19/08/2014

Banques systémiques : et de quatre !

Depuis le 16 juin, la Suisse compte quatre entités financières «d’importance systémique» : les deux grandes banques, la banque cantonale de Zurich (ZKB), et désormais le groupe Raiffeisen, qui devra par conséquent prendre les mesures nécessaires prévues par la loi sur les banques, en particulier renforcer ses fonds propres et disposer de liquidités suffisantes.


Curieuse situation à vrai dire. S’il n’y a pas l’ombre d’un doute qu’une UBS, un Credit Suisse voire la ZKB présentent un risque systémique en ceci que leur éventuelle défaillance engendrerait un blocage complet du système bancaire et par cascade de l’économie dans son ensemble, on voit mal que les ennuis de l’une ou l’autre des 316 caisses – dénommées à présent banques – coopératives Raiffeisen, essentiellement actives dans le crédit hypothécaire (plus de 80% de leur bilan consolidé contre, par exemple, 60% pour l’ensemble des banques cantonales), puissent considérablement gêner les autres acteurs du secteur, a fortiori la totalité de l’activité nationale.

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15/07/2014

Est-ce le calme avant la tempête

Drôle de tableau que celui de l’économie d’aujourd’hui. Sept ans après la crise qui a tout déclenché, la conjoncture se redresse mollement quand on espérait enfin un retour de la croissance. L’investissement ne redémarre pas et la consommation se tient coite. Les experts inventent d’ailleurs d’étranges concepts : ceux de l’OCDE parlent d’une «dynamique de croissance stable» à propos d’indicateurs qui frémissent de part et d’autre de l’horizontale ; la BRI, dans son dernier rapport annuel, décrit une économie mondiale «à la recherche d’une nouvelle boussole», depuis que la crise, après avoir «projeté une ombre longue sur le passé, […] jette une ombre longue sur l’avenir». C’est dire le désarroi de ceux dont on attendrait quelques lumières pour comprendre ce qui nous arrive.

De fait, nous marchons sur un terrain entièrement inconnu, tant les politiques menées pour éviter le pire sont sorties de l’orthodoxie, avec des effets totalement paradoxaux.

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25/06/2014

Raiffeisen: l’ivresse des hauteurs

Il était une fois un réseau de caisses locales, paisibles, villageoises, qui recueillaient les menues économies de leurs sociétaires et leur accordaient en échange des prêts à des conditions préférentielles. Ces structures campagnardes, associées depuis 1902 au sein d’une Union Suisse des Caisses Raiffeisen, suivaient assez docilement la progression du marché hypothécaire helvétique, mais avec une constance qui devait les conduire, avant le tournant du siècle, à une part de marché approchant peu à peu les 10% (7,3% en 1993, 9,4% en 1997, 10,5% en 1999).

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29/04/2014

Monnaie: l'initiative "Vollgeld", une manière de se préparer au pire

Il se lance, comme on sait, beaucoup d’initiatives populaires à propos d’à peu près tout et n’importe quoi. Mais parfois, contrairement aux apparences, un texte à première vue farfelu mérite mieux que le dédain. Ainsi en va-t-il de l’initiative dite Vollgeld («monnaie pleine»), qui veut ni plus ni moins qu’interdire la création de monnaie par les banques, et la réserver à la seule Banque nationale suisse.

Les initiants estiment en effet que la disproportion écrasante entre monnaie centrale (en gros, les billets) et masse monétaire représentée par l’ensemble des dépôts bancaires est la principale source d’instabilité du système bancaire, et la cause directe des crises financières majeures qui en résultent périodiquement.

