• Et s’il fallait regarder ailleurs ?

    Imprimer

    Le sentiment général veut que l’économie dans son ensemble, pays émergents compris, s’enfonce peu à peu dans une léthargie faite de repli sur soi, de craintes diffuses et d’aversion au risque. Le recul ou plutôt le ralentissement de la mondialisation, de même que celui de la croissance qui en résulte, sont des faits que les prévisions conjoncturelles, à commencer par celles publiées par le FMI, officialisent en quelque sorte. Peu de choses nous sépareraient d’une véritable récession, tant les fragilités sont nombreuses : endettement global d’ampleur inédite, tensions commerciales, systèmes bancaires sous perfusion, marchés immobiliers au bord de l’apoplexie.

    Lire la suite

    Lien permanent 4 commentaires
  • Comme la chèvre de Monsieur Seguin

    Imprimer

    Éprise de liberté telle la chèvre de monsieur Seguin, la Suisse n’en finit pas de batailler pour tenir à distance l’accord institutionnel que l’Europe entend lui faire accepter. Point principal d’achoppement, l’entorse à la libre circulation des personnes en la forme d’un ajustement des mesures d’accompagnement existantes, demandé par Bruxelles mais catégoriquement refusé par les syndicats, qui y voient une menace sur le niveau des salaires. Ce caillou dans la chaussure est en quelque sorte l’équivalent pour nos diplomates de ce que la frontière entre l’Irlande et les six comtés unionistes d’Ulster implique pour les négociateurs du Brexit : une probabilité nulle de s’accorder, une impossibilité d’aboutir, de permettre que deux parallèles se rejoignent avant l’infini…

    Lire la suite

  • Le Désert des Tartares, version finance

    Imprimer

    La planète économique et financière vit un étrange paradoxe. Comme dans le roman de Dino Buzzati où le lieutenant Giovanni Drogo attend un ennemi qui ne vient jamais, on se prépare, dans la vaste communauté des métiers de la finance, à un nouveau krach qui déclencherait une crise profonde et durable. Or rien ne se passe. “What will cause the next US recession?”, s’interroge par exemple en vain le néo-keynésien Brad DeLong. Et dans son article intitulé “Risks to the global economy in 2019”, le spécialiste des crises bancaires Kenneth Rogoff égrène tout aussi vainement les raisons de s’attendre au pire.

    Lire la suite

    Lien permanent 1 commentaire
  • 2019, année de la monnaie

    Imprimer

    L’euro n’a jamais eu la cote chez les économistes, qui l’ont considéré dès sa naissance comme condamné à disparaître à la première occasion, car conçu à rebours du bon sens. Au lieu de parachever une harmonisation des politiques budgétaires et une nécessaire union bancaire, donc d’intervenir au dernier stade de l’intégration économique, la création de la monnaie unique les a précédées, comme si elle pouvait forcer la main de gouvernements restés maîtres chez eux.

    Lire la suite