• Médecins au chevet de la prochaine crise

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    Le débat qui s’intensifie au sujet des intérêts négatifs est révélateur du désarroi qui règne chez les économistes. Comment expliquer que les liquidités mises à disposition des intermédiaires bancaires par le truchement de politiques monétaires extraordinairement accommodantes n’alimentent pas le crédit aux entreprises, mais continuent d’être parquées en réserves stériles auprès des banques centrales en dépit des pénalités qui les frappent désormais? Des taux directeurs quasi nuls voire inférieurs à zéro, innovation radicale dans l’arsenal de la lutte anti-crise, ont certes permis de maintenir la dette publique dans des proportions supportables (puisqu’ils n’en alourdissent pas le service, alors même qu’elle continue de grandir), mais c’est là une maigre consolation face à la montagne de difficultés que signifiera le retour à la normale.

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  • Qui ne paie pas ses dettes s’enrichit

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    A l’instar de quelques rares autres pays, l’Espagne et les Pays-Bas notamment, la Suisse impose la valeur locative des logements habités par leurs propriétaires. Depuis une vingtaine d’années, la proposition d’abandonner cette singularité fiscale ou d’en modifier la nature a été soumise au vote populaire, sans jamais réussir à convaincre un électorat essentiellement constitué, il faut le dire, de locataires. Ce qui n’a manifestement pas découragé les partisans de sa suppression de revenir à la charge, puisque la Commission de l’économie et des redevances du Conseil des Etats vient de déposer une initiative parlementaire visant à la faire disparaître, moyennant divers aménagements susceptibles d’emporter cette fois-ci l’adhésion d’une majorité.

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    Lien permanent Catégories : Démocratie, Dette, Finances 0 commentaire
  • Géants en manque d’inspiration

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    On croit généralement que les très grandes entreprises – les “super star firms” comme on les appelle aux Etats-Unis – brillent par leur puissance, leur créativité, leur capacité à dégager des excédents qui ruissellent ensuite sur l’ensemble de l’économie. Or la réalité est un peu différente. Dans une étude qui vient de paraître, deux chercheurs de la New York University* montrent que ces étoiles ne brillent plus vraiment au firmament, mais mériteraient plutôt d’être qualifiées de “fading stars”. Loin de la stimuler, leur contribution à la croissance de la productivité, aux Etats-Unis du moins, a en effet baissé de près de 40% depuis le début des années 2000. Elle serait même, s’agissant de leur contribution à l’augmentation de la productivité totale des facteurs (celle qui ne résulte pas d’un recours accru au travail et au capital), tombée carrément à zéro. Ce qui remet en cause pas mal d’idées reçues sur les bienfaits réels ou supposés des géants de l’économie.

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  • Le retour en grâce d’une relique barbare

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    Le «London Gold Pool» du 1er novembre 1961 ne vous dit peut-être rien, pas davantage sans doute que le «Joint Statement on Gold» du 26 septembre 1999. Ce sont là pourtant deux événements charnières de la longue et tumultueuse histoire des relations entre l’or et le système monétaire international. Le «pool de l’or», formé par les banques centrales des Etats-Unis et de sept pays européens dont la Suisse, fut l’une des ultimes tentatives de sauver le régime des changes fixes fondé sur un prix inchangé de l’or à 35 dollars l’once. Quant à l’accord sur les ventes d’or de 1999 conclu entre quinze banques centrales européennes dont la BNS, il visait à stabiliser un marché chahuté par la perspective d’une liquidation progressive des réserves officielles d’or monétaire vaguement encouragée par le FMI, qui allait lui-même y recourir quelques années plus tard pour financer ses programmes d’aide. Il faut préciser que l’once d’or était tombée alors à 251 dollars, après avoir touché un sommet de 850 dollars en janvier 1980.

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