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01/04/2014

Le gendarme dégaine, les banques tremblent

Ce fut, l’autre jour, comme un coup de tonnerre dans le ciel redevenu presque bleu de la finance américaine. La Réserve fédérale, chargée de veiller à la capacité du secteur à résister à un choc de grande ampleur, a recalé plusieurs grandes banques à l’issue de la troisième vague de «stress tests» organisées en application du «Dodd–Frank Wall Street Reform and Consumer Protection Act». Cette loi par ailleurs contestée, censée éviter la répétition de la chaîne d’événements nés de la crise des subprime (2008), vise au premier chef les groupes bancaires «too big to fail» dont le sauvetage avait coûté des centaines de milliards de dollars au contribuable.

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21/01/2014

Contrôle des banques: business as usual...

Est-ce que 2008 vous dit encore quelque chose ? La crise des subprime bien sûr, avec le choc effroyable qu’elle a signifié pour un système bancaire qu’il a fallu sauver in extremis de l’anéantissement et dont le sauvetage continue de se payer au prix fort : crise de la dette publique, récession, chômage, menace d’éclatement de la zone euro, état toujours déprimé de la conjoncture mondiale.

Or ceux-là mêmes qui ont été à l’origine d’un aussi funeste enchaînement se portent aujourd’hui comme un charme. Les grandes banques américaines, les Goldman Sachs et autres JPMorgan, paient sans sourciller des amendes par milliards qui pour autant ne sont pas des pichenettes mais presque par rapport à leurs résultats 2013 (revenus nets de 34 milliards de dollars pour la première et 18 milliards pour la seconde), et distribuent à nouveau d’insolents bonus à des traders qui ailleurs auraient été expédiés derrière les barreaux pour moins que cela. En Europe le sursaut n’est pas aussi spectaculaire, les plus grandes banques affichant néanmoins des résultats compris entre 2 et 4 milliards par trimestre quand certaines étaient encore en perte (Deutsche Bank, Crédit Agricole) ou nettement moins profitables (HSBC) l’année précédente.

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14/01/2014

BNS: Une banque centrale à nulle autre pareille

Or donc, pour la première fois de son histoire, la BNS ne distribuera ni le dividende de 6% au maximum à ses actionnaires prévu par ses statuts, ni la part de bénéfices qui, depuis la dernière mouture de la loi sur la Banque nationale (2003), remplace et au-delà l’indemnité de 80 centimes par habitant qui était traditionnellement versée aux cantons en compensation de leur renonciation à leur souveraineté en matière monétaire. En cause, la perte entraînée par la moins-value de son stock d’or consécutive à la baisse des cours du métal jaune en 2013 (-30%), qui dépasse de loin les profits réalisés sur ses placements en devises et sur la vente du StabFund, la fameuse structure de défaisance des actifs toxiques repris à UBS et qui vient d’être rachetée par celle-ci.

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17/12/2013

Combien de banques suisses vont disparaître ces prochaines années

Combien de banques suisses vont disparaître ces prochaines années – moins par suite de la lourdeur des amendes que le Department of Justice risque d’imposer à celles qui auraient eu la mauvaise idée de recueillir les fortunes de contribuables en délicatesse avec le fisc américain, que par suite du rétrécissement dramatique de leurs marges bénéficiaires consécutif à la disparition du secret bancaire, à quoi se ramenait pour beaucoup d’entre elles l’essentiel de leur modèle d’affaires ?

 

Pas toutes certes, mais une part sans doute non négligeable du secteur financier dont elles forment, et de loin, la majeure partie. 

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26/11/2013

«La critique est aisée, et l’art est difficile» (Le Glorieux, II, 5)

Que la Banque nationale n’ait pas eu à intervenir une seule fois cette année pour défendre le cours plancher du franc face à l’euro ne décourage visiblement pas ses détracteurs de pointer du doigt les risques qu’il y a selon eux à persévérer dans la voie choisie. Comme si le péché qui a consisté toujours selon eux à entrer dans une politique de change, d’abord véniel, devenait mortel au fur et à mesure que le temps s’écoulait.

En gros et pour résumer,...

