Caisse de pensions des fonctionnaires genevois: entre salades et baratinage

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Le projet de nième recapitalisation de la Caisse de prévoyance de l’Etat de Genève (CPEG), objet d’interminables initiatives et référendums, véhicule son cortège d’inexactitudes et d’approximations quand ce ne sont tout simplement des fadaises.

Championne du genre, l’Asloca fait, dans un communiqué, remonter aux années 80 – et l’impute à des «choix politiques de la droite» – le passage d’une capitalisation à 100% à un système de capitalisation partielle de ce qui était alors la CIA. En réalité ladite caisse, fusionnée depuis avec la CEH qui était en bien meilleur état, n’avait jamais atteint un taux de couverture de 100% et s’en éloignait toujours plus, de sorte que le grand argentier de l’époque, Robert Ducret, avait habilement suggéré de passer à un système mixte de capitalisation partielle, à la satisfaction générale et non au seul contentement du camp bourgeois.

La même Asloca fait ensuite passer l’obligation légale imposée depuis lors aux caisses publiques organisées en capitalisation partielle (d’atteindre un taux de couverture d’au moins 80% d’ici 2052) pour une manière de «favoriser les banques et les assurances». Sous entendu, faut-il sans doute comprendre, que plus il y aura de capital à gérer dans les caisses, plus les honoraires de gestion payés à ces prestataires externes seront élevés. Sauf qu’en réalité les caisses investissent de plus en plus directement dans l’immobilier afin d’obtenir de meilleurs rendements, autrement dit de meilleurs loyers... à charge des locataires membres de l’Asloca. Ceci expliquerait-il cela ? En outre, il est un peu court d’imputer à «la droite du Parlement fédéral» une réforme du financement des institutions de prévoyance de droit public préconisée par une commission d’experts indépendante, au sein de laquelle tous les milieux, gauche et syndicats compris, étaient représentés.

Enfin, l’association laisse entendre que les agents de la fonction publique, loin d’être des privilégiés, seraient moins bien traités que les salariés du secteur privé, puisqu’ils n’obtiendraient que 1,5% du salaire par année d’assurance, alors que les assurés de la caisse de pension Migros, qui en obtiennent 1,56%, reçoivent «une retraite meilleure». On doute cependant que la rémunération moyenne des fonctionnaires soit moindre que celle des salariés d’un grand distributeur, fût-il le plus généreux du commerce de détail.

Des salades, il ne s’en raconte pas seulement à gauche. A droite également, il arrive qu’on baratine.

Il y a un regret plus général à formuler

C’est que la discussion, pardon, la bagarre politique, ne porte que sur la périphérie de l’enjeu, au lieu de se centrer sur l’essentiel :

comment réformer, durablement, un système de retraites fondé à l’origine sur des hypothèses désormais trop optimistes, qu’elles soient financières ou démographiques, et comment faire accepter, à un opinion plus rétive à Genève que partout ailleurs en Suisse, l’idée qu’aucun tour de prestidigitation ne permettra jamais d’échapper à un sacrifice ma foi lourd à porter.

 

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