25/04/2018

Où le multilatéralisme sauve sa peau

Le système économique et monétaire multilatéral mis en place au sortir de la Deuxième Guerre mondiale et que Donald Trump menaçait de démolir à coups de tweets rageurs est peut-être en train de sauver sa peau. Telle est, en tout cas, l’impression qui se dégage des réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale qui se sont tenues le week-end passé à Washington. On pouvait craindre que les Etats-Unis, puissance victorieuse et initiatrice en 1944 des institutions de Bretton Woods, enfoncent un coin supplémentaire dans un dispositif déjà mis à mal par un président instinctivement porté à placer les échanges internationaux sur le terrain des seuls rapports de force. Au lieu de cela, le secrétaire du Trésor Steven Mnuchin a prononcé à Washington des discours plutôt nuancés, dont il ressort que les Etats-Unis entendent certes imposer leur vision d’un commerce international plus «libre et équitable» (free, fair, and reciprocal) mais continueront de participer, à leur pleine mesure de premier contributeur, au financement et à la recapitalisation des deux institutions.

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07:00 Publié dans Air du temps, Banques centrales, Etats-Unis, gouvernance | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

19/04/2018

Des doutes sur l’origine de la crise

A force de fouiller dans les détails et d’en recoller les morceaux épars, on finit souvent par exonérer de toute responsabilité les coupables présumés d’un forfait. En l’occurrence, deux économistes de l’université de Chicago qui se sont attelés à l’autopsie minutieuse des causes de la crise financière de 2008 en sont venus à conclure, calculs statistiques à l’appui, que l’un des principaux points de départ de la débâcle ne serait pas au premier chef, et contrairement à une opinion solidement établie, l’erreur de notation commises par des agences qui auraient négligemment gratifié d’un triple A des obligations en réalité pourries, déclenchant par là un assèchement brutal de la liquidité sur le marché secondaire et provoquant la succession de faillites bancaires que l’on sait. On avait même parlé à cette occasion d’«escroquerie du siècle».

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06:18 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | |

11/04/2018

Et si l’on en revenait aux loteries royales ?

Le jeu est mal vu et malsain. Il flatte les bas instincts : cupidité, appât du gain, recherche de l’argent facile. Mais il est partout et envahit même les strates plus nobles de la haute finance, puisqu’on en retrouve le principe jusque dans l’architecture de toutes sortes de produits dérivés – forwards, futures, swaps de taux, de change, etc. – qui ne sont rien d’autre, fondamentalement, que des paris, et qui suscitent, mutatis mutandis, le même genre d’engouement que les loteries sous toutes leurs formes.

Plus basiquement, le jeu de hasard précipite des foules de parieurs vers les comptoirs des bars-tabac, kiosques à journaux et autres points de vente exhibant toute une panoplie de billets à gratter.

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06:49 Publié dans Air du temps, Démocratie, Dette, Finances publiques | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | |

05/04/2018

La Monnaie pleine a déjà ses gardiens du temple…

Je me suis fait rappeler à l’ordre la semaine dernière pour avoir écrit dans ces colonnes qu’en cas d’acceptation de l’initiative Monnaie pleine, les clients des banques pourraient choisir entre elles et la banque centrale pour déposer leurs avoirs. Le raccourci était un peu malheureux, j’en conviens. Aussi, je m’explique.

Il n’est bien entendu pas (encore) question que chacun puisse ouvrir un compte à la Banque nationale. En revanche, une monnaie qui soit «pleine» signifierait que les crédits bancaires devraient être couverts en totalité par de l’argent créé par la banque centrale, et seulement par elle. D’ailleurs, l’intitulé «monnaie pleine» dérive du 100% money proposé par Irving Fisher en 1935, qui voyait dans l’abandon du système de réserves fractionnaires le moyen d’éviter la répétition de krachs tels que celui de 1929.

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07:57 Publié dans Banques centrales, Croissance, Démocratie, Monnaie | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | |

La Monnaie pleine a déjà ses gardiens du temple…

Je me suis fait rappeler à l’ordre la semaine dernière pour avoir écrit dans ces colonnes qu’en cas d’acceptation de l’initiative Monnaie pleine, les clients des banques pourraient choisir entre elles et la banque centrale pour déposer leurs avoirs. Le raccourci était un peu malheureux, j’en conviens. Aussi, je m’explique.

Il n’est bien entendu pas (encore) question que chacun puisse ouvrir un compte à la Banque nationale. En revanche, une monnaie qui soit «pleine» signifierait que les crédits bancaires devraient être couverts en totalité par de l’argent créé par la banque centrale, et seulement par elle. D’ailleurs, l’intitulé «monnaie pleine» dérive du 100% money proposé par Irving Fisher en 1935, qui voyait dans l’abandon du système de réserves fractionnaires le moyen d’éviter la répétition de krachs tels que celui de 1929.

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