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27/08/2013

La méthode Coué revisitée

Ce n’est pas tout à fait ça, mais cela y ressemble beaucoup. Testé d’abord aux Etats-Unis et importé depuis lors en Europe, le forward guidance, nouvel instrument des banques centrales, fonctionne un peu à la manière de la méthode Coué : il consiste à livrer à des marchés tout ouïe des indications précises sur l’orientation que prendra la politique monétaire dans un futur déterminé. L’autosuggestion consiste en ceci que l’évolution préannoncée amène les opérateurs à s’y conformer par anticipation, et par conséquent à rendre superflue toute démarche active de la part de l’autorité monétaire.

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20/08/2013

Sauvetage d’UBS : que des gagnants ?

Tous comptes faits, le repêchage in extremis d’UBS en octobre 2008 n’aura rien coûté au contribuable, et laissera sans doute même apparaître (outre le gros milliard empoché par la Confédération moins d’une année plus tard sur la revente des 6 milliards qu’elle avait prêtés à la banque) un coquet bénéfice pour la Banque nationale suisse, qu’on peut évaluer à 3 ou 4 milliards, correspondant à la part qui lui reviendra sur l’actif net du «SNB Stabfund», le fameux fonds de défaisance qui réunissait les actifs toxiques encombrant le bilan d’UBS et que cette dernière a pu désormais racheter intégralement. Ouf.

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13/08/2013

Bientôt des banques low cost ?

L’Internet, et l’informatique qui l’a permis, sont comme chacun peut le voir autour de lui en train de révolutionner le monde des services. La vente en ligne tue petit à petit libraires, disquaires et pharmaciens, et dans le transport, qu’il soit aérien et bientôt ferroviaire, des entreprises «low cost» dament le pion aux compagnies classiques, prisonnières de charges fixes élevées qui les condamnent aux déficits malgré des tarifs en comparaison exorbitants.

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30/07/2013

Ce que dit la décote du groupe Raiffeisen

La décision de Moody’s d’abaisser légèrement la note par ailleurs excellente du groupe Raiffeisen suscite quelques remous. La banque souligne évidemment les points positifs relevés par l’agence de notation, et rappelle qu’elle se situe toujours dans le haut du panier. Il n’empêche que sa forte exposition au marché immobilier (puisqu’elle est essentiellement une bailleuse de prêts hypothécaires) relance le débat sur l’existence, effective ou supposée, d’une bulle dans ce secteur.

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02/07/2013

Poids, ou surpoids, du secteur bancaire

Une controverse très académique mais de portée plus large qu’il n’y paraît au premier abord est en train de se développer à propos de la part effective du secteur bancaire dans la valeur ajoutée totale. Le débat entre ceux qui la situent aux alentours des 6% (l’Association suisse des banquiers l’an dernier) voire 10% (le BAK en 2005) et des chercheurs d’un centre de recherche liechtensteinois (le KOFL) qui viennent de la rapetisser à 4% seulement tombe à un drôle de moment, puisque les banques ne sont pas précisément en odeur de sainteté depuis le sauvetage de certaines d’entre elles à coups de milliards et l’implication d’un nombre indéterminé d’enseignes helvétiques dans diverses affaires d’aide à l’évasion fiscale au détriment, notamment, des Etats-Unis.

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16/04/2013

Suisse: après Charybde, bienvenue à Scylla

A peine dépouillée de son secret bancaire, voici que la Suisse risque de se trouver prochainement délestée d’un autre de ses avantages comparatifs, celui du traitement fiscal favorable qu’elle réservait jusqu’ici, sous diverses formes, aux entreprises étrangères. Ce qui menace de tomber, ce n’est pas seulement le statut d’exception que certains cantons accordent aux sociétés mixtes et autres sociétés de domicile, et dont l’abolition pourrait s’accompagner de ces moins-values par centaines de millions qui font trembler Genève.

C’est aussi, et tout bonnement, l’étiolement prévisible, à plus ou moins brève échéance, de l’intégralité de la manne fiscale représentée par l’impôt sur le revenu des entreprises multinationales.

