03/12/2012

Franc fort: une Suisse sous surveillance

Les rapports au Congrès du Département américain du Trésor ne regardent en principe qu’eux, mais les paragraphes consacrés aux politiques de change suivies dans certaines régions du monde sont lus avec une attention toute particulière en ces temps difficiles, où chaque pays exportateur soupçonne l’autre de manipuler sa monnaie. L’ordre alphabétique fait que la Chine, suivie du Japon et de la Corée, est la première à être soumise à la question. Mais une place en vue est également accordée depuis quelques années à la Suisse, pour la raison principale qu’elle est, soulignent cette fois-ci les scrutateurs du Trésor, le seul pays avancé à gérer le taux de change de sa monnaie (the only advanced economy to have a managed exchange rate).

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24/09/2012

Franc fort: tous coupables!

Il suffit parfois de gratter sous les chiffres pour débusquer des vérités déplaisantes. Deux économistes zurichois, l’un du KOF, l’autre de la BNS, ont ainsi mis en évidence d’inattendus responsables de nos misères monétaires. A les suivre en effet, ce ne sont pas seulement de vilains spéculateurs étrangers qui parient inopportunément sur la hausse du franc, mais également ceux, résidents helvétiques, qui habituellement plaçaient leur argent hors du pays et qui ne le font plus.

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03/09/2012

Croissance, relance: il n’y a pas de politique gratuite

Toutes-puissantes en matière monétaire (on l’a vu la semaine dernière), les banques centrales n’ont pas pour autant le pouvoir d’influencer à leur guise la conjoncture. Ainsi, malgré le maintien de taux d’intérêt proches de zéro depuis plus de quatre ans et des opérations répétées de «quantitative easing», la Réserve fédérale américaine ne réussit pas à relancer franchement l’activité économique aux Etats-Unis, qui se traîne à des niveaux ne permettant pas de réduire le chômage, toujours supérieur à 8% de la population active, ce qui est un taux particulièrement élevé pour ce pays, puisqu’il n’a été atteint qu’une seule fois depuis 1948 (lors de la courte récession de 1982).


A cela, plusieurs raisons.

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27/08/2012

Retour aux sources de la monnaie

Plusieurs lecteurs sont perturbés par l’idée que les banques centrales puissent créer «ex nihilo» de la monnaie par dizaines de milliards. N’y a-t-il pas là un risque de dérapage incontrôlé et un grave danger pour l’économie? Quelques rappels tout d’abord.

Depuis que, il y a fort longtemps, les monnaies marchandises puis les monnaies métalliques (l’argent, l’or) ont été remplacées par la monnaie fiduciaire (dont la valeur repose sur la seule confiance), les banques centrales, qui en ont le monopole de l’émission, peuvent effectivement en créer sans limites. Ce qui ne signifie pas qu’elles le fassent «ex nihilo», en ce sens que cette émission a toujours lieu en contrepartie de l’achat d’un actif qui peut être, par exemple, de l’or, des devises étrangères (euro, dollar, etc.), des titres (obligations, actions) étrangers ou domestiques, ou tout simplement l’inscription de créances (résultant de contrats de swap, de pensions de titres, etc.).

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16/07/2012

Le franc suisse: sousévalué ? Surévalué ?

Selon Joseph Gagnon, senior fellow du Peterson Institute for International Economics (fameuse boîte à idées - «think tank» - américaine fondée en 1981 par Fred Bergsten), le cours du franc serait grossièrement sous-évalué, ce qui vaudrait à la Suisse de figurer parmi les vingt pays les plus manipulateurs de leur monnaie.

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09/07/2012

BNS: cessons de prendre tare pour barre !

Combien de fois faudra-t-il répéter que la Banque nationale suisse ne «dépense» pas des dizaines de milliards pour défendre le cours plancher du franc, mais qu'elle se borne pour cela à les «émettre». Si les mots ont encore un sens, il y a là une très grande différence, qu'apparemment un certain nombre de confrères et autres blogueurs ont toutes les peines du monde à saisir. Les francs que la BNS crée en quelque sorte d'un trait de plume en paiement des euros qu'elle achète sur le marché des changes, elle les «détruira» tout aussi prestement lorsque, la crise enfin surmontée (ce qui se produira bien un jour), elle se délestera de ces mêmes euros au même prix voire mieux, et dégonflera d'autant son bilan aujourd'hui dilaté.

Ceux qui parlent de pertes et vont jusqu'à en chiffrer le montant par tête d'habitant (l'un deux calcule ainsi que chaque Suisse perd 150 francs par semaine puisque la BNS, croit-il pouvoir avancer, sera forcée de lâcher le cours plancher de 1.20 franc et le ramener à 1.10 franc, ce qui dévalorisera d'autant les 60 et quelque milliards d'euros rachetés au cours des deux derniers mois), ces «experts» commettent une triple erreur de raisonnement.

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04/06/2012

Banque nationale aux soins attentifs

Applaudie lorsque, au plus fort de la crise de la dette souveraine, elle avait annoncé le 6 septembre dernier la fixation d'un cours plancher pour l'euro, la Banque nationale suisse est à nouveau l'objet de fortes pressions de la part de ceux, plus ou moins bien intentionnés, qui prédisent l'échec prochain de sa stratégie. En cause, naturellement, la croissance explosive de son bilan, traduction  comptable de l'expansion considérable de la quantité de francs créée en contrepartie de ses interventions illimitées en faveur de l'euro.

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02/04/2012

l'euro à 1,40? Prêchi-prêcha monétaire

franc 1.jpgImaginons un instant les socialistes, qui entendent réindustrialiser la Suisse, aux commandes de la politique monétaire et ordonnant à la Banque nationale de porter le cours plancher du franc à «au moins» Fr. 1.40 pour un euro. Comment les choses se passeraient-elles ?

Etant donné que la BNS a la capacité de créer autant de francs qu'elle le souhaite, il n'y a théoriquement aucune limite à ses interventions sur le marché des changes; elle paierait, tout simplement, ses achats de devises en faisant tourner la planche à billets. C'est d'ailleurs là, vraisemblablement, le principal levier auquel songe le PS.

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