de dollars pour la première et 18 milliards pour la seconde), et distribuent à nouveau d’insolents bonus à des traders qui ailleurs auraient été expédiés derrière les barreaux pour moins que cela. En Europe le sursaut n’est pas aussi spectaculaire, les plus grandes banques affichant néanmoins des résultats compris entre 2 et 4 milliards par trimestre quand certaines étaient encore en perte (Deutsche Bank, Crédit Agricole) ou nettement moins profitables (HSBC) l’année précédente.

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07:58 Publié dans Banques, Futur, gouvernance | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

14/01/2014

BNS: Une banque centrale à nulle autre pareille

Or donc, pour la première fois de son histoire, la BNS ne distribuera ni le dividende de 6% au maximum à ses actionnaires prévu par ses statuts, ni la part de bénéfices qui, depuis la dernière mouture de la loi sur la Banque nationale (2003), remplace et au-delà l’indemnité de 80 centimes par habitant qui était traditionnellement versée aux cantons en compensation de leur renonciation à leur souveraineté en matière monétaire. En cause, la perte entraînée par la moins-value de son stock d’or consécutive à la baisse des cours du métal jaune en 2013 (-30%), qui dépasse de loin les profits réalisés sur ses placements en devises et sur la vente du StabFund, la fameuse structure de défaisance des actifs toxiques repris à UBS et qui vient d’être rachetée par celle-ci.

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10:48 Publié dans Banques suisses, Finances publiques, Or, suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

17/12/2013

Combien de banques suisses vont disparaître ces prochaines années

Combien de banques suisses vont disparaître ces prochaines années – moins par suite de la lourdeur des amendes que le Department of Justice risque d’imposer à celles qui auraient eu la mauvaise idée de recueillir les fortunes de contribuables en délicatesse avec le fisc américain, que par suite du rétrécissement dramatique de leurs marges bénéficiaires consécutif à la disparition du secret bancaire, à quoi se ramenait pour beaucoup d’entre elles l’essentiel de leur modèle d’affaires ?

 

Pas toutes certes, mais une part sans doute non négligeable du secteur financier dont elles forment, et de loin, la majeure partie. 

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07:43 Publié dans Banques, Banques suisses, Chine, Finances publiques, Fiscalité | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

26/11/2013

«La critique est aisée, et l’art est difficile» (Le Glorieux, II, 5)

Que la Banque nationale n’ait pas eu à intervenir une seule fois cette année pour défendre le cours plancher du franc face à l’euro ne décourage visiblement pas ses détracteurs de pointer du doigt les risques qu’il y a selon eux à persévérer dans la voie choisie. Comme si le péché qui a consisté toujours selon eux à entrer dans une politique de change, d’abord véniel, devenait mortel au fur et à mesure que le temps s’écoulait.

En gros et pour résumer,...

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06:29 Publié dans Banques, Banques centrales, Monnaie | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | |

27/08/2013

La méthode Coué revisitée

Ce n’est pas tout à fait ça, mais cela y ressemble beaucoup. Testé d’abord aux Etats-Unis et importé depuis lors en Europe, le forward guidance, nouvel instrument des banques centrales, fonctionne un peu à la manière de la méthode Coué : il consiste à livrer à des marchés tout ouïe des indications précises sur l’orientation que prendra la politique monétaire dans un futur déterminé. L’autosuggestion consiste en ceci que l’évolution préannoncée amène les opérateurs à s’y conformer par anticipation, et par conséquent à rendre superflue toute démarche active de la part de l’autorité monétaire.

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20/08/2013

Sauvetage d’UBS : que des gagnants ?

Tous comptes faits, le repêchage in extremis d’UBS en octobre 2008 n’aura rien coûté au contribuable, et laissera sans doute même apparaître (outre le gros milliard empoché par la Confédération moins d’une année plus tard sur la revente des 6 milliards qu’elle avait prêtés à la banque) un coquet bénéfice pour la Banque nationale suisse, qu’on peut évaluer à 3 ou 4 milliards, correspondant à la part qui lui reviendra sur l’actif net du «SNB Stabfund», le fameux fonds de défaisance qui réunissait les actifs toxiques encombrant le bilan d’UBS et que cette dernière a pu désormais racheter intégralement. Ouf.

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13/08/2013

Bientôt des banques low cost ?

L’Internet, et l’informatique qui l’a permis, sont comme chacun peut le voir autour de lui en train de révolutionner le monde des services. La vente en ligne tue petit à petit libraires, disquaires et pharmaciens, et dans le transport, qu’il soit aérien et bientôt ferroviaire, des entreprises «low cost» dament le pion aux compagnies classiques, prisonnières de charges fixes élevées qui les condamnent aux déficits malgré des tarifs en comparaison exorbitants.

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30/07/2013

Ce que dit la décote du groupe Raiffeisen

La décision de Moody’s d’abaisser légèrement la note par ailleurs excellente du groupe Raiffeisen suscite quelques remous. La banque souligne évidemment les points positifs relevés par l’agence de notation, et rappelle qu’elle se situe toujours dans le haut du panier. Il n’empêche que sa forte exposition au marché immobilier (puisqu’elle est essentiellement une bailleuse de prêts hypothécaires) relance le débat sur l’existence, effective ou supposée, d’une bulle dans ce secteur.

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06:18 Publié dans Banques, Dette, Immobilier | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

02/07/2013

Poids, ou surpoids, du secteur bancaire

Une controverse très académique mais de portée plus large qu’il n’y paraît au premier abord est en train de se développer à propos de la part effective du secteur bancaire dans la valeur ajoutée totale. Le débat entre ceux qui la situent aux alentours des 6% (l’Association suisse des banquiers l’an dernier) voire 10% (le BAK en 2005) et des chercheurs d’un centre de recherche liechtensteinois (le KOFL) qui viennent de la rapetisser à 4% seulement tombe à un drôle de moment, puisque les banques ne sont pas précisément en odeur de sainteté depuis le sauvetage de certaines d’entre elles à coups de milliards et l’implication d’un nombre indéterminé d’enseignes helvétiques dans diverses affaires d’aide à l’évasion fiscale au détriment, notamment, des Etats-Unis.

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