Deux mécanismes sont ici à l’œuvre. Le premier, bien connu, est celui de la concurrence fiscale internationale. En une trentaine d’années, et alors même que son taux d’imposition combiné – Confédération et cantons – a été réduit d’un bon tiers, la Suisse est tombée de la première à la douzième place au classement, par ordre croissant, de la charge fiscale pesant sur le revenu des entreprises.

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19/02/2013

Bulle immobilière, un volant qui fait grincer des dents

L’activation partielle par le Conseil fédéral, sur demande de la Banque nationale suisse, du «volant de fonds propres anticyclique» ne fait pas que des heureux. La FINMA, chargée de l’exécution, aurait préféré attendre, et l’Association suisse des banquiers, qui avait vigoureusement désapprouvé le projet au moment de sa discussion en janvier 2012, vient de redire tout le mal qu’elle pense d’une mesure discrétionnaire à ses yeux «inappropriée» voire conceptuellement «problématique». L’une et l’autre escomptaient que le dispositif d’autorégulation mis en place par la corporation bancaire en juin de la même année déploierait suffisamment d’effets pour que la Confédération renonce à passer à l’acte.

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05/02/2013

Les banques suisses sont redevenues plus suisses mais pas plus sûres

S’il fallait résumer d’un mot la façon dont la crise a modifié le paysage bancaire helvétique, ce serait celui de rétrécissement. Rétrécissement du total des bilans, réduit de plus de 600 milliards de francs depuis 2008, mais rétrécissement dû pour l’essentiel à la contraction des activités internationales de nos deux grandes banques. Car la portion «domestique» des bilans a continué quant à elle d’augmenter, presque comme si de rien n’était.

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07/01/2013

L’euro restera à 1.20 franc: quelle indépendance pour la BNS?

L’euro restera à 1.20 franc, ni plus haut (c’est peu probable) ni plus bas (c’est tout à fait exclu). Le directoire de la Banque nationale suisse l’a réaffirmé quelques jours avant Noël, dans un rappel désormais quasi mécanique de sa totale détermination, tant les objections formulées à l’encontre de sa politique actuelle, comme d’ailleurs les appels à un relèvement du taux plancher, ont été à réitérées reprises balayés comme non fondés, ou parfaitement inopportuns

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29/10/2012

Nos grandes banques se ratatinent

Au temps de leur splendeur, quand elles avaient pour objectif déclaré de se maintenir dans le top ten des géants bancaires internationaux, nos deux grandes banques valaient effectivement leur pesant d’or. A mi-2006, la capitalisation boursière d’UBS flirtait avec les 150 milliards de francs, celle de Credit Suisse Group dépassait les 85 milliards. Ce qui les plaçait, respectivement, au troisième et neuvième rang mondial, dans les parages, pour fixer les idées, d’une HSBC ou d’une Société Générale. La première représentait à elle seule 12,5% de la capitalisation totale de la Bourse suisse, la seconde, un peu plus de 7,3%.

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13/08/2012

Le secret fiscal n'a jamais été conçu comme un moyen d'éluder l'impôt

Depuis que la Suisse a commis l'irréparable de livrer des noms de clients et même d'employés de banque à l'autorité fiscale américaine, le monde du barreau est en ébullition. On veut traîner le Conseil fédéral en justice, clouer la présidente de la Confédération au pilori, invoquer le non respect du droit du travail, et par dessus tout dénoncer une violation grossière de ce qui reste du secret bancaire. Le terrain, et c'est normal, est occupé par l'argumentaire juridique, qui trouve dans ce cas ample moisson de griefs à faire valoir pour tenter de démontrer la justesse de la position helvétique face à l'arbitraire des demandes étrangères.

La morale, souvent appelée à la rescousse, est ici moins sollicitée, car la cause que l'on entend défendre se résume, en vérité, à une affaire de fonds non déclarés ou supposés tels, ce qui n'a rien de particulièrement noble.

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